****    CinqFil_C_40     
maître Jacques le notaire
maître Jacques le notaire
a cinq filles à marier
a cinq filles à marier
la première est très austère
elle doit avoir quarante ans
c'est l'image de sa mère
elle mène tout tambour battant
c'est dommage mais qu'importe
et que diable l'emporte
maître Jacques le notaire
maître Jacques le notaire
a cinq filles à marier
a cinq filles à marier
la seconde sans aucun doute
ne manque pas de qualités
mais toujours elle vous déroute
car elle a un œil en biais
c'est dommage mais qu'importe
et que diable l'emporte
maître Jacques le notaire
maître Jacques le notaire
a cinq filles à marier
a cinq filles à marier
la troisième comme son père
a de la barbe au menton
le nez comme une pomme de terre
les pieds plats et le dos rond
c'est dommage mais qu'importe
et que le diable l'emporte
maître Jacques le notaire
maître Jacques le notaire
a cinq filles à marier
a cinq filles à marier
la quatrième est sauvage
bien que jolie comme un coeur
elle fuit à mon passage
a croire que je lui fais peur
c'est dommage mais qu'importe
et que le diable l'emporte
maître Jacques le notaire
maître Jacques le notaire
a cinq filles à marier
a cinq filles à marier
j'ai épousé la dernière
qui ressemble à une fée
mais elle est pas trop légère
elle ne pense qu'à me tromper
c'est dommage mais qu'importe
et que le diable l'emporte
la morale de cette histoire
est fort simple à deviner
n'allez pas chez le notaire
pour vouloir vous marier
et consulter père et mère
avant de vous déclarer
c'est dommage mais tant pis
car la vie est faite ainsi
****    Je_1Sou_C_46  
je n'ai qu'un sou
rien qu'un p'tit sou
un p'tit sou rond
tout rond, percé d'un trou
la belle affaire !
que peut on faire
d'un sou, d'un sou ?
pour l'autobus
ou le métro
il faut bien plus
aussi j' vais pedibus
la belle affaire !
que peut on faire
d'un sou, d'un sou ?
je n' peux même pas prendre un demi
pas même un morceau d' pain rassis
si j' donne mon sou à un mendiant
il s' foutra d' moi inévitablement
je n'ai qu'un sou
rien qu'un p'tit sou
un p'tit sou rond
tout rond percé d'un trou
la belle affaire !
que peut on faire
d'un sou, d'un sou ?
un bout d' nickel tout déformé
tout rabougri, ça paraît moche
ça n' pèse pas lourd dans la poche
mais ça me permet de rêver
je n'ai qu'un sou
rien qu'un p'tit sou
un p'tit sou rond
tout rond percé d'un trou
la belle affaire !
que peut on faire
d'un sou, d'un sou ?
pour l'autobus
pour le métro
il faut bien plus
aussi j' vais pedibus
la belle affaire !
que peut on faire
d'un sou, d'un sou ?
en attendant que le temps passe
j' peux toujours jouer à pile ou face
comme la fortune vient en dormant
je n' dors jamais, j' n'aime pas les embêtements
je n'ai qu'un sou
rien qu'un p'tit sou
un p'tit sou rond
tout rond, percé d'un trou
mais je préfère
ne pas savoir quoi faire
d'un sou, d'un sou, d'un sou
****    J_ai_Bu_C_46
j´ai bu
j´ai joué et j'ai tout mis sur le tapis
a la roulette de la vie
t´as tout gagné, moi j´ai perdu
alors j´ai bu
j´ai bu
j´ai dit les mots qui passaient en mon âme
mais toi dans ta petite tête de femme
t´as pas compris que j´étais perdu
alors j´ai bu
et fou
j´ai senti malgré mes caresses
dans la douceur de cette ivresse
que tu mentais
j´ai bu
pourtant je t'aimais d´un amour sincère
mais un jour malgré mes prières
tu m´as quittée n´en parlons plus
alors j´ai bu
fine, whisky, gin
tous les alcools lui sont permis
ce qui me chagrine,
si des barmen il est l'ami
des réverbères il est l´ennemi
sur le palier
le trou de serrure joue à cache cache
avec sa clef
ma maison a une drôle de mine
tous les objets font philippine
j´ai bu
j´ai joué et j´ai tout mis sur le tapis
a la roulette de la vie
t´as tout gagné, moi j´ai perdu
alors j´ai bu
j´ai bu
j´ai dit des mots qui passaient dans mon âme
mais toi dans ta petite tête de femme
t´as pas compris que j´étais perdu
alors j´ai bu
et soûl
j´ai vite oublié tes caresses
je me plais bien mieux dans mon ivresse
et loin de toi
je bois
le trottoir n´est plus assez grand pour moi
en titubant je crie à pleine voix
les flics sont des petits potes à moi
je bois
j´ai bu
la radio joue un Ave Maria
elle est marrante cette chanson là
les paroles sont en auvergnat
j´ai bu
je bois
je suis heureux et ce qui fait ma joie
demain j´aurai la gueule de bois
et c'est pour ça
je bois
****    IlPleut_C_46
il pleut
les pépins tristes compagnons
comme d'immenses champignons
sortent un par un des maisons
il pleut
et toute la ville est mouillée
les maisons se sont enrhumées
les gouttières ont la goutte au nez
il pleut
comme dirigés par un appel
les oiseaux désertent le ciel
nuages et loups
les fenêtres, une larme à l'oeil
semblent toutes porter le deuil
des beaux jours
il pleut
et l'on entend des clapotis
la ville n'a plus d'harmonie
solitaires, les rues s'ennuient
il pleut
j'écoute
quand s'égoutte
la pluie qui me dégoûte
sur les chemins des routes
et partout alentour
les gouttes
qui s'en foutent
ne savent pas sans doute
que mon coeur en déroute
a perdu son amour
il pleut
les pépins, tristes compagnons
comme d'immenses champignons
sortent un par un des maisons
il pleut
et toute la ville est mouillée
les maisons se sont enrhumées
les gouttières ont la goutte au nez
il pleut
la nature est chargée d'ennuis
là haut tout est vêtu de gris
le ciel est boudeur
le nez aplati au carreau
j'attends, laissant couler le flot de mes pleurs
il pleut
dans mon coeur aux rêves perdus
sur mon amour comme dans la rue
et sur mes peines sans issue
il pleut 
****    Incogni_C_46
vous l'avez peut être croisé
un jour sur votre route
cela sans même le remarquer
mais lui sans aucun doute
a dû se méfier de vos yeux
il se méfie toujours un peu
c'est un grand homme plein d'ambitions
qui voyage sous un faux nom
incognito
il est chez nous monsieur tout le monde
mais il a parcouru le monde
comme le fading parcourt les ondes
incognito
il est chez lui très populaire
car c'est un grand brasseur d'affaires
on dit même qu'il est milliardaire
on voit sa photo partout
dans les plus grands magazines
inaugurant des usines
puis on apprend tout à coup
qu'incognito
il est redevenu monsieur tout le monde
partant pour faire le tour de monde
incognito
son port d'attache devint l'amour
sous les traits d'une danseuse
son navire voguerait toujours
oui mais l'ensorceleuse
le fit tellement dépenser
que sa fortune y est passée
alors soudain tout simplement
il repartit comme un coup de vent
incognito
il est redevenu Monsieur tout le monde
et toujours il parcourt le monde
comme le fating parcourt les ondes
incognito
dans les casinos pour se refaire
a la roulette ou au poker
en gentleman ou en gangster
il joue, il joue sans répit
donnant au jeux sa confiance
cherchant au hasard une chance
et de pays en pays
incognito
il va et vient comme tout le monde
reprenant sa vie vagabonde
incognito
mais quand on joue souvent on perd
et comme l'argent manque
on joue plus gros, on joue plus cher
et puis on prend la banque
mais un soir la banque a sauté
les je tons, les tables et les croupiers
tout ça dansait autour de lui
la sarabande de la vie
incognito
freinant sa course vagabonde
et las de parcourir le monde
comme le fading parcourt les ondes
incognito
il marcha longtemps dans les rues
aigri, délaissé, abattu
et dame la mort l'a reconnu
un coup de feu dans la nuit
l'homme grimace et puis tombe
on peut inscrire sur sa tombe
l'épitaphe que voici:
c'était partout Monsieur tout le monde
il est parti pour l'autre monde incognito
****    BalDuFa_C_46
bal du faubourg
valse d'amour
bonheur du jour
bal populaire
valse légère
un brin de cour
comme les gamins
les amoureux
main dans la main
s'en vont par deux
et c'est le suprême aveu
bal du faubourg
valse d'amour
bonheur trop court
bal populaire
joie de la terre
heureux parcours
baisers fiévreux
ou l'on se ment
mais pris au jeu
on d'vient amants
au bal du faubourg
gai tourbillon
tournons, tournons
au coin de cette rue
l'orchestre joue
et joue à joue
les couples évoluent
tout en valsant heureux et transportés
se donnant un baiser, puis se laissant griser
tendrement ils s'enfuient
dans la nuit
et l'on revient
au p'tit matin
l'âme est un peu chagrine
on danse encore
le bal s'endort
la fête se termine
il faut s'quitter le coeur est chaviré
on se tient enlacé on veut encore valser
arrêter les instants
et le temps
bal du faubourg
valsez toujours
regrets d'amour
bal populaire
rêve éphémère
le coeur est lourd
triste destin
pleurs dans les yeux
car au matin
fini le jeu
et c'est le suprême adieu
bal du faubourg
ou sans discours
finit l'amour
bal populaire'
les coeurs se serrent
le rêve est court
on r'prend sa vie
plein de rancoeur
car on a laissé
son bonheur
au bal du faubourg
****    JeSAmou_C_47 
j'aurai voulu être fidèle
vivre comme un mari modèle
mais mon coeur est inconstant
j'ai beau me dire tournons la page
et fixons nous sur une image
mais au fond de moi j'entends
simplement:
je suis amoureux de vous toutes mesdames
car vous avez su toutes je le proclame
simplement, gentiment,
prendre place en mon coeur
je suis amoureux de vous toutes mesdames
pour que chacune de vous mon petit coeur s'enflamme
simplement, gentiment,
follement, ardemment,
vous faites mon bonheur
de vous Lucie
j'aime les yeux ardents
de vous Marie
la candeur de vingt ans
de vous Sophie
au corps souple et charmant
ce je ne sais quoi troublant
je suis amoureux de vous toutes mesdames
car vous avez su toutes je le proclame
simplement, gentiment,
follement, ardemment,
prendre place en mon coeur
moi je ne sais pas être sage
la vie pour moi est un passage
dont l'amour est l'agrément
lorsque des jolies filles passent
je fais des frais, je fais des grâces
et leurs dis en m'inclinant
galamment:
je suis amoureux de vous toutes mesdames
car vous avez toutes su je le proclame
simplement, gentiment,
follement, ardemment,
prendre place en mon coeur
je suis amoureux de vous toutes mesdames
pour que chacune de vous mon petit coeur s'enflamme
simplement, gentiment,
follement, ardemment,
vous faites mon bonheur
de vous Lucie
j'aime les yeux ardents
de vous Marie
la candeur de vingt ans
de vous Sophie
au corps souple et charmant
ce je ne sais quoi troublant
je suis amoureux de vous toutes mesdames
car vous avez toutes su je le proclame
simplement, gentiment,
follement, ardemment,
prendre place en mon coeur
prendre place en mon coeur
****    JoteVes_C_47
je suis chatouilleux de nature
je l'avoue j'ai le sang bouillant
ça m'entraîne dans les aventures
les plus cocasses évidemment
l'autre soir dans un café
je me sens bousculé
par qui, je ne sais pas
il était derrière moi
d'un bond je me lève, hors de moi
j'ôte le veston, le gilet, la cravate
car aux entournures je n'aime pas être gêné
ce n'est vraiment pas pour vous faire de l'épate
mais j'ai horreur qu'on me marche sur les pieds
alors je crie d'une voix de tonnerre
celui qu'a fait ça peut compter ses osselets
il se réveillera demain à Lariboisière
qu'il approche si ce n'est pas un dégonflé
je vois venir un mousse, une armoire
une masse informe dans les deux cents kilos
avec des mains larges comme des battoirs
toutes prêtes à filer des ramponneaux
avant qu'il me touche je m'étais débiné
je dois l'avouer, de nature
je suis extrêmement amoureux
et j'adore les aventures
qui me rendent très vaniteux
l'autre jour je vois passer
une femme, une beauté
marchant à petits pas
l'attaque cela va de soi
chez elle je fais comme chez moi
j'ôte le veston, le gilet, la cravate
car aux entournures je n'aime pas être gêné
ce n'est vraiment pas pour vous faire de l'épate
pour une beauté, c'était une beauté
elle paraissait follement amoureuse
sur le divan elle était allongée
elle prenait des poses si langoureuses
que même un saint se serait laisser damner
je m'approchais, j'étais sûr de moi même
bombant le torse comme un vrai conquérant
mais au moment de me dire je t'aime
elle dit pour toi ce sera cinq cents francs
en un clin d'oeil je me suis rhabillé
avant de l'aimer je m'étais débiné
un jour plein de mélancolie
déçu de tout même de l'amour
je voulus arrêter ma vie
et pour mettre fin à mes jours
je voulais un revolver
mais ça coûtait trop cher
le gaz ça sent pas bon
je préfère un plongeon
je me prépare au grand bouillon
j'ôte le veston, le gilet, la cravate
car aux entournures je n'aime pas être gêné
je ne sais pas nager, y'a pas de raison que je me rate
pour en finir je n'ai donc qu'à plonger
je veux mourir, j'en suis sûr, mais quand même
faut que je prenne mon courage à deux mains
en essayant de me passer de la troisième
tout a raté car je manquais d'entrain
alors afin d'avoir plus de courage
je suis entré dans un petit bistro
j'ai bu, j'ai bu tellement que j'enrage
le goût de vivre m'est revenu subito
tant bien que mal je me suis rhabillé
et en zigzaguant je me suis débiné
****    Ma_Main_C_48              
ma main a besoin de ta main
pour parcourir la vie
et flâner en chemin
mes yeux ont besoin de tes yeux
pour fouiller l'horizon
d'un amour sans limite
mon coeur a besoin de ton coeur
pour rythmer l'harmonie
de l'élan de nos coeurs
ma voix a besoin d'un écho
et l'écho c'est ta voix
qui s'unit à ma voix
ma main a besoin de ta main
pour faire le parcours
qui conduit à l'amour
tu sens l'soleil en plein hiver
c'est merveilleux quand on y pense
et dans tes yeux, tes yeux si clairs
j'ai découvert ma ligne de chance
dis moi que tu m'aimeras toujours
dis le puisque tu n'en sais rien
et dépensons tout notre amour
même si nous sommes ruinés demain
ma main a besoin de ta main
pour parcourir la vie
et flâner en chemin
mes yeux ont besoin de tes yeux
pour fouiller l'horizon
d'un amour sans limite
mon coeur a besoin de ton coeur
pour rythmer l'harmonie
de l'élan de nos coeurs
ma voix a besoin d'un écho
et l'écho c'est ta voix
qui s'unit à ma voix
ma main a besoin de ta main
pour faire le parcours
qui conduit à l'amour
****    CUnGars_C_49      
sous mes pieds mes s'mells se dérobent
on voit l'jour à  travers ma robe
mon corsage est tout rapiécé
et mes effets très fatigués
qu'import' ce qu'on dit à  la ronde
je me fou du reste du monde
car depuis hier je suis aimée
c'est fou ce qui m'est arrivé
c'est un gars qui est entré dans ma vie
c'est un gars qui m'a dit des folies
tu es jolie, tu es jolie
on m'l'avait jamais dit
c'est un gars qui r'ssemblais à  un ange
c'est un gars qui parlait comme un ange
tu es jolie, tu es jolie
j'en suis tout étourdie
mon Dieu je ne suis plus la même
quand il me murmure je t'aime
je trouve ça si merveilleux
qu'il y a des larmes dans mes yeux
c'est beau l'amour qui se promène
quand un beau gars en tient la chaîne
on voudrait rester prisonnier
rien qu'pour contempler son geôlier
c'est un gars qui est entré dans ma vie
c'est un gars qui m'a dit des folies
tu es jolie, tu es jolie
on m'l'avait jamais dit
c'est un gars qui r'ssemblais à  un ange
c'est un gars qui parlait comme un ange
tu es jolie, tu es jolie
j'en suis tout étourdie
c'est merveilleux en moi la vie bourdonne
l'amour jaillit dès que je m'abandonne
et quand il m'a soûlée
de mots et de baisers
et qu'il sourit, c'est drôle
je mords dans son épaule
c'est un gars qui est entré dans ma vie
c'est un gars qui m'a dit des folies
tu es jolie, tu es jolie
veux tu d'moi pour la vie
oui
****    3_jeune_C_49                  
il y avait trois jeunes garçons
par un beau dimanche
sur la route blanche
qui marchaient
la la la, qui chantaient
il y avait là sur le gazon
par un beau dimanche
mademoiselle Blanche
une fille
très gentille
qui rêvait
et le soleil riait à pleines dents
et ses rayons illuminait la terre
l'amour courait sur tout le continent
cherchant des coeurs en quête de lumière
il y avait trois jeunes garçons
par un beau dimanche
sur la route blanche
qui marchaient
qui chantaient
le premier ne trouvait rien de drôle
sans rien dire il haussa les épaules
le second un gars qui n'avait pas de chance
dit: "l'amour ça n'a pas d'importance"
le troisième qui la trouvait très belle
dit: "partez, je resterai près d'elle"
il y avait deux jeunes garçons
par un beau dimanche
sur la route blanche
qui marchaient
la la la, qui chantaient
il y avait là sur le gazon
par un beau dimanche
mademoiselle Blanche
une fille
très gentille
qui riait
et le garçon décoiffait ses cheveux
et le garçon fripait tout son corsage
et la fillette riait à ces jeux
son rire résonnait au voisinage
il y avait deux jeunes garçons
par un beau dimanche
qui marchaient
qui chantaient
quand il parla de choses étranges
elle crut entendre chanter les anges
alors la belle ferma les yeux
comme pour remercier les cieux
mais Dieu n'entendit pas sa prière
et quand elle releva les paupières
il y avait un jeune garçon
par un beau dimanche
sur la route blanche
qui marchait
la la la qui chantait
il y avait là sur le gazon
par un beau dimanche
mademoiselle Blanche
une fille
très gentille
qui pleurait
elle pleurait sa jeunesse perdue
et le vent cherchait à sécher ses larmes
mais l'écho lui disait: "tu as perdu
mademoiselle Blanche ta blancheur et ton charme"
il y avait là sur le gazon
par un beau dimanche
mademoiselle Blanche
qui pleurait
tandis que le gars marchait
tandis que tombait la nuit
la belle pleurait, pleurait
la vie
****    EQuebec_C_49
un garçon solitaire
marchait sans trop s'en faire
en revenant de Québec
quand il vit souriante
une jolie passante
en revenant de Québec
elle marchait légère
il se dit j'aimerai faire
un brin de chemin avec
mademoiselle en campagne
devenez ma compagne
souffrez que je vous accompagne
en revenant de Québec
elle avait 18 ans
un corps charmant
les yeux troublant
une jolie frimousse
et lui avait du style
un beau profil
avec ça il
avait une voix très douce
pour mieux faire connaissance
ils ralentirent le pas
elle marchait à distance
il la prit par le bras
un couple solitaire
marchait sans trop s'en faire
en revenant de Québec
elle était souriante
comme elle était charmante
en revenant de Québec
pris d'une ardeur bizarre
soudain sans crier gare
il lui vola un bec
elle restait indécise
profitant de sa surprise
il lui reprit d'autres bises
en revenant de Québec
l'amour avec audace
dans le coeur prit sa place
en revenant de Québec
comme il était sincère
bien vite ils se marièrent
en revenant de Québec
bientôt dans la famille
il y eut une petite fille
et un garçon avec
et jugez de leur aubaine
au bout de cinq ans à peine
ils en eurent une douzaine
en revenant de Québec
en revenant de Québec
****    IlYAvai_C_50
il y avait un garçon qui vivait
simplement travaillant dans l' faubourg
il y avit une fill' qui rêvait
sagement en attendant l'amour
il y avait le printemps
lê printemps des romans
qui passait en chantant
et cherchaient deux coeurs tout bancs
por prêter ses serments
et en fair' des amants
il y a eu un moment merveilleux
lorsque leurs regards se sont unis
il a eu ces instants délicieux
ou sans rien dire ils se sont compris
il y a eu le destin
qui a poussé l'gamin
a lui prendre la main
il y a eu la chaleur
la chaleur du bonheur
qui leur montait au coeur
il y avait cette chambre meublée
aux fenêtres donnant sur la cour
il y avait ce couple qui s'aimait
et leurs phrases parlaient de toujours
il y avait le gamin
qui promenait sa main
dans les cheveux de lin
de la fille aux yeux rêveurs
tandis que dans leurs coeurs
s'installait le bonheur
il y a eu ces deux corps éperdus
de bonheur et de joie sans pareils
il y a eu tous les rêves perdus
qui remplaçaoent leurs nuits sans sommeil
il y a eu le moment
où soudain le printemps
a repris ses serments
il y a eu le bonheur
qui s'est enfui en pleurs
d'avoir brisé deux coeurs
il y avait un garçon qui vivait
simplement travaillant dans l' faubourg
il y avait une fill' qui pleurait
en songeant à som premier amour
il y avait le destin
qui marchait son chemin
sans s'occuper de rien
tant qu'il y aura des amants
il y aura des serments
qui n'dur'ont qu'un printemps.
****    JavaiRe_C_50
j'avais rêvé
que les portes du ciel s'ouvraient à nos coeurs
j'avais rêvé
qu'il tombaient sous nos pas une pluie de fleurs
et nous marchions tête haute
côté à côté
vers le jour
au devant de l'espérance
de la chance
vers l'amour
j'avais rêvé
mais un rêve n'est qu'un fantôme sans vie
une fumée
qui s'accrochent et se meurt au bout de la nuit
j'avais rêvé
qui me laisse les mains vides car au jour
meurt un rêve d'amour
pour mordre dans la chair profonde
des joies que peut donner ce monde
j'ai pris mes rêves à bras le corps
mais comme j'ai serré trop fort
elles sont mortes avant de vivre
quand la nuit a fermé son livre
j'avais rêvé
que les portes du ciel s'ouvraient à nos coeurs
j'avais rêvé
qu'il tombaient sous nos pas une pluie de fleurs
et nous marchions tête haute
côté à côté
vers le jour
au devant de l'espérance
de la chance
vers l'amour
j'avais rêvé
mais un rêve n'est qu'un fantôme sans vie
une fumée
qui s'accrochent et se meurt au bout de la nuit
j'avais rêvé
qui me laisse les mains vides car au jour
meurt un rêve d'amour
****    ComMala_A_50
comme une maladie
une fièvre inconnue
un jour s'est abattue
sur ma vie
pour me troubler l'esprit
pour me crever le coeur
d'une sourde douleur
infinie
incurable
incurable
qui me fait peur
comme une maladie
comme un mal ignoré
une langueur teintée
de folie
s'est glissée sous ma peau
m'a ôté malgré moi
l'usage de mes joies
et des mots
que j'avais employés
sans qu'ils aient effleuré
ma pensée
j'ai perdu mes forces et mes rires
vu pâlir l'éclat de mes yeux
rongé par ce mystérieux
mal qui me déchire
comme une maladie
qui minerait mon corps
qu'aucune science encore
ne guérit
m'agite et m'envahit
m'enfièvre jour et nuit
me laisse sans espoir, sans secours
car je suis
incurable
incurable
de ton amour
****    JaimPar_C_51 
j'aime Paris au mois de Mai
quand les bourgeons renaissent
qu'une nouvelle jeunesse
s'empare de la vieille cité
qui se met à rayonner
j'aime Paris au mois de Mai
quand l'hiver le délaisse
quand le soleil caresse
ses vieux toits à peine éveillés
j'aime sentir sur les places
dans les rues ou je passe
ce parfum de muguet que chasse
le vent qui passe
il me plait à me promener
par les rues qui s'faufilent
a travers toute la ville
j'aime! J'aime Paris au mois de Mai!
j'aime Paris au mois de Mai
lorsque le jour se lève
les rues sortant du rêve
après un sommeil très leger
coquettes se r'font une beauté
j'aime Paris au mois de Mai
quand soudain tout s'anime
par un monde anonyme
heureux d'voir le soleil briller
j'aime quand le vent m'apporte
des bruits de toutes sortes
et les potins qui se colportent
de porte en porte
il me plaît à me promener
en souriant aux filles
dans les rues qui fourmillent
j'aime, j'aime Paris au mois de Mai.
j'aime Paris au mois de Mai
avec ses bouquinistes
et ses aquarellistes
que le printemps a ramenés
comme chaque année le long les quais
j'aime Paris au mois de Mai
la Seine qui l'arrose
mille petites choses
que je ne pourrais expliquer
j'aime quand la nuit sévère
étend la paix sur terre
et que la ville soudain s'éclaire
de mille lumières
il me plaît à me promener
contemplant les vitrines
la nuit qui me fascine
j'aime, j'aime Paris au mois de Mai.
****    OnMaDon_A_51
on m'a donné des yeux et l'on m'a dit :
" Regarde "
j'ai eu beau regarder je n'ai rien entrevu
on m'a donné un coeur et l'on m'a dit : " Prends garde "
j'ai eu beau prendre garde un jour je l'ai perdu
on m'a donné l'amour, hélas je le regrette
car il s'en est allé, depuis je n'y crois plus
on m'a donné un corps mais j'ai perdu la tête
et j'ai souillé mon corps dans des bras inconnus
on m'a donné, on m'a donné
bien plus
on m'a donné des rêves mais quelle imposture
car ces rêves ne sont que de longs cauchemars
on m'a donné des lèvres afin qu'elles murmurent
elles n'ont jamais dit que des mots sans espoir
on m'a donné des larmes de joies, de souffrances
je ne pleure jamais car mon coeur est de bois
on m'a donné aussi en plus une conscience
mais au fond de moi même elle n'a plus de voix
on m'a donné, on m'a donné
pourquoi ?
on m'a donné des livres afin que je les lise
mais je les ai brûlés sans les avoir ouverts
on m'a donné des mains pour les joindre à l'église
mais qui sait si j'irai au ciel ou en enfer
on m'a donné une âme à garder pure et blanche
mais j'ai vendu mon âme au diable un beau matin
on m'a donné la vie qui a pris sa revanche
mais j'ai gâché la vie que j'avais dans mes mains
Dieu m'est témoin on m'a donné
on m'a donné, en vain
****    UNE_ENF_A_51
une enfant
une enfant de seize ans
une enfant du printemps
couchée sur le chemin
elle vivait dans un de ces quartiers
où tout le monde est riche à crever
elle avait quitté ses parents
pour suivre un garçon à bohème
qui savait si bien dire je t'aime
que ça en devenait bouleversant
et leurs deux coeurs ensoleillés
partirent sans laisser d'adresse
emportant juste leur jeunesse
et la douceur de leurs pêchés
son coeur n'avait pas de saison
et ne voulait pas de prison
tous deux vivaient au jour le jour
ne restant jamais à la même place
leurs coeurs avaient besoin d'espace
pour contenir un tel amour
son présent comme son futur
c'était cet amour magnifique
qui la berçait comme un cantique
et perdait ses yeux dans l'azur
mais son amour était trop grand
trop grand pour l'âme d'une enfant
elle ne vivait que par son coeur
et son coeur se faisait un monde
mais Dieu n'accepte pas les mondes
dont il n'est pas le créateur
l'amour étant leur seul festin
il la quitta pour quelques miettes
alors sa vie battit en retraite
et puis l'enfant connut la faim
une enfant
une enfant de seize ans
une enfant du printemps
couchée sur le chemin
morte.
****    +BLEU_Q_A_51
lorsque je lève les yeux,
je rencontre le ciel
et je me dis : "mon Dieu,
mais c'est sensationnel,
tant de bleu."
lorsque je lève les yeux,
je rencontre tes yeux
et je me dis : "mon Dieu,
c'est vraiment merveilleux,
tant de bleu."
plus bleu que le bleu de tes yeux,
je ne vois rien de mieux,
même le bleu des cieux.
plus blond que tes cheveux dorés
ne peut s'imaginer,
même le blond des blés.
plus pur que ton souffle si doux,
le vent, même au mois d'août,
ne peut être plus doux.
plus fort que mon amour pour toi,
la mer, même en furie,
ne s'en approche pas.
plus bleu que le bleu de tes yeux,
je ne vois rien de mieux,
même le bleu des cieux.
si un jour tu devais t'en aller
et me quitter,
mon destin changerait tout à coup
du tout au tout.
plus gris que le gris de ma vie,
rien ne serait plus gris,
pas même un ciel de pluie.
plus noir que le noir de mon coeur,
la terre en profondeur
n'aurait pas sa noirceur.
plus vide que mes jours sans toi,
aucun gouffre sans fond
ne s'en approchera.
plus long que mon chagrin d'amour,
même l'éternité
près de lui serait court.
plus gris que le gris de ma vie,
rien ne serait plus gris,
pas même un ciel de pluie.
on a tort de penser, je sais bien,
aux lendemains.
a quoi bon se compliquer la vie
puisqu'aujourd'hui...
plus bleu que le bleu de tes yeux,
je ne vois rien de mieux,
même le bleu des cieux.
plus blond que tes cheveux dorés
ne peut s'imaginer,
même le blond des blés.
plus pur que ton souffle si doux,
le vent, même au mois d'août,
ne peut être plus doux.
plus fort que mon amour pour toi
la mer, même en furie,
ne s'en approche pas.
plus bleu que le bleu de tes yeux,
je ne vois que les rêves
que m'apportent tes yeux...
****    JE_HAIS_A_52     
tous les jours de la semaine
sont vides et sonnent le creux
bien pire que la semaine
y a le dimanche prétentieux
qui veut paraître rose
et jouer les généreux
le dimanche qui s'impose
comme un jour bienheureux
je hais les dimanches!
je hais les dimanches!
dans la rue y a la foule
des millions de passants
cette foule qui coule
d'un air indifférent
cette foule qui marche
comme à un enterrement
l'enterrement d'un dimanche
qui est mort depuis longtemps
je hais les dimanches!
je hais les dimanches!
tu travailles toute la semaine et le dimanche aussi
c'est peut être pour ça que je suis de parti pris
chéri, si simplement tu étais près de moi
je serais prête à aimer tout ce que je n'aime pas
les dimanches de printemps
tout flanqués de soleil
qui effacent en brillant
les soucis de la veille
dimanche plein de ciel bleu
et de rires d'enfants
de promenades d'amoureux
aux timides serments
et de fleurs aux branches
et de fleurs aux branches
et parmi la cohue
des gens, qui, sans se presser
vont à travers les rues
nous irions nous glisser
tous deux, main dans la main
sans chercher à savoir
ce qu'il y aura demain
n'ayant pour tout espoir
que d'autres dimanches
que d'autres dimanches
et tous les honnêtes gens
que l'on dit bien pensants
et ceux qui ne le sont pas
et qui veulent qu'on le croit
et qui vont à l'église
parce que c'est la coutume
qui changent de chemises
et mettent un beau costume
ceux qui dorment vingt heures
car rien ne les en empêche
ceux qui se lèvent de bonne heure
pour aller à la pêche
ceux pour qui c'est le jour
d'aller au cimetière
et ceux qui font l'amour
parce qu'ils n'ont rien à faire
envieraient notre bonheur
tout comme j'envie le leur
d'avoir des dimanches
de croire aux dimanches
d'aimer les dimanches
quand je hais les dimanches
****    INTOXIQ_A_53
tu m'as fait goûter au poison de ton amour
tout en toi m'a possédé nuit et jour
pourtant quand j'ai cru toucher le paradis
sans espoir tu es partie
tu étais toute ma chance et toute ma joie
tu étais mon espérance et ma foi
mais délaissant mon amour et brisant ma vie
sans espoir tu es partie
ah! Pourrais je t'oublier
je ne le crois pas tu fais partie de moi même
comment cesser de t'aimer
autant arracher ce coeur qui t'aime
tu m'as fait goûter au poison de ton amour
tout en toi m'a possédé nuit et jour
pourtant j'ai cru toucher au paradis
sans rancoeur ni haine
sans remords ni peine
sans retour tu es partie
et toutes mes nuits sont privées de sommeil
et mes jours sont trop longs sans espoir de soleil
je me sens perdu entouré de passé
car le monde entier semble m'abandonner
c'est comme une drogue qui manque à ma joie
car je suis intoxiqué de toi
toi, toi, toi, toi
tu m'as fait goûter au poison de ton amour
tout en toi m'a possédé nuit et jour
pourtant quand j'ai cru toucher le paradis
sans espoir tu es partie
tu étais toute ma chance et toute ma joie
tu étais mon espérance et ma foi
mais délaissant mon amour et brisant ma vie
sans espoir tu es partie
ah! Pourrais je t'oublier
je ne le crois pas tu fais partie de moi même
comment cesser de t'aimer
autant arracher ce coeur qui t'aime
tu m'as fait goûter au poison de ton amour
tout en toi m'a possédé nuit et jour
pourtant lorsque j'ai cru toucher au paradis
sans rancoeur ni haine
sans remords ni peine
sans retour tu es partie
ma tête est intoxiquée, mes yeux sont intoxiqués
ma bouche est intoxiquée, mon corps est intoxiqué
mes bras sont intoxiqués, mon coeur est intoxiqué
mon âme est intoxiquée, ma vie est intoxiquée
tout en moi tu vois, est intoxiqué de toi
****    OUBLILO_A_53
j'étais amoureux fou
d'une demoiselle Loulou
c'était une obsession
j'en perdais la raison
je n'avais plus d'appétit
je ne dormais plus la nuit
et tous mes amis
me disait ceci:
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
si tu ne le veux pas
tu ne le peux pas
tu ne le pourras pas ah! ah!
si tu le veux
tu le peux
c'est un jeux
et voilà ah!
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
a quoi bon t'en faire de la bile
ne fait donc pas l'imbécile
mon ami, je te dis
c'est la vie
mais oublie mais oublie la
je vivais un cauchemar
j'en avais le cafard
effroyables moments
ou je claquais des dents
et tout autour de moi
je croyais entendre des voix
ces voix jour et nuit
me disais ceci:
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
si tu ne le veux pas
tu ne le peux pas
tu ne le pourras pas ah! ah!
si tu le veux
tu le peux
c'est un jeux
et voilà ah!
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
et en parcourant la ville
j'ai trouvé une autre idylle
qui m'a dit: "Mon ami
c'est la vie
mais oublie, mais oublie la"
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
si tu ne le veux pas
tu ne le peux pas
tu ne le pourras pas ah! ah!
si tu le veux
tu le peux
c'est un jeux
et voilà ah!
oublie oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
oublie, oublie Loulou
mais oublie, mais oublie Loulou
oublie la donc
et en parcourant la ville
j'ai trouvé une autre idylle
qui m'a dit: "Mon ami
c'est la vie
mais oublie la"
****    SI_PIAN_A_53
si j'avais de l'argent, j'achèterais un piano
quand j'aurai un piano je pourrai faire des gammes
quand on sait faire des gammes on peux jouer des morceaux
aussi salle Gaveau je donnerais un programme
a ce programme viendrait tout un public ardant
qui devant mon talent m'enverrait ses bravos
et grâce à ces bravos je gagnerais de l'argent
et avec cet argent j'achèterais un piano
si j'avais de la chance je rencontrerais l'amour
en rencontrant l'amour je prendrais plus d'assurance
avec cet assurance qui changerait mes jours
paraissant bien plus fort j'inspirerais confiance
avec désinvolture et beaucoup de élégance
a bien des jolies femmes je pourrais faire ma cour
dés que j'aurais tout ça c'est que j'aurais de la chance
et avec de la chance je rencontrerais l'amour
si j'avais de l'argent je rencontrerais l'amour
en rencontrant l'amour j'achèterais un piano
quand j'aurais un piano je pourrais faire ma cour
et pour faire ma cour j'irai salle Gaveau
avec désinvolture le public en confiance
devant tant de jolies femmes enverrait ses bravos
comme j'aurais des bravos, j'aurais aussi de la chance
et avec cette chance, j'achèterais un piano
et avec ce piano qui m'apportera de la chance
je gagnerai de l'argent, et j'achèterai de l'amour
****    QUANDEL_A_53
quand elle chante, quand elle chante
les anges se taisent pour écouter sa voix
quand elle danse, quand elle danse
les amoureux voudraient la tenir dans leurs bras
quand elle rit, un vent léger vient emporter
l'éclat de rire qu'elle daigné laisser tomber
et quand je l'aime, oui quand je l'aime croyez moi
le monde entier voudrait l'aimer pour moi
ah oui! c'est vraiment la plus belle
celle dont je suis amoureux
elle n'a pas de sœur jumelle
et c'est tant pis pour vous messieurs
en elle tout n'est qu'harmonie
on ne peut rien lui reprocher
elle est le souffle de ma vie
pourquoi? Vous pouvez en juger
quand elle chante, quand elle chante
les anges se taisent pour écouter sa voix
quand elle danse, quand elle danse
les amoureux voudraient la tenir dans leurs bras
quand elle rit, un vent léger vient emporter
l'éclat de rire qu'elle daigné laisser tomber
et quand je l'aime, oui quand je l'aime croyez moi
le monde entier voudrait l'aimer pour moi
elle marche comme en un rêve
auréolée d'un arc en ciel
et semble perdue sur la terre
tant elle paraît irréelle
je l'aime tant je peux le dire
que prés d'elle je ne vis plus
j'ai même peur quand elle respire
qu'elle ne s'envole dans la rue
quand elle chante, quand elle chante
les anges se taisent pour écouter sa voix
quand elle danse, quand elle danse
les amoureux voudraient la tenir dans leurs bras
quand elle rit, un vent léger vient emporter
l'éclat de rire qu'elle daigné laisser tomber
et quand je l'aime, oui quand je l'aime croyez moi
le monde entier voudrait l'aimer pour moi
****    VIENS___A_53
la pluie ne cesse de tomber
viens plus près ma mie
si l'orage te fait trembler
viens plus prés ma mie
le vent qui chasse du ciel lourd
les nuages gris
ne peut rien contre notre amour
et toute la nuit
viens plus près, plus près de mon coeur
là tout contre moi
et si l'orage te fait peur
dors entre mes bras
je t'embrasserais
te bercerais
t'apporterais le réconfort, allez, allez, allez, allez, viens!
nous resterons là
seuls ici bas
que toi et moi corps contre corps, viens!
quand le soleil se lèvera
je le sais trop bien
comme le pluie tu partiras
quand on est si bien
bien, bien, bien, bien
dans cette grange
étendons nous sur les blés mûrs
le destin a des idées étranges
quand les éclairs déchirent l'azur
vois tu frissonnes
pourtant tu veux partir déjà
nous ne sommes attendu de personne
et le ciel nous dit de rester là, là
la pluie ne cesse de tomber
viens plus près ma mie
si l'orage te fait trembler
viens plus près ma mie
le vent qui chasse du ciel lourd
les nuages gris
ne peut rien contre notre amour
et toute la nuit
viens plus près, plus près de mon coeur
là tout contre moi
et si l'orage te fait peur
dors entre mes bras
je t'embrasserais
te bercerais
t'apporterais le réconfort, allez, allez, allez, viens!
nous resterons là
seuls ici bas
que toi et moi corps contre corps, viens!
quand le soleil se lèvera
je le sais trop bien
comme le pluie tu partiras
quand on est si bien
bien, bien, bien, bien
****    POKER___A_53
par trois gars de mon quartier
je me suis laissé entraîner
dans un tripot la semaine dernière
dans une salle enfumée
nous nous sommes installés
autour d'une table de poker
on a enlevé nos vestons
commandé force boissons
puis la partie a commencé
telle que je vais vous l'expliquer
on prend les cartes, on brasse les cartes
on coupe les cartes, on donne les cartes
c'est merveilleux on va jouer au poker
on reprend ses cartes, on regarde ses cartes
on s'écrie: cartes! Puis l'on écarte
j'en jette trois car j'ai déjà une paire
quand tout le monde a son jeu
on se regarde en chiens de faïence
on essaie de lire dans les yeux
du voisin plein de méfiance
j'ai pris trois cartes et lui deux cartes
vous combien de cartes ? Moi juste une carte
ah, ah faut s'méfier y'a du bluff dans l'air...
"Je suis blind à toi de parler"
dit au second le premier
et ce dernier s'écrie: "Parole!"
le troisième mise cent francs
je dis: "tes cent, plus mille francs"
les deux autres s'arrêtent au vol
le troisième me dit: "voilà
tes mille francs! qu'est ce que tu as ?"
trois dames, j'ai gagné je crois
non, dit il car j'ai trois rois!"
on prend les cartes, on brasse les cartes
on coupe les cartes, on donne les cartes
je me dis qu'es tu venu faire dans cette galères?
on reprend ses cartes, on regarde ses cartes
on s'écrie: carte! Puis l'on écarte
je me dis maintenant va falloir se refaire
pendant toute la partie
je me faisais des reproches
quand se termina la nuit
je n'avais plus rien en poche
avant que je ne parte, je prends les cartes
je déchire les cartes
je jette les cartes
et les piétine avec colère
mais au moment de m'en aller
j'entends des coups de sifflet
une descente de police
les inspecteurs du quartier
veulent tous nous interroger
me voici devant la justice
ils me disent: "mon garçon
nous sommes bons et te donnons
une minute pour t'expliquer"
je leur ai dit affolé:
on prend les cartes, on brasse les cartes
on coupe les cartes, on donne les cartes
je n'ai jamais rien eu de meilleur qu'une paire
on reprend ses cartes, on regarde ses cartes
on s'écrie: cartes! Puis l'on écarte
je vois très bien me dit le commissaire
on va vous emprisonner
car du reste je m'en fiche
mais on va vous affecter
au département des fiches
on prend les cartes, on regarde les cartes
on trie les cartes, on range les cartes
en prison je suis devenu fonctionnaire
tout ça parce qu'un jour
un bien triste jour
j'ai voulu jouer au poker
****    BAILLER_C_53    
certains courent après la vie
moi la vie me cours après
bien des gens font des folies
moi c'est folie de m'avoir fait
je me fais pas de bile
et n'occupe aucun emploi
menant une vie tranquille
je ne fais rien de mes dix doigts
je vais pêcher dans les ruisseaux
chasser dans les roseaux
ou cueillir les fruits mûrs
que m'offre la nature
on ne m'a pas mis sur terre
pour me tuer à travailler
mais pour vivre à ma manière
et goûter à la liberté
et rêver, et sourire
et bâiller, et dormir
je dors à même la terre
c'est plus simple et c'est plus sain
et si je meurs solitaire
je n'aurais pas à aller loin
je me lave à l'eau de pluie
et me séchant au soleil
je rêve à ma tendre amie
et y a vraiment rien de pareil
et quand presque à la nuit tombée
on peut se retrouver
c'est un si grand plaisir
qu'on reste sans rien dire
en regardant la nature
on se tient tout près bien près
l'un de l'autre et je vous jure
que l'on ne pense qu'à s'aimer
et rêver, et sourire
et bâiller, et dormir
j'ai fait mon paradis sur la terre
car la paix règne au fond de mon coeur
et vraiment si c'était à refaire
je saurais pour garder mon bonheur
et rêver, et sourire
et bâiller, et dormir
****    AyJLaim_A_53
ay je l'aime
ay ay ay je l'aime
qu'il m'enlace, qu'il m'embrasse
qu'il me frappe ou bien me chasse
s'il me rappelle tout à coup
tout s'efface et tête basse
je reviens car quoi qu'il fasse
parfois sans rien dire
pendant de longs mois
nul ne sait pourquoi
il disparaît mais il revient
devant son sourire
moi le voyant là
je reste sans force et je ne lui demande rien
dans ses mains mon coeur n'est plus qu'un jeu
l'animal fait de moi ce qu'il veut
ay je l'aime
ay ay ay je l'aime
il rayonne, je frissonne
pourtant si je le questionne
il met sa joue contre ma joue
il marmonne et je pardonne
a quoi bon que je m'illusionne
ay ay ay je l'aime et puis c'est tout
il aime bien vivre
dormir au soleil
et dit en riant que le travail est pour les fous
et quand il s'enivre
c'est toujours pareil
il est si heureux qu'il chante, danse et casse tout
il prétend qu'il est riche à millions
sa fortune est faite d'illusions
mais je l'aime
ay ay ay je l'aime
il sait faire pour me plaire
des choses extraordinaires
et sachant qu'il est un peu fou
je tolères ses manières
car je ne puis me refaire
ay ay ay je l'aime et puis c'est tout 
****    JEntend_A_53
j'entends sa voix qui me dit: "T'en vas pas,
si tu pars j'en mourrai, je ne puis vivre sans toi
a notre amour crois moi, je ne survivrai pas
ne brise pas ma vie, ne jette pas nos joies
dans la rue"
j'entends encore son cri de désespoir
je vois ses mains tendues pour agripper l'espoir
cherchant à retenir et mon amour et ma voix
et je me vois partir pour oublier tout ça
dans la rue
une fois dans la rue je reviens en courant
pour voir toute une foule qui fixe mon amant
debout sur sa fenêtre
je pourrais le sauver
mais la foule m'arrête
m'empêchant de passer
j'entends le coeur de la foule qui bat
et le vent qui s'arrête pour voir ce qu'il y a
et le bruit de la vie qui ce fout de tout ça
et là haut mon amour prêt à se je ter en bas
dans la rue
j'entends des voix qui disent autour de moi
c'est l'amour paraît il qui le pousse a faire ça
paraît qu'elle est partie avec un autre gars
moi je reste sans geste au milieu de tout ça
dans la rue
un prêtre est en prière, une femme est en pleurs
les secondes sur terre ressemblent à des heures
puis un corps dans le vide
allez rentrez chez vous
partez, faites le vide
allez rentrez chez vous
"T'en vas pas je ne puis vivre sans toi
je ne survivrai pas, je ne survivrai pas!"
****    JaiAppr_C_54 
je n'ai jamais connu mon père
étant né de père inconnu
aussi j'ai grandi sans manière
sans que personne ne m'ait reconnu
tout petit je fauchais aux étalages
ce que ma mère ne pouvait acheter
il faut bien manger à tout âge
j'ai appris alors à tricher
à seize ans au marché au puces
j'ai reçu un grand choc au coeur
d'une fille qu'avait quinze ans au plus
qui était roulée comme le bonheur
je la guettais au coin de la rue
rien que pour la regarder passer
elle avait la mine ingénue
j'ai appris alors à rêver
un jour fatigué de la suivre
je lui ai parlé simplement
en ces cas là ce qui arrive
est arrivé évidemment
on s'est fait des milliers de promesses
se jurant de toujours s'aimer
quand elle a perdu sa jeunesse
j'ai appris alors à chanter
mais elle est partie sans rien dire
un matin je ne sais pourquoi
je suis resté là à sourire
dieu que l'on est bête parfois
jour après jour, heure après heure
j'ai appris ce qu'était pleurer
et comme son souvenir demeure
il faut que j'apprenne à oublier
****    Ah______C_54
ah! lorsque ma poule
roucoule
je croule
dans un monde étrange encore inexploré
ah! elle m'enlace
m'embrasse
j'en passe
car il y a des choses qu'on ne peux expliquer
elle a son secret
d'où le tient elle, qui le sait ?
mais la donzelle s'y connaît
si bien que j'en suis stupéfait
ah! car ce bolide
avide
me vide
lorsque je la prend
entre mes bras puissants
ah! ah! ah! ah!
j'ai connu par elle une quantité d'exclamations
des ah! admiratifs
puis des ah! négatifs
des ah! idiots et des ah! expressifs
des ah! contemplatifs
des ah! longs et plaintifs
qui tous me menèrent aux ah! explosifs
ah! lorsque ma louve
me couve
j'éprouve
un plaisir immense qui me prend cent pour cent
ah! ses yeux proposent
j'explose
et j'ose
lui dire des phrases qui lui remuent le sang
c'est un vrai volcan
elle bouillonne
constamment
et me passionne
follement
bien qu'elle ait tout l'air d'une enfant
ah! lorsque farouches,
nos bouches
se touchent
j'en perds la raison
tellement que c'est bon
ah! quand ma tigresse
me presse
l'ivresse
me tourne la tête et je suis envoûté
ah! elle m'attaque
et quoique
je craque
de toutes ses forces elle me tiens serré
je ne vois plus rien
une seconde
tout s'éteint
j'oublie le monde
je l'étreins
pour que son coeur se fonde au mien
ah! c'est l'hécatombe
la bombe
qui tombe
si c'est ça l'amour
ah! qu'on m'en donne
donne donne
nuit et jour
****    CREUX_E_A_54
si je t'ai blessée
si j'ai noirci ton passé
viens pleurer au creux de mon épaule
viens tout contre moi
et si je fus maladroit
je t'en prie chérie pardonne moi
laisse ta pudeur
du plus profond de ton coeur
viens pleurer au creux de mon épaule
oublie si tu peux
nos querelles d'amoureux
et chérie nous pourrons être heureux
oh mon amour
ne m'enlève pas le souffle de ma vie
ni mes joies
pour ce qui ne fût qu'un instant de folie
ne dis pas adieu
nous serions trop malheureux
viens pleurer au creux de mon épaule
car si tu partais,
si mon bonheur se brisait,
mon amour c'est moi qui pleurerais
****    MEQUEME_A_54
le navire est à quai
y a des tas de paquets
des paquets posés sur le quai, là
dans un petit troquet
d'un port martiniquais
une fille belle à croquer, là
pleure dans les bras
d'un garçon de couleur
car il s'en va
et lui brise son coeur
elle dans un hoquet
lui tendant son ticket
lui dit: "chéri que tu vas me manquer"
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
une histoire de tous les jours
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
peut être la fin d'un amour
la sirène brusqua
leurs adieux délicats
mais soudain tout se compliqua, ah
la petite masqua
un instant son tracas
pourtant son courage manqua, là
elle dit: "j'ai peur
il ne faut pas partir
vois tu mon coeur
sans toi je vais mourir"
le garçon expliqua
qu'il fallait en tout cas
qu'il parte et c'est pourquoi il embarqua
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
une histoire de tous les jours
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
peut être la fin d'un amour
les paquets embarqués
le bateau remorqué
lentement à quitté le quai, là
ne soyez pas choqué
n'allez pas vous moquer
de ce que je vais expliquer, là
regardant au port
son bel amour à terre
pris de remord
il plongea dans la mer
devant ce coup risqué
par l'amour provoqué
les requins en restèrent interloqués
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
une histoire de tous les jours
mé qué, mé qué
mais qu'est ce que c'est
c'est l'aurore d'un nouveau jour
qui est fait pour durer toujours
car l'amour vient pour retrouver l'amour
****    ATRegar_C_55 
tout le jour tu es loin de moi
mais lorsque tombe la nuit
que tu viens dormir près de moi
j'oublie toute ma vie
quand se ferment sur notre amour
les portes de ton sommeil
en moi que de tourments s'éveillent
a t'regarder
j'ai le coeur qui soupire
j'voudrais crier, sangloter ou bien rire
a t'regarder
je sens comme une angoisse
si tu savais ce que tu tiens de place
a t'regarder
j'ai le coeur qui chavire
et mes pensées me font mal
me déchirent
si tu devais rêver à  quelqu'un d 'autre
et partager ces joies qui sont les nôtres
a t'regarder
quand la peur me domine
pour libérer
ce cri de ma poitrine
j'veux t'éveiller
te voir de venir blême
et m'effondrer
en te criant
je t'aime
****    SUR_MA__A_55
sur ma vie je t'ai juré un jour
de t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours
et le même mot
devait très bientôt
nous unir devant Dieu et les hommes
sur ma vie je t'ai fait le serment
que ce lien tiendrait jusqu'à la fin des temps
ainsi nous vivions
ivres de passion
et mon coeur voulait t'offrir mon nom
près des orgues qui chantaient
face à Dieu qui priait
heureux je t'attendais
mais les orgues se sont tues
et Dieu a disparu
car tu n'es pas venue
su ma vie j'ai juré que mon coeur
ne battrait jamais pour aucun autre coeur
et tout est perdu
car il ne bat plus
mais il pleure mon amour déçu
sur ma vie je t'ai juré un jour
de t'aimer jusqu'au dernier jour de mes jours
et même à présent
je tiendrai serment
malgré tout le mal que tu m'as fait
sur ma vie
chérie
je t'attendrai
****    PALAIS__A_55
nous nous sommes mariés par un jour de printemps
sans prêtre, sans mairie, sans amis, ni parents
nous n'avions tout au plus elle et moi que vingt ans
mais un désir d'adulte brûlait nos coeurs d'enfants
l'amour en une nuit émancipa nos coeurs
nous étions enlacés tout honteux de bonheur
dans nos yeux agrandis ne passait nulle peur
car la jeunesse rit quand l'enfance se meurt
le palais de nos chimères
nous l'avions bâti sur l'horizon
et nous ceinturions la terre
elle et moi, comme des vagabonds
pour s'abreuver à la source
de l'amour cet éternel printemps
nous nous partagions la mousse
du château de la rose des vents
à présent je suis seul je marche toujours
mais quand je sentirai venir mon dernier jour
sur la tombe où déjà repose mon amour
heureux j'irai m'étendre et mourir à mon tour
et sous la même croix nos deux corps dormiront
nos yeux seront cernés par le même horizon
et de la même terre nos bouches s'empliront
quand pour l'éternité nos âmes s'uniront
le palais de nos chimères
a croulé avec mes illusions
et sous le poids de ses pierres
se lézarde un coeur de vagabond
mon passé qui me domine
me pousse à errer par tous les temps
et dormir parmi les ruines
du château de la rose des vents
****    CA______A_55
ça, c'est une aubaine
ça, c'est merveilleux
ça, c'est un coup d'veine
du tonnerre de Dieu
ça, c'est formidable
ça, c'est mieux que bon
ça, c'est incroyable
une explosion
mais c'est autre chose aussi
de plus doux, de plus tendre aussi
plus cruel et plus âpre aussi
qu'on ne peut expliquer ainsi
ça, c'est une aubaine
ça, c'est merveilleux
ça, c'est un coup d'veine
je suis amoureux
y a du soleil sur son visage,
de l'amour dans son coeur qui bat
comme, accrochée à  son corps sage,
la vie qui veut rire aux éclats
y a ses vingt ans qui vagabondent,
emportant mon coeur sur ses pas
et je raconte à  tout le monde
et je crie par dessus les toits
ça, c'est une aubaine
ça, c'est merveilleux
ça, c'est un coup d'veine
du tonnerre de Dieu
ça, c'est formidable
ça, c'est mieux que bon
ça, c'est incroyable
une explosion
mais c'est autre chose aussi
autre chose de plus doux, de plus tendre aussi
autre chose de plus cruel, de plus âpre aussi
qu'on ne peut expliquer ainsi
ça, c'est une aubaine
ça, c'est merveilleux
ça, c'est un coup d'veine
je suis, chérie
je suis, mon doux
je suis amoureux, amoureux de vous
****    HEUREUX_A_55
le samedi quand on a oublié l'heure
que le métro a cessé son va et vient
sans nous presser en marchant vers ta demeure
on est heureux avec des riens
chaque dix pas, sous une porte cochère
on se blottit et nos deux corps n'en font qu'un
loin du regard malicieux des réverbères
on est heureux avec des riens
le jour qui cherche à se lever
nous dit "Allez
reprenez votre chemin "
on obéit juste un instant
évidemment
pour s'arrêter un peu plus loin
notre parcours est semé de fantaisie
de rires clairs s'élançant vers le matin
rien ne nous sert de nous compliquer la vie
on est heureux avec des riens
nous jouons à nos rencontrer
et pour flirter
c'est occasion rêvée
pour ce, j'appelle à mon secours
les mots d'amour
que j'avais dit le premier jour
mais lentement nous arrivons de la sorte
dans ton quartier, dans ta rue et c'est la fin
faut ce qu'il faut quelques pas et c'est ta porte
ta main se crispe dans ma main
nous restons là frissonnant de tout notre être
quelques instants que l'on vole au lendemain
puis regardons tristement vers ta fenêtre
où ta maman veille sans fin
on se donne un dernier baiser
et puis ça y est
jusqu'à samedi prochain
une voix dit en mon coeur lourd
encore huit jours
pour être heureux avec des riens
mais quand j'aurai trouvé un meublé
pour te garder
j'irai demander ta main
et avec une augmentation
de mon patron
nous serons heureux
heureux avec des riens.
****    JE_T_AI_A_55
tu es toute ma vie
je ne sais pas pourquoi
tu n'es pas très jolie
mais je t'aime comme ça
tes joies sont enfantines
tes gestes maladroits
t'as l'air d'une gamine
mais je t'aime comme ça
tu cries sans raison
tu mens avec aplomb
et me donnes des noms
insensés
qui font rire mes amis
et lorsque je te dis
que tout cela un jour doit changer
tu te mets à  pleurer
moi pour te consoler
dans mes bras je t'emporte
et blottie contre moi
c'est bien toi la plus forte
mais je t'aime comme ça
mes yeux sont pleins de larmes
comment expliquer ça
tout en toi me désarme
mais je t'aime comme ça
tu as des défauts
souvent tu parles trop
et quand je suis par trop
excédé
je m'écrie ça suffit
mais lorsque tu souris
avec un regard désemparé
devant ton air perdu
je me sens tout ému
tu es toute ma vie
je ne sais pas pourquoi
tu n'es pas très jolie
mais je t'aime comme ça
****    CHERCHE_A_55
la longue horde de chariots
trace des sillons dans la terre
et le galop de ces chevaux
dans un grand bruit de sabots
fait tourbillonner la poussière
ya Ya Hue
les hommes de tous les pays
qui conduisent ces attelages
ont quitté familles et amis
et d'un élan sont partis
courant au devant d'un mirage
hi Han Hue
claque ton fouet frappe ta bête
marche ou crève mais non de non
arrange toi pour être en tête
et tomber sur le bon filon
on a trouvé de l'or disait les journaux
en première page et le cri se répercutait
ricochait et s'élançait de ville en ville et en villages
hue Hue donc
hommes simples ou aventuriers
le coeur débordant d'espérance
partirent en tête pour toucher, pour voir et pour posséder
ce qu'ils croyaient être leur chance
ya Ya Hue
claque ton fouet frappe ta bête
marche ou crève mais non de non
arrange toi pour être en tête
et tomber sur le bon filon
marche forcée, course éperdue
faut avancer coûte que coûte
très peu arriverons au but
affaiblis, déçus et rompus
beaucoup tomberont sur les routes
ya Ya Hue
tous les traîneurs qui crèveront
iront à la fosse commune
et très peu s'en retourneront
riche et remplis d'illusions
après avoir trouvé fortune
ya Hue Ya
claque ton fouet frappe ta bête
marche ou crève mais non de non
arrange toi pour être en tête
et tomber sur le bon filon.
****    TOI_____A_55
toi, ce sont ces mains qui traînent
le long de mon corps
toi, c'est la vie qui s'enchaîne
a la mort
pourtant toi
c'est bien plus que ma vie
bien plus que la mort
même l'amour est moins fort
que ce nous qui nous unit
et nous lie
toi, c'est tout un monde où l'amour se déroule
plein d'éternité
monde
de rêves qui s'enroulent
de réalité
toi, ce sont mes insomnies
mes peines et mes joies
et le souffle de ma vie
y'a plus de ciel, y'a plus d'enfer
y'a plus de terre plus d'espace
il n'y a plus que toi et moi
y'a plus de bien, y'a plus de mal
mais dans nos coeurs il n'y a place
rien que pour toi et moi
toi, ce sont ces mains qui traînent
le long de mon corps
toi, c'est la vie qui s'enchaîne
a la mort
pourtant toi
c'est bien plus que ma vie
bien plus que la mort
même l'amour est moins fort
que ce nous qui nous unit
et nous lie
toi, c'est tout un monde où l'amour se déroule
plein d'éternité
monde
de rêves qui s'enroulent
de réalité
toi, ce sont mes insomnies
mes peines et mes joies
et le souffle de ma vie
pourtant toi
c'est bien plus que ma vie
bien plus que la mort
même l'amour est moins fort
que ce nous qui nous unit
et nous lie
toi, c'est tout un monde où l'amour se déroule
plein d'éternité
monde
de rêves qui s'enroulent
de réalité
toi, ce sont mes insomnies
mes peines et mes joies
et le souffle de ma vie
****    ONNESAI_A_56
on ne sait jamais
comment l'amour vient aux amants
comment il fait ou il s'y prend
pour nous tenir dans ses filets
mais tout à coup, c'est merveilleux
il y a des larmes plein nos joies
des caresses au bout de nos doigts
et des rêves au fond de nos yeux
on ne sait jamais
mais pourquoi chercher à savoir
nul n'a jamais eu ce pouvoir
on oublie tout quand l'amour naît
plus rien ne peut nous retenir
et fou d'amour et de désir
on se dit
tant pis
si l'on ne sait jamais
on ne sait jamais
quand on est pris par le bonheur
si c'est l'esprit ou bien le coeur
qui nous apporte ce bienfait
on a confiance en l'avenir
c'est à la vie comme à la mort
et tant pis si l'on a eu tort
on met ça dans les souvenirs
on ne sait jamais
et l'on se fiche éperdument
du qui, du quoi et du comment
on est heureux comme l'on est
plus rien ne compte à notre vue
que ce bonheur à coeur perdu
qui nous dit
tans pis
si l'on ne sait jamais
on ne sait jamais
l'amour fait de nous ce qu'il veut
on est heureux ou malheureux
tout est parfait ou rien n'est vrai
parfois il reprend d'une main
ce que de l'autre il a donné
mais quand tout semble s'écrouler
lorsque l'on croit n'avoir plus rien
on ne sait jamais
nos yeux sont a peine séchés
qu'un autre amour vient s'annoncer
et tout est à recommencer
on est fébrile et haletant
à chaque fois comme à vingt ans
nous faisons toujours d'autres folies
au cours de notre vie
tout ça parc'qu'on ne sait jamais
****    PREND_G_A_56
prends garde à toi je vais t'aimer
comme aucune femme n'a jamais pu t'aimer
prends garde à toi je vais t'avoir
comme aucune femme n'a jamais pu t'avoir
je le veux, je le veux
et tout ce que femme veut
elle peut
j'ai rêvé toute mon enfance
de pouvoir un jour rencontrer
a un détour de l'existence
robin des bois, Ivanhoé
ces hommes forts et invincibles
en toi semble revoir le jour
c'est pourquoi je t'ai pris pour cible
je vais te décocher l'amour
prends garde à toi je vais t'aimer
comme aucune femme n'a jamais pu t'aimer
prends garde à toi je vais t'avoir
comme aucune femme n'a jamais pu t'avoir
je le veux, je le veux
et tout ce que femme veut
elle peut
après la mairie et l'église
lorsque j'aurai la bague au doigt
je serai l'épouse soumise
qui acceptera tout de toi
car chez nous tu seras le maître
ayant droit de vie et de mort
mais au plus petit coup en traître
ma main t'abattra sans remords
prends garde à toi je vais t'aimer
comme aucune femme n'a jamais pu t'aimer
prends garde à toi je vais t'avoir
comme aucune femme n'a jamais pu t'avoir
je le veux, je le veux
et tout ce que femme veut
elle peut
je t'accorde quarante huit heures
pour laver tes vieilles passions
et te mets aussi en demeure
d'enterrer ta vie de garçon
car pour ce qu'est des aventures
tu peux mettre une croix dessus
aujourd'hui c'est la fermeture
de la chasse au gibier charnu
prends garde à toi je vais t'aimer
comme aucune femme n'a jamais pu t'aimer
prends garde à toi je vais t'avoir
comme aucune femme n'a jamais pu t'avoir
je le veux, je le veux
et tout ce que femme veut
****    CHEMIN__A_56
j'ai laissé ma vie de misère
aux froides profondeurs de la Terre
pour trouver grâce à mes prières
le chemin de l'éternité
trébuchant sous l'immense voûte
tout ruisselant, le coeur en déroute
j'ai suivi en cherchant ma route
le chemin de l'éternité
privé de mes forces humaines
guidé par l'espérance incertaine
je voulais au bout de mes peines
le chemin de l'éternité
déchirant mes mains sur les pierres
le corps souillé de sang et de terre
j'ai gravi comme un long calvaire
le chemin de l'éternité
j'ai pleuré, et souffert mais qu'importe
puisque à présent mes peines sont mortes
car je vois qu'il mène à ta porte
le chemin de l'éternité
tout Puissant, enfante un orage
pour qu'un éclair déchire un nuage
m'entrouvrant ainsi le passage
du chemin de l'éternité
moi, pour ne faire aucune souillure
ne rien salir, je peux, si cela te rassure
sans hésiter ôter mes chaussures
et les pieds nus
les mains tendues
je veux gagner
l'éternité
****    JENTEND_A_56
j'entends un monde au fond de moi
qui vibre et gronde et plein d'émoi
j'entends mon coeur qui bat très fort
et tout autour de moi chuchote
j'entends un bruit, j'entends un pas
et puis j'entends ta voix
la porte s'ouvre à deux battants
et je découvre coeur battant
ton regard clair, tes cheveux d'or
qui tombent sur tes joues pâlottes
j'entends ton rire et pour ma joie
chérie j'entends ta voix
elle déverse avec chaleur
des mots qui bercent mon bonheur
et des merveilles par mon oreille
jusqu'à mon coeur
elle me trouble brouille mes yeux
et je vois double c'est merveilleux
je suis grisé, je perds le nord
et soudain le rêve m'emporte
pauvre amoureux, je deviens roi
lorsque j'entends ta voix
car ta voix mon amour
c'est le flot de bonheur
qui soudain me parcourt
et m'inonde le coeur
je suis en un instant
prêt à n'importe quoi
lorsque j'entends ta voix
je me sens tout à coup
pris dans un tourbillon
j'ai envie de crier
de perdre la raison
de chanter à tue tête
et monter sur les toits
lorsque j'entends ta voix
elle s'élance à petit feu
dans le silence de nos jeux
et puis s'enflamme
parle à mon âme
et peu à peu
j'oublie la vie, le temps qui court
pour la folie de notre amour
et sur mon coeur quand je te tiens
soudain je ne perçois plus rien
car tout se tait autour de nous
la vie le monde et ses remous
pour que résonne seul en moi
l'écho de ta voix
****    JECHERC_A_56
prenez ma main guidez moi sur la terre
aveuglement, j'irai où vous irez
portez mon coeur avide de lumière
où le soleil rejoint l'éternité
comme un pêcheur dont les filets sont vides
désespéré à la tombée du jour
cherche en son coeur un espoir qui le guide
moi dans vos yeux je cherche mon amour
menez ma vie sur la route éternelle
où les amants sont baignés de clarté
mon âme en vain espère une étincelle
pour entrevoir le fond de vos pensées
comme un berger par une nuit glaciale
désorienté à l'heure du retour
fouille le ciel pour chercher son étoile
moi dans vos yeux je cherche mon amour
oui je cherche mon amour
mon amour
mon amour
****    APRES_A_A_56
nous nous sommes aimés, nos joies se sont offertes
et nos coeurs ont battu poussés par cet instinct
qui unit les amants en se fichant du reste
glisse tes doigts par ma chemise entrouverte
et pose sur ma peau la paume de ta main
et les yeux mi clos nous restons sans dire un mot
sans faire un geste
après l'amour, quand nos corps se détendent
après l'amour, quand nos souffles sont courts
nous restons étendus
toi et moi, presque nus
heureux, sans rien dire
éclairés d'un même sourire
après l'amour, nous ne formons qu'un être
après l'amour, quand nos membres sont lourds
au sein des draps froissés
nous restons enlacés
après l'amour
au creux du jour
pour aimer
****    JEUNESS_A_56
lorsque l'on tient
entre ses mains
cette richesse
avoir vingt ans, des lendemains
pleins de promesses
quand l'amour sur nous se penche
pour nous offrir ses nuits blanches
lorsque l'on voit
loin devant soi
rire la vie
brodée d'espoir, riche de joie
et de folie
il faut boire jusqu'à l'ivresse
sa jeunesse
car tous les instants
de nos vingt ans
nous sont comptés
et jamais plus
le temps perdu
ne nous fait face
il passe
souvent en vain
on tend les mains
et l'on regrette
il est trop tard sur son chemin
rien ne l'arrête
on ne peut garder sans cesse
sa jeunesse
avant que de sourire, nous quittons l'enfance
avant que de savoir la jeunesse s'enfuit
cela semble si court que l'on est tout surpris
qu'avant que de comprendre, on quitte l'existence
lorsque l'on tient
entre ses mains
cette richesse
avoir vingt ans, des lendemains
pleins de promesses
quand l'amour sur nous se penche
pour nous offrir ses nuits blanches
lorsque l'on voit
loin devant soi
rire la vie
brodée d'espoir, riche de joie
et de folie
il faut boire jusqu'à l'ivresse
sa jeunesse
car tous les instants
de nos vingt ans
nous sont comptés
et jamais plus
le temps perdu
ne nous fait face
il passe
souvent en vain
on tend les mains
et l'on regrette
il est trop tard sur son chemin
rien ne l'arrête
on ne peut garder sans cesse
sa jeunesse
****    DISMoiT_C_56
dis moi, toi qui ne crois en rien de rien
dis moi, toi qui vis tout seul comme un chien
comment peux tu comprendre mon coeur
et me reprocher mes larmes
dis moi, crois tu qu'à vivre comme un fou
sans joie que celle de compter tes sous
tu puisses un jour toucher le bonheur
non ta vie n'a aucun charme
si l'on me demandait de changer
ma place contre la tienne
tous les biens de ce monde ne suffiraient
a vendre mon droit d'aimer
je ne t'en veux pas
je ne t'envie pas
pauvre, pauvre de toi
qui ne rêve pas
dis moi, toi, qui amasses les valeurs
dis moi, si tu pouvais voir mon coeur
tu trouverais gardés par l'amour
d'inestimables merveilles
et là tu comprendrais que de nous deux
c'est moi le plus riche, le plus heureux
car j'ai toujours au fond de mon coeur
ma fortune qui sommeille
et quand viendra le temps de vieillir
quand tu seras seul au monde
nulle richesse ne pourra te servir
a payer des souvenirs
je ne t'en veux pas
je ne t'envie pas
pauvre, pauvre de toi
qui ne rêve pas
pauvre, pauvre de toi
qui ne rêve pas
et qui n'aime pas
****    AY_Mour_A_57
aïe! mourir pour toi
a l'instant où ta main me frôle
laisser ma vie sur ton épaule
bercé par le son de ta voix
aïe! mourir d'amour
t'offrir ma dernière seconde
et sans regret quitter le monde
en emportant mon plus beau jour
pour garder notre bonheur
comme il est là 
ne pas connaître la douleur
par toi
et la terrible certitude
de la solitude
aïe! mourir pour toi
prendre le meilleur de nous mêmes
dans le souffle de ton je t'aime
et m'endormir avec mes joies
parle moi
console moi
j'ai peur du jour qui va naître
il sera le dernier peut être
que notre bonheur va connaître
serre moi
apaise moi
quand j'ai l'angoisse du pire
ne dis rien quand tu m'entends dire
qu'au fond mourir pour mourir
aïe! mourir pour toi
a l'instant où ta main me frôle
laisser ma vie sur ton épaule
bercé par le son de ta voix
aïe! mourir d'amour
t'offrir ma dernière seconde
et sans regret quitter le monde
en emportant mon plus beau jour
pour garder notre bonheur
comme il est là 
ne pas connaître la douleur
par toi
et la terrible certitude
de la solitude
aïe! mourir pour toi
prendre le meilleur de nous mêmes
dans le souffle de ton je t'aime
et m'endormir avec mes joies
mourir pour toi...
****    CMervei_C_57
c'est merveilleux l'amour
c'est fantastique
c'est trop compliqué pour
que ça s'explique
ça va, ça vient, ça court
c'est lunatique
c'est merveilleux l'amour
heureux ou malheureux
c'est un dilemme
qui pose aux amoureux
plus d'un problème
c'est un jeu dangereux
mais quand on aime
c'est merveilleux l'amour
ça crie
ça mène notre vie
sur terre
ça pleure
et ça nous prend des heures
entières
et l'on a beau dire
et l'on a beau faire
quand on est dans ses doigts
notre vie change
car on subit sa loi
qu'est un mélange
de tourments et de joies
vraiment étrange
c'est merveilleux l'amour
c'est merveilleux l'amour
qu'on se le dise
ces instants qu'on savoure
et qui nous grisent
dont dépendent nos jours
nous électrisent
c'est merveilleux l'amour
ça vient sans s'annoncer
sans crier gare
un regard, un baiser
hop! ça démarre
le bonheur est lâché
dans la bagarre
c'est merveilleux l'amour
ça vit
de rêves et d'ennuis
qui passent
c'est fier
ça fait un bruit d'enfer
ça casse
et quoi que l'on pense
et quoi que l'on fasse
quand dans son tourbillon
il nous entraîne
ça prend des proportions
surhumaines
et qu'on le veuille ou non
c'est une chaîne
qui nous tient nuit et jour
c'est merveilleux, merveilleux l'amour
****    Pommier_C_57
un jour le bon Dieu, le front soucieux
se dit "Mon vieux, ton grand ciel bleu n'a rien de rose"
plus j'y réfléchis, plus je me dis
qu'il manque ici un paradis, ou autre chose
il fit tant et bien, avec ses mains
et presque rien, en un peu moins
d'une semaine
qu'il avait créé les champs, les prés
l'hiver, l'été, et aussi les
formes humaines
il les convoqua, leur dit "Voilà
avec tout ça vous n'avez qu'à
vivre tranquilles
je vous en fais don, tout y est bon
mais attention, à condition
d'être dociles
et de me faire la promesse
de ne pas toucher au pommier
non, de ne pas toucher au pommier
ah non, hein, de ne pas toucher au pommier"
le bon Dieu parti, Adam se dit
"Ben mon ami t'es mieux ici
que dans une usine
t'as une beauté, une poupée, qui est roulée
comme pour tourner à la Goldwine"
et ce brave Adam passait le temps
en souriant, béatement
comme bien des hommes
sans avoir idée que sa moitié puisse flirter avec un r'pré 
un r'présentant en pommes
Eve trouvait charmant et affolant
ce beau Tarzan, nommé Serpent
dit à sornettes
qui sut l'envoûter, la fasciner
lui faire croquer dans la pomme et
perdre la tête
au point d'oublier sa promesse
de ne pas toucher aux pommiers
ah non, de ne pas toucher aux pommiers
non, non, de ne pas toucher aux pommiers
tout commence ici, Eve en folie
prit un beau fruit, et le tendit
à son p'tit homme
et ce brave Adam, toujours confiant
à belles dents, mordit dedans
comme une pomme
lorsque Dieu l'appris, avec mépris
il leur a dit "Plus d'paradis
je vous condamne
à vivre et lutter, à travailler hiver, été"
et tout ça c'est, c'est à cause d'une femme
c'est ainsi depuis que va la vie
même aujourd'hui, l'homme est trahi
dans l'ignorance
et le vieux pommier presque oublié
est remplacé par le péché
de complaisance
car les femmes tiennent leur promesse
de ne pas toucher aux pommiers
non, de ne pas toucher aux pommiers
car, elles préfèrent goûter au péché
c'est si doux, c'est si doux
de pouvoir goûter au pêché
ah, c'est si doux, c'est si doux
de pouvoir goûter au pêché
de goûter au pêché
****    MonAmou_A_57
mon amour mêlé à ton amour
cela fait tant d'amour
que déchirant mes rêves
la peur me prend
que notre vie soit vraiment
trop brève
mon bonheur mêlé à ton bonheur
ça fait tant de bonheur
que si j'en fais le compte
on s'aimera
au moins tant que tournera le monde
c'est insensé
la chance que j'ai eue
de te rencontrer
moi qui n'avais rien connu
tu m'as fais entrer
dans un monde inconnu
perdu
au fond des rêves
mon amour mêlé à ton amour
cela fait tant d'amour
que déchirant ses rêves
la peur me prend
que notre vie soit vraiment
trop brève
mon amour mêlé à ton amour
cela fait tant d'amour
qu'on en est milliardaire
car à nous deux
on a toutes les joies de
la terre
toutes les joies de la terre
mon bonheur mêlé à ton bonheur
ça fait tant, tant, tant de bonheur
que le reste on s'en fiche
nul ne pourrait
en avoir tant même les
plus riches
c'est merveilleux
et pourtant souviens toi
ce n'étais qu'un jeu
au début pour toi et moi
je suis amoureux
moi qui n'y croyais pas
pourquoi ?
c'est un problème
mon amour mêlé à ton amour
ça fait bien trop d'amour
pour un petit problème
inexistant
car je t'aime autant
que tu m'aimes
je t'aime, t'aime
t'aime éperdument
****    AvecYeu_C_57 
 Avec ces yeux là 
et ce regard là 
tu as changé le courant de ma vie
avec ces yeux là 
oh! qu'as tu fait là 
là  dans mon coeur qui s'ennuie
et crie
pour toi
qui est mon pain de chaque jour
toi
l'unique objet de mon amour
toi
qui marche en semant ton éclat
tu ne vois pas
avec ces yeux là 
tout le bonheur
que tu pourrais verser dans mon coeur
que d'inconscience
que d'insouciance
il y a dans ces yeux là 
avec ces yeux là 
et ce regard là 
tu as changé le courant de ma vie
avec ces yeux là 
oh! Qu'as tu fait là 
là  dans mon coeur qui s'ennuie
et crie
pour toi
avec un goût de désespoir
toi
en qui j'ai mis tous mes espoirs
toi
tu regardes et ne vois rien
mais je sais bien
qu'avec ces yeux là 
et ce regard là 
tu peux donner
plus d'amour qu'on en puisse espérer
mais tu promènes
quoi qu'il advienne
ta jeunesse et ne sais pas
que tu as pris mes joies
rien qu'avec ces yeux là 
****    Quand_T_C_57 
quand tu viens chez moi
je ne sais pourquoi
je suis ému comme un enfant... mon coeur
je suis angoissé
jusqu'à ce baiser
qui vient dissiper ma peur
profonde
et quand simplement
amoureusement
tu viens te coller contre moi... mon coeur
a sentir ton corps
là contre mon corps
je m'enivre de ta tiédeur
l'envie de s'aimer
nous prend tout entier
et comme on le sait d'avance
on baisse les yeux
et c'est merveilleux
de candeur et d'inconscience
quand tu viens chez moi
il entre avec toi
un tourbillon de volupté... mon coeur
un je ne sais quoi
qui fait mal de joie
qui nous oppresse et nous saisit... mon coeur
et quand vient le jour
abattus d'amour
on s'endort quand tu viens chez moi
****    LaVille_C_57 
un jour j'ai quitté mon village
pour la ville, et en arrivant
j'ai cru qu'une main de géant
venait de frapper mon visage
la ville dansait à mes yeux
comme un ballet exceptionnel
réglé par les forces du ciel
animé par le feu de Dieu, feu de Dieu
de la terre semblaient jaillir
les accords d'une symphonie
composée de sons et de bruits
de larmes, de cris et de rires
et des feux rouges, jaunes et verts
s'allumaient pour réglementer
la marche plus ou moins pressée
de tout un monde bariolé...
des uniformes battaient la mesure avec un bâton blanc
dirigeant le grand trafic de cette masse en mouvement
ce monstre gris à mille bouches appelé métropolitain
semblait happer ou rejeter l'immense flot humain
je pensais attention, attention, la ville est une étrange dame
dont le coeur à le goût du drame
elle est sans feu, elle est sans âme
elle est comme un gouffre sans fond
et je restais émerveillé
de ce que j'avais découvert
coeur battant, les yeux grands ouverts
avec l'impression de rêver, éveillé
sans savoir que je pénétrais
dans le temple des illusions
entraîné dans un tourbillon
insensé
quand dans la houle incessante
de la foule puissante
une fille avec un teint de plâtre
m'a dit viens toi qui porte en ton coeur
les eaux fortes d'ailleurs
sans regrets entre dans mon théâtre
moi dans l'atroce cohue
comme un gosse perdu
croyant que c'était ma providence
je l'ai suivie tout le jour
mais dans ma nuit d'amour
elle a ri, elle a ri, elle a ri
attention, attention, la ville est une étrange dame
dont le coeur a le goût du drame
elle est sans feu elle est sans âme
elle a brisé mes illusions
adieu ma ville au coeur cruel
faux paradis pour malheureux
qui me jetait la poudre aux yeux
pour m'empêcher de voir le ciel, réel
et dans le froid du petit jour
si je repars désemparé
c'est dans l'espoir de retrouver
ma maison
mon soleil
mes amis
mes amours
****    DeProfu_A_57
j'avais quinze ans à peine
et n'avais rien connu
quand sans honte ni peine
j'ai perdu ma vertu
de profundis
celui qui m'a séduite
au matin sans façon
s'en est allé bien vite
avec mes illusions
de profundis!
j'ai roulé les étages
pour tomber dans la rue
de mon corps propre et sage
qu'en est il advenu
de profundis!
d'autres prennent ma bouche
je vais de bras en bras
chaque main qui me touche
me pousse un peu plus bas
de profundis!
j'ai tout perdu et même
appointée par l'amour
j'ai vu fuir sans retour
le respect de moi même
j'ai gâché mon enfance
je n'ai plus de fraîcheur
le vide est dans mon coeur
qui n'a plus d'innocence
plus rien ne m'intéresse
j'ai un dégoût d'amour
et vomis les caresses
que je subis toujours
de profundis!
après quoi je m'enivre
pour oublier mon cas
car sur ma joie de vivre
j'ai tracé une croix
de profundis!
mais un soir dans ma chambre
heureusement la mort
pour reposer mes membres
refroidira mon corps
de profundis!
en me couchant en terre
aucun je le sais bien
de ceux qui me touchèrent
ne viendra chanter un
de profundis!
****    DeVille_A_58
de ville en ville m'en suis allé
en enlaçant les filles
les filles que j'ai rencontrées
et j'ai trouvées gentilles
et j'ai promené mes vingt ans
de par le vaste monde
et j'ai fané plus d'un printemps
qu'elles soient brunes ou blondes
j'ai goûté de chaque pays
le vin et les caresses
puis m'en suis venu à Paris
dépenser ma jeunesse
le parfum de chaque carrefour
m'a mis le coeur en fête
avec Paris j'ai fait l'amour
qui m'a tourné la tête
alors j'ai perdu la raison
comme pour une maîtresse
Paris m'a fait goûter le fond
de nouvelles ivresses
dans les rues j'allais en chantant
sans avoir un centime
et j'ai vécu de l'air du temps
que Paris offre en prime
à ma mort je veux mes amis
que l'on me porte en terre
dans les flancs même de Paris
pour goûter à sa chair
dans son coeur je veux reposer
comme dans le lit d'une blonde
pour que Paris puisse me garder
jusqu'à la fin du monde.
****    ATouJam_A_58
quand nous aurons fermé les yeux
à tout jamais, à tout jamais
à l'instant du dernier adieu
j'en aurai encore du regret
j'en aurai encore du remords
et partirai avec ma peine
et pour peu que je me souvienne
ce mal n'en sera que plus fort
car nous avons fermé nos coeurs
à tout jamais, à tout jamais
pour remplacer notre de bonheur
par du chagrin et des regrets
lorsque les siècles bout à bout
à tout jamais, à tout jamais
aurons mis le passé sur nous
et que l'oubli sera complet
s'il reste encore une lueur
s'il reste encore un rien de flamme
sous la cendre tiède de l'âme
qui paraît il jamais ne meurt
pour trouver le calme infini
à tout jamais, à tout jamais
tout comme au temps de notre vie
mon amour je te chercherai
t'appellerai
te trouverai
te garderai
à tout jamais
****    DonneDo_A_58
donne donne moi ton coeur vide d'amour
pour combler le mien qui attend ton amour
allez donne donne et ne dis rien
même si demain
tu dois le reprendre
donne donne moi le droit de t'enlacer
te serrer très fort et puis de t'embrasser
allez donne donne et détends toi
entre nous pourquoi
te défendre
ne prends pas je t'en supplie l'air étonné
ne fais pas semblant de ne pas savoir
tu sais, que j'attends un espoir
tu sais, ce dont je veux parler
aussi, donne donne moi ton coeur pour y verser
le trop plein d'amour que tu m'as inspiré
allez donne donne et tu verras
ce que tu verras
lorsque tu seras
mon amour ma joie
blottie tendrement entre mes bras
donne donne moi ton coeur et parle moi
dis moi simplement les mots qui sont en toi
allez dis, dis moi doucement
presque en chuchotant
ces mots à l'oreille
donne donne moi le droit à tes côtés
de fermer les yeux afin de mieux rêver
allez dis, dis pour que ta voix
s'infiltrant en moi
m'émerveille
j'ai beau te parler tu ne me réponds pas
si c'est par excès de timidité
tu vois le plus dur est passé
tu vois j'ai fait le premier pas
aussi, donne donne moi ton coeur pour y verser
le trop plein d'amour que tu m'as inspiré
allez donne donne et tu verras
ce que tu verras
lorsque tu seras
mon amour ma joie
blottie tendrement entre mes bras
****    EMIGRAN_A_58
toutes les gares se ressemblent
et tous les ports crèvent d'ennui
toutes les routes se rassemblent
pour mener vers l'infini
dans la cohue de l'existence
se trouve toujours un passant
qui n'a pas eu de ligne de chance
et qui devint un émigrant
regarde le comme il promène
son coeur au delà des saisons
il traverse des murs de haine
des gouffres d'incompréhension
a chaque nouvelle frontière
espérant enfin se fixer
il fait une courte prière
vers ce ciel qui l'a oublié
regarde le, il déambule
sans jamais savoir ou il va
il marche comme un somnambule
et les gens le montrent du doigt
le monde entier file la haine
le ciel là haut n'y comprend rien
les heureux forment une chaîne
en se tenant par la main
pas moyen d'enter dans la danse
le calendrier a son clan
si tu n'a pas de ligne de chance
tu resteras un émigrant
regarde le comme il promène
son coeur au delà des saisons
il traverse des murs de haine
des gouffres d'incompréhension
a chaque nouvelle frontière
espérant enfin se fixer
il fait une courte prière
vers ce ciel qui l'a oublié
regarde le, il déambule
sans jamais savoir ou il va
il marche comme un somnambule
et les gens le montrent du doigt
mais pour écouter sa misère
le ciel un jour le fait tomber
les bras en croix, face contre terre
pour embrasser la liberté
****    SI_JE_N_A_58
si je n'avais plus
si ne n'avais plus
plus qu'une heure à vivre
une heure et pas plus
je voudrais la vivre
au creux de ton lit
car j'aurais ma mie
ma peur à combattre
penché sur ta vie
pour l'entendre battre
je pourrais garder
au fond de mon coeur
sous la terre froide
un peu de chaleur
que j'emporterais
si je n'avais plus
si je n'avais plus
plus qu'une heure à vivre
une heure et pas plus
je voudrais la vivre
a l'aube d'un jour
sur un lit d'amour
pour n'avoir à dire
que des mots d'amour
pour te voir sourire
et ne plus penser
et ne plus penser
qu'un autre après moi
te verras sourire
qu'un autre après moi
pourra t'enlacer
et dans un baiser
et dans un baiser
le corps apaisé
le coeur allégé
d'un million de doutes
mon dernier sommeil
m'ouvrira la route
qui mène au soleil
****    UNE_JAM_A_58
ta ba da ba da ba da ba da...
moi certains soirs quand je m'ennuie
je connais un coin dans Paris
où l'on se rencontre entre amis
pour faire une jam
chacun prenant son instrument
qu'il soit à corde ou bien à vent
laisse parler son tempérament
pour faire une jam
comme je ne suis pas musicien
mais que vraiment j'aime ça
je rythme en frappant dans mes mains et chante
ta ba da ba da ba da ba da...
car quand on est dans cette ambiance
les mots n'ont aucune importance
le principal c'est que ça balance
pour faire une jam
ta ba da ba da ba da ba da...
on perd en l'éclair d'un instant
la notion du lieu et du temps
et l'on oublie ses embêtements
pour faire une jam
c'est l'heure, l'heure de l'improvisation
des chorus et des citations
car on se donne avec passion
pour faire une jam
nos aînés ne trouvent pas normales
ces explosions de joie
mais au fond que fait on de mal en chantant
ta ba da ba da ba da ba da...
en bras de chemise parce qu'on a chaud
on se donne à fond les yeux mi clos
car plus ça chauffe et mieux ça vaut
pour faire une jam
ta ba da ba da ba da ba da...
nos peines, nos joies, nos ivresses
danses et rythmes se reconnaissent
il faut la foi de la jeunesse
pour faire une jam
la batterie roule, la basse craque
le piano chante, les cuivres attaquent
de toutes parts les notes claquent
pour faire une jam
quand on a le jazz dans le sang
et jusqu'au bout des doigts
et que l'on est pris cent pour cent, on chante
ta ba da ba da ba da ba da...
au petit jour, sur le trottoir
les traits tirés, le teint blafard
comme à regret on se sépare
en se disant remplis d'espoir
salut les gars à un de ces soirs
pour faire une jam
****    PIANO___A_58
ce sacré piano
placé dans un coin
voudrait libérer
sa voix qui déborde
mais reste accrochée
au long de ses cordes
et son vieux clavier
qu'aucun doigt n'aborde
espère des mains
ce sacré piano
qui semble endormi
pour l'éternité
entre quatre planches
aimerait que ses
touches noires et blanches
fussent caressées
mais nul ne se penche
sur son corps vieilli
moi de temps en temps
quand j'ai de la peine
je vais doucement
consoler la sienne
et tout deux rêvant
de nos joies anciennes
nous pleurons nos jours anciens
ce sacré piano
me colle à la peau
mais plus mes doigts courent
moins je me délivre
de ce vieil amour
qui perd l'équilibre
et compte les jours
qui me restent à vivre
sans repos
ce sacré piano
est mon seul ami
il sait m'étourdir
sans trop de manières
et m'aide à franchir
toutes les barrières
grâce aux souvenirs
placés sur la terre
jalonnant la vie
ce sacré piano
attend jour et nuit
debout dans un coin
que je le caresse
comme un pauvre chien
tirant sur sa laisse
pour d'autres amours
et lorsque je mets
les doigts sur ses touches
sur lui dés que j'ai
les mains qui se couchent
le passé renaît
du fond de sa bouche
évoquant nos jours anciens
ce sacré piano
quand il parle trop
me remet souvent
des choses en mémoire
et remue le temps
et fait des histoires
parfois tant et tant
que je me sépare
de mon vieux piano
****    TropJol_A_59
tu étais trop jolie, trop jolie
mon amour
ton rire était trop frais
et ton corps trop parfait
tu aimais tant la vie, tant la vie
au grand jour
que j´en restais parfois
tout ému près de toi
mais le vent s'est levé
dans nos coeurs étonnés
et quand l'hiver glacé
est passé
il a tout dévasté
emportant mon bonheur, ton bonheur
pour toujours
tu étais trop jolie pour moi mon amour
les jours vont succédant au jour
et la pluie fait place au soleil
mais rien jamais rien n´est pareil
bien que le monde tourne en rond
l'été revient chaque saison
mais le bonheur est sans retour
tu étais trop jolie, trop jolie
mon amour
tu n'étais une enfant
vivant intensément
moi je n'ai pas compris, pas compris
lorsque un jour
la vie que je tenais
s'est enfuie à jamais
les jours, les mois s´en vont
de saison en saison
et dans mon coeur brisé
déchiré
comme a désenchanter
le trait de mon ennuie
mon ennuie nuits et jours
tu étais trop jolie pour vivre mon amour
****    CEST_CA_C_59  
quand l'ennui dépasse les bornes
que le temps tourne au ralenti
que tout semble triste et morne
pour rompre la monotonie
nous déplaçons la grande table
mettons un disque sur le pick up
et la jazz éclate, immuable
déchirant l'air des syncopes
c'est ça, c'est bien ça
c'est ce qu'il faut pour toi et moi
un peu de rythme, un peu de joie
et pour la danse, beaucoup d'ambiance
et la musique rassemble nos pas
c'est ça, c'est bien ça
frappant des pieds, claquant des doigts
on virevolte, on va et vient
on entre en crise
on improvise
et l'on est, on est heureux comm' ça
pour tuer le temps qui nous tue
a coups de secondes têtues
il faut c'est un fait entendu, reconnu
que ça chauffe, que ça crie
que ça claque, qua ça explose
mais qu'il se passe quelque chose
qu'il se passe quelque chose
car la jeunesse aime le bruit
c'est ça, c'est bien ça
je le sais, je le sens, je le vois
et quand on se délivre
nous sommes ivres
c'est la joie de vivre qui veut ça
chaque jour ce qu'il faut pour crier notre amour
le rythme y a qu' ça , rien que ça
il nous tient, il nous brûle et nous broie
car il nous faut dans la vie
un vent de folie
pour que l'on oublie les jours sans joie
la fureur fait jaillir des rumeurs
dans nos coeurs
pour tuer le temps qui nous tue
a coups de secondes têtues
il faut c'est un fait entendu, reconnu
que ça chauffe, que ça crie
que ça claque, qua ça explose
mais qu'il se passe quelque chose
qu'il se passe quelque chose
car la jeunesse aime le bruit
****    TantQue_C_59 
tant que l'on s'aimera, le ciel portera nos joies
tant que nous sourirons et que nous serons
tous deux enchaînés aux mêmes chaînes
viens donne moi la main, viens ne pensons plus à rien
et nous aurons vingt ans, ô mon amour tant que l'on s'aimera
par ton pouvoir, tu peux ruiner ma vie, embellir ma vie
tour à tour, d'un seul regard, tu fais crier ma vie et mon amour
qui brûlera tant que l'on s'aimera, tant que survivront nos joies
et nous aurons vingt ans, ô mon amour tant que l'on s'aimera
tant que l'on s'aimera, tant que survivront nos joies
et nous aurons vingt ans, ô mon amour tant que l'on s'aimera
****    DEDUIS__A_59
par la peur de te perdre et de ne plus te voir
par ce monde insensé qui grouille dans ma tête
par ces nuits sans sommeil où la folie me guette
quand le doute m'effleure et tend mon coeur de noir
j'en déduis que je t'aime
j'en déduis que je t'aime
par le temps que je prends pour ne penser qu'à toi
par mes rêves de jour où tu règnes en idole
par ton corps désiré de mon corps qui s'affole
et l'angoisse à l'idée que tu te joues de moi
j'en déduis que je t'aime
j'en déduis que je t'aime
par le froid qui m'étreint lorsque je t'aperçois
par mon souffle coupé, par mon sang qui se glace
par la désolation qui réduit mon espace
et le mal que souvent tu me fais malgré toi
par la contradiction de ma tête et mon coeur
par mes vingt ans perdus qu'en toi je réalise
par tes regards lointains qui parfois me suffisent
et me font espérer en quelques jours meilleurs
j'en déduis que je t'aime
j'en déduis que je t'aime
par l'idée que la fin pourrait être un début
par mes joies éventrées par ton indifférence
par tous les mots d'amour qui restent en souffrance
puisque de te les dire est pour moi défendu
j'en déduis que je t'aime
j'en déduis mon amour.
****    PARCE_Q_A_59
parce que t'as les yeux bleus
que tes cheveux s'amusent à défier le soleil
par leur éclat de feu
parce que tu as vingt ans
que tu croques la vie comme en un fruit vermeil
que l'on cueille en riant
tu te crois tout permis et n'en fait qu'à ta tête
désolée un instant prête à recommencer
tu joues avec mon coeur comme un enfant gâté
qui réclame un joujou pour le réduire en miettes
parce que j'ai trop d'amour
tu viens voler mes nuits du fond de mon sommeil
et fais pleurer mes jours
mais prends garde, chérie, je ne réponds de rien
si ma raison s'égare et si je perds patience
je peux d'un trait rayer nos coeurs d'une existence
dont tu es le seul but et l'unique lien
parce que je n'ai que toi
le coeur est mon seul maître et maître de mon coeur
l'amour nous fait la loi
parce que tu vis en moi
et que rien ne remplace les instants de bonheur
que je prends dans tes bras
je ne me soucierai ni de Dieu, ni des hommes
je suis prêt à mourir si tu mourrais un jour
car la mort n'est qu'un jeu comparée à l'amour
et la vie n'est plus rien sans l'amour qu'elle nous donne
parce que je suis au seuil
d'un amour éternel je voudrais que mon coeur
ne portât pas le deuil
parce que
parce que
parce que
****    JNPPasR_A_59
je ne peux pas rentrer chez moi
car mon passé y est déjà
dès que j'ouvre la porte
il me vient me faire escorte
et me suit partout pas à pas
me parlant sans cesse à mi voix
me montrant les choses du doigt
et comme j'appréhende
sa présence obsédante
je ne peux pas rentrer chez moi
les gens me dévisagent
s'apitoient
d'autres au passages
rient de moi
on me bouscule
on me bafoue
mais je l'avoue
après tout je m'en fous
que m'importe ces inconnus
je vais sans espoir et sans but
mon cœur est en faillite
ma peine est sans limite
l'amour m'a filer dans les doigts
je ne peux pas rentrer chez moi
je ne peux pas rentrer chez moi
plus rien ne m'attire là bas
et de la solitude
n'ayant pas l'habitude
j'aime mieux traîner çà et là
le monde entier est contre moi
le grand lit pour deux est trop froid
quand tout seul je m'y vautre
elle est avec un autre
je ne peux pas rentrer chez moi
dans un moment de haine
j'ai jeté
au fond de la Seine
cette clef
qu'était la chaîne entre elle et moi
pour qu'elle s'y noie
comme moi je me noie
dans l'alcool que j'prends dans les bars
pour surmonter mon désespoir
et l'on verse en mon verre
du bonheur éphémère
qui créé en moi de fausses joies
je ne peux pas rentrer chez moi
je voudrais bien rentrer chez nous
pour sentir ses bras sur mon cou
étouffer ma colère
écarter ma misère
sécher mes larmes sur ses joues
je voudrais bien rentrer chez nous
****    CeJourT_C_60 
ce jour tant attendu
s'était levé pour nous
tu étais étendue
moi j'étais comme fou
deux coeurs battaient en toi
au rythme de mon coeur
et y avait tant de joie
dans tes cris de douleur
notre amour prenait corps
par ton corps torturé
et rien n'était plus fort
que l'instant qu'on vivait
ce dont nous avions peur
nous unissait bien plus
que le plus grand bonheur
ce jour tant attendu
ce jour tant attendu
s'était levé enfin
j'étais comme perdu
mais je ne pouvais rien
rien pour toi qui souffrais
luttais contre le temps
rien pour toi qui criais
tout en te débattant
tes yeux cherchaient mes yeux
qui regardaient les tiens
et tes ongles furieux
se plantaient dans mes mains
annonçant le bonheur
pour deux êtres éperdus
naissait dans la douleur
ce jour tant attendu
et ton corps déchiré
soudain s'est apaisé
en mettant au grand jour
le fruit de notre amour
****    CommFeu_C_60 d
 Comme le feu
qui prends corps
lentement en léchant le bois mort
qui danse et s'enhardit
prend sa course et grandit
sans répit
comme le feu
qui s'étend
et s'accroche à tout
tel un dément,
puis saccage et détruit
et fait une incendie
dans la nuit
comme le feu
qui jaillit
mon amour est entré dans ma vie
d'abord à pas de loup
et puis dans le remous
comme un fou
il me trouble et par son cri
a réveillé mon âme endormie
a dévasté mes jours et mes nuits
a déchiré mon coeur éperdu
pour me donner l'envie inconnue
de connaître la joie insensée
d'être aimé
****    QuandTu_A_60
quand tu vas revenir
tout va refleurir
et je vais renaître
quand au bout du chemin
me tendant les mains
tu vas apparaître
moi je vais courir, courir
sur la route
me jeter dans tes bras
sur la route
me serrer contre toi
et sans doute
rire et pleurer de joie
joie de t'avoir enfin
pour ces lendemains
qui se désespèrent
joies de te retrouver
et de te garder
pour ma vie entière
quand l'amour reviendra
que l'on entendra
a nouveaux des rires
mon coeur au bois dormant
s'éveillera quand
tu vas revenir
quand tu vas revenir
bâtir l'avenir
qui dort dans nos têtes
quand tu vas pour toujours
donner à l'amour
un air de conquête
moi je vais crier, crier
que je t'aime
pour que tu saches bien
que je t'aime
et dire à mon destin
que tu m'aimes
puisque tu me reviens
viens, viens toi pour qui les nuits
j'implore et je prie
la force éternelle
viens crever l'horizon
vers notre maison
où j'attends fidèle
car pour combler mon coeur
je veux le meilleur
j'ai vécu le pire
mes maux et mes tourments
s'effondreront quand
tu vas revenir
****    2_GUITA_A_60
deux tziganes sans répit
grattent leur guitare
ranimant du fond des nuits
toute ma mémoire
sans savoir que roule en moi
un flot de détresse
font renaître sous leurs doigts
ma folle jeunesse
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôghue menôgue rraz
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôgue menôgue rraz
joue tzigane joue pour moi
avec plus de flamme
afin de couvrir la voix
qui dit à mon âme:
"où as tu mal
pourquoi as tu mal?
t'as mal à la tête
bois un peu moins aujourd'hui
tu boiras plus demain
et encore plus après demain"
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôghue menôgue rraz
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôgue menôgue rraz
je veux rire, veux chanter
et soûler ma peine
pour oublier le passé
qu'avec moi je traîne
allez versez du vin fort
car le vin délivre
versez versez m'en encore
pour que je m'enivre
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôghue menôgue rraz
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôgue menôgue rraz
deux guitares en ma pensée
jettent un trouble immense
m'expliquant la vanité
de notre existence
que vivons nous?
pourquoi vivons nous?
quelle est la raison d'être?
tu es vivant aujourd'hui
tu seras mort demain
et encore plus après demain
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôghue menôgue rraz
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôgue menôgue rraz
quand je serais ivre mort
faible et lamentable
et que vous verrez mon corps
rouler sous la table
alors vous pourrez cesser
vos chants qui résonnent
mais en attendant jouez
jouez je l'ordonne
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôghue menôgue rraz
aigh rraz, ischô rraz
ischô menôgue menôgue rraz
****    LAISSES_A_60
c'est drôl' c'que t'es drôle à r'garder
t'es là, t'attends, tu fais la tête
et moi j'ai envie d'rigoler
c'est l'alcool qui monte en ma t^te
tout l'alcool que j'ai pris ce soir
afin d'y puiser le courage
de t'avouer que j'en ai marr'
de toi et de tes commérages
de ton corps qui me laisse sage
et qui m'enlève tout espoir
j'en ai assez faut bien qu'j'te l'dise
tu m'exaspèr's, tu m'tyrannises
je subis ton sal'caractèr'
sans oser dir' que t'exagèr's
oui t'exagèr's, tu l'sais maint'nant
parfois je voudrais t'étrangler
Dieu que t'as changé en cinq ans
tu l'laisses aller, tu l'laisses aller
ah ! tu es belle à regarder
tes bas tombant sur tes chaussures
et ton vieux peignoir mal fermé
et tes bigoudis quelle allure
je me demande chaque jour
comment as tu fait pour me plaire
comment ai j' pu te faire la cour
et t'aliéner ma vie entière
comm' ça tu ressembles à ta mère
qu'a rien pour inspirer l'amour
d'vant mes amis quell' catastroph'
tu m'contredis, tu m'apostrophes
avec ton venin et ta hargne
tu ferais battre des montagnes
ah ! j'ai décroché le gros lot
le jour où je t'ai rencontrée
si tu t'taisais, ce s'rait trop beau
tu l'laisses aller, tu l'laisses aller
tu es un'brute et un tyran
tu n'as pas de coeur et pas d'âme
pourtant je pense bien souvent
que malgré tout tu es ma femme
si tu voulais faire un effort
tout pourrait reprendre sa place
pour maigrir fais un peu de sport
arranges toi devant ta glace
accroche un sourire à ta face
maquille ton coeur et ton corps
au lieu d'penser que j'te déteste
et de me fuir comme la peste
essaie de te montrer gentille
redeviens la petite fille
qui m'a donné tant de bonheur
et parfois comm' par le passé
j'aim'rais que tout contre mon coeur
tu l'laisses aller, tu l'laisses aller
****    JE_M_VO_A_60
à dix huit ans j'ai quitté ma province
bien décidé à empoigner la vie
le coeur léger et le bagage mince
j'étais certain de conquérir Paris
chez le tailleur le plus chic j'ai fait faire
ce complet bleu qu'était du dernier cri
les photos, les chansons
et les orchestrations
ont eu raison
de mes économies
je m'voyais déjà en haut de l'affiche
en dix fois plus gros que n'importe qui mon nom s'étalait
je m'voyais déjà adulé et riche
signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient
j'étais le plus grand des grands fantaisistes
faisant un succès si fort que les gens m'acclamaient debout
je m'voyais déjà cherchant dans ma liste
celle qui le soir pourrait par faveur se pendre à mon cou
mes traits ont vieilli, bien sûr, sous mon maquillage
mais la voix est là, le geste est précis, et j'ai du ressort
mon coeur s'est aigri un peu en prenant de l'âge
mais j'ai des idées, j'connais mon métier et j'y crois encor'
rien que sous mes pieds de sentir la scène
de voir devant moi le public assis, j'ai le coeur battant
on m'a pas aidé, je n'ai pas eu d'veine
mais un jour viendra, je leur montrerai que j'ai de talent
ce complet bleu y'a trente ans que j'le porte
et mes chansons ne font rire que moi
j'cours le cachet, je fais du porte à porte
pour subsister je fais n'importe quoi
je n'ai connu que des succès faciles
des trains de nuit et des filles à soldats
les minables cachets, les valises à porter
les p'tits meublés et les maigres repas
je m'voyais déjà en photographie
au bras d'une star l'hiver dans la neige l'été au soleil
je m'voyais déjà racontant ma vie,
l'air désabusé, à des débutants friands de conseils
j'ouvrais calmement les soirs de première,
mille télégrammes de ce tout Paris qui nous fait si peur
et mourant de trac devant ce parterre,
entré sur la scène sous les ovations et les projecteurs
j'ai tout essayé pourtant pour sortir de l'ombre
j'ai chanté l'amour, j'ai fait du comique et d'la fantaisie
si tout a raté pour moi, si je suis dans l'ombre
ce n'est pas ma faut' mais cell' du public qui n'a rien compris
on ne m'a jamais accordé ma chance
d'autres ont réussi avec peu de voix mais beaucoup d'argent
moi j'étais trop pur ou trop en avence
mais un jour viendra, je leur montrerai que j'ai du talent
****    +HEUREU_A_60
dans le quartier de ma jeunesse, fallait'savoir parer aux coups
vivant sur mes gardes sans cesse, me conduisant comme un voyou
je défendais mon existence en pensant que ça changerait
car même graine de violence, un jour veut fleurir en bouquet.
j'ai les mains qui tremblent, j'ai le coeur qui bat.
on ne peut être, ce me semble, plus heureux que moi.
les coups que l'on donnait bien sûr n'étaient pas tous très réguliers
si j'en ai pris plein la figure, j'en ai rendu sans discuter
bien qu'étant sur la défensive, bien qu'étant toujours aux aguets
j'ai vu une attaque si vive que je n'ai pas pu y parer.
j'ai les mains qui tremblent, j'ai le coeur qui bat.
on ne peut être, ce me semble, plus heureux que moi.
je ne croyais pas à la chance, je ne croyais qu'en mes deux poings
et ne faisais pas plus confiance aux femmes qu'au curé du coin
et pourtant il faut bien le dire, pour une fille du quartier
qui ne possédait qu'un sourire et un corps assez bien roulé.
j'ai les mains qui tremblent, j'ai le coeur qui bat.
on ne peut être, ce me semble, plus heureux que moi.
me voilà pensant à l'église, me voilà prêt à me ranger
je sens mes mains qui s'humanisent
mes poings s'ouvrent pour caresser
tout en moi cherche à se détendre, la brute est prête à s'adoucir
mes lèvres cherchent des mots tendres et d'autres lèvres pour s'unir.
j'ai les mains qui tremblent, j'ai le coeur qui bat.
on ne peut être, ce me semble, plus heureux que moi.
****    JAIPERD_A_61 
je n'avais connu que des passions
beaucoup trop sage
en menant une vie de garçon
volage
tous les amoureux que je croisais
me semblaient drôles
et je croyais ma tête à jamais
plantée sur mes épaules
j'ai perdu la tête
mon coeur est en fête
j'ai perdu la tête
mais mon Dieu que j'aime ça
jamais la vie ne m'avais paru
plus magnifique
et jamais mon coeur n'avait battu
si vite
que depuis que l'amour m'a frappé
avec violence
comme s'il voulait me réveiller
pour me donner ma chance
j'ai perdu la tête
mon coeur est en fête
j'ai perdu la tête
mais mon Dieu que j'aime ça
je parle d'elle en toutes occasions
c'est mon problème
et je n'ai qu'une conversation
je l'aime
quand mes amis se moquent de moi
c'est incroyable
leurs sarcasmes ne m'atteignent pas
je suis invulnérable
j'ai perdu la tête
mon coeur est en fête
j'ai perdu la tête
mais mon Dieu que j'aime ça
moi qui croyais rester jusqu'au bout
célibataire
je rêve d'avoir la corde au cou
et faire
des enfants qui viendraient égayer
mes derniers souffles
et passer ma vie à leurs côtés
les pieds dans mes pantoufles
j'ai perdu la tête
mon coeur est en fête
j'ai perdu la tête
mais mon Dieu que j'aime ça
elle a des cheveux d'un blond soyeux
qui vagabondent
elle a les yeux les plus lumineux
du monde
elle a les lèvres les plus jolies
et les plus tendres
et une voix que l'on a envie
d'entendre
elle a un cou long et majestueux
un port de reine
la taille qui fait cinquante deux
a peine
un merveilleux corps de Tanagra
que je désire
et bien d'autres choses croyez moi
que je n'ose décrire
j'ai perdu la tête
mon coeur est en fête
j'ai perdu la tête
mais mon Dieu que j'aime ça
****    MARCH_A_C_61 
mon coeur se trouve au bout du monde
et moi je vis au jour le jour
comptant les heures et les secondes
me séparant de mon amour
quand on se reverra, ma vie renaîtra
et je sécherai mes pleurs sur tes joues, mon ange
dans tes bras en trouvant l'oubli des jours désunis
résonnera dans nos coeurs, la marche des anges
pour voir la fin de mes souffrances
je prie le ciel de me guider
vers le pays de notre enfance
où tu te meurs à m'espérer
quand on se reverra, ma vie renaîtra
et je sécherai mes pleurs sur tes joues, mon ange
dans tes bras en trouvant l'oubli des jours désunis
résonnera dans nos coeurs, la marche des anges
dans le cahot de ma tourmente
je ne résiste que par toi
c'est ton visage qui me manque
et le son de ta voix
vienne le jour de ma victoire
écrasant les années passées
où l'amour a vécu sans gloire
vienne avec toi le temps d'aimer
quand on se reverra, ma vie renaîtra
et je sécherai mes pleurs sur tes joues, mon ange
dans tes bras en trouvant l'oubli des jours désunis
résonnera dans nos coeurs, la marche des anges
****    QUANDTU_A_61
quand tu m'embrasses
pourrais tu m'expliquer pourquoi
quand tu m'embrasses
tant de choses se passent en moi ?
je sens comme un courant
qui soudain me parcourt et m'enivre
c'est pourquoi si souvent
à tes lèvres, mes lèvres se livrent
quand tu m'embrasses
je suis comme un pantin brisé
et je crie grâce
sous tes baisers
je ne sais plus du tout
ce que je fais
c'est fou
l'effet que ça me fais
quand tu m'embrasses
je suis électrisé
quand tu m'embrasses
je ne connais rien de pareil
quand tu m'embrasses
je fonds comme une glace au soleil
je m'accroche à ton cou
car le sol sous mes pieds m'abandonne
et je vois tout à coup
dans tes yeux des lueurs qui m'étonnent
quand tu m'embrasses
je perds soudain tous mes esprits
et ça efface
tous mes ennuis
y a des printemps qui naissent
autour de moi
et le reste ne compte pas
quand tu m'embrasses
mon coeur est fou de joie
quand tu m'embrasses
enivré, je ferme les yeux
quand tu m'enlaces
c'est merveilleux
on est au bord du gouffre le plus beau
le bonheur nous
colle à la peau
et le temps passe
follement pour nous deux
quand tu m'embrasses
chérie
quand je t'embrasse
mais oui
quand on s'embrasse
on joue avec le feu.
****    COMMEDE_A_61
un peu par lâcheté, un peu par lassitude
sur la terre brûlée de tous nos jours heureux
un peu par vanité, un peu par habitude
de peur de rester seuls nous vivons tous les deux
comme des inconnus qui n'ont rien à se dire
comme des gens pressés qui se voient par hasard
échangeant quelques mots dans un pâle sourire
avec rien dans le coeur et rien dans le regard,
il ne nous reste rien que regrets et remords
rien qu'un amour déjà mort
nous ne sommes quoi qu'on fasse
que deux êtres face à face
qui vivent comme des étrangers
mais qu'est il advenu du couple qui s'aimait?
nous ne le saurons jamais
car nous restons côte à côte
en nous rejetant les fautes
et vivons comme des étrangers.
peut être par pudeur, peut être par faiblesse
nous n'abordons jamais ce problème important
et ridiculement figés par la détresse
espérant l'impossible nous tuons le temps
le temps qui sûrement nous dévore et ravage
ce rien de pureté contenu dans nos coeurs
et nous sommes deux fous qui croyant être sages
se gorgent d'un passé qui lentement se meurt.
****    NON_OUB_A_61
je n'aurais jamais cru qu'on se rencontrerait
le hasard est curieux il provoque les choses
et le destin pressé un instant prend la pose
non je n'ai rien oublié
je souris malgré moi rien qu'à te regarder
si les mois, les années marquent souvent les êtres
toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut être
non je n'ai rien oublié
rien oublié
marié, moi, allons donc je n'en ai nulle envie
j'aime ma liberté et puis de toi à moi
je n'ai pas rencontré la femme de ma vie
mais allons prendre un verre, et parle moi de toi
qu'as tu fait de tes jours, es tu riche et comblée
tu vis seule à Paris, mais alors ce mariage
entre nous tes parents ont dû crever de rage
non je n'ai rien oublié
qui m'aurait dit qu'un jour sans l'avoir provoqué
le destin tout à coup nous mettrait face à face
je croyais que tout meurt avec le temps qui passe
non je n'ai rien oublié
rien oublié
à l'âge où je portais mon amour pour toute arme
ton père ayant pour toi bien d'autres ambitions
à brisé notre amour et fait jaillir nos larmes
pour un mari choisi sur sa situation
j'ai voulu te revoir mais tu étais cloîtrée
je t'ai écrit cent fois mais toujours sans réponse
cela m'a pris longtemps avant que je renonce
non je n'ai rien oublié
l'heure court et déjà le café va fermer
viens je te raccompagne à travers les rues mortes
comme au temps des baisers qu'on volait sous ta porte
non je n'ai rien oublié
chaque saison était notre saison d'aimer
et nous ne redoutions ni l'hiver ni l'automne
c'est toujours le printemps quand nos vingt ans résonnent
non je n'ai rien oublié
rien oublié
cela m'a fait du bien de sentir ta présence
je me sens différent comme un peu plus léger
on a souvent besoin d'un bain d'adolescence
c'est doux de revenir aux sources du passé
je voudrais, si tu veux, sans vouloir te forcer
te revoir à nouveau, enfin... si c'est possible
si tu en as envie, si tu es disponible
si tu n'as rien oublié
comme moi qui n'ai rien oublié
****    Rythme__A_61
au rythme de mon coeur
au rythme de mon sang
au rythme de ma vie, mon amour,
chantent mes jours sans loi
et, chassées par le temps,
passent mes nuits en pleurs
au rythme de mon coeur
au rythme de mes joies
ma jeunesse en folie suit son cours
et mes rêves d'enfant
me font goûter le fond,
le fond de mon bonheur
et je regarde au loin chaque jour
là bas, tout brille et m'attire
je veux des lendemains,
des lendemains pleins d'amour
et pour mes souvenirs
j'emprisonne les jours
j'emprisonne les nuits
que le monde déchire sans peur
et j'appelle l'amour
dans un éclat de rire
de rire et de douleur
et je regarde au loin chaque jour
là bas, tout brille et m'attire
je veux des lendemains,
des lendemains pleins d'amour
et pour mes souvenirs
j'emprisonne les jours
j'emprisonne les nuits
que le monde déchire sans peur
et j'appelle l'amour
dans un éclat de rire
de rire et de douleur
au rythme de nos mains qui se donnent
au rythme de ces joies qui m'étonnent
au rythme de nos voix qui fredonnent
au rythme de mon sang qui bouillonne
comme au rythme de ma vie
et de mon coeur
****    Allelui_A_62
la jeunesse est turbulente
insolente
mais souvenez vous
vous les gens devenus sages
qu'à votre âge
vous étiez comme nous
tout comme nous pressés de vivre
et de suivre
le chemin de vos joies
alors pourquoi jeter la pierre
laissez faire
tout ça se calmera
Alléluia ! Alléluia !
nos vingt ans
n'ont qu'un temps
laissons les brûler
Alléluia ! Alléluia !
le ciel donne
ce qu'il nous donne
pour en profiter
nous avons l'âge où l'on crève
pour des rêves
peut être insensés
l'âge ou l'on refait le monde
que l'on fonde
sur de vagues idées
on se voudrait invulnérable
intraitable
toujours le plus fort
faisant tout avec frénésie
notre vie
devient un corps à corps
Alléluia ! Alléluia !
nos vingt ans
n'ont qu'un temps
laissons les brûler
Alléluia ! Alléluia !
le ciel donne
ce qu'il nous donne
pour en profiter
le passé qui règne encore
on l'ignore
pour vivre au futur
on se forge des idoles
et l'on colle
leurs photos sur nos murs
c'est pour se prouver qu'on existe
qu'on résiste
aux lois établies
et pour que l'on s'extériorise
on se grise
de vitesse et de bruit
Alléluia ! Alléluia !
nos vingt ans
n'ont qu'un temps
laissons les brûler
Alléluia ! Alléluia !
le ciel donne
ce qu'il nous donne
pour en profiter
et nos passions sont de même
quand on aime
tout est bouleversé
nos sentiments nous dépassent
et l'on passe
notre temps à rêver
la vie prend une autre tournure
on murmure
des mots simples et doux
car au fond on est romantique
ça explique
que l'on soit un peu fou
Alléluia ! Alléluia !
nos vingt ans
n'ont qu'un temps
laissons les brûler
Alléluia ! Alléluia !
le ciel donne
ce qu'il nous donne
pour en profiter
****    COMEDIE_B_62
viens voir les comédiens
voir les musiciens
voir les magiciens
qui arrivent
viens voir les comédiens
voir les musiciens
voir les magiciens
qui arrivent
les comédiens ont installé leurs tréteaux
ils ont dressé leur estrade
et tendu des calicots
les comédiens ont parcouru les faubourgs
ils ont donné la parade
a grand renfort de tambour
devant l'église une roulotte peinte en vert
avec les chaises d'un théatre à ciel ouvert
et derrière eux comme un cortège en folie
ils drainent tout le pays,
les comédiens.
si vous voulez voir confondus les coquins
dans une histoire un peu triste
où tout s'arrange à la fin
si vous aimez voir trembler les amoureux
vous lamenter sur baptiste
ou rire avec les heureux
poussez la toile et entrez donc vous installer
sous le étoiles, le rideau va se lever...
quand les trois coups retentisssent dans la nuit
ils vont renaîtrent à la vie, les comédiens.
viens voir les comédiens
voir les musiciens
voir les magiciens
qui arrivent
viens voir les comédiens
voir les musiciens
voir les magiciens
qui arrivent
les comédiens ont démonté leurs trétaux
ils ont ôté leur estrade
et plié les calicots,
ils laisseront au fond du coeur de chacun
un peu de la sérénade
et du bonheur d'arlequin
demain matin quand le soleil va se lever
ils seront loins, et nous croirons avoir rêvé
d'autres villages endormis, les comédiens
viens voir les comédiens
voir les musiciens
voir les magiciens
qui arrivent
****    TROUSSE_B_62
dans le petit bois de trousse chemise
quand la mer est grise et qu'on l'est un peu
dans le petit bois de trousse chemise
on fait des bêtises souviens toi nous deux
on était partis pour trousse chemise
guettés par les vieill's derrièr' leurs volets
on était partis la fleur à l'oreille
avec deux bouteill's de vrai muscadet
on s'était baignés à trousse chemise
la plage déserte était à nous deux
on s'était baignés à la découverte
la mer était verte, tu l'étais un peu
on a dans les bois de trousse chemise
déjeuné sur l'herbe, mais voilà soudain
que là, j'ai voulu d'un élan superbe
conjuguer le verbe aimer son prochain.
et j'ai renversé à trousse chemise
malgré tes prières à corps défendant
et j'ai renversé le vin de nos verres
ta robe légère et tes dix sept ans
quand on est rentrés de trousse chemise
la mer était grise, tu ne l'étais plus
quand on est rentré la vie t'a reprise
t'as fait ta valise t'es jamais r'venue.
on coupe le bois à trousse chemise
il pleut sur la plage des mortes saisons
on coupe le bois, le bois de la cage
où le coeur trop sage était en prison.
****    FAUT_SA_A_62
il faut savoir
encore sourire
quand le meilleur s'est retiré
et qu'il ne reste que le pire
dans une vie bête à pleurer
il faut savoir
coûte que coûte garder toute sa dignité
et malgré ce qui nous en coûte
s'en aller sans se retourner
face au destin
qui nous désarme
et devant le bonheur perdu
il faut savoir cacher ses larmes
mais moi, mon coeur, je n'ai pas su
il faut savoir
quitter la table
lorsque l'amour est desservi
sans s'accrocher l'air pitoyable
mais partir sans faire de bruit
il faut savoir
cacher sa peine
sous le masque de tous les jours
et retenir les cris de haine
qui sont les derniers mots d'amour
il faut savoir
rester de glace
et taire un coeur qui meurt déjà
il faut savoir
garder la face
mais moi, je t'aime trop
mais moi, je ne peux pas
il faut savoir
mais moi, je ne sais pas
****    L_AMOUR_B_62
le soleil brille à pleins feux
mais je ne vois que tes yeux
la blancheur de ton corps nu
devant mes mains éperdues
viens, ne laisse pas s'enfuir
les matins brodés d'amour
viens, ne laisse pas mourir
les printemps, nos plaisirs
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va, ça s'en va l'amour
c'est comme un jour de soleil en ripaille
et de lune en chamaille
et de pluie en bataille
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va, ça s'en va l'amour
c'est comme un jour d'un infini sourire
une infinie tendresse
une infinie caresse
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va mon amour
notre été s'en est allé
et tes yeux m'ont oublié
te souviens tu de ces jours
où nos coeurs parlaient d'amour
nous n'avons pu retenir
que des lambeaux de bonheur
s'il n'y a plus d'avenir
il nous reste un souvenir
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va, ça s'en va l'amour
c'est comme un jour de soleil en ripaille
et de lune en chamaille
et de pluie en bataille
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va, ça s'en va l'amour
c'est comme un jour d'un infini sourire
une infinie tendresse
une infinie caresse
l'amour c'est comme un jour
ça s'en va mon amour
****    AuClair_A_63
au clair de mon âme
au coeur de mon coeur
je cherche la flamme
de notre bonheur
je sais que nos amours sont mortes
mais je ne veux pas
que le temps déporte
tout de toi et moi
au clair de mon âme
tout comme un Pierrot
qu'un chagrin désarme
je n'attends qu'un mot
un mot de tes lèvres
un cri de ton coeur
pour chasser ma fièvre
et briser ma peur
au clair de mon âme
cerné de chagrin
et noyé de larmes
je ne trouve rien
tu le vois, je me meurs ma vie
rallume ton feu
et rends moi la vie
pour l'amour de Dieu
****    POURTAN_A_63
un beau matin je sais que je m'éveillerai
différemment de tous les autres jours
et mon coeur délivré enfin de notre amour
et pourtant, et pourtant
sans un remords, sans un regret je partirai
droit devant moi sans espoir de retour
loin des yeux loin du coeur j'oublierai pour toujours
et ton coeur et tes bras
et ta voix
mon amour
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant
j'arracherai sans une larme, sans un cri
les liens secrets qui déchirent ma peau
me libérant de toi pour trouver le repos
et pourtant, et pourtant
je marcherai vers d'autres cieux, d'autres pays
en oubliant ta cruelle froideur
les mains pleines d'amour j'offrirai au bonheur
et les jour et les nuits
et la vie
de mon coeur
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant
il faudra bien que je retrouve ma raison
mon insouciance et mes élans de joie
que je parte à jamais pour échapper à toi
dans d'autres bras quand j'oublirai jusqu'à ton nom
quand je pourrai repenser l'avenir
tu deviendras pour moi qu'un lointain souvenir
quand mon mal et ma peur
et mes pleurs
vont finir
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
et pourtant, pourtant, je n'aime que toi
pourtant, pourtant, je n'aime que toi
pourtant, pourtant, je n'aime que toi...
****    BON_ANN_A_63
j'ai mis mon complet neuf mes souliers qui me serrent
et je suis prêt depuis pas mal de temps
ce soir est important car c'est l'anniversaire
du jour où le bonheur t'avais vêtue de blanc
mais je te sens nerveuse au bord de la colère
àlors je ne dis rien, mieux vaut être prudent
si je disais un mot, ton fichu caractère
m'enverrait sur les roses et l'on perdrait du temps
il est huit heures un quart et tu attends la robe
qu'on devait te livrer ce matin au plus tard
pour comble tes cheveux au peigne se dérobent
tout semble se liguer pour qu'on soit en retard
si tout va de ce train la soirée au théâtre
et l'auteur à la mode on s'en fera un deuil
àdieu pièce d'anouilh, d'anouilh ou bien de sartre
je ne sais plus très bien, mais j'ai deux bons fauteuils
bon anniversaire! bon anniversaire!
ta robe est arrivée enfin et tu respires
par solidarité je t'aide de mon mieux
tout semble s'arranger mais soudain c'est le pire
la fermeture arrête et coince au beau milieu
on s'énerve tous deux, on pousse et puis l'on tire
on se mêle les doigts, on y met tant d'ardeur
que dans un bruit affreux le tissu se déchire
et je vois tes espoirs se transformer en pleurs
aux environs d'onze heures enfin te voilà prête
mais le temps d'arriver, le théâtre est fermé
viens nous irons souper tous deux en tête à tête,
non tu as le coeur gros tu préfères rentrer
par les rues lentement nous marchons en silence
tu souris, je t'embrasse, et tu souris encore
la soirée est gâchée mais on a de la chance
puisque nous nous aimons l'amour est le plus fort
bon anniversaire! bon anniversaire!
bon anniversaire!
****    MAMMA___B_63
ils sont venus
ils sont tous là
dès qu'ils ont entendu ce cri
elle va mourir, la mamma
ils sont venus
ils sont tous là
même ceux du sud de l'italie
y a même georgio, le fils maudit
avec des présents plein les bras
tous les enfants jouent en silence
autour du lit ou sur le carreau
et leurs jeux n'ont pas d'importance
c'est un peu leurs derniers cadeaux
a la mamma
on la réchauffe des baisers
on lui remonte ses oreillers
elle va mourir, la mamma
sainte Marie pleine de grâce
dont la statue est sur la place
bien sûr vous lui tendez les bras
en lui chantant ave maria
ave maria
y'a tant d'amour
de souvenirs
autour de toi
toi la mamma
y'a tant de larmes
et de sourires
a travers toi
toi la mamma
et tous les hommes ont eu si chaud
sur les chemins de grand soleil
elle va mourir, la mamma
qu'ils boivent frais le vin nouveau
le bon vin de la bonne treille
tandis que s'entrassent pêl' mêle
sur les bancs, foulards et chapeaux
c'est drôle on ne se sent pas triste
près du grand lit et de l'affection
y a même un oncle guitariste
qui joue en faisant attention
a la mamma
et les femmes se souvenant
des chansons tristes des veillées
elle va mourir, la mamma
tout doucement, les yeux fermés
chantent comme on berce un enfant
aprés une bonne journée
pour qu'il sourie en s'endormant
ave maria
y'a tant d'amour
de souvenirs
autour de toi
toi la mamma
y'a tant de larmes
et de sourires
a travers toi
toi la mamma
que jamais, jamais, jamais
tu nous quitteras
****    16_ANS__A_63
viens, donne tes seize ans
au bonheur qui prend forme
pour que ton corps d'enfant
peu à peu se transforme
viens, n'hésite pas
mets ta main dans ma main
simplement, et donne tes seize ans
viens, donne tes seize ans
aux amours éternelles
c'est le plus beau printemps
de la vie qui t'appelle
viens, au creux de moi
mets ta joue sur ma joue
tendrement, et donne tes seize ans
un jour, lorsque la vie aura fané nos jours
un jour, nous penserons qu'il fut bien court
le printemps des amours
viens, donne tes seize ans
à ta fureur de vivre
le chemin des amants
est le seul qu'il faut suivre
viens, donne ton coeur
mon amour à l'amour
qui attend, pour prendre tes seize ans
donne tes seize ans
donne tes seize ans
****    IlViend_A_63
il viendra
ce jour où les amoureux
malheureux
sécheront enfin leurs pleurs
il viendra
ce matin où les clairons
sonneront
leur appel du bonheur
les trompés sortiront de leurs sanglots
pour connaître le repos
de leurs coeurs
et les femmes abandonnes
comme les hommes bafoués
pourront se sentir vainqueurs
il viendra
ce jour où les tambours
de l'amour
rouleront à l'unisson
il viendra
pour effacer nos chagrins
mettant fin
aux guerres des passions
il viendra
tôt ou tard ce temps perdu
révolu
que l'on prétend sans retour
il viendra
faisant flotter l'étendard
de l'espoir
pour nous porter secours
terrassant nos larmes et nos rancoeurs
au cri de debout les coeurs !
les plus lourds
et les amants séparés
la foule des mal aimés
seront unis pour toujours
il viendra
par les villes et par les champs
écrasant
les mortes saisons d'amour
il viendra
donner contre nos tourments
l'éclatant
soleil de ses beaux jours
il viendra
ce jour où les coeurs brisés
vont marcher
au pas de leurs souvenirs
il viendra
avec toi qui reviendra
dans mes bras
pour ne plus repartir
****    JaiBeso_A_64
aime moi comme je t'aime
sans détour et sans problème
du plus profond de moi même
j'ai besoin de ton amour
aime moi comme on respire
avec des mots simples à dire
pour le meilleur et pour le pire
j'ai besoin de ton amour
donne moi la force immense
de croire en des jours de chance
et de peindre d'espérance
les lendemains de ma vie
pour chasser de moi l'angoisse
oublier le temps qui passe
laissant de terribles traces
dans les coeurs inassouvis
aime moi pour que je fonde
sur nos joies les plus profondes
le plus grand bonheur du monde
j'ai besoin de ton amour
aime moi que je m'enivre
d'une joie qui me délivre
de la peur que j'ai de vivre
j'ai besoin de ton amour
j'ai besoin de ta tendresse
de tes mots de tes caresses
pour dissiper la détresse
qui m'oppresse nuit et jour
besoin que tu me consoles
quand je pleure et me désole
que ma tête devient folle
j'ai besoin de ton amour
****    JTATant_C_64
nous n'avions pas un sou en poche
mais nous étions riche d'aimer
aimer pour aimer sans arrière pensées
plus ou moins moches
nous étions livrés à nous mêmes
rien ne comptait que notre amour
et jour après jour, on se posait toujours
qu'un seul problème
est ce que tu m'aimes ?
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant, tant, tant, tant, tant
je t'aimais tant
mon amour
par l'amour, par l'alcool, par force
nous arrachions la vie au temps
vivant tant et tant qu'on oubliait souvent
nos joies de gosses
nous avions les yeux de l'enfance
et des rêves aux creux de nos mains
et rien, jamais rien ne nous étonnait moins
que l'imprudence, que l'insouciance
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant, tant, tant, tant, tant
je t'aimais tant
mon amour
la folie, la furie, la rage
ont saccagé notre bonheur
douleur, ma douleur, tu as laissé ton cœur
dans cet orage
car l'amour a claqué la porte
me laissant seul plein de regrets
jamais, plus jamais je ne vous revivrai
mes amours mortes que tout emporte
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant mon amour
je t'aimais tant, tant, tant, tant, tant
je t'aimais tant
mon amour
je t'aimais tant, tant, tant, tant, tant
je t'aimais tant
mon amour
je t'aimais tant, tant, tant, tant, tant
je t'aimais tant
mon amour
****    IlFalla_C_64
il fallait bien
que me vienne un jour
ce mal soudain
qu'on appelle l'amour
il fallait bien
que je croie en lui
pour qu'un matin
il me laisse meurtri
l'amour s'en vient, l'amour se meurt
à peine un rire et puis des pleurs
et le silence autour de moi
le souvenir qui naît déjà
l'amour était si beau près de toi
il fallait bien
te serrer très fort
tenir tes mains
pour te garder encore
il fallait bien
m'accrocher à toi
lorsque plus rien
ne retenait tes pas
il fallait bien
sauver mon bonheur
par les moyens
que me laissait mon coeur
ils brûlent les feux de l'enfer
et dans mon âme et dans ma chair
tu ne m'as laissé que regrets
et le remords de n'avoir fait
peut être pas tout ce qu'il fallait
il fallait bien
en payer le prix
et mon chagrin
vient de briser ma vie
****    DORS____A_64
tu as tout pour être aimée
visage et corps sans défauts
des milliers de qualités
et vertu plus qu'il n'en faut
mais, car il y a un mais
qui remet tout en question
dés que tu es éveillée
et jusque sous l'édredon
tu ne fais que discuter
moi je n'ai pas de répit
et plus je t'entends parler
et plus je bénis mes nuits
où tu dors, dors, dors mon amour
dors, quand tu dors, je t'adore mon amour
dans un sursaut d'énergie
je te demande souvent
veux tu t'arrêter chérie
tu me réponds gentiment:
"Tu n'entendras plus ma voix
je ne dis plus rien du tout "
pourtant c'est plus fort que toi
tu ne peux tenir le coup
et quelques instants plus tard
tu recommences à parler
et continue jusqu'au soir
où tu t'écoules épuisée
et tu dors, dors, dors mon amour
dors, quand tu dors, je t'adore mon amour
mais comme nous nous aimons
beaucoup plus qu'à la folie
je te fais des concessions
car j'en ai pris mon parti
pourtant je songe parfois
qu'une petite aphonie
un rien d'extinction de voix
changerait toute ma vie
ces choses là je le sais
sont des rêves sans espoir
mais j'ai un rêve secret
c'est de devenir plus tard
sourd, sourd, complètement sourd mon amour
****    DOUCE___C_64
douce oh! ma douce
qu'es tu devenue
ma douce oh! ma douce
partie ou perdue
ma douce oh! ma douce
mes jours d'autrefois
je les regrette
douce oh! ma douce
quand on a vingt ans
ma douce oh! ma douce
on a bien le temps
ma douce oh! ma douce
de se quereller
il faut oublier
reviens, pardonne moi reviens
redonne moi la main
puisque tu sais bien
que tout mon être t'appartient
douce oh! ma douce
depuis ton départ
ma douce oh! ma douce
je vis dans l'espoir
ma douce oh! ma douce
d'entendre ton pas
mais tu ne viens pas
douce oh! ma douce
quand tu reviendras
ma douce oh! ma douce
ce sera gala
ma douce oh! ma douce
nous irons danser
toute la nuit sans penser
douce oh! ma douce
et jusqu'au matin
ma douce oh! ma douce
avec les copains
ma douce oh! ma douce
nous serons là pour
fêter ton retour
reviens je t'aime encore reviens
contre mon corps et rien
ne me changera
et mon coeur se contentera
d'un lit de mousse
sous un humble toit
ma douce oh! ma douce
et toi dans mes bras
ma douce oh! ma douce
toi et notre amour
pour combler mes jours
****    JValise_A_64
je fais ma valise
je défais ma valise
je refais ma valise
mes jours sont sans surprise
et c'est pareil quand à mes nuits
l'hôtel d'Angleterre
l'hôtel du Belvédère
l'hôtel des Mousquetaires
je fais la France entière
afin de vendre mes produits
le bonbon Schproutmolle
le chewing gum des idoles
la gaufrette espagnol
croyez moi sur parole
c'est pas du gâteau à placer
forcer la commande
plaisanter sur commande
pour tirer la commande
ce que je fais dans ce métier
mais quelquefois
deux ou trois fois par mois
je peux rentrer chez moi
alors je remet ça
je fais ma valise
je reprends ma valise
toute ma marchandise
et tombe en pleine crise
de qui vous arrêter le cœur
les dents d'Anatole
l'angine de Nicole
l'estomac de Carole
ma femme s'affole
les honoraires du docteur
les notes urgentes
le bifteck qui augmente
les impôts en attente
et les choses démentes
qui me vident et qui me font peur
noël qui approche
les cadeaux pour les proches
la dinde et la brioche
qui dévastent mes poches
et puis j'en passe et des meilleurs
pour payer ça
je reprends mon barda
et ma vie de forçat
pour la énième fois
je fais ma valise
ma satanée valise
je prends mes friandises
et je réorganise
ma vie dans les compartiments
le train pour Craponne
le train pour Carcassonne
et le train pour Péronne
où ne m'attend personne
qu'un problématique client
qu'il faut que j'engraisse
d'un bon poulet de Bresse
d'une vraie bouillabaisse
de liqueurs vengeresses
qui rongent ma pauvre santé
et quand la nuit tombe
ça fait une hécatombe
mon estomac succombe
mon foie creuse sa tombe
et je souffre comme un damné
représentant
c'est un métier tuant
car bien ou mal portant
dés le matin suivant
je fais ma valise
je défais ma valise
je refais ma valise
mes jours sont sans surprise
et c'est pareil quand à mes nuits
je courtise Aline
je bécote Rosine
je caresse Pauline
et quand je les lutine
j'oublie un peu mes ennuis
je rencontre Pierre
je rencontre Valère
je rencontre Rosaire
et bien d'autres confrères
et quand nous sommes attablés
on rit, on chahute
on écluse des flûtes
parfois on se dispute
mais surtout on discute
avec la chaleur de la beauté
de notre merveilleux métier
****    ChaqueF_A_64
chaque fois que j'aime
tout m'enivre et tout me prends
pourtant c'est toujours pareil et différent
chaque fois que j'aime
je redécouvre encore la vie
et je suis prêt à faire mille folies
c'est comme un premier soleil qui me brûle
un de ces jours merveilleux de printemps
qui me tire d'un sommeil ridicule
le coeur battant
comme un enfant
chaque fois que j'aime
je sais bien que c'est pour toujours
et je donne à coeur veux tu dans cet amour
c'est toujours de même
je n'ai rien connu de plus beau car
chaque fois que j'aime c'est nouveau
chaque fois que j'aime
tout en moi paraît anormal
et mon coeur frappe si fort qu'il m'en fait mal
chaque fois que j'aime
j'entre dans un monde fermé
où la raison d'être est aimer pour aimer
je perds la notion du temps et des choses
je rêve encore un peu plus chaque jour
et les questions que souvent je me pose
tournent autour
de mon amour
chaque fois que j'aime
mon bonheur me semble si grand
que je crois n'avoir jamais aimé avant
c'est toujours de même
j'arrête ma vie et le temps car
chaque fois que j'aime
chaque fois que j'aime
chaque fois que j'aime
j'ai vingt ans
****    JToujou_A_64
je me croyais, moi, pauvre sot
de taille à l'aimer comme il faut
mais trop d'amour, c'est souvent un défaut
j'ai vu ses yeux se détourner
son coeur à jamais se glacer
et sans raison, effacer le passé
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
dites le lui pour moi
moi qui croyais être assez fort
pour vaincre la vie et la mort
et soulever le monde à bras le corps
je suis perdu et je me sens
plus faible encore qu'un enfant
car mon bonheur est parti dans le temps
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
dites le lui pour moi
qu'ai je donc fait, qu'ai je donc dit ?
pour quel méfait suis je puni ?
je n'en sais rien, je n'ai jamais compris
et je suis là, pauvre orphelin
avec un coeur sans lendemain
et un amour qui ne sert plus à rien
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
dites le lui pour moi
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
je l'aimerai toujours
dites le lui pour moi
dites le lui pour moi
dites le lui pour moi
****    VENISE__B_64
que c'est triste venise au temps des amours mortes
que c'est triste venise quand on ne s'aime plus
on cherche encore des mots mais l'ennui les emporte
on voudrait bien pleurer mais on ne le peut plus
que c'est triste venise lorsque les barcarolle
le viennent souligner que des silences creux
et que le coeur se serre en voyant les gondoles
abriter le bonheur des couples amoureux
que c'est triste venise au temps des amours mortes
que c'est triste venise quand on ne s'aime plus
les musées, les églises ouvrent en vain leurs portes
inutiles beautés devant nos yeux déçus
que c'est triste venise le soir sur la lagune
quand on cherche le main que l'on ne vous tend pas
et que l'on ironise devant le clair de lune
pour tenter d'oublie ce qu'on ne se dit pas
adieu tous les pigeons qui nous ont fait escorte
adieu pont des soupirs adieu rêves perdus
c'est trop triste venise au temps des amours mortes
c'est trop triste venise quand on ne s'aime plus
****    QUI_____A_64
qui frôlera tes lèvres
et vibrant de fièvre
surprenant ton corps
deviendra ton maître
en y faisant naître
un nouveau bien être
un autre bonheur?
qui prendra la relève
pour combler tes rêves
et sans un remords
d'un éclat de rire
saura te conduire
à mieux me détruire
au fond de ton coeur?
qui peut être cet autre
qui sera cet intrus ?
dans tout ce qui fut nôtre
quand je ne serais plus?
qui prendra ta faiblesse
avec des caresses
et des mots d'amour
en couvrant d'oubli
nos jours de folies?
qui prendra ta vie
au bout de mes jours?
nous vivons à vingt ans d'écart
notre amour est démesuré
et j'ai le coeur au désespoir
pour ces années
car lorsque mes yeux seront clos
d'autres yeux vont te contempler
aussi je lutte avec ce mot
de ma pensée
qui sans que tu protestes
refera les gestes
qui ne sont qu'à nous
lorsque je t'embrasse
lorsque je t'enlace
qui prendra ma place
autour de ton cou?
qui connaîtra tes scènes
de folie soudaine
ou bien de courroux?
qui aura la chance
d'avoir ta présence
souvent quand j'y pense
je deviens jaloux
qui? nul ne peut le dire
qui? nous n'en savons rien
et mon coeur se déchire
en pensant que quelqu'un
te prendra un je t'aime
et par ce je t'aime
je le sais déjà
il prendra ta bouche
il prendra ta couche
et m'enterrera
pour la seconde fois
****    HIER_EN_A_64
hier encore j'avais vingt ans
je caressais le temps
et jouais de la vie
comme on joue de l'amour
et je vivais la nuit
sans compter sur mes jours
qui fuyaient dans le temps
j'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air
j'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés
que je reste perdu ne sachant où aller
les yeux cherchant le ciel, mais le coeur mis en terre
hier encore j'avais vingt ans
je gaspillais le temps
en croyant l'arrêter
et pour le retenir même le devancer
je n'ai fait que courir
et me suis essoufflé
ignorant le passé conjuguant au futur
je précédais de moi, toutes conversations
et donnais mon avis que je voulais le bon
pour critiquer le monde avec désinvolture
hier encore j'avais vingt ans
mais j'ai perdu mon temps
à faire des folies
qui ne me laissent au fond
rien de vraiment précis
que quelques rides au front
et la peur de l'ennui
car mes amours sont mortes avant que d'exister
mes amis sont partis et ne reviendront pas
par ma faute j'ai fait le vide autour de moi
et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années
du meilleur et du pire
en jetant le meilleur
j'ai figé mes sourires
et j'ai glacé mes pleurs
où sont ils à présent
à présent mes vingt ans?
****    FORMIDA_B_64
you are the one for me... for me... formi... formidable
you are my love... very... very... véri... véritable
oh, je voudrais tellement pouvoir enfin te le dire
te l'écrire dans la langue de shakespeare
my daisy... daisy... dési... désirable
je suis malheureux d'avoir si peu de mots à t'offrir en cadeau
darling i love you, love you, darling, i want you
et puis c'est à peu pres tout
you are the one for me... for me... formi... formidable
you are the one for me... for me... formi... formidable
but how can you see me... see me... si mi... si minable
je ferais mieux d'aller choisir mon vocabulaire
pour te plaire dans la langue de molière
toi, tes eyes, ton nose, tes lips adorables
tu n'as rien compris, tant pis, ne t'en fais pas et
viens t'en dans mes bras
darling i love you, love you, darling, i want you
et puis le reste, on s'en fout
you are the one for me... formi... formidable
je me demande même pourquoi je t'aime
toi qui te moque de moi et de tout
avec ton rire canaille, canaille, canaille
how can i love you ?
****    AVEC____A_64
avec ton sourire au coin de tes lèvres
avec ton regard comme rempli de fièvre
tu sembles sortir des mains d'un orfèvre
et je ne peux que t'aimer mon amour
avec dans ton coeur des points vulnérables
avec les fureurs dont tu es capable
tu es tour à tour l'ange ou bien le diable
qui vient troubler mes nuits et mes jours
ceux qui disent des sottises
et prédisent notre échec
je les ignore et t'adore
plus encore avec
avec tes façons de fille à la page
avec tes curieux écarts de langage
le peu de printemps qui comptent ton âge
je voudrais bien te garder toujours
avec dans ta tête un grain de folie
avec dans ton corps le goût de la vie
j'ai trouvé en toi toute une harmonie
et je ne peux que t'aimer, mon amour
avec ta pudeur mêlée d'indécence
avec ta candeur frôlant l'inconscience
ta maturité si près de l'enfance,
je voudrais bien te garder toujours
avec tes chagrins
tes éclats de voix
ton rire enfantin
ta manière à toi
de parler soudain
de n'importe quoi
et qui vont si bien
avec toi
****    AMaFill_A_65
je sais qu'un jour viendra
car la vie le commande
ce jour que j'appréhende
où tu nous quitteras
je sais qu'un jour viendra
où triste et solitaire
en soutenant ta mère
et en traînant mes pas
je rentrerai chez nous
dans un chez nous désert
je rentrerai chez nous
où tu ne seras pas
toi tu ne verras rien des choses de mon coeur
tes yeux seront crevés de joie et de bonheur
et j'aurai un rictus que tu ne connais pas
qui semble être un sourire ému mais ne l'est pas
en taisant ma douleur à ton bras fièrement
je guiderai tes pas quoi que j'en pense ou dise
dans le recueillement d'une paisible église
pour aller te donner à l'homme de ton choix
qui te dévêtira du nom qui est le nôtre
pour t'en donner un autre
que je ne connais pas
je sais qu'un jour viendra
tu atteindras cet âge
où l'on force les cages
ayant trouvé sa voie
je sais qu'un jour viendra
l'âge t'aura fleurie
et l'aube de ta vie
ailleurs se lèvera
et seul avec ta mère
le jour comme la nuit
l'été comme l'hiver
nous aurons un peu froid
et lui qui ne sait rien du mal qu'on s'est donné
lui qui n'aura rien fait pour mûrir tes années
lui qui viendra voler ce dont j'ai le plus peur
notre part de passé notre part de bonheur
cet étranger sans nom sans visage, ô combien
je le hais, et pourtant s'il doit te rendre heureuse
je n'aurai envers lui, nulle pensée haineuse
mais je lui offrirai mon coeur avec ta main
je ferai tout cela en sachant que tu l'aimes
simplement car je t'aime
le jour où il viendra
****    AuPrint_A_65
le soleil a déserté notre village
et la neige est venue recouvrir nos toits
toi tu es partie pour suivre un vagabond volage
mon amour au printemps tu reviendras
tu avais déjà cousu ta robe blanche
jour et nuit filait l'aiguille entre tes doigts
elle attend ton corps comme j'attends mon jour de chance
mon amour au printemps tu reviendras
la la la la la la la la la la la la la
la la la la la la la la la la la la la
je t'attends il n'y a que toi dans mon âme
priant Dieu car je suis sûr qu'il m'entendra
je ne pleure plus j'ai déjà tant versé de larmes
mon amour au printemps tu reviendras
tu viendras là où les souvenirs t'appellent
tu viendras lorsque l'autre te quittera
pour chercher l'oubli contre mon coeur toujours fidèle
mon amour au printemps tu reviendras
la la la la la la la la la la la la la
la la la la la la la la la la la la la
je saurai changer ta vie parc'que je t'aime
je réchaufferai ton coeur qui aura froid
puis l'oubli viendra et nous serons heureux quand même
mon amour au printemps tu reviendras
mais si tu ne devais plus franchir ma porte
je le sais mon coeur je ne survivrais pas
et l'été prochain je veux qu'en terre l'on me porte
mon amour si au printemps tu ne viens pas
je me mêlerai aux cendres de nos amours mortes
mais au printemps je sais que tu reviendras
la la la la la la la la la la la la la
la la la la la la la la la la la la la
mon amour au printemps tu reviendras
****    CE_Fini_A_65
je ne peux détacher mes yeux de ton visage
et ne peux m'empêcher de penser à demain
qui s'annonce déjà comme un mauvais orage
qui lavera nos rires à l'eau de mon chagrin
j'ai le coeur déchiré et j'ai mal de comprendre
que les mots que tu dis veulent tous dire adieu
je regarde sans voir j'écoute sans entendre
le chagrin me surprend debout silencieux
je rêve de passé quand le présent t'emporte
qu'il ne me reste plus qu'à te serrer la main
je voudrais la garder mais nos amours sont mortes
a deux pas de mon coeur tu es déjà si loin
c'est fini, fini, fini, fini, fini, fini, fini.
c'est fini, fini, fini, fini, fini, fini, fini.
se peut il qu'un bonheur qui tenait tant de place
et donnait tant de joies disparaisse à jamais
effaçant de ta vie même jusqu'à la trace
du moindre souvenir que l'amour nous a fait
je ne sais comment faire et je ne sais que dire
je veux paraitre fort une dernière fois
les larmes aux coins des yeux je me force à sourire
d'un sourire forcé qui ne te trompe pas
trop lâche pour mourir bien qu'effrayé de vivre
je compte sur l'oubli pour trouver le repos
il faudra m'habituer dans les années à suivre
a des jours sans ta voix à des nuits sans ta peau
****    AimeMoi_B_65
aime moi
comme tu n'as jamais aimé
aime moi
aussi fort que je t'aime
et n'ai plus peur de rien
tu verras que tout ira bien
qui pourra lutter contre moi
si je me sens aimé de toi
ferme les yeux
et aime moi
comme j'ai rêvé d'être aimé
aime moi
mais de toute ton âme
je donnerais tu vois
je donnerais n'importe quoi
pour que tu sois la femme
qui n'aimera que moi
aime moi
comme tu n'as jamais aimé
aime moi
aussi fort que je t'aime
je ne peux être heureux
que si je me vois dans tes yeux
dans tes chagrins et dans tes joies
que si je fais partie de toi
ferme les yeux et donne moi
ce que tu n'as jamais donné
et ce que moi
je te donne moi même
sois près de moi toujours
pour partager mes nuits, mes jours
et nulle force au monde
pas même une seconde
ne me prendra la blonde
qui m'aimera d'amour
****    BOHEME__B_65
je vous parle d'un temps
que les moins de vingt ans
ne peuvent pas connaître
montmartre en ce temps là
accrochait ces lilas
jusque sous nos fenêtres
et si l'humble garni
qui nous servait de nid
ne payait pas de mine
c'est la qu'on s'est connu
moi qui criait famine
et toi qui posait nue
la bohème, la bohème
ça voulait dire on est heureux
la bohème, la bohème
nous ne mangions qu'un jour sur deux
dans les cafés voisins
nous étions quelques uns
qui attendions la gloire
et bien que miséreux
avec le ventre creux
nous ne cessions d'y croire
et quand quelque bistrot
contre un bon repas chaud
nous prenait une toile
nous récitions des vers
groupés autour du poêle
en oubliant l'hiver
la bohème, la bohème
ça voulait dire tu es jolie
la bohème, la bohème
et nous avions tous du génie
souvent il m'arrivait
devant mon chevalet
de passer des nuits blanches
retouchant le dessin
de la ligne d'un sein
du galbe d'une hanche
et ce n'est qu'au matin
qu'on s'asseyait enfin
devant un café crême
epuisés mais ravis
fallait il que l'on s'aime
et qu'on aime la vie
la bohème, la bohème
ça voulait dire on a vingt ans
la bohème, la bohème
et nous vivions de l'air du temps
quand au hasard des jours
je m'en vais faire un tour
a mon ancienne adresse
je ne reconnais plus
ni les murs, ni les rues
qui ont vu ma jeunesse
en haut d'un escalier
je cherche l'atelier
dont plus rien ne subsiste
dans son nouveau décor
montmartre semble triste
et les lilas sont morts
la bohème, la bohème
on était jeunes, on était fous
la bohème, la bohème
ça ne veut plus rien dire du tout
****    SUFFISA_A_65
nous avions vingt ans toi et moi
quand on a sous le même toit
combattu la misère ensemble
nous étions encore presqu'enfants
et l'on disait en nous voyant
regardez comme ils se ressemblent
nous avons la main dans la main
surmonté les coups du destin
et résolu bien des problèmes
le ventre vide en privation
tu te nourrissais d'illusions
il te suffisait que je t'aime
nous avons lutté tant d'années
que la fortune s'est donnée
mais l'âge a pris ton insouciance
tu te traînes comme un fardeau
et ne ris plus à tout propos
et pleures ton adolescence
et passes du matin au soir
des heures devant ton miroir
essayant des fards et des crèmes
et moi, je regrette parfois
le temps où pour forger tes joies
il te suffisait que je t'aime
si je le pouvais mon amour
pour toi j'arrêterais le cours
des heures qui vont et s'éteignent
mais je ne peux rien y changer
car je suis comme toi logé
tu le sais à la même enseigne
ne cultive pas les regrets
car on ne récolte jamais
que les sentiments que l'on sème
fais comme au temps des années d'or
et souviens toi qu'hier encore
il te suffisait que je t'aime
pour moi rien n'a vraiment changé
je n'ai pas cessé de t'aimer
car tu as toujours tout le charme
que tu avais ce jour béni
où devant Dieu tu as dit: " oui "
avec des yeux baignés de larmes
le printemps passe, et puis l'été
mais l'automne a des joies cachées
qu'il te faut découvrir toi même
oublie la cruauté du temps
et rappelle toi qu'à vingt ans
il te suffisait que je t'aime
****    LETEMPS_A_65
laisse moi guider
tes pas dans l'existence
laisse moi la chance
de me faire aimer
viens comme une enfant
au creux de mon épaule
laisse moi le rôle
de te faire oublier
le temps qui va
le temps qui sommeille
le temps sans joie
le temps des merveilles
le temps d'un jour
temps d'une seconde
le temps qui court
ou celui qui gronde
le temps, le temps
le temps n'est rien d'autre
le tien le mien
celui qu'on veut nôtre
le temps, le temps
le temps n'est rien d'autre
le tien le mien
celui qu'on veut nôtre
le temps passé
celui qui va naître
le temps d'aimer
et de disparaître
le temps des pleurs
le temps de la chance
le temps qui meurt
le temps des vacances
le temps glorieux
le temps d'avant guerre
le temps des jeux
le temps des affaires
le temps joyeux
le temps des mensonges
le temps frileux
et le temps des songes
le temps des crues
le temps des folies
le temps perdu
le temps de la vie
le temps qui vient
jamais ne s'arrête
et, je sais bien
que la vie est faite
du temps des uns
et du temps autres
le tien le mien
peut devenir nôtre
du temps des uns
et du temps autres
le tien le mien
peut devenir nôtre
****    JNCrois_A_65
fillette, fillette naïve
tu es dans les bras d'un vagabond
d'un vagabond
déjà il faut que je poursuive
ma course folle vers l'horizon
vers l'horizon
chacun sa destinée sur terre
je suis un homme de nulle part
et ne faisant pas de mystère
je te dis adieu, et non au revoir
je ne crois pas
qu'un jour ou l'autre on se reverra
je ne crois pas
que je m'en revienne sur mes pas
l'amour c'est fort
mais la liberté bien plus encore
et qui sait demain
ce que nous réserve notre destin ?
fillette, fillette, tu pleures
sèche tes larmes car à vingt ans
car à vingt ans
si d'amour il fallait qu'on meure
moi je serais mort depuis longtemps
depuis longtemps
lorsque j'aurai quitté ta route
le soleil rebrillera pour toi
et la vie te reprendra toute
jusqu'à te faire oublier tout de moi
je ne crois pas
qu'un jour ou l'autre on se reverra
je ne crois pas
que je m'en revienne sur mes pas
l'amour c'est fort
mais la liberté bien plus encore
et qui sait demain
ce que nous réserve notre destin
fillette, fillette je gage
que plus tard seul et abandonné
abandonné
j'irai de villes en villages
regrettant celles qui m'ont aimé
qui m'ont aimé
le temps m'aura courbé l'échine
l'horizon m'aura lavé les yeux
j'aurai des remords j'imagine
quand la neige sera dans mes cheveux
je ne crois pas
qu'un jour ou l'autre on se reverra
je ne crois pas
que je m'en revienne sur mes pas
loin de tes bras
comme un arbre mort d'avoir vécu
un jour les bras en croix
je mordrai dans une terre inconnue
je ne crois pas
qu'un jour ou l'autre on se reverra
je ne crois pas
que je m'en revienne sur mes pas
****    EtJeVai_A_65
à la tiédeur d'un toit qui crée la solitude
à la douillette vie des couples désunis
qui continuent à vivre au gré des habitudes
je préfère à tout prendre encore l'incertitude
et je vais
aux joies préfabriquées d'un bonheur de routine
à l'inconnue connue qui partage mon lit
à l'amour lézardé qui prépare ses ruines
j'ai choisi quant à moi de trancher mes racines
et je vais
je vais sans but sans attaches
par les villes et par les hameaux
maniant la fourche ou la hache
pour un peu de pain, et d'eau
pain et d'eau
je m'éveille au soleil et m'endors sous la lune
heureux comme l'enfant libre comme l'oiseau
jouant à saute coeur de la blonde à la brune
je ne possède rien mais tout est ma fortune
et je vais
attentif aux chansons que le vent me compose
au bruissement des feuilles, au murmure de l'eau
les bruits de la nature et le parfum des roses
répondent aux questions que souvent je me pose
et je vais
je cours après des fantômes
et ma route est indéfinie
je suis un roi sans royaume
un amoureux de la vie
de la vie
pour donner à mes jours une vraie raison d'être
avoir le sentiment que ma vie je la vis
et bannir à jamais de mon coeur les peut être
je me veux être un homme extérieur aux fenêtres
et je vais
dans le coeur de chacun l'aventure sommeille
moi pour l'île inconnue qui vie dans mon esprit
pour toucher le bonheur chaque jour j'appareille
et cingle vers un large où dorment des merveilles
et je vais
là où mes pas me conduisent
je ne revois jamais deux fois
le même clocher d'église
ou la fille qui m'aima
qui m'aima
menant d'un pas léger cette vie vagabonde
qui se moque du temps et des calendriers
qu'importent les saisons quand sur la mappemonde
y a toujours un printemps dans quelque coin du monde
et je vais
un jour tels ces rafiots qui meurent sur les grèves
gorgés de souvenirs repus de liberté
quand je trébucherai sur le corps de mes rêves
avec l'amour enfin je ferai une trêve
je le sais, je le sais
et je vais
****    JRdLoin_C_66
si le ciel veut que je revienne
si Dieu m'offre de retourner
du bout du monde et de mes peines
je reviendrai de loin
avec des idées plein la tête
j'étais parti, pauvre insensé
et de défaites en défaites
je reviendrai de loin
au départ quand on se sent fort
le chemin que l'on prend est court
mais chargé du poids du remords
il semble sans fin celui du retour
a semer des rêves de gloire
on ne récolte jamais rien
moi de détresses en déboires
je reviendrai de loin
pour l'homme qui rentre de guerre
solitaire et le coeur blessé
la route est longue et dure à faire
je reviendrai de loin
je sais qu'en ce qui me concerne
j'ai tout perdu et rien gagné
les poches vides et l'âme en berne
je reviendrai de loin
loin de tout ce qui fut mes joies
je me tue à compter les jours
et mourir pour mourir, ma foi
je préférerais que ce soit d'amour
celui qui reste est le plus sage
il n'y a pas d'or en chemin
adieu fortune, adieu mirage
je reviendrai de loin
****    SILYAva_A_66
s'il y avait une autre toi
sur la terre
il y aurait un autre moi
quelque part
en quête de cette autre toi
pour combler cet autre moi
et former encore un autre nous
s'il y avait une autre toi
solitaire
faudrait bien sûr un autre moi
plein d'espoir
pour prendre ce toi
sous son toit
pour qu'à son cou plein d'émoi
elle se jette et que ses bras se nouent
quand il existe deux coeurs faits pour s'aimer
rien ne peut détourner le cours
de leurs élans, de leurs amours
ils finissent un jour
un beau jour par se rencontrer
mais qu'il est une autre toi
douce et blonde
cela me semble quant à moi
insensé
il ne peut exister que toi
l'original est à moi
donc il ne peut y avoir qu'un nous
s'il y avait un autre nous
en ce monde
cela ferait deux autres fous
étonnés
de rêver comme on rêve, nous
de s'aimer comme on s'aime, nous
cela me semble incroyable à penser
de rêver comme on rêve, nous
de s'aimer comme on s'aime, nous
effrontément en se fichant de tout
****    PARIS_A_A_66
balayé par septembre
notre amour d'un été
tristement se démembre
et se meurt au passé
j'avais beau m'y attendre
mon coeur vide de tout
ressemble à s'y méprendre
a Paris au mois d'août
de larmes et de rires
etait fait notre amour
qui redoutant le pire
vivait au jour le jour
chaque rue, chaque pierre
semblaient n'être qu'à nous
nous étions seuls sur terre
à Paris au mois d'août
pour te dire je t'aime
aussi loin que tu sois
une part de moi même
reste accrochée à toi
et l'autre solitaire
recherche de partout
l'aveuglante lumière
de Paris au mois d'août
Dieu fasse que mon rêve
de retrouver un peu
du mois d'août sur tes lèvres
de Paris dans tes yeux
prenne forme et relance
notre amour un peu fou
pour que tout recommence
à Paris au mois d'août
****    MONCOIN_A_66* c
lui il t'observe
du coin de l'œil
toi tu t'énerves
dans ton fauteuil
lui te caresse
du fond des yeux
toi tu te laisses
prendre à son jeu
et moi dans mon coin
si je ne dis rien
je remarque toutes choses
et moi dans mon coin
je ronge mon frein
en voyant venir la fin
lui il te couve
fiévreusement
toi tu l'approuves
en souriant
lui il te guette
et je le vois
toi tu regrettes
que je sois là
et moi dans mon coin
si je ne dis rien
je vois bien votre manège
et moi dans mon coin
je cache avec soin
cette angoisse qui m'étreint
lui te regarde
furtivement
toi tu bavardes
trop librement
lui te courtise
a travers moi
toi tu te grises
ris aux éclats
et moi dans mon coin
si je ne dis rien
j'ai le coeur au bord des larmes
et moi dans mon coin
je bois mon chagrin
car l'amour change de main
****    Un_Jour_A_66
toutes passions calmées, toutes fureurs éteintes, un jour
quand mes yeux seront secs de t'avoir trop pleurée
quand le chant de l'oubli aura couvert mes plaintes, un jour
et que je marcherai sur les chemin brûlés de mon passé
lorsque je reviendrai d'au delà les souffrances
d'au delà le désir, d'au delà la rancoeur encore vert de pensée
bien que mûr d'expérience avec des battements
plus virils en mon sang et plus neufs en mon coeur
quand la sève à nouveau va sourdre de l'écorce, un jour
que la vie greffera d'autres joies dans ma vie
au printemps de l'amour je puiserai mes force, un jour
et me redresserai comme un arbre meurtri qui refleurit
après un dur sentier, la route devient sage
pourtant que j'ai de peine à en venir à bout
je marche en déployant plus ou moins de courage
cherchant sans trop chercher, mes élans d'avant toi
mes forces d'avant nous
quand j'aurai fait le point de l'amour et la haine, un jour
que seront apaisées mes passions d'autrefois
je n'aurai plus au front le sillon de la peine, un jour
et je serai lavé de tout ce qui fut toi, ce qui fut moi
je ne chercherai plus ni le goût de tes lèvres
ni le son de ta voix, ni l'odeur de ta peau
quand montera en moi cette poussée de fièvre
que provoque l'espoir avec les mêmes gestes, avec les mêmes mots
je ne chercherai plus ni le goût de tes lèvres
le son de ta voix, l'odeur de ta peau
quand montera en moi cette poussée de fièvre
que provoque l'espoir avec les mêmes gestes, avec les mêmes mots
je ne chercherai plus ni le goût de tes lèvres
ni le son de ta voix...
****    ADIEU___C_67
adieu, tout ce qui fut nous
ce qui fut notre vie
adieu, ce monde un peu fou
que le bonheur nous avait bâti
adieu, il me faut partir
le destin sépare les êtres
que Dieu voulait réunir
mais on se reverra peut être
ici ou ailleurs
demain ou jamais
avec dans nos coeurs
des remords, des regrets
tu veux retenir le temps
mais il est plus fort que tout
plus fort que nos coeurs d´enfant
le temps, chérie, est contre nous
adieu, ils étaient trop beaux
les printemps de nos rires
adieu, tout ce qui bientôt
ne sera plus que souvenirs
adieu, il faut écraser
les raisins verts de la jeunesse
pour mieux, au vin du passé
plus tard, en retrouver l´ivresse
que nous reste t il
de nos jours heureux
quelques mots futiles
et le temps d´un adieu
tes yeux seront noyés de pleurs
ta main reste dans ma main
ma mie, viens contre mon coeur
je ne partirai que demain
****    Carolin_A_67
dans le tumulte infernal
d'un gigantesque bal
de quatorze juillet
ton coeur fit à sa façon
une révolution
mais seul ton corps dansait
la Carmagnole
tu acceptais ton destin
mais gardais néanmoins
malgré tes airs frivoles
ton coeur pour l'homme de ta vie
caroline chérie
dans l'immense tourbillon
quand l'enfer des passions
enflammait les esprits
toi tout simplement armée
de ta seule beauté
tu as su à tout prix
garder ta tête
en faisant des concessions
car l'âme a ses raisons
que la raison rejette
l'amour vaut bien quelques folies
caroline chérie
tu vivais de la folle moisson
des doux printemps de ta vie
et quand tu criais non
tout en toi semblait dire oui
à l'amour comme à l'amour
tu as suivi le cours
tracé par ton destin
et ta jeunesse en péril
suspendue à un fil
n'appartenait à rien
ni à personne
mais rêvait à l'homme qui
allume de ces nuits
qui vous révolutionnent
t'apportant la joie par ce cri
caroline chérie
****    Celui_Q_A_67
celui que j'aime est un vaurien
qui chante du soir au matin
un artiste
égoïste
qui tient ma vie dans ses mains
celui que j'aime est un garçon
qui a de drôles de façons
un bohème
sans problème
qui jongle avec mes illusions
il va sans but
court les rues
tout le jour
moi le coeur lourd
je l'attends
en pleurant
mon amour
celui que j'aime est un menteur
il ment des lèvres, il ment du coeur
il me blesse
puis me laisse
face à  face avec mon coeur
quand je suis seule avec mes craintes
dans ma chambre sous les toits
l'ennui s'accroche aux murs qui suintent
jusqu'à  son retour dans ses bras
celui que j'aime est un brigand
il me traite comme une enfant
il me charme
me désarme
et se rit de mes tourments
celui que j'aime est merveilleux
quand l'amour brille dans ses yeux
qu'il m'attire
dans un rire
contre son coeur pour m'aimer mieux
moi je faiblis
je rougis
tout à  coup
et j'oublie tous
mes malheurs
sur son coeur
dans son cou
celui que j'aime est un joueur
il joue mes rêves, il joue mes pleurs
et s'il triche
je m'en fiche
car il est tout mon bonheur
celui que j'aime est un voyou
qui ne possède pas un sou
mais il m'aime
et je l'aime
et du reste je m'en fous
****    VertesA_C_67 
nous étions tous les deux
étendus sur la lande
tu regardais les cieux
moi je te contemplais
le roux de tes cheveux
dénoués sur la lande
sur le vert de l' Irlande
était vague de feu
de nos vertes années
qui verrouillaient l'enfance
dont je n'ai malgré moi
jamais rien oublié
de nos vertes années
en as tu souvenance
viennent elles parfois
tendrement éclairer
un coin de tes pensées
nos vertes années ?
à la brise d'été
tu offrais ton visage
et tu semblais rêver
sans savoir qu'en mon coeur
venait de se lever
la tempête et l'orage
car je demeurais sage
pudique et bouleversé
de nos vertes années
qui s'ouvraient sur la vie
et qui vivent à feu doux
au fil de mes pensées
de nos vertes années
j'en ai la nostalgie
que reviennent pour nous
le temps d'un seul été
du fond de leur passé
de nos vertes années
****    ETEINS__A_67
éteins la lumière
viens contre mon coeur
que mes bras te serrent
prennent ta tiédeur
que la nuit entière
nous comble de joie
éteins la lumière
rampe contre moi
éteins la lumière
tire les rideaux
coule sur la terre
faible de ma peau
deviens la rivière
la source d'amour
qui me désaltère
jusqu'au petit jour
a l'heure où tout sombre
et devient murmure
a l'heure où les ombres
se collent au mur
dans la chambre sombre
mordons dans le fruit
de ces joies sans nombre
qui vivent la nuit
éteins la lumière
love toi sur moi
que l'amour éclaire
nos tendres ébats
et nous pourrons faire
détachés du temps
le doux inventaire
de nos sentiments
éteins la lumière
dans l'obscurité
mes mains qui t'espère
vont remodeler
ton front, tes paupières
tes lèvres et ton cou
éteins la lumière
la nuit est à nous
éteins la lumière
couvre nos folies
d'un peu de mystère
d'un peu de magie
laisse tes chimères
sombrer tendrement
dans l'aimable guerre
que font les amants
a l'heure où les choses
semblent délaissées
a l'heure où la rose
attend la rosée
le bonheur propose
ses rêves pour deux
et l'amour s'impose
pour les amoureux
éteins la lumière
pour dans la grandeur
extraordinaire
de notre bonheur
n'être que matière
n'être que pensée
éteins la lumière
viens, on va s'aimer
****    FANNY___A_67
j' avais des idées vagabondes
lorsque j' étais encore enfant
je voulais parcourir le monde
pour voir les îles Sous le Vent
la mer et toi, est ce ma faute
étaient maîtresses de ma vie
j' ai suivi l' une et laissé l'autre
le vent me gifle
le vent me gifle
je reviens Fanny
à courir après les mirages
on passe à côté du bonheur
les ports ont tous même visage
dont un seul s' accroche à mon coeur
il pleure derrière une porte
un gars qui emporte avec lui
ses joies brisées, ses amours mortes
le temps me griffe
le temps me griffe
je reviens Fanny
ton Marius est sur la vague
ton Marius est sur le pont
qui rentre de son escapade
avec toi pour seul horizon
il vient sans fortune et sans gloire
au gré du vent qui le conduit
pour se fondre avec sa mémoire
la voile claque
la voile claque
je reviens Fanny
adieu mes rêves d' aventures
au diable ma route sans but
je voudrais panser mes blessures
et retrouver le temps perdu
pour remonter jusqu'à la source
de nos émois, de nos folies
et dans tes bras finir ma course
l' aube se lève
l' aube se lève
je reviens Fanny
le monde n' a plus de surprise
a m' offrir et depuis longtemps
la mer a perdu son emprise
sur moi et je ne suis l' amant
que de souvenirs qui s' invitent
à partager mes longues nuits
que me déchirent et qui m' agitent
le coeur me saigne
le coeur me saigne
je reviens Fanny
ton Marius a soif de vivre
ton Marius a faim de toi
il se libère, il se sent ivre
près du port où loin de tes bras
il s' est enfui cette nuit même
où tu lui offrais dans un cri
ta jeunesse contre un je t'aime
l' amour me porte
l' amour me porte
je reviens Fanny
****    YERUSHA_A_67
de temps en temps
comme un enfant
ma pensée te dessine
yerushalaim
de loin en loin
tu n' est plus qu' un
rêve qui tombe en ruine
 Yerushalaim
tel ces émigrants
dont les yeux brûlants
s' ouvrent à l' écho de ton nom
d'au delà des mers
souvent à travers
d'hostiles et dures régions
j' étais venu
mains vides et pieds nus
à toi Yerushalaim
pour me garder
tu as cloué
l' amour dans ma poitrine
 Yerushalaim
où sont mes joies
n' y a t il pas
de bonheur sans épines ?
 Yerushalaim
tout s' est acharné
pour nous déchirer
et le brouillard de vos pleures
a troublé l'azur
élevant un mur
entre son coeur et mon coeur
mais j'ai en moi
l' espoir toutefois
que l' amour encore
renaisse et vive encore
pour nous à Yerushalaim
****    EntreNo_A_67 
entre deux trains, entre deux portes,
entre deux avions qui m'emportent
entre New York et Singapour
ma pensée fait comme un détour
pour me ramener sur les traces
d'un passé que j'aimais tant
d'un bonheur qui semblait pourtant
de chaque jour, de chaque instant
et je ressens comme une angoisse
dans ma gorge qui se noue
car tout est sens dessus dessous
entre nous
entre deux bars, entre deux verres,
entre deux filles un peu vulgaires,
entre l'ivresse et le cafard
ma pensée revient tôt ou tard
vers ce passé qui fut le nôtre
dont j'entends toujours la voix
vers tout ce qui fut toi et moi
avant que ne meurent nos joies
à présent ton coeur est tout autre
il cherche à oublier tout
faisant le vide tout à coup
entre nous
entre deux draps, entre deux rêves,
entre deux fumées qui s'élèvent
entre la nuit, le petit jour,
ma pensée vole vers l'amour
et fermant les yeux, j'imagine
que le passé vit encore
je reconstitue le décor
et prends ta bouche et prends ton corps
et sur l'humble théâtre en ruine
de mon coeur l'amour rejoue
tout ce qu'il y eut d'un peu fou
entre nous.
****    IlTeFau_C_67         
il te faudra bien revenir
un jour, du moins, je le suppose
afin de rassembler les choses
que tu as laissées en partant
il te faudra bien revenir
un court moment sur les lieux mêmes
où vivent toujours nos "je t'aime"
et c'est ce moment que j'attends
que j'attends !
mes mains parlent de toi
comme en parlent mes rêves
comme en parle mon coeur
que le destin foudroie
comme en parlent mes joies
que ton absence enfièvre
car ton départ les sèvre
de tout ce qui n'est plus toi
il te faudra bien revenir
pour me conter ce que j'ignore
je ne sais si tu m'aimes encore
tu es partie sans m'expliquer
il te faudra bien revenir
et quand tu passeras la porte
le passé sera lettre morte
je ferai tout pour te garder
te garder !
ma peau pleure le frisson
comme pleure ma bouche
comme pleurent mes nuits
prises à ton tourbillon,
poussés par la passion
mes doigts froissent et touchent
le vide de ma couche
tandis que je crie ton nom
mon coeur meurtri de souvenirs
supporte mal la solitude,
pour le sauver de l'inquiétude
il te faudra bien revenir
****    AuVoleu_A_68
mon front est moite
je tremble un peu
ma tête éclate
je suis nerveux
j'ai l'impression qu'on me regarde
et dans la nuit où naît la peur
que des doigts tendus me poignardent
au voleur !
rien n'est trop sombre
rien n'est trop sûr
je ne suis qu'ombre
je me fais mur
comme un félin je me déplace
raflant les objets de valeur
la gorge serrée par l'angoisse
au voleur !
parce qu'elle aime les fourrures
la vie facile et les plaisirs
les robes de haute couture
que je ne pouvais lui offrir
de peur qu'un jour elle me quitte
pour trouver tout cela ailleurs
j'ai choisi pour garder son coeur
de tenter gros, de jouer vite
au voleur !
chaque seconde
semble une année
les bruits du monde
sont amplifiés
au loin une horloge qui sonne
un craquement, une lueur
font que je me fige et frissonne
au voleur !
un vide immense
se fait en moi
puis le silence
reprend ses droits
je fais les choses quatre à quatre
mais à chaque bruit, chaque heurt
j'ai le coeur qui cesse de battre
au voleur !
à bout de nerf lorsque je rentre
aux heures grises du matin
les traits tirés, la peur au ventre
elle contemple mon butin
puis me faisant son œil de biche
elle murmure avec candeur
qu'au fond l'argent n'a pas d'odeur
et qu'après tout on prend qu'aux riches
au voleur !
la nuit tandis que
de plus en plus
je prends des risques
et m'évertue
à lui faire une vie de rêve
je vois soudain doubler ma peur
à l'idée qu'un autre m'enlève
ce bonheur
qui est plus que ma vie
ne me laissant qu'un cri
au voleur, au voleur, au voleur !
****    ToutSen_A_68
tout s'en va, tout se meurt
tu ne crois plus à notre bonheur
et tu deviens sans raison ni cause
nerveuse et morose, Rose, Rose
 Rose, Rose, ah oui! Je me souviens
j'avais quoi, dix sept ans, toi peut être un peu moins
quand tu séchais tes cours et venait le matin
pour m'apporter ton coeur comme un bouton de rose
 Rose, Rose, amour de mon passé
quand tu venais me voir dans ma chambre au grenier
je trouvais que ta peau sentait le foin mouillé
et quand je t'embrassais... mais ça c'est autre chose
tout s'en va, tout se meurt
tu veux fermer ta porte à mon coeur
j'entends déjà le vent qui se lève
pour chasser mes rêves, Eve, Eve
 Ève, Ève encore un souvenir
qui m'a brûlé le coeur avant que de faiblir
j'ai cru devenir fou, j'ai voulu en mourir
mais le temps guérit tout, un jour sans crier gare
 Ève, Ève à mordre follement
dans le fruit de l'amour, on se brise les dents
si tu m'as fait du mal j'ai conservé pourtant
le souvenir des jours... je crois que je m'égare
tout s'en va, tout se meurt
je sens qu'en moi s'installe la peur
tu as déjà bouclé ta valise
et je réalise, Lise, Lise
Lise, Lise, où es tu aujourd'hui
toi qui mourais le jour pour renaître la nuit
toi qui marchais pieds nus en rêvant sous la pluie
abhorrant le soleil mais adorant la neige
Lise, Lise et tes cheveux mouvants
fantasque, inattendue, mi femme et mi enfant,
qui tombais dans mes bras parfois en sanglotant
ou en riant très fort... voyons où en étais je?
tout s'en va, tout se meurt
je ne suis plus qu'une ombre en ton coeur
et je vois bien qu'en toi tout s'apprête
pour d'autres conquêtes... Kate, Kate
Kate, Kate à l'accent que j'aimais
qui malgré ses efforts lorsqu'elle s'exprimait
ne pouvait s'empêcher d'écorcher le français
qui bien qu'étant anglaise était pourtant d'argile
Kate Kate avait mille trésors
et des taches de rouille agrémentaient son corps
comme si ses parents l'avaient laissée dehors
trop longtemps sous la pluie... le bonheur est fragile
tout s'en va, tout se meurt
mais le printemps revient en vainqueur
les bras chargés de rêves et de fleurs
et sèche nos pleurs
et sème en nos coeurs
ses grains de folie
ainsi va la vie.
****    JAIMERA_A_68
j'aimerais t'apprendre du monde
tout ce que j'en ai oublié
et courir devant tes pensées
j'aimerais prendre de ton âge
faire peau neuve en tes printemps
et m'enrichir en te donnant
tu découvres à peine les choses
moi je suis entre chien et loup
tu te blesses aux premières roses
ma vie est rongée des deux bouts
j'aimerais partager tes peines
j'aimerais provoquer tes joies
mais ça ne dépend que de toi
j'aimerais t'apprendre l'enfance
moi qui ne l'ai jamais connue
car tu n'y penses déjà plus
j'aimerais rêver dans tes rêves
et serrant ton front sur mon coeur
ne plus penser au temps qui meurt
tu viens de crever ta coquille
moi le ciel ne voit plus mes yeux
tu veux égarer ta famille
je cherche à reconnaître Dieu
j'aimerais t'enseigner la vie
j'aimerais t'expliquer l'amour
redonner le jour à tes jours
des millions de fois
mais ça ne dépend que de toi
****    EMMENEZ_A_68
vers les docks où le poids et l'ennui
me courbent le dos
ils arrivent le ventre alourdi
les bateaux
ils viennent du bout du monde
apportant avec eux
des idées vagabondes
aux reflets de ciel bleu
de mirage
traînant des senteurs poivrées
de pays inconnus
et d'éternels étés
où l'on vit presque nu
sur les plages
moi qui n'ai connu toute ma vie
que le ciel du nord
j'aimerais débarbouiller ce gris
en virant de bord
emmenez moi
au bout de la terre
emmenez moi
au pays des merveilles
il me semble que la misère
serait moins pénible au soleil.
dans les bars à la tombée du jour
avec les marins
quand on parle de filles et d'amour
un verre à la main
je perds la notion des choses
et soudain ma pensée
m'enlève et me dépose
un merveilleux été
sur la grève
où je vois tendant les bras
l'amour qui comme un fou
court au devant de moi
et je me pends au cou
de mon rêve
quand les bars ferment, que les marins
rejoignent leur bord
moi je rêve encor'jusqu'au matin
debout sur le port
emmenez moi
au bout de la terre
emmenez moi
au pays des merveilles
il me semble que la misère
serait moins pénible au soleil.
un beau jour sur un rafiot craquant
de la coque au pont
pour partir je travaillerai dans
la soute à charbon
prenant la route qui mène
à mes rêves d'enfants
sur des rives lointaines
où rien n'est important
que de vivre
où des filles alanguies
nous ravissent le coeur
en tressant m'a t on dit
de ces colliers de fleurs
qui enivrent
je fuirai laissant là mon passé
sans aucun remords
sans bagage et le coeur libéré
en chantant très fort
emmenez moi
au bout de la terre
emmenez moi
au pays des merveilles
il me semble que la misère
serait moins pénible au soleil.
****    LaLumie_A_68
 La lumière
c'est un bonheur incandescent
qui coule en mon âme et mon sang
près de toi
la lumière
c'est mille soleil inconnus
qui m'aveuglent offrant à ma vue
tant de joie
la lumière
dont la clarté métamorphose
le monde, les gens et les choses
pour moi
quand sur un univers plus grand
les portes s'ouvrent à deux battants
pour moi
et que tu es dans mes bras
la lumière
irradiante de tout ses feux
fait que même en fermant les yeux
je te vois
tout prend alors
une autre forme, une autre vie
pour me griser
pour m'étourdir
et sur mon corps
quand je te serre à l'agonie
tu fais entrer
tu fais jaillir
la lumière, la lumière
la lumière
dont la clarté métamorphose
le monde, les gens et les choses
pour moi
quand sur un univers plus grand
les portes s'ouvrent à deux battants
pour moi
et que tu es dans mes bras
irradiante de tout ses feux
fait que même en fermant les yeux
je te vois
la lumière
irradiante de tout ses feux
fait que même en fermant les yeux
je te vois
****    A_N_Jeu_A_68
au nom de la jeunesse
aux saisons des beaux jours
mes jeunes idées courent
étaler leurs faiblesses
au soleil de l'amour
au nom de la jeunesse
aux printemps tourmentés
de mes tendres années
se vautre ma paresse
dans la fraîche rosée
d'un autre idéalisme
dans un nouveau décor
le romantisme est mort
vive le romantisme
qui en renaît plus fort
et porte la tignasse
qu'il te plaît à porter
car présent ou passé
le coeur reste à sa place
mais il bat, syncopé
au nom de la jeunesse
au jardin de ses fleurs
je n'ai pas de couleur
je n'ai que ma détresse
que l'on prend pour fureur
au nom de la jeunesse
je cherche à effacer
tout un monde empesé
par besoin de tendresse
et par soif d'être aimé
et ce qui me diffère
c'est qu'avec des chansons
je rythme mes passions
pour faire à ma manière
une révolution
et chante mes problèmes
et dors ici ou là
le monde est sous mes pas
et je vis comme j'aime
et l'amour est sans loi
au nom de la jeunesse
au cri de liberté
je me laisse brûler
à la tendre caresse
du feu de l'amitié
au nom de la jeunesse
je ressemble surtout
à un jeune chien fou
qui sans maître et sans laisse
veut vivre comme un loup
en condamnant la guerre
je deviens inquiétant
et surtout déroutant
par mon vocabulaire
qu'est celui d'un enfant
je suis fait de souffrance
je veux garder encore
et toujours en mon corps
la grâce de l'enfance
jusqu'au jour de ma mort
au nom de la jeunesse
avant que disparaisse
de ma vie l'âge d'or
****    AlorsJe_C_69            
la la la la la la
je suis bien
érasée contre ton coeur
la la la la la la
ne dis rien
laisse parler le bonheur
car les mots que l'on dit en amour
sont sans importance
la la la la la la
jusqu'au jour
gardons le silence
pour que je dérive
au cours de l'amour
et baigne en eau profonde
comme une algue
au fleuve du temps
je file au gré de l'onde
je dérive
étant tour à tour
lorsque nos deux coeurs s'affolent
au creux de la vague
à la proue du vent
sans dire une parole
la la la la la la
dans la nuit
toi et moi ne ferons qu'un
la la la la la la
loin du bruit
jusqu'aux lueurs du matin
les mots qu'en amour on dit nouveaux
sont toujours les mêmes
la la la la la la
quand ta peau
murmure : " Je t'aime "
alors je dérive
****    MarieLO_A_69
Marie l'orpheline
Marie mon amour
contre ma poitrine
viens serrer tes jours
Marie les angoisses
Marie déchirée
sors de ton impasse
quand le bonheur veut t'adopter
Marie l'orpheline
Marie les tourments
laisse sur tes ruines
courir le printemps
Marie la souffrance
Marie la douleur
viens chercher l'enfance
au coeur de mon coeur
laisse le bonheur
allumer tes yeux
étouffer ta peur
et mettre le feu
au fond de ton coeur
qui n'a jamais vu le ciel bleu
Marie sans famille
Marie délaissée
sors de ta coquille
chasse tes pensées
viens prendre racine
là où la passion
Marie l'orpheline
veut t'offrir un nom
Marie l'orpheline
Marie crucifiée
en vain tu t'obstines
à tout refuser
Marie la misère
surtout ne sois pas
Marie coeur de pierre
quand le bonheur te tend les bras
Marie l'orpheline
accepte l'amour
pour qu'il t'illumine
et fasse qu'un jour
Marie la détresse
devienne pour moi
Marie la tendresse
éperdue de joie
lave toi d'hier
laisse toi sécher
par ces soleils clairs
par ces vents d'été
que d'un coeur ouvert
l'amour propose à tes pensées
Marie tout commence
au jour de demain
et notre existence
est entre nos mains
sans toi j'imagine
que je ne suis rien
Marie l'orpheline
qu'un autre orphelin
****    Quand&e_A_69
quand avons nous été nous mêmes la dernière fois ?
quand nous sommes nous dit "je t'aime" la dernière fois ?
quand avons nous été sincères sans problème, sans mystère ?
quand avons nous eu l'insouciance de l'enfance la dernière fois ?
quand avons nous gâché la chance qui s'offrait à nous
et brisé l'amoureuse alliance qui vivait en nous ?
alors que l'oubli déjà se pose et s'étend sur toutes choses
sitôt que ton coeur en a saisi la cause, dis moi quand et puis pourquoi
quand avons nous fait fausse route la première fois ?
quand avons nous connu le doute la première fois ?
quand avons nous cherché chez d'autres
d'autres ivresses que les nôtres
quand avons nous oublié d'être un seul être la première fois ?
quand avons nous cessé de rire pour un oui, un non
et trouver bête de se dire que nous nous aimions ?
afin que nulle ombre ne demeure en mes rêves qui se meurent
si tu en connait le jour et l'heure, dis moi quand et puis pourquoi
****    JENoubl_C_69
quand on a dix huit ans
des amis merveilleux
fainéants
pique assiettes et que l'on est comme eux
pas bégueules
on va dans les salons
snobinards et dorés
jouer
les anarchistes aigris, les révoltés
forts en gueule
je n'oublierai jamais
le troupeau de crevards
hirsutes et mal lavés
arrivant quelque part
assaillant le buffet
et jetant au hasard
les pattes dans les mets
sous de tristes regards
de détresse
je n'oublierai jamais
nos hurlements d'horreur
en voyant des objets
des tableaux de valeur
on se montrait exprès
goujats et monstrueux
et puis l'on décampait
sans merci, ni adieu
à l'hôtesse
on se voulait cyniques
exécrables, et pourtant
nous étions romantiques
faits de chair et de sang
de faiblesse
je n'oublierai jamais
je n'ai pas de remords
et je recommencerais
si je tenais encore
ma jeunesse,
à l'époque on était
de joyeux rigolos
plus ou moins
attachés
à de vagues journaux très obscurs
philosophes, écrivains
poètes d'occasion
illustres inconnus
néanmoins
nous avions la dent dure
je n'oublierai jamais
nos merveilleux festins
près des tonneaux percés
d'où pissait le bon vin
quand nous étions vautrés
dessus ou bien dessous
que le jus nous coulait
dans le nez, dans le cou
les entrailles
je n'oublierai jamais
nos cris et nos serments
nos discours enflammés
sur le désarmement
nos folles équipées
nos courses éperdues
a travers un quartier
qui nous crachait dessus
nos batailles
les filles à la page
qui partageaient nos jours
et faisaient le ménage
la cuisine, et l'amour
tendres cailles
je n'oublierai jamais
ce que j'ai vu s'enfuir
je n'ai pas de regrets
car j'ai des souvenirs
en pagaille
****    Com_Eau_A_69
j'ai l'âme débordante de joie
mais ces joies sont oppressées d'amour
quand tu es près de moi
car ton coeur est changeant et secret
et peut être jamais
ne saurai je vraiment qui tu es
fuyante comme l'eau
qui ruisselle un instant sur la peau
et soudain s'évapore et s'en va
fuyante comme l'eau
tu ricoches entre rires et sanglots
et sans cesse coules entre mes doigts
il me faut malgré moi t'avouer
qu'avec toi je ne sais comment faire
et sur quel pied danser
parfois croyant tenir le bonheur
quand je ferme les yeux
je ressens comme un vide en mon coeur
ivre comme le feu
qui danse en projetant ses couleurs
qui crépite et fait parler le bois
ivre comme le feu
un instant tu t'offres avec chaleur
et l'autre tu te figes de froid
je n'ai plus de sommeil, de repos
je n'ai que mes désirs
qui sans cesse s'accrochent à ma peau
le soir libre de tout sans compter
au matin tu reprends
ce que la veille tu as donné
folle comme le vent
qui hérisse la terre au printemps
qui effeuille et piétine les fleurs
folle comme le vent
tu mutiles mes rêves et mon temps
et t'amuses à retourner mon coeur
et dans ce tourbillon
de folies, de rires et de pleurs
je me bats contre mes sentiments
je n'ai plus de raison
car tu cernes ma vie et mon coeur
comme l'eau et le feu et le vent
****    L_AMOUR_C_69
il est la réponse aux questions
de nos âmes inquiètes
et le maître des sensations
qui blanchissent nos nuits
terre de force et de faiblesse
semée de haine et de tendresse
l'amour
il est le pôle d'attraction
qui fait tourner les têtes
et parfois selon l'occasion
le chat et la souris
mais conscient de ses privilèges
en fin de compte il est le piège
l'amour, l'amour
l'amour, l'amour, l'amour
l'amour, l'amour
mon amour
on ne sait comment il fleurit
ni soudain pourquoi il s'achève
souvent il prolonge les rêves
parfois il écourte la vie
il est la folle incarnation
de nos idées abstraites
le chef d'œuvre de perfection
d'un auteur de génie
il est fait d'ombre et de lumière
ce mal qui nous est nécessaire
l'amour, l'amour
l'amour, l'amour, l'amour
l'amour, l'amour
mon amour
****    DESORMA_A_69
désormais
on ne nous verra plus ensemble
désormais
mon coeur vivra sous les décombres
de ce monde qui nous ressemble
et que le temps a dévasté
désormais
ma voix ne dira plus je t'aime
désormais
moi qui voulais être ton ombre
je serai l'ombre de moi même
ma main de ta main séparée
jamais plus
nous ne mordrons au même fruit
ne dormirons au même lit
ne referons les mêmes gestes
jamais plus
ne connaîtrons la même peur
de voir s'enfuir notre bonheur
et du reste désormais
désormais
les gens nous verrons l'un sans l'autre
désormais
nous changerons nos habitudes
et ces mots que je croyais nôtres
tu les diras dans d'autres bras
désormais
je garderai ma porte close
désormais
enfermé dans ma solitude
je traînerai parmi les choses
qui parleront toujours de toi
jamais plus
nous ne mordrons au même fruit
ne dormirons au même lit
ne referons les mêmes gestes
jamais plus
ne connaîtrons la même peur
de voir s'enfuir notre bonheur
et du reste désormais
****    MOURIR__A_71
les parois de ma vie sont lisses
je m'y accroche mais je glisse
lentement vers ma destinée
mourir d'aimer
tandis que le monde me juge
je ne vois pour moi qu'un refuge
toutes les issues m'étant condamnées
mourir d'aimer
mourir d'aimer
de plein gré s'enfoncer dans la nuit
payer l'amour au prix de sa vie
pêcher contre le corps mais non contre l'esprit
laissant le monde à ses problèmes
les gens haineux face à eux mêmes
avec leurs petites idées
mourir d'aimer
puisque notre amour ne peut vivre
mieux vaut en refermer le livre
et plutot que de le brûler
mourir d'aimer
partir en redressant la tête
sortir vainqueur d'un défaite
renverser toutes les données
mourir d'aimer
mourir d'aimer
comme on le peut de n'importe quoi
abandonner tout derrière soi
pour emporter que ce qui fut nous, qui fut toi
tu es le printemps, moi l'automne
ton coeur se prend , le mien se donne
et ma route est déjà tracée
mourir d'aimer
mourir d'aimer
d'aimer
****    UNparUN_A_71
j'avais la vie de château
une armée de valets
un chauffeur, trois autos
des joyaux, des complets
des chevaux, des tableaux
à ne savoir qu'en faire
mais à crier : " Banco ! "
et jouer un jeu d'enfer
j'ai tout laissé sur les tapis verts
un par un
j'ai vu tout s'envoler
un par un
mes Renoir, mes Derain
mes meubles et mes tapis
un par un
on a tout emporté
un par un
ne me laissant plus rien
que mes yeux pour pleurer
et un lit
j'avais de nombreux amis
pleins d'entrain et d'humour
qui buvaient mon whisky
et qui formaient ma cour
et me tapaient parfois
pour ne pas dire souvent
vers le trente du mois
quand momentanément
ils se trouvaient un peu à court d'argent
un par un
ils se sont paniqués
un par un
en prétextant soudain
quelque raison futile
un par un ils se sont dispersés
un par un
sans me serrer la main
tels les rats d'un navire
en péril
une danseuse classique
une actrice connue
deux ou trois hystériques
et quelques ingénues
me trouvaient merveilleux
et plongeaient dans mes draps
en jurant leurs grands dieux
qu'elles n'aimaient que moi
et puis les diamants de vingt carats
un par un
j'ai perdu mes pouvoirs
un par un
sur leurs coeurs, sur leurs seins
rehaussés de bijoux
un par un
j'ai fumé mes déboires
un par un
et j'ai compris enfin
mais hélas un peu tard
pauvre fou
pauvre fou, pauvre fou
****    MaVieOh_A_71
ma vie, ô ma vie !
fut une longue épreuve avec toi
ma vie, ô ma vie !
un incroyable chemin de croix
ma vie, oui ma vie
écorchée à l'acier de ton coeur
ma vie, ô ma vie !
n'a vécu que d'angoisse et de peur
ma vie, ô ma vie !
dans l'égoïsme de tes vingt ans
ma vie, oui ma vie
y as tu songé un seul instant ?
ma vie, ma vie
tu l'as déchiré, piétiné, comme un plaisir
ma vie, ô ma vie!
dans tes mains est morte avant que de mourir
ma vie, cruelle amie
n'entends tu pas la voix de mon coeur ?
ma mie, dis moi ma mie
le bonheur ne serait il qu'un leurre ?
sans bruit, sans un cri
nous aurions pu voir fleurir, tout deux, des jours meilleurs
ma mie, ô ma mie
mais je n'ai fait dans tes bras que le tour du malheur
ma vie, ma pauvre vie
un jour tu l'as laissée gisant sur le flanc sans un adieu
ma vie, ma triste vie
je t'en supplie reprends la, fais en ce que tu veux
ma vie, ma vie
je n'en saurais que faire, elle n'est même plus à moi
car ma vie,
oui ma vie est à toi
****    CD_ROSE_A_71
tout est venu si vite
tout a été si grand, si beau, si fort, petite
ma vie s'est embrasée d'une joie insolite
la joie simple de se comprendre
à travers des gestes et des mots tendres
tout en nous a pris flamme
illuminant nos yeux, nos coeurs, nos corps, nos âmes
en peu de jours tu es devenue femme
en peu de temps tu as changé mon existence
en insufflant en moi de ton adolescence
plus rien ne m'est hostile
moi qui n'étais sans toi qu'une forme immobile
je coule dans tes bras comme en des eaux faciles
dociles, des eaux tranquilles
tout me semble limpide
j'étais cerné d'ennui, de lois, de vide
le bonheur est venu pour me servir de guide
me tirer d'un passé qui sombre
et m'encourager à sortir de l'ombre
tout est fait d'harmonie
notre ciel est plus haut, plus clair, plus pur, ma mie
moi qui ne savais plus que faire avec ma vie
moi qui vivais la nuit, moi qui dormais le jour
je reprends goût à toutes choses
et veux mettre à tes pieds
chacun de mes instants
comme des roses
comme des roses mon amour
****    INSTANT_A_71
l'instant présent est impalpable
il est léger, insaisissable
suspendu dans l'air et le temps
il ne dispose simplement
que d'un très court moment sur terre
l'instant présent a des œillères
l'instant présent est si fragile
qu'il ne peut rester immobile
sans une plainte sans un cri
à peine arrivé qu'il s'enfuit
avant que d'entrer dans l'histoire
l'instant présent n'a pas de gloire
il ne peut durant ce passage
que mener une vie très sage
car déjà près de lui se tient
le suivant qu'en fera ni moins
ni davantage
l'instant présent n'a pas de rêve
à peine arrivé qu'il s'achève
il est sauvage il est craintif
il est sans force il est captif
de la seconde qui va naître
l'instant présent doit disparaître
l'instant présent il faut le prendre
avec des gestes et des mots tendres
lui faire un futur, un passé
dans nos coeurs et dans nos pensées
et lui bâtir une existence
l'instant présent est notre chance
l'instant présent ne se repose
pas en chemin, il se propose
pour le saisir il faut vouloir
tu vois, il est déjà trop tard
prends le prochain il passe ensuite
l'instant présent disparaît vite
pour notre amour sans fausse honte
si nous sommes sincères et prompts
en les alignant bout à bout
nous pourrons en avoir beaucoup
à notre compte
l'instant présent peut être nôtre
si nous l'enchaînons avec d'autres
viens tandis que je le saisis
écoute les mots que je dis
je ne les dirai plus de même
l'instant présent est un problème
mais si tu m'aimes et si je t'aime
l'instant présent de nos vingt ans
vivra longtemps
****    PARTIR__C_71
avant que les regrets ne naissent
alors que rien ne vous retient
partir
avant d'étouffer sa jeunesse
avant que l'âge nous caresse
pour nous soumettre au quotidien
partir
courir de frontière en frontière
pour rencontrer la vérité
partir
échapper au destin sommaire
qui du berceau au cimetière
n'est souvent qu'un chemin tracé
partir
comme un vagabond, un bohème
pour voir le monde et s'étonner
partir
tourner le dos à ses problèmes
pour se trouver face à soi même
au lieu de vivre à s'ignorer
partir
ne pas rester comme une tache
dépasser le coin de la rue
partir
pour, n'ayant plus de port d'attache
voir ce que les montagnes cachent
aux sédentaires à courtes vue
sous d'autres cieux, voir d'autres races
toucher les choses de la main
prendre le premier vent qui passe
mettre de l'air et de l'espace
entre hier et le jour qui vient
tenter cette chaude aventure
qu'est l'existence libérée
se faire une vie sur mesure
doublée de peau à sa pointure
et prendre le temps de rêver
partir
partir
ne plus avoir de clefs, de montre
de comptes à rendre chaque jour
partir
sans peser le pour et le contre
pour se jeter à la rencontre
du doux visage de l'amour
partir
se porter au devant de l'être
qui nous est encore inconnu
partir
se rencontrer, se reconnaître
pour un jour revenir peut être
et raconter ce qu'on a vu
****    JAIVECU_A_71
quand je prendrai, solitaire
l'aller simple sans retour
que tout homme de la terre
prend un jour
pour aller voir Dieu le père
et lui conter ses vertus
je lui dirai sans manière
j'ai vécu
j'ai vécu la vie d'un être
pétri de chair et de sang
j'ai vécu
chaque seconde de mon temps
j'ai vécu pour tout connaître
de ce qui m'était offert
sans souci d'aller au ciel ou en enfer
pensant que je n'avais rien de mieux à faire
ni plus ni moins optimiste
que le reste des humains
j'ai mené la vie d'artiste
pas de saint
dès lors que s'éteint la piste
que le spectacle s'est tu
admettons qu'en égoïste
j'ai vécu
j'ai vécu la vie d'un être
qui n'aspirait qu'au bonheur
j'ai vécu
jusqu'à m'en déchirer le coeur
j'ai vécu, mon Dieu, peut être
sans penser à mon salut
mais sur terre on m'avait affirmé que tu
laissais venir à toi les brebis perdues
si mes lettres de créance
semblaient minces et sans effet
si pour toucher sa clémence
je devais
justifier mon existence
en détail par le menu
je dirais pour ma défense
j'ai vécu
j'ai vécu le feu dans l'âme
pour les filles au coeur chaud
j'ai vécu
le désir planté dans la peau
j'ai vécu au nom des femmes
pour l'amour et ses envies
croyant par moments toucher le paradis
en brûlant mes jours et consumant mes nuits
j'ai vécu
ma vie
****    JeNeVeu_A_71
j'étais parti tête baissée
à coeur ouvert et sans penser
qu'un jour il me faudrait apprendre
que la flamme engendre la cendre
je ne veux plus parler d'amour
d'amour
je ne veux plus parler d'amour
au faux jour de tes sentiments
j'ai cru dans mon aveuglement
qu'on vivait plus qu'une aventure
mais j'étais dans le clair obscur
je ne veux plus parler d'amour
d'amour
je ne veux plus parler d'amour
je ne veux plus dire ou entendre
ce que nos voix se disaient en écho
tantôt fous, tantôt tendres
je veux les désapprendre
car ce n'était pour toi que des mots
que des mots
je ne les avais pas appris
sur mes lèvres ils avaient fleuri
au soleil chaud de ma tendresse
comme au printemps les roses naissent
je ne veux plus parler d'amour
d'amour
je ne veux plus parler d'amour
je suis au fil de mes pensées
un voyageur désorienté
dans la forêt de tes mensonges
qui a perdu la clef des songes
je ne veux plus parler d'amour
d'amour
je ne veux plus parler d'amour
je ne ferai plus la folie
de croire à ces phrases qui sonnent faux
je n'en ai plus envie
elles ont dans ma vie
perfidement laissé que des maux
que des maux
mon coeur a compris la leçon
quand il a payé sa rançon
au prix fort il me faut l'admettre
pour le peu qu'il a cru connaître
je ne veux plus parler d'amour
d'amour
je ne veux plus parler d'amour
****    AvecToi_A_72
je viens du fond des âges et viens du bout des choses
j'ai vécu mille fois plus que n'importe qui
j'ai été dans la lune avant qu'on ne s'y pose
par la magie du rêve et de la poésie
j'ai fait le tour des êtres, et le tour de moi même
associant la jeunesse à un sport dangereux
j'ai dit cent fois adieu, autant de fois je t'aime
avant que de partir sans détourner les yeux
mais avec toi ma douce, ma tendre, ma mie
avec toi il en est autrement
avec toi je cherche, j'invente, j'apprends
d'autres mots, d'autres gestes
avec toi ma reine, ma belle, ma vie
avec toi j'ai le coeur au printemps
avec toi j'espère, je rêve, j'oublie
tout le reste
je viens du fond du temps des plaisirs et du vice
d'au delà du possible à l'imagination
je viens du bout du monde où dans des précipices
repose ma folie, avec mes illusions
j'ai récolté du plomb dans des guerres insipides
et j'ai semé de l'or sur des tables de jeux
j'ai vomi les alcools de tavernes sordides
j'ai imploré le ciel, et j'ai blasphémé Dieu
mais avec toi ma douce, ma tendre, ma mie
avec toi il en est autrement
avec toi je cherche, j'invente, j'apprends
d'autres mots, d'autres gestes
avec toi ma reine, ma belle, ma vie
avec toi j'ai le coeur au printemps
avec toi j'espère, je rêve, j'oublie
tout le reste
****    ChosesA_C_72  
chacun de nous est seul
sur l'autre rive
du fleuve trouble des passions
pour voir partir à la dérive
ses illusions
adieu ce qui fut nous
vive que vive
le destin a tiré un trait
c'est ainsi que les choses arrivent
arrivent
voici venir le temps des regrets
c'est ainsi que les choses arrivent
quand tout nous glisse entre les doigts
que tout ce meurt
seules quelques questions survivent
a qui la faute, à toi ou moi?
d'où vient le mal
d'où vient l'erreur?
mon coeur vivra sans toi
des aubes ternes
l'amour a déchiré l'amour
et mit tout nos espoirs en bernes
pour de longs jours
et tu n'es plus qu'un point
que mes yeux suivent
et voient se perdre peu à peu
c'est ainsi que les choses arrivent
arrivent
sans une larme et sans adieu
****    PLAISIR_A_72
dans le bruit familier de la boîte à la mode
aux lueurs psychédéliques, aux curieux décorum
nous découvrons assis sur des chaises incommodes
les derniers disques pop, poussés au maximum
c'est là qu'on s'est connu parmi ceux de notre âge
toi vétue en indienne et moi en col mao
nous revenons depuis comme en pélerinage
danser dans la fumée à couper au couteau
viens découvrons toi et moi les plaisirs démodés
ton coeur contre mon coeur malgé les rythmes fous
je veux sentir mon corps par ton corps épousé
dansons joue contre joue
dansons joue contre joue
viens noyés dans la cohue mais dissocié du bruit
comme si sur la terre il n'y avait que nous
glissons les yeux mi clos jusqu'au bout de la nuit
dansons joue contre joue
dansons joue contre joue
sur la piste envahie c'est un spectacle rare
les danseurs sont en transe et la musique aidant
ils semblent sacrifier à des rythmes barbares
sur les airs d'aujourd'hui souvent vieux de tout temps
l'un et l'autre étrangers bien que dansant ensemble
les couples se démènent on dirait que pour eux
la musique et l'amour ne font pas corps ensemble
dans cette obscurité propice aux amoureux
viens découvrons toi et moi les plaisirs démodés
ton coeur contre mon coeur malgé les rythmes fous
je veux sentir mon corps par ton corps épousé
dansons joue contre joue
dansons joue contre joue
viens noyés dans la cohue mais dissocié du bruit
comme si sur la terre il n'y avait que nous
glissons les yeux mi clos jusqu'au bout de la nuit
dansons joue contre joue
dansons joue contre joue
****    IDIOTE__A_72
j'ai toujours eu trop de pudeur
pour laisser courir sur mes lèvres
ces expressions très souvent mièvres
inscrites au Littré du bonheur
je sais bien que tu aimerais
que mon souffle soit poétique
mais si j'étais plus romantique
dis moi ce que ça changerait
idiote je t'aime
idiote je t'aime
idiote je t'aime
à ma manière, à ma façon
depuis le temps que nous vivons
même amour et même bohème
je t'aime, je t'aime, je t'aime
idiote je t'aime
idiote je t'aime
et je t'interdis d'en douter
idiote je t'aime
comme je n'ai jamais aimé
je n'ai jamais eu le talent
d'utiliser je te l'accorde
ces mots usés jusqu'à la corde
galvaudés par plus d'un amant
mais j'ai des phrases au bout des doigts
qui la nuit à ton corps s'adressent
et quand ils parlent en caresses
ils le font bien mieux que ma voix
idiote je t'aime
idiote je t'aime
idiote je t'aime
à main tremblante, à mots couverts
quand sur le vélin de ta chair
je grave mes plus beaux poèmes
je t'aime, je t'aime, je t'aime
idiote je t'aime
idiote je t'aime
et bien que je sois maladroit
idiote je t'aime
et n'aimerai jamais que toi
****    AMAFEMM_A_72
quand le soc de trop de saisons
sur nos visages et sur nos fronts
aura creusé de lourds sillons
de rides
quand nos enfants ayant grandi
auront abandonné le nid
laissant dans nos coeurs affaiblis
le vide
quand nos gestes seront plus lents
que nous verrons passer le temps
avec un air étrangement
lucide
quand nous n'aurons plus d'avenir
nous remuerons des souvenirs
terre qui ne peut devenir
aride
quand à pas lents et incertains
nous visiterons des jardins
qui comme nos fronts seront peints
de givre
quand au prix de milliers d'efforts
nous chercherons sans doute encore
à tuer un temps déjà mort
de vivre
quand nous ne serons désormais
que deux coeur liées sans projet
nous ouvrirons avec regret
le livre
que nous aurons au fil des ans
écrit sur les pages du temps
où deux mots manqueront pourtant :
à suivre
quand enfin la vie parcourue
prêt à entrer dans l'inconnu
je te regarderai perdue
et blême
quand dans ton regard je verrai
que sans notre amour désormais
tes jours ne seront plus jamais
les mêmes
quand mes yeux ne verront plus rien
que ma main cherchera ta main
à l'heure où parler sera un
problème
après avoir accepté Dieu
juste avant de fermer les yeux
encore une fois si je peux
je te dirai comme un adieu
je t'aime
****    Ton_Nom_A_72
ton nom
c'est un mot merveilleux, un appel qui jaillit
et de souffle en murmure aboutit à ce cri
déchirant par instant
le silence angoissant
de la nuit
ton nom
que répète ma voix et que reprend l'écho
mets le trouble en mon âme
et le feu sous ma peau et tant qu'il vibre en moi
mon coeur ne connaît pas
de repos
ton nom
qui fait naître la joie là où stagnait la peur
c'est l'étoile qui luit dans le ciel de mon coeur
et me guide à travers
les sentiers escarpés
du bonheur
ton nom
a l'heure où l'ombre vient pour dépouiller le jour
se transforme pour moi en simple mot d'amour
et me fait prisonnier
de la nuit, de toi et
de ton nom
ton nom
claque comme un drapeau planté comme un défi
sur la terre promise au rêveur que je suis
car il flotte à présent
dans l'azur, pour le temps
de ma vie
ton nom
que j'écris sur les murs, sur les arbres, partout
et le crie sur les toits, dans le vent comme un fou
que tu sois dans mes bras
ou perdue loin de moi
loin de tout
ton nom
c'est un son obsédant qui voltige dans l'air
il plane autour de moi, il me frôle et me serre
et joue à retourner
mon sang et mes pensées
a l'envers
ton nom
sur mes lèvres et mon corps rime avec mes désirs
il est tendre, il est chaud, il se dit à plaisir
et je ne peux sans faiblir
demain vivre ou mourir
en ton nom
****    INDIFFE_A_72
l'indifférence, l'indifférence
l'indifférence
c'est tout ce qu'il reste à présent
de cet amour tendre et violent
en alternance
l'indifférence, l'indifférence
l'indifférence, l'indifférence
peu à peu nous a fait sombrer
dans un monde froid et figé
sans résonance
que reste t il de nos folies
où le bonheur jouait sa vie ?
et de nos rires insouciants
qui venaient au premier tourment
sécher les peines
que l'amour traîne ?
l'indifférence, l'indifférence, l'indifférence
de ce qui est, de ce qui fut
il reste à nos amours perdues
dans leur silence
l'indifférence
ce qui devait être un chef d'oeuvre
notre amour
je ne sais par quelle manoeuvre
fut un four
nous offrons l'image d'un couple
résigné
nos sentiments flottent en eau trouble
avortés
l'indifférence, l'indifférence
l'indifférence, l'indifférence
que reste t il de nos folies
où le bonheur jouait sa vie ?
et de nos rires insouciants
qui venaient au premier tourment
sécher les peines
que l'amour traîne ?
l'indifférence, l'indifférence, l'indifférence
de ce qui est, de ce qui fut
il reste à nos amours perdues
dans leur silence
l'indifférence
****    JETAIME_A_72
je t'aime, je t'aime, je t'aime
je t'aime
c'est à la fois bête et banal
ça tient du roman du journal
qu'on achète par habitude
c'est à la fois peu et beaucoup
je t'aime et ça tient pas le coup
c'est désarmant de platitude
ça crève de banalité
j'aurais pu dire : "Ma beauté"
voici des feuilles et des branches
quelqu'un d'autre l'a déjà dit
je dis : "Je t'aime" vendredi
et le répète le dimanche
je t'aime, je t'aime, je t'aime
je t'aime
comme un prestidigitateur
qui ne sortirait que l'as de coeur
je dis : "Je t'aime" et puis je flanche
je reste en rade et voilà tout
je t'aime et c'est mon seul atout
et je n'ai plus rien dans la manche
ça devrait être suffisant
je t'aime mais en le disant
on sent qu'il faudrait autre chose
je t'aime ça se joue placé
et quand Larousse l'a classé
c'était pas dans les pages roses
je t'aime, je t'aime, je t'aime
je t'aime
j'ai fouillé les anthologies
et chaque soir à la bougie
entre Hugo et Apollinaire
je cherche les combinaisons
pour inventer dans ma chanson
un "Je t'aime" extraordinaire
mais y a des imaginatifs
qui tirent les mots par les tifs
et pillent le vocabulaire
il ne me reste qu'un chétif
"Je t'aime" et c'est définitif
y a plus rien dans mon dictionnaire
on a beau faire tant et plus
on n'a rien fait de plus cucul
et le monde tourne quand même
tant pis, là je m'avoue vaincu
maintenant que tout est foutu
me reste qu'à dire : "Je t'aime"
je t'aime, je t'aime, je t'aime
je t'aime
je t'aime, je t'aime, je t'aime
je t'aime
****    ONSEREV_A_72
on se réveillera
par un matin plus clair, sous un soleil plus chaud
pour une vie nouvelle
on se réveillera
on se réveillera
et nos yeux s'ouvriront sur un monde plus beau
et des pensées plus belles
on se réveillera
on se réveillera
encore tout étourdi
de ne former qu'un être
on se réveillera
comme des enfants qui
viennent juste de naître
on se réveillera
nu, de notre passé
pur des années gâchées
avant de se connaître
on se réveillera
a l'aube d'un espoir au sortir de la nuit
qui nous cachait la vie
on se réveillera
on se réveillera
encore tout étourdi
de ne former qu'un être
on se réveillera
comme des enfants qui
viennent juste de naître
on se réveillera
nu, de notre passé
pur des années gâchées
avant de se connaître
avec un coeur tout neuf
et sans regret aucun
tous deux main dans la main
on se réveillera
demain
****    MEVOILA_A_72
me voilà seul, seul tout à coup
fallait bien qu'un jour ça s'décide
je n'ai pas su combler le vide
qui s'était creusé entre nous
me voilà seul, c'était écrit
je n'étais pas facile à vivre
bien que marié, je m'aimais libre
alors bien sûr elle est partie
je m'sens tout bête et tout penaud
planté au milieu de la chambre
ne sachant que faire de mes membres
comme un enfant qu'a le coeur gros
me voilà seul, je l'ai cherché
avec mon fichu caractère
je me demande bien ce que j'vais faire
à présent que j'ai tout gâché
les femmes, ça ne nous comprend pas
j'buvais un peu, oh ! pas des tas
mais même un peu elle aimait pas
puis j'avais tous mes vieux copains
c'est vrai ils sont pas toujours fins
mes copains
mais j'les voyais, elle n'y tenait pas
me voilà seul, dans ce décor
où partout où mes yeux se posent
y a des souvenirs qui se proposent
comme pour mieux m'déchirer encore
me voilà seul, bien fait pour moi
le bonheur au fond ça s'mérite
quand on l'ignore il fait faillite
c'est alors qu'on se mord les doigts
j'ai des défauts, qui n'en a pas ?
changer c'est pas toujours facile
on s'conduit comme un imbécile
on s'croit très fort et puis, voilà
me voilà seul, j'ai tout fait pour
aussi je n'pense pas qu'elle revienne
je crois qu'j'aurai beaucoup de peine
car j'ai le coeur crevé d'amour
j'ai des défauts, qui n'en a pas ?
changer c'est pas toujours facile
me voilà seul
seul
****    COMME_I_A_73
j'habite seul avec maman
dans un très vieil appartement
rue sarazate
j'ai pour me tenir compagnie
une tortue, deux canaris
et une chatte
pour laisser maman reposer
très souvent je fais le marché
et la cuisine
je range, je lave, j'essuie
a l'occasion je pique aussi
a la machine
le travail ne me fait pas peur
je suis un peu décorateur
un peu styliste
mais mon vrai métier
c'est la nuit
que je l'exerce travesti
je suis artiste
j'ai un numéro très spécial
qui fini en nu intégral
apres strip tease
et dans la salle je vois que
les mâles ne croient pas leurs yeux
je suis un homme oh!   comme ils disent
vers les trois heures du matin
on va manger entre copains
de tous les sexes
dans un quelconque bar tabac
et là, on s'en donne à coeur joie
et sans complexes
on déballe des vérités
sur des gens qu'on a dans le nez
on les lapide
mais on le fait avec humour
enrobe dans des calembours
mouillés d'acide
on rencontre des attardés
qui pour épater leur tablée
marchent et ondulent
singeant ce qu'ils croient être nous
et se couvrent, les pauvres fous
de ridicule
ça gesticule et parle fort
ça joue les divas, les ténors
de la bêtise
moi, les lazzi, les quolibets
me laissent froid, puisque c'est vrai
je suis un homme oh!   comme ils disent
a l'heure ou naît un jour nouveau
je rentre retrouver mon lot
de solitude
j'ôte mes cils et mes cheveux
comme un pauvre clown malheureux
de lassitude
je me couche mais ne dors pas
je pense à mes amours sans joie
si dérisoires
a ce garçon beau comme un Dieu
qui sans rien faire a mis le feu
a ma mémoire
ma bouche n'osera jamais
lui avouer mon doux secret
mon tendre drame
car l'objet de tous mes tourments
passe le plus clair de son temps
au lits des femmes
nul n'a le droit en vérité
de me blâmer, de me juger
et je précise
que c'est bien la nature qui
et seule responsable si
je suis un homme oh!   comme ils disent
****    Verone__C_73       
nous irons à Vérone un beau jour tous les deux
au balcon qui connut Roméo et Juliette
puis anonymement sur leurs tombes muettes
nous jetterons des fleurs, émus, silencieux
nous irons à Vérone un beau jour toi et moi
voir la terre promise aux amours éternelles
où mourir est plus doux que de vivre infidèle
où le don de sa vie est un acte de joie
un jour je serai riche et ferai des folies
laisse moi te conter, ferme un instant les yeux
nous irons par la route embrasser l'Italie
nous irons par nos coeurs frôler le merveilleux
nous irons à Vérone un beau jour tous les deux
impatients, recueillis comme deux fous de gosses
en voyage d'amour, en voyage de noces
nous irons à Vérone et nous serons heureux
mais ton coeur a pris froid bien avant le voyage
il a changé de cap au mirage de l'or
alors mon coeur perdu a déplié bagages
et mes rêves déçus n'ont pas quitté le port
nous irons à Vérone un beau jour tous les deux
mais Vérone est bien loin tu as rompu le charme
et Vérone se noie sous un torrent de larmes
on dit n'importe quoi quand on est amoureux
****    Hosanna_C_74 
Marie a souffert
Marie a donné
naissance à minuit sonné
à l'enfant Dieu
les hommes l'ont su, ils ont entonné
un Alléluia glorieux
comme pour remercier les cieux
Hosanna ! Hosanna ! 
Marie le monde court vers toi
il veut voir l'enfant de ta chair
et savoir comment il se nomme
Hosanna ! Hosanna !
ton fils Jésus deviendra roi
roi des Juifs et de l'univers
et régnera sur tous les hommes
Marie a frémi, Marie a prié
comme tous agenouillée
près de l'enfant
jésus a souri, il a regardé
les hommes venus humblement
les bras encombrés de présents
Hosanna ! Hosanna !
Marie a enfanté d'un roi
courez de par les continents
colporter la bonne nouvelle
Hosanna ! Hosanna !
cloches sonnez, jouez hautbois
il est né le divin enfant
cette nuit sera éternelle
****    JePasVu_A_73
plus je m'enfonce dans ma vie
plus je ne peux que constater
qu'au vent léger de mes folies
je n'ai pas vu le temps passer
entre les draps de la jeunesse
quand je dormais à poings fermés
a l'horloge de mes faiblesses
je n'ai pas vu le temps passer
je n'ai pas vu le temps courir
je n'ai pas entendu sonner
les heures de mon devenir
quand je fonçais tête baissée
vers ce qu'était un avenir
et qui est déjà du passé
aux mille questions que se pose
mon esprit souvent perturbé
seule une réponse s'impose
je n'ai pas vu le temps passer
a faire le tour de moi même
dans un rayon très limité
dans le miroir de mes " je t'aime "
je n'ai pas vu le temps passer
et d'ouverture en ouverture
au tempo des amours pressées
j'ai dû sauter quelques mesures
je n'ai pas vu le temps passer
quand je rêvais les yeux ouverts
en pensant que j'avais le temps 
je n'ai pas entrepris le tiers
des choses dont je parlais tant
et j'ai vu s'installer l'hiver
dans la folie de mes vingt ans
et puis soudain la cinquantaine
le demi siècle consommé
à la table de mes fredaines
au moment où les jeux sont faits
que tous mes atouts sont jetés
je ne peux dire qu'à regret
je n'ai pas vu le temps passer
****    JRaccro_C_74
tu me renies, moi je t'appelle
tu me renvoies, je te supplie
je me raccroche à toi
je me raccroche à toi
tu parles peu, je te harcèle
défiguré de jalousie
je me raccroche à toi
je me raccroche à toi
tu n'es plus tout à fait la même
plus tu m'échappes et plus je t'aime
plus j'ai besoin de toi
toi en qui j'ai placé mes rêves
j'ai peur de te perdre et j'en crève
et me suicide en toi
de déchirements en querelles
de peur du jour en froid du lit
je me raccroche à toi
notre bonheur est dans l'impasse
et pour venir à son secours
je me raccroche à toi
je me raccroche à toi
dans le malheur on se surpasse
espérant te garder toujours
je me raccroche à toi
je me raccroche à toi
de mal d'aimer en maladresse
j'étais regrets, j'étais faiblesses
je deviens agonie
si mon amour ne peut survivre
je n'ai plus de raison de vivre
à quoi me sert ma vie ?
et tant pis si je perds la face
je n'ai plus d'orgueil en amour
je me raccroche à toi
je me raccroche à toi
****    Ce_Mond_A_74
ton esprit troublé virevolte
entre le doute et la révolte
que sera demain ta récolte
de printemps ?
ne sachant pas ce que tu sèmes
t'as peur de tout et de toi même
mais n'en fais pas tout un problème
viens ce monde t'attend
quand ton corps prendra la parole
ta couche sera d'herbes folles
ton ciel de lit une coupole
hors du temps
où sous un ciel bleu sans nuage
j'effeuillerai d'une main sage
tous les pétales de ton âge
viens ce monde t'attend
toutes les joies te sont promises
mais quitte ta mine indécise
avant que les années ne brisent
tes élans
ferme les yeux sous des caresses
pour mieux goûter jusqu'à  l'ivresse
le vin clairet de la jeunesse
viens ce monde t'attend
quand l'amour piétine à  ta porte
ivre de joie de toutes sortes
ouvre ton coeur pour qu'il t'emporte
triomphant
vers l'inconnu, vers mille choses
d'un univers qui se propose
a ta jeunesse à  peine éclose
viens ce monde t'attend
****    Isabell_A_74
depuis longtemps mon coeur était à la retraite
et ne pensait jamais devoir se réveiller
mais au son de ta voix j'ai relevé la tête
et l'amour m'a repris avant que d'y penser
Isabelle, Isabelle, Isabelle, Isabelle
Isabelle, Isabelle, Isabelle mon amour
comme on passe le doigt entre l'arbre et l'écorce
l'amour s'est infiltré, s'est glissé sous ma peau
avec tant d'insistance et avec tant de force
que je n'ai plus depuis ni calme ni repos
isabelle, Isabelle, Isabelle, Isabelle
isabelle, Isabelle, Isabelle mon amour
les heures près de toi fuient comme des secondes
les journées loin de toi ressemblent à des années
qui donnent à mon amour un goût de fin du monde
elles troublent mon corps autant que ma pensée
Isabelle, Isabelle, Isabelle, Isabelle
Isabelle, Isabelle, Isabelle mon amour
tu vis dans la lumière et moi dans les coins sombres
car tu te meurs de vivre et je me meurs d'amour
je me contenterais de caresser ton ombre
si tu voulais m'offrir ton destin pour toujours
Isabelle, Isabelle, Isabelle, Isabelle
Isabelle, Isabelle, Isabelle mon amour
****    UnEnfan_C_74 
un enfant est né, de père inconnu
et des millions d'hommes l'ont reconnu
et l'ont adopté
un enfant est né, et soudain le cours
de son temps a pris un autre parcours
et l'amour est né
il aura suffi à Jésus de naître
pour que dans la nuit où marchaient les êtres
sans but et sans maître
l'espoir prenne corps, l'espoir prenne vie
un enfant est né et tout a changé
pour les hommes de bonne volonté
un enfant est né, de père inconnu
et des millions d'hommes l'ont reconnu
et l'ont adopté
un enfant est né, messager des cieux
pour léguer sa vie comme un don précieux
a l'Humanité
quand tout paraît vain et nous semble vide
que tout est chagrin, quand le coeur se ride
sans lueur, sans guide
jésus vient à nous et nous tend les mains
et depuis déjà près de deux mille ans
lorsque rien ne va au rythme du temps
pour vous et pour moi, renaît cet enfant
chantons tous son avènement !
oui, chantons tous son avènement !
****    EnfNoel_C_74        
quand viendra le temps du froid et du gel
j'aimerais pouvoir trouver en cadeau
dans un berceau blanc, tel un angelot
un enfant de toi pour Noël
rose et merveilleux tout petit et frêle
dormant innocent sous le sapin vert
pour être le coeur de notre univers
un enfant de toi pour Noël
un enfant de toi, de nous
rêvé ensemble
conçu ensemble
d'âme et de corps, qui nous ressemble
très fort
sorti de tes flancs lourds et maternels
pour faire en nos coeurs jaillir la lumière
sang de notre sang, chair de notre chair
un enfant de toi pour Noël
fruit de nos espoirs, envoyé du ciel
pour donner un sens au fil de nos jours
au prix de nos joies, au nom de l'amour
un enfant de toi pour Noël
un enfant de toi, de nous
une espérance
une présence
fille ou garçon, quelle importance
au fond ?
un enfant de toi pour Noël
****    1JourAu_C_74 
un jour ou l'autre
après bien des années
on revient sur ses traces
rechercher un passé
qui s'efface
un jour ou l'autre
on marche sur les lieux
qui nous ont connu gosse
avant que
d'aller rouler sa bosse
des commerçants
un marché en plein air
et du linge claquant
comme voile en mer
aux fenêtres
des cris d'enfants
une école primaire
et les yeux de maman
qui se plantent en ma chair
et mon être
un jour ou l'autre
on constate surpris
que tout est illusoire
et qu'ainsi ce n'est qu'en la mémoire
que tout meurt ou tout vit
un jour ou l'autre
on veut faire à l'envers
ce qui fut notre course
mais on perd
à remonter aux sources
un jour ou l'autre
plus à tord qu'à raison
on cherche des images
l'émotion
nous gâche le voyage
chambre loué
dans un petit hôtel
deux corps effarouchés
des serments éternels
l'espérance
mots chuchotés, non, ne me fais pas de mal
puis le ciel renversé
mettant un point final
à l'enfance
à l'enfance
un jour ou l'autre
on sent qu'à tout jamais
mieux vaut que l'on renonce
au bleuet poussant parmi les ronces
au jardin des regrets
au jardin des regrets
un jour ou l'autre
****    BARAKA__A_74 
la baraka
c'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
la baraka
c'est notre vie que l'on brûle avec insouciance
la baraka
c'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
et nuit et jour quand tu es là
c'est notre amour, la baraka
la baraka
c'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
la baraka
c'est notre vie que l'on brûle avec insouciance
la baraka
c'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
et nuit et jour quand tu es là
c'est notre amour, la baraka
nul ne connaît son jour de chance
car le destin, seul en secret
ouvre le bal, mène la danse
pour un jour, une heure ou jamais
la baraka
c'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
la baraka
c'est notre vie que l'on brûle avec insouciance
la baraka
c'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
et nuit et jour quand tu es là
c'est notre amour, la baraka
moi j'y croyais sans trop y croire
quand tout à coup ça m'est venu
sans s'annoncer, sans crier gare
quand soudain tu m'es apparue
la baraka
c'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
la baraka
c'est notre vie que l'on brûle avec insouciance
la baraka
c'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
et nuit et jour quand tu es là
c'est notre amour, la baraka
la baraka
c'est quand tu es entre mes bras, que tu souris
la baraka
c'est notre vie que l'on brûle avec insouciance
la baraka
c'est rien que toi et rien que moi dans l'existence
et nuit et jour quand tu es là
c'est notre amour, la baraka
****    Visages_A_74 
toi, parée de mille et un attraits
je ne sais jamais qui tu es
tu changes si souvent de visage et d'aspect
toi quels que soient ton âge et ton nom
tu es un ange ou le démon
quand pour moi tu prends tour à tour
tous les visages de l'amour
toi, si Dieu ne t'avait modelée
il m'aurait fallu te créer
pour donner à ma vie sa raison d'exister
toi qui es ma joie et mon tourment
tantôt femme et tantôt enfant
tu offres à mon coeur chaque jour
tous les visages de l'amour
moi, je suis le feu qui grandit
ou qui meurt
je suis le vent qui rugit
ou qui pleure
je suis la force ou la faiblesse
moi, je pourrais défier le ciel et l'enfer
je pourrais dompter la terre et la mer
et réinventer la jeunesse
toi, viens fais de moi ce que tu veux
un homme heureux ou malheureux
un mot de toi je suis poussière ou je suis Dieu
toi, sois mon espoir, sois mon destin
j'ai si peur de mes lendemains
montre à mon âme sans secours
tous les visages de l'amour
toi
tous les visages de l'amour
****    +_15ans_C_74      
je n'ai plus quinze ans
tu n'as plus quinze ans
après tout, qu'est ce que ça peut faire ?
nous avons laissé
nos jeux du passé
pour jouer à la tendre guerre
en espérant gagner en retour
le bonheur sur le parcours
on n'a plus quinze ans
et l'amour nous éclaire
je n'ai plus quinze ans
tu n'as plus quinze ans
entre nous, ce n'est pas un crime
l'amour est en nous
plus fort et plus doux
ça n'en est que plus rarissime
appelle moi mon coeur et j'accours
tu es le pain de mes jours
on n'a plus quinze ans
et l'amour nous anime
je n'ai plus quinze ans
tu n'as plus quinze ans
les enfants n'ont pas de problème
nous en avons tant
mais bravant le temps
nos deux coeurs resteront les mêmes
j'ai bien pesé le contre et le pour
je suis à toi pour toujours
on n'a plus quinze ans mon amour
et l'on s'aime
****    JeMeurs_A_74
une porte s'ouvre et tu sors de ma vie
et je prends peur chaque fois
je deviens murmure et deviens agonie
à l'instant où tu pars
brûlé de désespoir
je meurs de toi
et la porte claque et mon âme se perd
en des pour qui, des pour quoi ?
je deviens une île perdue sur la mer
battue par tous les vents du désarroi
sais tu qu'à tous moments
je meurs de toi ?
je ne peux vivre sur moi même
ne serait ce qu'une heure ou deux
je prends forme en tes yeux
heureux ou malheureux
mon coeur ne vit que si tu veux
je ne suis moi que si tu m'aimes
et loin de toi, de peur
je meurs de toi, de nous, je meurs
une porte s'ouvre et tu es de retour
et quand tu m'emportes encore
je deviens faiblesse, je deviens amour
dès que tu rentres au port
de mes émois
nue et blottie très fort
entre mes bras
je meurs d'amour, je meurs de toi
****    VoilaQu_A_76
voilà que tu reviens
sans une explication
après deux mois d'absence
et sans complexe aucun
tu rentres à la maison
crispante d'insolence
voilà que tu reviens
fumant négligemment
ta cigarette blonde
avec ce rire en coin
que tu as si souvent
quand tu te fous du monde
tu ne demandes pas
ce qu'a été ma vie
quels ont été mes jours et mes nuits
loin de toi
tu ne demandes pas
si mon âme est meurtrie
si j'ai trouvé l'oubli
dans d'autres bras
simplement tu reviens
sûre de pouvoir encore
jouant de ma faiblesse
empoisonner mes jours
et promenant tes mains
tout au long de mon corps
provoquer ma tendresse
en réveillant l'amour
voilà que tu reviens
la mèche sur le front
et de façon brutale
piétinant mon chagrin
tu prends avec aplomb
tes aises et tu t'installes
voilà que tu reviens
belle à damner les dieux
et tu parles à voix haute
et moi je ne dis rien
comme si de nous deux
c'est moi qu'étais en faute
tu ne doutes de rien
tu as la certitude
de reprendre ta place et tes droits
près de moi
et retrouvant soudain
toutes tes habitudes
tes manières et tes gestes d'autrefois
tu caresses le chien
tu ouvres la télé
tu déplaces les choses
et viens tout contre moi
moi je revis enfin
et chassant le passé
je reste, lèvres closes
heureux que tu sois là
voilà que tu reviens
voilà que tu reviens
et moi… je me sens bien
****    Gourman_A_76
je t'aime aussi par gourmandise
toi mon joli péché mignon
tu as le goût des friandises
que je volais petit garçon
tendre objet de ma convoitise
tu es comme un fruit défendu
et je cueille par gourmandise
mille baisers sur ton corps nu
je t'aime aussi par gourmandise
et je te dévore des yeux
quelque parole que tu dises
coule comme un vin merveilleux
que je déguste et qui me grise
et me trouble d'âme et de corps
et je te prends par gourmandise
et puis j'en redemande encore
je t'aime aussi par gourmandise
tu es mon restaurant chinois
tu es mon canard aux cerises
mon petit pain au chocolat
par toi mon appétit s'aiguise
je te dérobe et te savoure
viens contre moi que je te dise
je t'aime aussi par gourmandise
mon amour
****    Ciao_Mo_C_76      
ciao mon coeur, ciao
on s'aime un jour et le suivant
l'amour repart tout simplement
comme il était venu
ciao mon coeur, ciao
lorsque le lit n'est plus qu'un lit
ne servant qu'à dormir la nuit
c'est qu'on ne s'aime plus
souviens toi
lorsqu'ici un printemps se meurt
il explose et fleurit ailleurs
ce qui semble mourir
renaît en souvenir
ciao mon coeur, ciao
ce qu'on s'est aimés en un an
les autres pour en faire autant
ont besoin d'une vie
ciao mon coeur, ciao
on a brûlé par les deux bouts
tous les plaisirs, tous les tabous
et fait mille folies
tu sais bien
que ça fait très mal au dedans
on n'a pas vécu tout ce temps
ensemble tous les deux
sans s'attacher un peu
ciao mon coeur, ciao
voici la croisée des chemins
chacun de nous reprend le sien
un dernier signe de la main
et ciao, ciao, ciao, adieu
****    MarieQu_C_76mus. Gilbert Bécaud   c
Marie, quand tu t'en vas,
tous mes soleils se cachent,
et mon ciel s'obscurcit,
les ombres font des tâches,
sur les murs de mes nuits,
Marie, quand tu t'en vas,
les cours d'eaux se tarissent,
l'oiseau quitte son nid,
les bourgeons dépérissent,
avant d'avoir fleuri,
Marie, Marie quand tu t'en vas.
Marie, quand tu t'en vas,
tout vieillit en mon être,
et je meurs mille vies,
derrière ma fenêtre,
a te voir avec lui.
Marie, quand tu t'en vas,
dans la longue voiture,
blanche décapotée,
pour vivre l'aventure,
en me laissant crever,
Marie, Marie quand tu t'en vas.
Marie, quand tu reviens,
avec ton maquillage,
qui coule par endroit,
des plis à ton corsage,
jambes nues, sans tes bas.
Marie quand tu reviens,
insouciante et sans honte,
je fais celui qui croit,
tout ce que tu racontes,
j'ai trop peur qu'une fois,
Marie, Marie,
tu ne reviennes pas,
Marie quand tu t'en vas
****    MerciMa_C_76 
pour m'avoir accordé un jour
le droit de vous faire la cour
merci madame la vie
et m'avoir permis si longtemps
d'être votre fidèle amant
merci madame la vie
je n'ai cessé de vous aimer
mais vous, vous m'avez tant donné
que je reste votre obligé
quand même
et mon problème
tant que je suis encore vivant
c'est de vous redire humblement
merci madame la vie
bien sûr il ne tiendrait qu'à vous
pour que je reste à vos genoux
mais oui madame la vie
vous n'auriez qu'à dire un seul mot
je reprendrais tout à zéro
mais oui madame la vie
car j'ai un moral étonnant
et puis la force, je le sens
de vous aimer encore mille ans
peut être
mais sans promettre
enfin quoi qu'il puisse arriver
quoi que vous puissiez décider
à vous qui m'avez tant donné
je redis
merci madame la vie
****    MesEmme_A_76 c
j'ai travaillé,
des années
sans répit,
jour et nuit
pour réussir,
pour gravir
les sommets
en oubliant
souvent dans
ma course contre le temps
mes amis, mes amours, mes emmerdes
à corps perdu J'ai couru Assoiffé
obstiné
vers l'horizon
l'illusion
vers l'abstrait
en sacrifiant
c'est navrant
je m'en accuse à présent
mes amis, mes amours, mes emmerdes
mes amis c'était tout en partage
mes amours faisaient très bien l'amour
mes emmerdes étaient ceux de mon âge
où l'argent, c'est dommage
éperonnait nos jours
pour être fier
je suis fier
entre nous
je l'avoue
j'ai fait ma vie
mais il y
a un mais...
je donnerais
ce que j'ai
pour retrouver, je l'admets
mes amis, mes amours, mes emmerdes
mes relations
vraiment, sont
haut placées
décorées
très influentes
bedonnantes
des gens bien
ils sont sérieux
mais près d'eux
j'ai toujours le regret de
mes amis, mes amours, mes emmerdes
mes amis étaient pleins d'insouciance
mes amours avaient le corps brûlant
mes emmerdes aujourd'hui quand j'y pense
avaient peu d'importance
et c'était le bon temps
le temps des canulars
des pétards
des folies
des orgies
les jours du bac
le cognac
les refrains
tout ce qui fait
je le sais
que je n'oublierai jamais
mes amis, mes amours, mes emmerdes
****    MaisCTH_A_76
hier nous étions deux
le temps était clair, le monde était beau
nous étions heureux
y avait des printemps même en plein hiver
au fond de tes yeux
au creux de ton lit, le ciel était bleu
hier c'était l'espoir
y avait du vin blanc qui coulait à flots
sur tous les comptoirs
y avait des amis aussi fous que nous
qui venaient nous voir
pour partager tout, le pain blanc ou noir
mais c'était hier
je me rappelle
c'était hier
tu étais belle
et moi j'étais jeune, peut être un peu sot
je me croyais beau
hier était à nous
on dormait le jour on chantait la nuit
et riait de tout
plantant dans la vie nos griffes de chat
et nos dents de loup
le temps était pur, le temps était doux
le temps s'est couvert
je plisse les yeux quand luit le soleil
et j'ai froid l'hiver
je bois un peu moins, je parle un peu plus
sans en avoir l'air
et lorsque je dors, je rêve de toi
en rêvant de toi
je rêve d'hier
****    IlsSont_C_76
ils sont tombés sans trop savoir pourquoi
hommes, femmes et enfants qui ne voulaient
que vivre
avec des gestes lourds comme des hommes ivres
mutilés, massacrés les yeux ouverts d'effroi
ils sont tombés en invoquant leur Dieu
au seuil de leur église ou le pas de leur porte
en troupeaux de désert titubant en cohorte
terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu
nul n'éleva la voix dans un monde euphorique
tandis que croupissait un peuple dans son sang
l'Europe découvrait le jazz et sa musique
les plaintes de trompettes couvraient les cris
d'enfants
ils sont tombés pudiquement sans bruit
par milliers, par millions, sans que le monde
bouge
devenant un instant minuscules fleurs rouges
recouverts par un vent de sable et puis d'oubli
ils sont tombés les yeux pleins de soleil
comme un oiseau qu'en vol une balle fracasse
pour mourir n'importe où et sans laisser de traces
ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil
ils sont tombés en croyant, ingénus
que leurs enfants pourraient continuer leur
enfance
qu'un jour ils fouleraient des terres d'espérance
dans des pays ouverts d'hommes aux mains
tendues
moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture
qu'a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
qui n'a jamais baissé la tête sous l'injure
qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas
ils sont tombés pour entrer dans la nuit
éternelle des temps au bout de leur courage
la mort les a frappés sans demander leur âge
puisqu'ils étaient fautifs d'être enfants d'Arménie
****    DeTavoi_A_76
de t'avoir aimée, aimée comme un fou
aimée a genoux, bien plus que debout
à n'en plus dormir, à n'en plus manger
que me reste t il, de t'avoir aimée ?
de t'avoir aimée, de l'âme et des yeux
à pour ne plus avoir, qu'un nom à crier
que me reste t il, de t'avoir aimée ?
reste que ma voix, sans écho soudain
restent que mes doigts, qui n'agrippent rien
reste que ma peau, qui cherche tes mains
et surtout la peur, de t'aimer encore
demain presque mort
de t'avoir aimée, aimée de douleur
à m'en déchirer le ventre et le coeur
jusqu'à en mourir, jusqu'à m'en damner
que me reste t il, de t'avoir aimée ?
ne me reste plus
qu'un amour que tu
viens d'écarteler
****    JaiVuPa_A_77
j'ai vu Paris se réveiller
aux croissants chauds, aux cafés crème
Paris penché sur ses problèmes
Paris moutard, Paris certif '
j'ai vu Paris se déniaiser
Paris bistrots, Paris les potes
Paris les filles qu'on bécote
et pelote sur les fortifs
Paris gamberge
Paris vingt berges
Paris je t'emmène en goguette
sur mon cadre de bicyclette
j'ai ta peau à déboutonner
Paris les bouges
Paris vin rouge
Paris oisif, Paris débauche
mais aussi Paris pas d'embauche
au seuil des usines gardées
j'ai vu Paris, le poing brandi
et l'âme révolutionnaire
découvrant son front populaire
Paris descendre dans Paris
j'ai vu Paris se passionner
pour un roi lui rendant visite
un condamné qu'on décapite
une invention, un mot d'esprit
j'ai vu Paris s'époumoner
à chanter un air à la mode
frou frou, mon cul sur la commode
mais par malheur j'ai vu aussi
Paris la guerre
Paris misère
Paris décomposé qu'on viole
Paris qui n'a plus la parole
vaincu, souffrant et humilié
Paris la gronde
Paris la fronde
Paris courage, Paris terne
Paris gazogène et en berne
Paris Londres parachuté
j'ai vu Paris jouer sa vie
Paris ras le bol des brimades
et juché sur ses barricades
Paris redevenir Paris
j'ai vu Paris se transformer
s'emballer pour l'automobile
Paris se croire aux mille mille
Paris chauffard, Paris râler
j'ai vu Paris se libérer
Paris blues jeans, adieu complexes
Paris égalité des sexes
Paris pilule, émancipé
Paris qui grogne
Paris qui cogne
Paris aux urnes prophétiques
Paris qui parle politique
et s'enflamme pour une idée
Paris en grève
Paris qui rêve
Paris assis cassant la croûte
ou pissant sur le bord des routes
arrosant ses congés payés
Paris d'hier et de toujours
Paris vingt siècles de jeunesse
pour tous tes amants tes maîtresses
tu restes le plus grand amour
****    Av_Guer_A_77
j'avais vingt ans une âme tendre
toi seize avec tout à apprendre
quand je t'écrivais des poèmes
où tout rimait avec je t'aime
tu étais encore écolière
c'était un peu avant la guerre
a l'orée de l'adolescence
le désir bouscule l'enfance
dans l'herbe d'un printemps précoce
on s'est uni en simples noces
notre témoin fut dieu le père
c'était un peu avant la guerre
mais au vent des amours fautives
ce qui doit arriver arrive
ta taille prit de l'importance
on nous maria de toute urgence
mais un jour les choses changèrent
c'était un peu avant la guerre
un uniforme sans retouche
un fusil et quatre cartouches
les champs brûlés de la retraite
les barbelés de la défaite
quelque part en terre étrangère
je nous revois avant la guerre
où sont les seize ans de ta vie
et les printemps de nos folies
quand pour nous s'ouvraient sur la chance
les portes d'or de l'insouciance
et que tout brillait de lumière
avant la nuit, avant la guerre
avant la guerre
****    NoelAut_B_78  
j'ai connu des Noëls à l'écart de la ville
où l'on partait joyeux des torches à la main
c'était avant l'avion, avant l'automobile
et le froid nous mordait par les petits chemins
l'église toute entière illuminée de cierges
tremblait de tous ses murs pendant minuit
chrétien
car nous venions nombreux prier la sainte vierge
c'était mieux qu'au théâtre et ça ne coûtait rien
noëls d'autrefois
vous aviez une âme
un je ne sais quoi
noëls d'autrefois
nous faisions au retour un vrai repas de fête
mon père cuisinait, j'étais le marmiton
ma mère pétrissait de la pâte à galette
on embrochait un porc et cinq ou six chapons
dans la salle où trônait un sapin formidable
décoré de bougies et de papier d'argent
pour avoir le menton à hauteur de table
des tripotés d'enfants se hissaient sur les bancs
noëls d'autrefois
vous aviez une âme
un je ne sais quoi
noëls d'autrefois
à présent nous avons des sapins en plastique
la neige est fabriquée par un atomiseur
la bougie a fait place à l'ampoule électrique
la bûche sort tout droit de chez le confiseur
plus besoin de sortir la messe est retransmise
par toutes les radios et la télévision
nous avons Monseigneur en direct de l'église
et quand on a sommeil on tourne le bouton
noëls d'autrefois
vous aviez une âme
un je ne sais quoi
noëls d'autrefois
****    AveMari_C_78  
Ave Maria
Ave Maria
ceux qui souffrent viennent à toi
toi qui as tant souffert
tu comprends leurs misères
et les partages
Marie courage
Ave Maria
Ave Maria
ceux qui pleurent sont  tes enfants
toi qui donnas le tien
pour laver les humains
de leurs souillures
Marie la pure
Ave Maria
Ave Maria
ceux qui doutent sont dans la nuit
maria
éclaire leur chemin
et prends les par la main
Ave Maria
Ave Maria, Ave Maria
amen
****    Etre____C_79            
etre, renaître ma naissance
dans une aube de craie
sous la lune de sang
aux termes d'un hiver mourant
etre, émerger du silence
voir briller au soleil
les givres de mon coeur
présage d'un printemps meilleur
etre le fruit et la semence
dans un sol épuisé
et fleurir en exil
comme un arbre éclaté d'avril
etre, apprendre à  me connaître
garder les yeux ouverts
et n'être rien qu'un être
de chair
pour aimer jusqu'à  la mort
et au delà  peut être
etre l'âme séparée du corps
pour aimer jusqu'à  la mort
même au delà  encore
etre la voix de mes naufrages
le verbe retrouvé
lavé de tout défaut
epousant le chemin des mots
etre, échapper au chantage
de tous les lieux communs
eteindre mes volcans
dompter et chevaucher mon temps
etre le geste qui engage
l'avenir repensé
artisan du retour
au simple rituel d'amour
etre, mourir pour mieux renaître
des mensonges d'antan
et n'être rien qu'un être
vivant
pour aimer jusqu'à  la mort
et au delà  peut être
etre l'âme séparée du corps
pour aimer jusqu'à  la mort
même au delà  encore
****    Septemb_C_80 
et puis vient septembre
aux jours plus court et plus lents
qu'avant
le ciel ne ressemble
plus au ciel d'antan
attaqué de brume
le soleil pâlit
s'enfuit
les jours de septembre sont gris
et puis vient septembre
dés lors nous tendons les mains
en vain
vers ce qui nous semble
si proche et si loin
un peu d'amertume
au passé qui fuit
se lie
les jours de septembre sont gris
les printemps étaient
fous et fantastique
comme ils se devaient
l'été continue
bien plus romantique
qu'on ne l'aurait cru
le ciel est sans tache mais
soudain vient septembre
le temps est un peu plus froid
déjà
et tout se démembre
quand l'été s'en va
les regrets s'allument
dans les coeurs surpris
meurtris
les jours de septembre
sous un soleil ambre
les jours de septembre
même ensoleillés sont gris
****    CA_PASS_C_80           
ca passe
un jour ce mal disparaîtra
ça passe
mon coeur peu à peu oubliera
la garce
qui m'a joué
la farce
la comédie d'aimer
la parodie d'aimer
ça passe
viendra l'heure où ne tenant plus
en place
je remonterai tout ému
la pente
pour arracher
vivante
de mes pensées
l'absente
vivaces
réapprendrai d'autres chansons
et même
mes lèvres à nouveau rediront
je t'aime je t'aime
ça passe
au fil du temps le feu brûlant
se tasse
un amour meurt, un autre, prend
sa place
qui d'un revers de main cassant
le chasse, l'efface
ca passe
et blême Mes lèvres à nouveau rediront
je t'aime, je t'aime
****    Autobio_C_80            
j'ai ouvert les yeux sur un meublé triste
rue Monsieur Le Prince au Quartier latin
dans un milieu de chanteurs et d'artistes
qu'avaient un passé, pas de lendemain
des gens merveilleux un peu fantaisistes
qui parlaient le russe et puis l'arménien
si mon père était chanteur d'opérette
nanti d'une voix que j'envie encore
ma mère tenait l'emploi de soubrette
et leur troupe ne roulait pas sur l'or
mais ma soeur et moi étions à la fête
blottis dans un coin derrière un décor
tous ces comédiens chargés de famille
mais dont le français était hésitant
devaient accepter pour gagner leur vie
le premier emploi qui était vacant
conduire un taxi ou tirer l'aiguille
ça pouvait se faire avec un accent
après le travail les jours de semaine
ces acteurs frustrés répétaient longtemps
pour le seul plaisir un soir par quinzaine
de s'offrir l'oubli des soucis d'argent
et crever de trac en entrant en scène
devant un public formé d'émigrants
quand les fins de mois étaient difficiles
quand il faisait froid, que le pain manquait
on allait souvent honteux et fébrile
au Mont de piété où l'on engageait
un vieux samovar, des choses futiles
objets du passé, auxquels on tenait
on parlait de ceux morts près du Bosphore
buvait à la vie, buvait aux copains
les femmes pleuraient, et jusqu'aux aurores
les hommes chantaient quelques vieux refrains
qui venaient de loin, du fond d'un folklore
où vivaient la mort, l'amour et le vin
nous avions toujours des amis à table
le peu qu'on avait on le partageait
mes parents disaient : " Ce serait le diable
si demain le ciel ne nous le rendait "
ce n'était pas là geste charitable
ils aimaient les autres, et Dieu nous aidait
tandis que devant poêles et casseroles
mon père cherchait sa situation
jour et nuit sous une lampe à pétrole
ma mère brodait pour grande maison
et nous, avant que d'aller à l'école
faisions le ménage et les commissions
ainsi j'ai grandi sans contrainte aucune
me soûlant la nuit, travaillant le jour
ma vie a connu diverses fortunes
j'ai frôlé la mort, j'ai trouvé l'amour
j'ai eu des enfants qui m'ont vu plus d'une
fois me souvenir le coeur un peu lourd
j'ai ouvert les yeux sur un meublé triste
rue Monsieur Le Prince au Quartier latin
dans un milieu de chanteurs et d'artistes
qu'avaient un passé, pas de lendemain
des gens merveilleux un peu fantaisistes
qui parlaient le russe et puis l'arménien
****    BienSur_C_82 
a travers nos joies nos chagrins
bien sûr
nous tracerons notre destin
ensemble
mais attention l'herbe semble
plus verte et tendre
chez le voisin
bien sûr
au début tout est merveilleux
bien sûr
le monde est plus pur à nos yeux
il chante
d'une voix si délirante
qu'on veut l'entendre
sans fin
au pas
d'un amour doux
d'un amour fou
de déchirure
ivres de joie
jalousement
aveuglément
a coeur veux tu
a corps perdu
de démesure
en démesure
on s'aimera
si Dieu le veut
si on le peut
bien sûr
mais à marcher main dans la main
bien sûr
le coeur prend des rides en chemin
le doute
tend ses pièges sur la route
adieu le rêve
fini le bal
bien sûr
alors tout les coups sont permis
bien sûr
on se déchire, on se renie
la peine
transforme l'amour en haine
qui parachève mal
traîner
jusqu'au dégoût
dans la boue
de procédure
en procédure
on peut brûler
de désespoir
tous nos espoirs
et se haïr
et en souffrir
mais d'aventure
en aventure
se rechercher
trembler encore
s'unir encore
bien sûr
qu'entre reproches et regrets
bien sûr
nous ne serons plus tout à fait
les mêmes
mais si tu m'aimes et si je t'aime
tout revivra bien sûr
****    AvanToi_A_82
avant toi
aveuglé de misère
mon unique lumière
était celle de Dieu
avant toi
a l'orée de l'enfance
j'ai surpris la souffrance
avant d'ouvrir les yeux
avant toi
je n'eus pour toute famille
que quelques pauvres filles
belles de nuit, de jour
qui sans joie
m'ont appris bien des choses
qu'au fond des maisons closes
on croit être l'amour
avant toi
a quinze ans pitoyable
dans un hôtel minable
j'ai laissé ma vertu
avant toi
la faim collée au ventre
j'ai poussé la goualante
dans les cours et les rues
avant toi
j'ai connu la violence
jusqu'au jour où la chance
simplement m'a trouvé
et pour moi
qui fréquentais les bouges
on mit le tapis rouge
et Paris à mes pieds
avant toi
un moment j'ai pu croire
a une belle histoire
mais le rêve fut cours
avant toi
une mort un scandale
dans les rues de Pigalle
et tout le bruit autour
avant toi
chargé de tous les vices
on me prétend complice
on met ma vie à nu
et les voix
de tous ceux qui m'accusent
que les radios diffusent
me rejettent à la rue
avant toi
de déboires en déboires
la route de la gloire
fut un chemin de croix
mille fois
j'ai entrevu le vide
mais Dieu restait mon guide
l'amour restait ma foi
avant toi
de bateaux en rivages
de marins en naufrages
je scrutais l'horizon
avant toi
mes amours éphémères
milord ou légionnaire
sont devenus chansons
avant toi
les petits bals de France
déroulaient mes souffrances
en mille variations
sous les doigts
secs et longs d'un artiste
tournaient les âmes tristes
grâce à l'accordéon
avant toi
au sommet de la gloire
j'avais du mal à croire
a l'amour éternel
avant toi
de folie en folie
j'ai dépensé ma vie
en aimant au pluriel
avant toi
j'attendais avec fièvre
qu'enfin ce jour se lève
où ma main tracera
une Croix
sur mon passé d'angoisse
pour qu'en mon coeur s'effacent
tous mes jours d'avant toi
****    Dans10o_C_82
dans dix ou dans vingt ans d'ici
quand nous aurons enfin compris
que l'on ne peut pas vivre ainsi
de caresses et de déchirures
quand je t'aurai assez trahie
que tu m'auras assez meurtri
saurons nous recouvrir d'oubli
les raisons de nos meurtrissures?
dans dix ou dans vingt ans qui sait
si enfin libre désormais
d'un passé de bosses et de plaies
faites d'orgueil et de bêtises
malgré le mal que tu me fais
malgré tout ce qu'en moi tu hais
connaîtrons nous enfin la paix
a travers ce qui nous divise?
dans dix ou dans vingt ans d'ici
quand mille fois j'aurai franchi
le chemin de la porte au lit
et celui du lit à la porte
et que n'étant plus ennemis
en nos coeurs comme en nos esprits
tous les sujets de jalousie
entre nous serons lettres mortes
dans dix ou dans vingt ans passés
que reste t il des années
qu'ensemble nous aurons brûlées
en guerres froides et en reproches?
quand le temps aura effacé
tout ce qui peut nous séparer
peut être saurons nous trouver
des choses enfin qui nous rapprochent
dans dix ou dans vingt ans d'ici
quand l'âge nous auras soumis
et qu'entre fugues et folies
l'amour aura franchi le pire
lorsque nous connaîtrons le prix
de la tendresse et de la vie,
que nous n'aurons plus par défi
de plaisir à s'entre détruire
je reviendrai par la pensée
sur les détails de ce passé
que tout deux nous aurons signés
la tête en feu et le coeur ivre
en me disant qu'à tes côtés
malgré tout, et tout bien pesé
il était beau le temps d'aimer
il était beau le temps de vivre
****    EtQJTAi_A_82
j'ai vu mourir bien plus de gens
que j'en ai vu naître
et se déchirer, plus d'amants
que n'en ai vu d'heureux
mais peut être
tout peut être
toutefois différent pour nous deux
j'ai vu plus d'échec en amour
que dans tout autre chose
et plus de crime passionnels
que de crimes de fous
et si j'ose
et propose
d'être heureux avec toi malgré tout
c'est que je sais ce que je veux
et que je t'aime
c'est que je crois aux jours heureux
et que je t'aime
c'est que j'ai mis toute ma foi
tous mes espoirs, toutes mes joies
en cet amour qui sourd en moi
et que je t'aime
j'ai vu pleurer plus d'amoureux
que je n'en ai vu rire
et se désoler plus de coeurs
que de merles chanter
mais que dire
qu'en détruire
l'amour ne vivrait il qu'au passé?
j'ai vu plus d'espoirs saccagés
que de forêts en flammes
plus de couple au bord de l'adieu
que de soldats partir
mais mon âme
sur mon âme
avec toi si je vois l'avenir
c'est que je sais ce que je veux
et que je t'aime
c'est que je crois aux jours heureux
et que je t'aime
c'est que j'ai mis toute ma foi
tous mes espoirs, toutes mes joies
en cet amour qui sourd en moi
et que je t'aime
****    JeQuToi_C_82
je n'attendais que toi
moi cigale en amour
le cœur à la dérive
aimant au jour le jour
je ne m'enchaînait pas
rêvant que tu arrives
je n'attendais que toi
pour fleurir tes saisons
de phrases éternelles
et dans un tourbillon
te dire mille fois
que tu es la plus belle
viens te serrer très fort
blottie entre mes bras
tu seras sur mon corps
comme un noyau qui craque
au printemps découvert
mes rires en éclats
résonneront dans l'air
comme un drapeau qui claque
je n'attendais que toi
en cherchant dans l'espoir
la force de survivre
quand mon cœur était noir
que mon âme avait froid
pour commencer à vivre
je n'attendais que toi
je n'attendais que toi
moi rêvant d'absolu
de choses impossibles
sortant de l'inconnu
pour devenir ton roi
puissant et invincible
je n'attendais que toi
quand tu es arrivée
tu n'as eu qu'a me sourire
tout s'est illuminé
et j'ai connu la joie
d'aimer comme on respire
viens, lavons nous d'hier
par mon cœur sur ton cœur
mes lèvres sur ta chair
et mes mains sur tes hanches
j'entrerais dans ta vie
une tendre douleur
fera jaillir tes cris
aux creux de nos nuits blanches
je n'attendais que toi
espérant jour et nuit
puiser des joies nouvelles
aux sources de la vie
pour trouver dans tes bras
la jeunesse éternelle
je n'attendais que toi
je n'attendais que toi
je n'attendais que toi
je n'attendais que toi
****    D_EgalA_C_82
si l'on peut s'aimer d'égal à égal
aujourd'hui
tout envisager d'égal à égal
et les lois, et la vie
si l'on peut parler d'égal à égal
échangeant
toutes les idées d'égal à égal
en amis, en amants
en faisant cause commune
sans détour
bonne ou mauvaise fortune
je suis pour, je suis pour
les temps mirifiques
où les filles étaient unique 
 ment des poupées mécaniques
mi soupir mi sourire
sans avoir leur mot à dire
sont révolus
n'en parlons plus
en femme qui vibre
j'ai besoin de vivre libre 
 ment et trouver l'équilibre
près d'un homme sans complexe
que l'égalité des sexes
et de droits
n'affecte pas
si l'on peut bâtir d'égal à égal
l'avenir
et tout consentir d'égal à égal
sans tricher, sans mentir
si l'on peut penser d'égal à égal
en amour
et tout partager d'égal à égal
et la nuit, et le jour
comme deux êtres sensibles
sans qu'on soit
toi la flèche moi la cible
dis le moi, dis le moi
faut oublier l'âge
où la femme restait sage 
 ment dans l'ombre et le sillage
de l'homme seigneur et maître
qui disposait de son être
sans compter
faut pas rêver
le bellâtre acerbe
qui s'abandonnait superbe 
 ment sa conquête sur l'herbe
froissée de coeur et de jupe
tendre fille, pauvre dupe
dégrisée
c'est démodé
si l'on peut traiter d'égal à égal
et tout partager d'égal à égal
s'unir et s'aimer d'égal à égal
mon amour
je suis pour
****    CommNou_C_82
le temps de régler les cafés
sans un regard, sans un adieu
tu vas quitter
ma vie, me laissant que regrets
un amour meurt, un autre naît
non loin de nous des amoureux
me font penser
à nous quand tu m'aimais
comme nous
l'âme pure et le coeur en feu
comme nous
ils se regardent dans les yeux
tendrement
à l'orée d'un bonheur superbe
et comme nous
ils ont au fond de leur regard
comme nous
cette clarté qu'ont la plupart
des enfants
ivres de leur amour en herbe
mais comme nous
un jour ou peut être demain
déjà
l'un d'eux brouillant leurs lendemains
voudra
changer le cours de son destin
sans se préoccuper
du mal occasionné
à l'autre
et comme nous
ils apprendront qu'avec le temps
comme nous
ça s'écrit de larme et de sang
jour après jour
une simple histoire d'amour
comme nous
quand nous étions suivis de Dieu
comme nous
ils sont insouciants et heureux
c'est le temps
d'avant le mensonge et la peine
et comme nous
de maladresse en faux fuyant
comme nous
ils apprendront à leurs dépens
que souvent
l'amour peut se teinter de haine
mais sans effort
ils jurent comme on se jurait
alors
de s'aimer même jusqu'après
la mort
mais qu'en reste t il désormais ?
quelques mots sans écho
des lettres et des photos
rien d'autre
et comme nous
lorsque viendra la fin du bal
comme nous
l'un chantera, l'autre aura mal
et restera
très seul au monde comme moi
****    FELINE__C_82
 Nous sommes faits l'un pour l'autre
je saurais te rendre heureux
si dans mes bras tu te vautres
tu veux
féline je serai féline
rrraou avec toi monsieur
y a longtemps que je désire
avec toi monter au cieux
je suis née pour te chérir
a mieux
féline je serai féline
rrraou avec toi monsieur
je peux être chatte de race
avec grâce
tu verras
ou bien chatte de gouttière
sans manière
la nuit blottie dans tes bras
quand tu me feras la cour
fermant à demi les yeux
je ronronnerai d'amour
mon Dieu
féline je serai féline
rrraou avec toi monsieur
je voudrais mordre tes lèvres
couchée sur ton corps nerveux
je me sens soudain tout fièvre
tout feux
féline je serai féline
rrraou avec toi monsieur
je suis nerveuse d'attendre
tu sais bien ce que je veux
fais pas semblant de comprendre
le jeu
****    Ce_nVie_A_82
ce n'est pas une vie
de passer tout son temps
dans les bains de vapeur
chez les masseurs sauvages
en craignant sans répit
qu'un fil de cheveu blanc
trahisse à tout moment
la teinture et ton âge
ce n'est pas une vie
de te priver de tout
et de crever de faim
quand les autres déjeunent
comptant les calories
comme on compte ses sous
pour paraître plus fin
et te prétendre jeune
ce n'est pas une vie
de croire qu'il te faut
pour tromper les années
te confier à l'adresse
d'un as en chirurgie
qui sait tirer les peaux
comme pour les tanner
et rendre la jeunesse
ce n'est pas une vie
courir les discothèques
affublé d'un vieux jean
qui boudine et bedonne
et gaspiller tes nuits
et ton argent avec
pour bluffer des gamines
et ne duper personne
ce n'est pas une vie
de donner à ton coeur
qui est loin d'être neuf
des fatigues abusives
par des acrobaties
pour prouver ta vigueur
en soufflant comme un boeuf
à chaque tentative
ce n'est pas une vie
d'honorer la beauté
et de rater son but
notre amour propre flambe
on reste sur le lit
fumant l'air détaché
mais toute honte bue
et l'âge entre les jambes
ce n'est pas une vie
tout imbibé d'alcool
d'entrer au petit jour
chez toi à quatre pattes
fouiller la pharmacie
le foie au vitriol
croyant trouver secours
dans le bicarbonate
ce n'est pas une vie
et ça ne sert à rien
d'aller contre le temps
inconscient et frivole
ça va pour aujourd'hui
mais qui sait si demain
tu n'iras pas bavant
aux sorties des écoles
garde ta dignité
et dis toi qu'après tout
chaque âge a ses trésors
ses printemps, ses folies
être et avoir été
n'est qu'un rêve de fou
mais passé l'âge d'or
le rêve c'est la vie
****    Vous_Tu_A_83
vous êtes chère grande artiste
la plus charmante des amis
et l'hôtesse la plus exquise
que n'ait jamais connue Paris
chez vous c'est toujours table ouverte
on y côtoie le monde entier
des diplomates et dse poètes
mais les mondanités passées
libérée de ton enveloppe
tu deviens dans l'intimité
la plus formidable salope
qu'une mêre n'ait enfantée
je sais que vous, je sais que tu
vous que j'admire
toi qui m'attires
je sais que vous, je sais que tu
es respectable, mais sans vertu
nul ne sait que l'on est complices
nos rapports semblent anodins
jamais vos yeux ne vous trahissent
s'ils croisent un instant les miens
a l'heure où votre époux en scène
joue de Musset subventionné
vous venez jusqu'à mon septième
ciel et enfer de nos pêchés
et sur mon lit, nue et offerte
délaissant tes airs de statue
tu te révèles plus experte
qu'une sirène de la rue
je sais que vous, je sais que tu
vous que j'admire
toi qui m'attires
je sais que vous, je sais que tu
es respectable, mais sans vertu
sur vos coussins de velours tendre
sous l'or qui orne vos salons
vos amis viennent vous entendre
prêcher pour la révolution
le cou chargé de pierres fines
payées par l'or de vos contrats
vous jouez de façon divine
le rôle de Passionaria
prête à tout brûler sur la terre
mais la nuit quand tu viens me voir
c'est toi qu'as le feu aux artères
aux artères et puis autre part
je sais que vous, je sais que tu
vous que j'admire
toi qui m'attires
je sais que vous, je sais que tu
es respectable, mais sans vertu
le verre en cristal de Bohème
donne au vin rouge un autre goût
quant au caviar, c'est sans problème
puisqu'il vient tout droit de Bakou
vous savez de façon subtile
manger à tous les rateliers
faut des appuis, c'est très utile
et des amis de tous côtés
vous de gauche, allons ça m'épate
quand j'ai le sentiment, ma chère
que tu n'es pas si maladroite
quand tu veux t'envoyer en l'air
je sais que vous, je sais que tu
vous que j'admire
toi qui m'attires
je sais que vous, je sais que tu
es respectable, mais sans vertu
****    DansTaC_A_84
il y a dans ta chambre
où le regard se pose
mille petites choses
ne ressemblant qu'à toi
sous des portraits d'ancêtres
aux incroyables poses
il y a des draps roses
parfumés de lilas
dans ta chambre il y a
il y a, il y a, il y a
dans ta chambre il y a
il y a, il y a, il y a
dans ta chambre il y a
l'amour pour toi et moi
il y a sur ton coeur
quand sur lui je me penche
une fine peau blanche
dont se grisent mes doigts
et derrière ton front
un monde qui s'agite
des idées insolites
des murmures de joie
dans ta chambre il y a
il y a, il y a, il y a
dans ta chambre il y a
il y a, il y a, il y a
dans ta chambre il y a
l'amour pour toi et moi
****    BelleDi_A_86 
où irai je, belle ?
où irai je, dis ?
quand tu m'auras chassé de ton lit ?
quand tu ne m'ouvriras plus tes bras ?
que je n'aurai plus place en tes draps ?
que ferai je, belle ?
que ferai je, dis ?
quand tu m'auras rayé de ta vie
quand je ne saurai plus où aller
et contre quel sein me consoler
au passé tu restes indifférente
tu vis au présent
alors que je compte sur les rentes
de mes sentiments
demain te panique et te dérange
t'as peur des toujours
tandis qu'à chaque instant moi j'engrange
des rêves d'amour
où irai je ?
que ferai je ?
belle, belle, dis
de folles idées m'assiègent
me troublent l'esprit
que serai je ?
que dirai je ?
belle, belle, dis
j'en appelle à ton humble avis
que serai je, belle ?
que serai je, dis ?
quand tous mes espoirs seront trahis ?
une épave de la société
ou quelqu'un prêt à tout affronter ?
que dirai je, belle ?
que dirai je, dis ?
quand tout entre nous sera fini ?
des mots qui font mal, des mots odieux
ou bien tristement des mots d'adieu ?
tandis que je nage en plein délire
toi tu viens et vas
prenant les choses avec le sourire
qui vivra verra
tu dis que simplement je déborde
d'imagination
et que parfois je te pousse au bord de
l'exaspération
où irai je ?
que ferai je ?
belle, belle, dis
de folles idées m'assiègent
me troublent l'esprit
que serai je ?
que dirai je ?
belle, belle, dis
j'en appelle à ton humble avis
****    Embrass_C_86
des lueurs au fond de tes yeux
un regard trouble et malicieux
qui veut me suggérer des choses
embrasse moi
un corps lascif et alangui
des gestes faits au ralenti
qui prennent d'affolantes poses
embrasse moi
moi j'ai la gorge contractée
je reste comme hypnotisé
tandis qu'en moi monte une fièvre
embrasse moi
quand mon coeur sur écran géant
fébrilement fait un gros plan
sur ta langue au bord de tes lèvres
embrasse moi
comme on mord dans un fruit
et partons dans la nuit
de nos amours
embrasse moi
jusqu'à la déraison
quand nos lèvres n'auront
plus de contour
j'ai soif de toi, de tout
du confort de la bouche
du désordre farouche
de ton corps tendre et fou
embrasse moi
je veux par tes baisers
trouver l'éternité
entre tes bras
embrasse moi
dans un malaise merveilleux
tu me fais partager des jeux
où tu te révèles géniale
embrasse moi
entre deux battements de coeur
j'entends ta voix qui de bonheur
l'amour aidant devient un râle
embrasse moi
pudique dans ta nudité
de tes fantasmes libérée
tu n'es plus tout à fait la même
embrasse moi
quand pour moi dans un tourbillon
de feu, de chair et de passion
tu réinventes tes "Je t'aime"
embrasse moi
comme on mord dans un fruit
et partons dans la nuit
de nos amours
embrasse moi
jusqu'à la déraison
quand nos lèvres n'auront
plus de contour
j'ai soif de toi, de tout
du confort de la bouche
du désordre farouche
de ton corps tendre et fou
embrasse moi
je veux par tes baisers
trouver l'éternité
entre tes bras
embrasse moi
****    JTAimeT_C_86
je t'aime tant
peut être maladroitement
mais sans détour
comme on peut aimer un enfant
tremblant d'amour
je t'aime tant
d'un amour pur et merveilleux
éperdument
comme un croyant peut aimer Dieu aveuglément
je t'aime tant
ton amour est une île
inconnue et sauvage
où mon coeur en péril
chaque jour fait naufrage
terre
où ton seul nom
est ma frontière
et ma prison
je t'aime tant
et quand mes yeux plongent en tes yeux
tendres et profonds
j'ai le vertige et je n'en peux
toucher le fond
je t'aime tant
d'un amour pur et merveilleux
éperdument
comme un croyant peut aimer aveuglément
je t'aime tant
avec mes paradis
mes enfers dans ma tête
je chevauche les nuits
debout sur mes tempêtes
ivre
pour à tes pieds
mourir de vivre
vivre d'aimer
je t'aime tant
et je suis prêt à affronter
dans ma folie
tous les hasards, tous les dangers
comme un défi
je t'aime tant
d'un amour pur et merveilleux
éperdument
comme un croyant peut aimer Dieu aveuglément
je t'aime tant
je t'aime tant
d'un amour pur et merveilleux
éperdument
comment un croyant peut aimer Dieu aveuglément
je t'aime tant
****    DeMo_E _A_86
sur mon visage
le temps cruel a imprimé ses crocs
et au passage
dans mon coeur a fait bien plus d'un accroc
quand je m'affronte
devant mon miroir, le matin
je m'en rends compte
je me ressemble de moins en moins
et ma jeunesse
que l'amour devait tendrement orner
par maladresse
n'a enfanté que des rêves mort nés
depuis, je triche
avec moi même, j'en conviens,
mais je m'en fiche
je me ressemble de moins en moins
au vent qui passe,
que sont mes espoirs devenus ? Depuis
tout casse et lasse
ma vérité n'est pas sortie de son puits
dans ses eaux troubles
je ne peux plus, je le vois bien,
trouver mon double
je me ressemble de moins en moins
mes joies sont ternes
la fleur de l'espoir en moi s'est fanée
mon coeur en berne
porte toujours le deuil de ces années
l'adolescence
me semble si proche et si loin
lorsque j'y pense
je me ressemble de moins en moins
de moins en moins
****    DEJA____A_86
déjà
deux jours, deux nuits passés sans toi
déjà
et je suis dans tous mes états
pourquoi
cette brisure ce gâchis ?
pourquoi, pour qui ?
déjà
je fume trop je tourne en rond
je bois
donne des coups dans les cloisons
sans toi
je suis sans rimes et sans raison
de vivre
déjà
penser à toi me fait souffrir
déjà
je m'accroche à des souvenirs
un choix
d'instantanés pris au mois d'août
de toi, de nous
et çà et là
en voyant un objet banal
en soi
un mouchoir à tes initiales
un bas
oublié là me fait très mal
déjà
déjà
je parle seul à haute voix
déjà
je me questionne et je me noie
cent fois
dans les mirages d'un parcours
de joie, d'amour
déjà
ton image ancrée dans ma vie
me broie
et d'insomnie en insomnie
je crois
que la mémoire est l'ennemie
des rêves
déjà
comme le fou qui rêve d'or
déjà
comme un marin cherchant son port
mes doigts
fébrilement fouillent la nuit
le froid du lit
guettant ton pas
je suis inquiet au moindre bruit
pour moi
l'heure tictac au ralenti
le poids
des regrets pèse sur ma vie
déjà
j'ai mal de toi
mal de ta peau qui me renie
ma voix
n'est plus ma voix, mais rien qu'un cri
pourquoi
as tu brisé ma vie
déjà ?
****    JeBois__C_87
je bois pour oublier mes années d'infortune
et cette vie commune
avec toi mais si seul
je bois pour me donner l'illusion que j'existe
puisque trop égoïste
pour me péter la gueule
et je lève mon verre à nos coeurs en faillite
nos illusions détruites
a ma fuite en avant
et je trinque à l'enfer qui dans mon foie s'impose
en bouquet de cirrhose
que j'arrose en buvant
je bois jour après jour à tes fautes, à mes fautes
au temps que côte à côte
il nous faut vivre encore
je bois à nos amours ambiguës, diaboliques
souvent tragi comiques
nos silences de mort
a notre union ratée, mesquine et pitoyable
a ton corps insatiable
roulant de lit en lit
a ce serment, prêté la main sur l'Evangile
a ton ventre stérile
qui n'eut jamais de fruit
je bois pour échapper à ma vie insipide
je bois jusqu'au suicide
le dégoût , la torpeur
je bois pour m'enivrer et vomir mes principes
libérant de mes tripes
ce que j'ai sur le coeur
au bonheur avorté, à moi et mes complexes
a toi, tout feu, tout sexe
a tes nombreux amants
a ma peau boursouflée, striée de couperose
et à la ménopause
qui te guette au tournant
je bois aux lois bénies de la vie conjugale
qui de peur du scandale
poussent à faire semblant
je bois jusqu'à la lie aux étreintes sommaires
aux putes exemplaires
aux froids accouplements
au meilleur de la vie qui par lambeaux nous quitte
a cette cellulite
dont ton corps se rempare
au devoir accompli comme deux automates
aux ennuis de prostate
que j'aurai tôt ou tard
je bois à en crever et peu à peu j'en crève
comme ont crevé mes rêves
quand l'amour m'a trahi
je bois à m'en damner le foie comme une éponge
car le mal qui me ronge
est le mal de l'oubli
je m'enivre surtout pour mieux noyer ma peine
et conjurer la haine
dont nous sommes la proie
et je bois comme un trou qu'est en tout point semblable
a celui que le diable
te fait creuser pour moi
je bois mon Dieu, je bois
un peu par habitude
beaucoup de solitude
et pour t'oublier toi
et pour t'emmerder toi
je bois, je bois
****    JRentre_A_87
tous mes démons calmés tous mes volcans éteints
rongé par le cancer de ton corps et tes lèvres
plus réfléchi qu'hier moins sage que demain
je rentre chez nous en fièvre
j'étais parti jurant que c'était pour toujours
je devrais me cracher cent fois à la figure
et m'arracher le coeur pour l'offrir aux vautours
je rentre chez nous parjure
ma bouche était salive et mon coeur était sec
quand je faisais l'amour sans amour par réflexe
aux vierges effrayées prises du bout du bec
comme on prend un café sur le comptoir du sexe
et comme un roi déchu abdiquant par amour
avec encore aux lèvres un âpre goût de cendre
mon coeur au grand galop fait le compte à rebours
je rentre chez nous me rendre
sorti de mes enfers en voulant voir les cieux
j'ai eu des paradis artificiels et fades
n'ayant ni vu le Diable ni rencontré Dieu
je rentre chez nous malade
étouffant tout orgueil tout en me vomissant
aux sources de mes maux pour retrouver mes chaînes
et célébrer nos noces de larmes et de sang
je rentre chez nous sans haine
ouvertes ou fermées mes prisons sont en moi
ma vie n'est pas ma vie si tu n'en es le centre
et crever pour crever autant crever sur toi
esclave de ton corps planté dans ton bas ventre
n'ayant rien résolu je reviens sur mes pas
pour toute honte bue rabâcher mes je t'aime
sachant qu'à petit feu tu me suicideras
le coeur à genoux
revenu de tout
je rentre chez nous quand même
****    DormirA_A_87
dormir avec vous madame
dormir avec vous
c'est un merveilleux programme
demandant surtout
un endroit discret madame
entre chien et loup
madame
à l'écart des mélodrames
des " Ciel ! Mon époux ! "
dormir avec vous madame
dormir avec vous
aux heures où monsieur se pâme
à faire des sous
vous déshabiller madame
froisser vos dessous
madame
vous faire vibrer de l'âme
du corps et de tout
dormir avec vous madame
dormir avec vous
mon Dieu, c'est je le proclame
mon voeu le plus doux
et de votre peau madame
prendre un soin jaloux
madame
en usant toute la gamme
des bisous, bisous
dormir avec vous madame
dormir avec vous
posséder ce corps de femme
à m'en rendre fou
ignorant ce qui se trame
en dehors de nous
madame
mettre tous vos sens madame
sens dessus dessous
et brûler de mille flammes
en mille remous
madame
voilà ce que je réclame
et un point c'est tout
****    JPAdieu_A_87
j'en connais qui prétendent à l'année sabbatique
seuls et loin de la foule au Pôle ou au Tibet
qui font main sur le front des confessions publiques
jouant les mal dans leur peau, allergiques au succès
ils veulent oublier les chasseurs d'autographes
échapper aux médias, sauver leur vie privée
mais suivis comme une ombre par un photographe
dans leur quête du moi et leur identité
très tôt ils parlent de retraite
on les prendrait presque au sérieux
mais quant à moi la chose est nette
croyez moi je ne ferai pas mes adieux
n'ayant pas pris la vie avec le vent en poupe
la voie m'étant barrée il m'a fallu l'ouvrir
je me garderai donc de cracher dans la soupe
j'ai eu bien trop de mal à la faire bouillir
moi les fausses sorties me pompent l'oxygène
les faux intellectuels doucement rigoler
on compte sur la main ceux qu'ont quitté la scène
les autres le public leur a repris les clefs
sincèrement mieux vaut en rire
regardez moi droit dans les yeux
quoi que l'on puisse écrire ou dire
quant à moi je ne ferai pas mes adieux
ces petites natures ermites du dimanche
champions du " je sais tout " qui s'écoutent parler
dès que le chiffre de leur vente de disques flanche
sans un mea culpa foncent dans la mêlée
avouez que des coups de pied au cul se perdent
les, " je pars ", " j'en peux plus ", " les coucou c'est re moi "
avec un nouveau look, un nouveau son, et merde
tu restes ou tu t'en vas, mais t'en fais pas un plat
quand il faudra tourner la page
pour le moment y a pas le feu
je préviendrai mon entourage
toutefois je ne ferai pas mes adieux
à moins que je change avec l'âge
je ne ferai pas mes adieux
****    DixAnsT_C_91                
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
nous n'avions pas encore
fait nos dents de sagesse
à s'aimer à plein corps
jusqu'à mourir d'ivresse
nous nous sommes aimés
comme on se jette à l'eau
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
et dans le tourbillon
des erreurs de jeunesse
ignorants, nous avons
profané la tendresse
nous nous sommes aimés
nous nous sommes aimés
moins de coeur que de peau
je vis ma liberté au fil des aventures
explorant le bonheur en flâneur, en
touriste
me cognant bien souvent le coeur contre
les murs
lorsque ton souvenir me cueille à
l'improviste
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
et je pense souvent
avec mélancolie
que le premier serment
vous marque pour la vie
moi je reste marqué
au fer de ce fiasco
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
nous étions impatients
de dévorer le monde
l'amour est non voyant
quand les plaisirs l'inondent
nous nous sommes aimés
le coeur en porte à faux
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
au temps des inconscients
et merveilleux tumultes
plus tout à fait enfants
pas tout à fait adultes
nous nous sommes aimés
nous nous sommes aimés
souvent qu'à demi mot
lorsque je te rencontre au cours d'une
soirée
chez des amis communs, volubile et à
l'aise
sublime, épanouie dans ta maturité
je te dis en blaguant comme entre
parenthèses
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
dix ans qui t'ont pétrie
de corps, de coeur et d'âme
et qui ont converti
l'adolescente en femme
tu ris sans te douter
que j'en ai le coeur gros
nous nous sommes aimés
dix ans trop tôt
****    JeTeReg_A_91
je te regarde
t'es ma télé, t'es mon ciné
t'es mon théâtre
tu ne cesses de m'étonner
je t'idolâtre
moi, spectateur de tes pensées
les plus intimes
je te regarde
au saut du lit, c'est reparti
de joies en peines
tu vas et viens et comme si
t'entrais en scène
tu t'interprètes et joues ta vie
tu es sublime
souvent je pense
qu'au lieu de t'épouser
sur les écrans de France
j'aurais pu t'admirer
mais grand Dieu quelle chance
j'ai dans l'intimité
toutes tes performances
en exclusivité
je te regarde
tu donnes aux rires et aux sanglots
la même flamme
tu fais des phrases et dis des mots
comme on déclame
et j'ai Corneille et j'ai Feydeau
à mon programme
je te regarde
changer de voix, changer d'emploi
varier les rôles
rien que pour nous, rien que pour moi
et trouve drôle
que ce talent vivant en toi
reste en coulisse
je te regarde
à la lueur du projecteur
de ma tendresse
et du regard comme du coeur
je te caresse
comme un fervent admirateur
croisant l'actrice
et quand, superbe
maquillée ou sans fard
délirante ou acerbe
tu maries avec art
et le geste et le verbe
j'entonne des fanfares
et te tressant des gerbes
je t'accorde un oscar
je te regarde
parfois le doute me fait peur
crée des problèmes
mais vient ce temps où par bonheur
tu es toi même
lorsque blottie contre mon coeur
tu cries je t'aime
je te regarde
je te regarde
comme je t'aime
****    JeNaura_C_91               
ous représentions pour beaucoup
l'image du couple solide
l'exemple à désigner du doigt
jusqu'au jour où rentrant chez nous
j'ai trouvé l'appartement vide
cela ne te ressemblait pas
je n'aurais pas cru ça de toi
placards béants, tiroirs vidés
c'est fou ce que le coeur encaisse
quand le bonheur vole en éclats
hier encore tu jurais m'aimer
et tu pars sans laisser d'adresse
sans un mot griffonné, pourquoi ?
je n'aurais pas cru ça de toi
je n'aurais pas cru ça de toi
moi pauvre fou qui prétendais
que rien au monde ne pourrait
briser un couple, comme le nôtre
et muré dans mon désarroi
je comprends que ces choses là
hélas ! n'arrivent pas qu'aux autres
on ne peut tomber de plus haut
tout se brouille en moi quand je songe
que l'amour s'est joué de moi
tes serments n'étaient que des mots
sous lesquels filtraient tes mensonges
que tu distillais de sang froid
je n'aurais pas cru ça de toi
trois jours sans dormir ni manger
j'ai relancé crevant d'angoisse
hôpitaux et commissariats
et puis j'ai dû me résigner
à voir la vérité en face
tu m'avais rayé d'une croix
je n'aurais pas cru ça de toi
sans réfléchir j'ai allumé
cigarette après cigarette
bien qu'ayant banni le tabac
mais que m'importe ma santé ?
le ciel me tombait sur la tête
le sol s'écroulait sous mes pas
je n'aurais pas cru ça de toi
je n'aurais pas cru ça de toi
j'avais confiance et rien de plus
personne au monde n'aurait pu
jeter le trouble dans mon âme
ma tête sous le couperet
j'aurais juré que tu étais
différente des autres femmes
si par bonheur tu revenais
je n'en crois rien mais qui peut dire
je saurais étouffer en moi
les voix du mal que tu m'as fait
mais dans mes yeux tu pourras lire
sur fond de détresse et de joie
tu vois, je n'aurais pas cru ça
de toi
****    Marguer_C_91                       
c'était la Marguerite on l'appelait Malou
déjà toute petite elle nous rendait fous
elle riait d'un rien et se moquait de tout
la Marguerite
la Marguerite
elle avait quelque chose, un étrange pouvoir
on portait son cartable on faisait ses devoirs
on en parlait le jour on en rêvait le soir
la Marguerite
de l'école au lycée on l'a vue s'épanouir
et fleurir sa beauté ses formes et nos désirs
le secret de chacun était d'un jour cueillir
la Marguerite
la Marguerite
bien que copain copain on lui tournait autour
jaloux les uns des autres on lui faisait la cour
mais sage elle attendait l'unique et grand amour
la Marguerite
la Marguerite
c'était la Marguerite ange de nos seize ans
on l'a trouvée un soir inconsciente au printemps
violée souillée baignant dans ses larmes et son sang
la Marguerite
la Marguerite
on a fait des battues, armés de nos fusils
on a lâché les chiens on a fouillé la nuit
et traqué sans merci celui qu'avait sali
la Marguerite
c'était un gars d'ailleurs pas un gars de chez nous
un salaud de passage, un maniaque, un voyou
qui a su s'en tirer en traînant dans la boue
la Marguerite
la Marguerite
depuis elle n'a plus ni souri ni chanté
elle est morte au dedans comme une fleur fanée
comme une fleur de nuit comme une fleur séchée
la Marguerite
la Marguerite
c'était la Marguerite on l'appelait Malou
aujourd'hui les gamins lui jettent des cailloux
elle suit son chemin indifférente à tout
la Marguerite
la Marguerite
traversant les saisons à petits pas nerveux
elle va noir vêtue sans relever les yeux
sans amis, sans amour, sans le secours de Dieu
la Marguerite
moi je lui trouve encore une étrange beauté
dans son deuil de la vie, dans son austérité
et je vais en secret souvent réconforter
la Marguerite
la Marguerite
elle m'offre un café écoute mon discours
le même chaque fois parlant de son retour
à la vie, à l'espoir pour lui donner l'amour
qu'elle mérite
la Marguerite
****    INSTINC_A_91
qu'il soit brut ou qu' il soit tendre
qu'il soit fidèle ou coureur
bien qu'il se calme en septembre
dès que le monde est en fleurs
et que le printemps s'éveille
même l'homme le meilleur
découvre qu'en lui sommeille
l'instinct du chasseur
soudain pris d'un second souffle
il a besoin de grand air
et faisant fi aux pantoufles
qui étaient son univers
le vieillard le moins agile
sent que monte de son coeur
jusqu'en son regard sénile
l'instinct du chasseur
on peut le voir en terrasse
ou dans les allées du bois
lorgnant les jambes qui passent
a l'affût des beaux minois
quelle est la force nouvelle
qui le sort de sa torpeur
et qui lui donne des ailes?
l'instinct du chasseur!
il marche durant des heures
l'oeil fixe et le torse droit
ou bien s'arrête et demeure
dans un coin guettant sa proie
oubliant ses rhumatismes
et les conseils du docteur
il est rempli d'héroïsme
l'instinct du chasseur
traînant une âme lyrique
et la jambe tous les jours
avec un regard lubrique
qu'il croit être de velours
bouche ouverte en cul de poule
attaquant avec ferveur
c'est ainsi que se défoule
l'instinct du chasseur
mais à l'âge où les artères
ne sont plus ce qu'elles étaient
l'amour devient secondaire
mieux vaut déclarer forfait
car si l'on n'y prend pas garde
il est fait pour son malheur
l'infarctus du myocarde
l'instinct du chasseur
au bout de cette vadrouille
harassé, regard flapi
grand papa rentre bredouille
pour être heureux dans son nid
car il sait bien qu'en famille
dans un douillet intérieur
on soigne à la camomille
l'instinct du chasseur
****    AMIRAL__A_92
l'Amiral veut couler la flotte
l'Amiral veut tout foutre à l'eau
depuis qu'il sait que la culotte
de sa femme est comme un drapeau
qui flotte au vent, qui flotte haut
au lit de bien des matelots
tandis qu'il rédige des notes
planqué derrière un grand bureau
amiral où est la marine ?
dans les dossiers de ton bureau
les bars du Cap et d'Indochine
l'argent triché dans les tripots
l'alcool de grain, le coup de poing
tout ça, c'est loin
mais c'était beau
amiral où est la marine ?
amiral où est ton bateau ?
l'Amiral a perdu la tête
l'Amiral a perdu le nord
il est loin le temps des conquêtes
d'une fille dans chaque port
à quelques noeuds de la retraite
il a voulu lier son sort
au sort d'une tendre nymphette
qui hélas ! a le diable au corps
amiral la terre était ronde
la tienne est plate et sans grandeur
il y a tant de femmes au monde
qui pourraient réchauffer ton coeur
et le remplir
et de désirs
et de plaisirs
et de rumeurs
amiral la terre était ronde
amiral où est ton bonheur ?
l'Amiral a beaucoup de peine
l'Amiral est comme un enfant
il fait soudain des gestes obscènes
et dit des mots incohérents
il rit et pleure à tout moment
le ministère est sur les dents
faudrait pas que la presse apprenne
le sujet est trop important
amiral largue les amarres
et joue ta vie comme au poker
il vaut mieux mourir à la barre
debout et face à l'univers
comme un défi
droit comme un I
que dans un lit
froid et désert
amiral n'oublie pas la mer
****    OnNeVeu_C_92  
j'attache à ton collier
ce lien dont la vue même
te faisait aboyer
de joie quand, à sa vie
nous étions enchaînés
par trois mots, " je vous aime "
tout, hélas ! a changé depuis
on ne veut plus de nous ici
ne te retourne pas
en tirant sur ta laisse
ton regard se perdra
dans un passé détruit
nous n'avons toi et moi
plus femme ni maîtresse
en une phrase tout est dit
on ne veut plus de nous ici
on ne veut plus de nous
partons ami fidèle
nous irons n'importe où
je te parlerai d'elle
ta tête sur mes genoux
son coeur ne voit plus rien
de la vie et des choses
ni le mal, ni le bien
ni le jour ni la nuit
et l'homme devient chien
quand la chienne en dispose
car en amour rien n'est acquis
on ne veut plus de nous ici
on ne veut plus de nous ici
nous étions prisonniers
et tout heureux de l'être
aujourd'hui libérés
nous sommes indécis
on ne sait où aller
quand on n'a plus de maître
il faut en prendre ton parti
on ne veut plus de nous ici
nos airs de chiens battus
font que l'on se ressemble
l'un et l'autre à la rue
l'un et l'autre trahis
on ne nous aime plus
viens nous irons ensemble
le bonheur nous est interdit
on ne veut plus de nous ici
une page est tournée
ton coeur et le mien saignent
viens nous sommes logés
tous deux à même enseigne
de chiens perdus sans collier
à l'heure de partir
nos regards s'arc boutent
à quelques souvenirs
lavés de son esprit
avant que de guérir
longue sera la route
jusqu'à l'horizon de l'oubli
on ne veut plus de nous ici
on ne veut plus de nous ici
****    Chanson_C_92 
chanson souvenir
refrain de rires et de pleurs
chanson rétro
que la radio
chante en écho
de notre histoire
chanson souvenir
qui rappelle à nos coeurs
que l'on s'était juré
fiévreux, nous les enfants d'hier
de ne vivre que pour s'aimer
enracinés dans le même univers
mon amour
oh ! mon amour
quand ta vie m'était offerte
dans les champs
de nos printemps
l'herbe était plus tendre et verte
chanson souvenir
témoin de tant de bonheur
qui vient souvent
tirer à blanc
à bout portant
sur ma mémoire
chanson souvenir
fredonnée joue contre joue
quand tourne rien que pour nous
un vieux disque en trente trois tours
chanson de nos souvenirs
hymne dédié à notre amour
plus beau, plus grand, jour après jour
qui tendrement dans nos coeurs fait jaillir
nos souvenirs
****    AContAm_C_92 
de contretemps en contretemps
on ne se voit qu'à contre jour
et vivons à contre courant
à contre amour
jouant ensemble à contrecoeur
au vu des autres sans détour
la contrefaçon du bonheur
à contre amour
en contrepoint de nos sourires
au chapitre des illusions
de plus en plus nous ressemblons
à de fats mannequins de cire
en vitrine pour dérision
de contre pied en contre pas
notre vie a changé de cours
et tu te contrefous qu'on soit
à contre amour
je sais, de l'amour à la haine
il n'y a qu'un pas à franchir
et que l'on fait sans réfléchir
du bonheur on passe à la peine
et me voilà avec les chaînes
forgées par trop de souvenirs
à contre voie de tes serments
le contre faisant place au pour
je n'entends plus le contre chant
de mon amour
à contre amour
de contretemps en contretemps
on ne se voit qu'à contre jour
et vivons à contre courant
à contre amour
jouant ensemble à contrecoeur
au vu des autres sans détour
la contrefaçon du bonheur
à contre amour
en contrepoint de nos sourires
au chapitre des illusions
de plus en plus nous ressemblons
à de fats mannequins de cire
en vitrine pour dérision
de contre pied en contre pas
notre vie a changé de cours
et tu te contrefous qu'on soit
à contresens de nos beaux jours
moi contre toi, toi contre moi
à contre amour
****    AlbumTo_A_92
quand je reste seul à Paris
qu'avec les enfants tu as pris
la route fleurie des vacances
grâce à Dieu et à la magie
de l'art de la photographie
je me sens moins seul que tu penses
je prends mon album et je l'ouvre
et l'instant suivant je te re dé cou vre
toi joli bébé joufflu
serrant sur ton corps nu
un petit chiot fidèle
toi en larmes qui ruissellent
éperdue
à l'entrée de la maternelle
toi au jour de tes dix ans
soufflant les yeux brillants
les bougies de ton âge
toi à quinze ans sur la plage
arborant
les fruits naissant de ton corsage
toi canotant sur un lac
toi sortant de la fac
toi faisant des grimaces
toi serrée contre quelqu'un
qu'un rasoir assassin
a découpé la face
et me voilà
penché tout attendri
sur ces photographies
mal cadrées, désuètes
quand ému je feuillette
du coeur comme du doigt
l'album de toi
toi ravissante au printemps
les cheveux dans le vent
roulant à mobylette
toi poussant la chansonnette
imitant
voix et gestes d'une vedette
toi pour un bal habillé
dans un décolleté
laissant peu de mystère
moi plutôt con à l'arrière
empoté
dans mon costume militaire
toi au premier rendez vous
si le cliché est flou
ma main tremblait sans doute
toi dans l'église à Neuilly
le jour où sur un " oui "
Dieu unissait nos routes
Alléluia !
bénis soient tes parents
qui ont pendant des ans
grâce à Nicéphore Niépce
eu le brillant réflexe
de composer pour moi
l'album de toi
toi férue d'écologie
défilant dans Paris
pour sauver la planète
toi coquine, toi coquette
une nuit
de quatorze juillet en fête
toi débarquant à Roissy
de vacances de ski
la jambe dans le plâtre
toi rêveuse devant l'âtre
très diva
très héroïne de théâtre
toi dans de larges atours
posant avec humour
belle dans ta grossesse
toi serrant sur ton sein lourd
le fruit de notre amour
six livres de tendresse
et je suis là
qui colore en rêvant
ces vues en noir et blanc
d'un beau livre d'images
et que page après page
vient enrichir pour moi
l'album de toi
toi
que divers objectifs
ont saisie sur le vif
depuis ta prime enfance
au gré des circonstances
pour porter jusqu'à moi
l'album de toi
****    Napoli__C_92                
quand je te serre entre mes bras
Napoli chante
Napoli chante, rien que pour moi
comme un guaglione en plein soleil
d'une voix pure et sans pareille
ensorcelante
à mon oreille
quand nos coeurs jouent le même accord
Napoli danse
Napoli danse, le diable au corps
avec fureur avec génie
pleine d'amour de frénésie
et d'insolence
jusqu'à l'aurore
j'ai des soleils sur mes murs gris
qui se dessinent
des coins de ciel lavés de pluie
qui s'illuminent
des arcs en ciel peignant nos nuits
de mille teintes
que de merveilles au fond des cris
de nos étreintes
quand tes yeux plongent dans les miens
Napoli parle
Napoli parle, avec les mains
un peu de tout, beaucoup de rien
d'amour, de bonheur, et de vin
Napoli parle
napolitain
quand ton amour brûle mon coeur
Napoli chante
Napoli chante notre bonheur
elle se prend pour Caruso
chante plus fort chante plus haut
tonitruante
le bel canto
quand ton regard hante mes jours
Napoli rêve
Napoli rêve au grand amour
amour profond, amour folie
commis au fond d'un vaste lit
et fille d'Ève
à ton sein lourd
quand tu es loin, je broie du noir
tout semble terne
tous les drapeaux de mes espoirs
restent en berne
je suis inquiet je suis jaloux
et m'imagine
que tous les dieux sont contre nous
et m'assassinent
mais quand tu rentres et ris de moi
Napoli chante
Napoli chante à pleine voix
sa mélodie vole dans l'air
se mêle au vent défie la mer
reconnaissante
que tu sois là
Napoli chante
l'Hymne à la joie
****    Aimer___C_93  
par un frisson léger et presque imperceptible
le corps ressent soudain comme un mal ignoré
qui le ronge et le rend vulnérable et sensible
au charme d'une voix ou d'un nom évoqué, murmuré
puis viennent les envies, les chaleurs, les vertiges
les raisons d'espérer et celles d'avoir mal
les besoins de tendresse enfin qui nous obligent
à trouver merveilleux ce qui n'est que banal
aimer plus que soi même
aimer sans réfléchir
aimer plus qu'on nous aime
pour mieux se plaindre et mieux souffrir
le coeur n'est qu'un organe étranger à ces choses
qui ne bat ni plus fort ni plus vite, et pourtant
on lui offre une action, on lui donne une prose
et Dieu seul sait pourquoi on le jette en avant, en tremblant
l'amour vient il des yeux, de la peau ou du ventre ?
pour le localiser, c'est difficile en soi
c'est comme un tourbillon dont on se veut le centre
et on parle de lui pour mieux parler de soi
aimer plus que soi même
aimer sans réfléchir
aimer plus qu'on nous aime
pour mieux se plaindre et mieux souffrir
et bien que tous nos gestes au fond restent les mêmes
on les veut singulier, on les croit différents
on se sent libre enfin de n'avoir qu'un problème
que d'aucuns qualifient de simple mal de dent d'un moment
entre nous, l'être aimé n'a que ce qu'on lui prête
la grâce qu'on lui loue, la beauté qu'on lui crée
ses formes modelées par nos pensées secrètes
deviennent oeuvre d'art qu'un subconscient a fait
aimer plus que soi même
aimer sans réfléchir
aimer plus qu'on nous aime
pour mieux se plaindre et mieux souffrir
aimer, Aimer, Aimer plus que soi même
aimer sans réfléchir
aimer plus qu'on nous aime
pour mieux se plaindre et mieux souffrir
****    TOI_MOI_A_94
toi et moi
deux coeurs qui se confondent
au seuil de l'infini
loin du reste du monde
haletants et soumis
à bord du lit
qui tangue et va
sous toi et moi
toi et moi
libérés des mensonges
et sevrés des tabous
quand la nuit se prolonge
entre râles et remous
nos songes fous
inventent un nous
entre chien et loup dans nos rêves déserts
l'amour a su combler les silences
et nous, ses enfants nus, vierges
de nos hiers
devenons toi et moi, lavés de nos enfers
porte moi
au delà des angoisses
à l'appel du désir
du coeur de nos fantasmes
aux confins du plaisir
que Dieu créa
pour toi et moi
j'étais sans espoir, tu as changé mon sort
offrant à ma vie une autre chance
les mots ne sont que mots, les tiens
vibraient si fort
qu'en parlant à ma peau ils éveillaient
mon corps
aime moi
fais moi l'amour encore
encore et parle moi
pour que jusqu'aux aurores
aux sources de nos joies
mes jours se noient
dans toi et moi
****    Gitana__A_97
femme de feu, femme de flammes
couleur de sang d'un coeur ouvert
comme un poignard entrant dans l'âme
ton regard transperce la chair
a peine enfant et déjà fille
et mûre avant d'être pubère
quand tu marches sous ta mantille
les hommes voient
naître avec toi
tous leurs enfers
fille du vent et du soleil
lorsque tu chantes et que tu danses
avec une fleur à l'oreille
tu assassines l'assistance
gitana, gitana, gitana
et quand les machos Espagnols
claquant des mains rythment tes jeux
des talons tu frappes le sol
gitana, gitana, gitana
fais l'amour
et fais l'amour avec les yeux
cheveux noirs et regard de braise
le teint mat de vivre au grand air
roulant des hanches très à l'aise
tu te fais vagues sur la mer
tes seins dansent sous ton corsage
et tout en toi devient charnel
et quand tu les frôles au passage
les hommes meurent
de ton odeur
de poivre et de miel
fille du vent et du soleil
lorsque tu chantes et que tu danses
avec une fleur à l'oreille
tu assassines l'assistance
gitana, gitana, gitana
et quand les machos Espagnols
claquant des mains rythment tes jeux
des talons tu frappes le sol
gitana, gitana, gitana
et fais l'amour
et fais l'amour
et fais l'amour avec les yeux
****    DismoiQ_A_97
dis moi que tu m'aimes
dis moi que tu m'aimes
dis moi que tu m'aimes fort
et qu'aucun problème
comme aucun dilemme
ne peut changer notre accord
dis moi dans un râle
jusqu'aux aubes pâles
quand mon corps brise ton corps
dis moi, dis moi
que tu m'aimes et qu'ivre
sous mon poids tu vibres
quand je te possède encore
dis moi que tu m'aimes
dis moi que tu m'aimes
dis moi que tu m'aimes et viens
mettre le désordre
dans mon âme et mordre
ma chair et griffer mes reins
à l'heure où mes lèvres
te troublent et t'enfièvrent
que ton corps se livre au mien
dis moi, dis moi
que tu m'aimes et chaude
viens quand l'amour rôde
pour jouer à quatre mains
dis moi que tu m'aimes
dis moi que tu m'aimes
moi je t'aime à en mourir
quand je te pénètre
je sens en mon être
des joies qui me font souffrir
je brûle et m'enflamme
je suis corps et âme
esclave de tes désirs
dis moi, dis moi
que tu m'aimes et forte
viens fermer la porte
sur l'enfer de nos plaisirs
dis moi que tu m'aimes
dis le moi si même
l'amour est sans avenir
****    DroitFe_A_97
depuis qu'avec l'homme sur terre elle fut mise
la femme pour des millénaires fut soumise
cette tradition était clairement transmise
elle obéissait à ses pairs et à l'église
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
bien des choses ont évolué
depuis que Rome
voulait les culpabiliser
pour une pomme
les femmes se sont libérées
il faut voir comme
il faudra nous y habituer
nous les bonshommes
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
souvent nos mères ont vécu
l'insupportable
subissant bafouées et cocues
l'inacceptable
messieurs ce temps est révolu
alors que diable
les jeux sont faits rien ne va plus
cartes sur table
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
femmes poupées, femmes au foyer
femmes qu'on vexe
toutes ces femmes libérées
de leurs complexes
parlent de choix, parlent d'idées
comme de sexe
alors messieurs ayons fair play
le bon réflexe
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
ce mari cet ancien macho
peut sans problème
sans rougir pousser un landau
sur les lieux même
où tous ses copains font le beau
devant un crème
on a l'étoffe d'un héros
dès que l'on aime
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
aujourd'hui le monde a changé
tout passe et casse
la femme dans la société
a pris sa place
pilote, écrivain, PDG
et puis j'en passe
comme finir à Élysée
un jour de grâce
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
échange de bons procédés
l'homme peut faire
quelques uns des petits métiers
des ménagères
on peut le voir marcher sur les
grandes artères
fardé, peu vêtu racoler
ses congénères
le droit des femmes
le droit des femmes n'est plus
je le proclame
ce que jadis il fut
ces dames se sont battues mais l'ont eu
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
le droit des femmes
et ne le lâcheront plus
****    AvantAi_A_97
avant de t'aimer, je croyais que les femmes étaient des églises
comme aux quatre coins de Venise et qu'on pouvait les visiter
avant de t'aimer, je disais qu'elles n'étaient que gourmandise
comme le sont les friandises et qu'on pouvait les partager
avant de t'aimer, je croyais que les femmes étaient des chapelles
enfermées dans les citadelles offertes au voeu de chasteté
avant de t'aimer, je pensais que les femmes étaient sans cervelle
qu'elles n'étaient que des modèles pour un pinceau, pour un maillet
avant de t'aimer, je croyais que les femmes étaient des paroisses
appartenant au garde chasse qui piège et bague son gibier
avant de t'aimer, je doutais des femmes et de ce qu'elles apportent
quand elles referment la porte, sans un regard sans un regret
mais aujourd'hui, femmes, je sais que vous êtes des cathédrales
femmes fourmis, femmes cigales, femmes faites pour être aimées
femme espérance, soit louée, toi, que j'imaginais naïve
tu m'as sauvé de la dérive des larmes où mon coeur se noyait
avant de t'aimer, je croyais que les femmes étaient des églises
comme aux quatre coins de Venise et qu'on pouvait les visiter
mais c'était avant de t'aimer c'était bien avant de t'aimer
****    Caraibe_A_97
connaissiez vous, voilà 20 ans
ce vieux forban de Jonathan
qui bourlinguait par tous les temps
aux quatre coins des Caraïbes
il vient de rentrer de là bas
après bien des hauts et des bas
pour ouvrir un café tabac
qu'il a nommé les Caraïbes
c'est ce bistrot aux vitres sales
qui sera sa dernière escale
c'est là qu'il a posé son sac
juste au coin de la rue du Bac
la rue du Bac
bien installé à son comptoir
quand il y va de son histoire
il fait rêver son auditoire
un petit cercle de poivrots notoires
il parle et vous fermez les yeux
comme aveuglés par tout ce bleu
ce poudroiement d'or et de feu
qu'est le soleil des Caraïbes
il a souffert tout les climats
crevé de fièvre à Panama
il a vu les derniers trois mâts
cingler au vent des Caraïbes
avec un charme incomparable
un talent de compteur arabe
il dit le chant des boucaniers
grimpant pieds nus dans le huniers
dans les huniers
puis il s'endort dans son hamac
bercé par le chant du ressac
car après cinq ou six cognacs
les cocotiers sont dans la rue du Bac
tant que les clochards du quartier
auront plaisir à l'écouter
autant que lui à raconter
il parlera des Caraïbes
car c'est ainsi qu'il est heureux
il sait se contenter de peu
et vit dans son café miteux
comme il vivait au Caraïbes
une opulente mulâtresse
lui sert de bonne et de maîtresse
et lui a donné six loupiots
de toutes les couleurs de peau
couleurs de peau
avant de tomber ivre mort
il montre au loin les feux du port
il est toujours seul maître à bord
et son bistrot, c'est son île au trésor
connaissiez vous, voilà 20 ans
ce vieux forban de Jonathan
qui bourlinguait par tous les temps
aux quatre coins des Caraïbes
il vient de rentrer de là bas
après bien des hauts et des bas
pour ouvrir un café tabac
qu'il a nommé les Caraïbes
****    AmourAm_A_97
de l'amour à la mort il n'y avait qu'un pas
et l'amour l'a franchi qui peut dire pourquoi
qui peut dire comment il a mis une proie
sur nos rêves d'amants décrétant l'amour
hors la loi
plus le mal se répand plus le diable est heureux
sur ces agissements Dieu a fermé les yeux
le destin et la mort ont pactisé un jour
depuis le mal dévore et la vie et l'amour
amour amer
amants à mort
à vos enfers
feu dans le corps
amour amer
et le coeur s'est gelé le corps a pris peur
et le sang pollué a perdu sa couleur
les amoureux non plus de raison de rêver
l'insouciance a vécu il faut toujours se préserver
l'aventure d'un soir devient jeu dangereux
et nous fait entrevoir les lendemains de feu
le mal qui va et court rend les amants craintifs
en ces temps où l'amour semble un acte fautif
amour amer
amants à mort
à vos enfers
feu dans le corps
amour amer
l'amour devait bâtir pour nous des lendemains
et la science guérir et nous tenir la main
tous deux nous ont trahi sans honte et sans raison
nous en payons le prix sans espoir et sans illusion
mon amour mon amour ne m'abandonne pas
je tremble nuit et jour la mort plane sur moi
je crève sans espoir ma jeunesse est foutue
car je suis damné par le sang que j'ai reçu
amour amer
amants à mort
à vos enfers
feu dans le corps
amour amer
****    PianoBa_A_97
au piano bar
fréquenté par des habitués
quelque part à l'écart
à deux pas des Champs Élysées
dans le huitième
de minuit à cinq heures
on reçoit en plein coeur
irving Berlin et Cole Porter
tout ce qu'on aime
et qu'un pianiste noir
calmement joue au piano bar
au piano bar
où mon coeur me traîne parfois
pour noyer mon cafard
dans un fond de whisky soda
et de musique
je m'installe en retrait
là où elle m'aimait
et tendrement me fredonnait
d'outre Atlantique
les merveilleux standards
accompagnés au piano bar
au cinéma
elle aimait à
voir en V.O.
les musicaux
des années trente et quarante
puis dans ce bar
on venait tard
pour qu'in the mood
tout Hollywood
et nos amours en nos coeurs chantent
au piano bar
accroché à mes souvenirs
blessé de part en part
je retourne pour m'étourdir
par habitude
et rêver qu'une nuit
je la retrouve assise
à la place où depuis je vis
ma solitude
et recouvrer l'espoir
entre ses bras au piano bar
au piano bar
témoin de mes amours enfuies
bourreau de ma mémoire
agrippé à des mélodies
dévastatrices
qui font chanter les heures
allumant en mon coeur
des furieuses envies de bonheur
qui me meurtrissent
jusqu'à l'aube où je pars
désenchanté du piano bar
où ce vieux complice
de pianiste inspiré
à la voix embrumée
par l'alcool et par la fumée
fait que surgissent
ces précieux moments rares
à jamais liés au piano bar
ces précieux moments rares
liés au piano bar
****    ImageVi_A_97
un avion se pose
un bateau s'enfuit
un amour explose
deux amants se lient
ici un baptême
des rires et des chants
là les chrysanthèmes
d'un enterrement
là bas la jeunesse
se grise de vie
plus loin la vieillesse
marche au ralenti
le printemps invite
à jouir de l'été
l'automne nous quitte
l'hiver a sonné
des images
qui surnagent
doux chantage
que l'esprit
illumine
et peaufine
les images
de la vie
la foule se rue
pour voir ses idoles
d'autres dans les rues
chantent carmagnole
le monde s'agite
on pleure au Tibet
sur le dernier hit
danse Saint Tropez
l' Homme n'est qu'un fauve
égoïste et pieux
sa morale est sauve
il s'adresse aux cieux
pour laver ses vices
il prie et soudain
Dieu est son complice
le ciel son témoin
des images
qui surnagent
doux chantage
que l'esprit
illumine
et peaufine
les images
de la vie
des jours à Venise
d'autres au tribunal
un amour s'enlise
le drame est banal
un homme fébrile
une femme en pleurs
un juge tranquille
réconciliateur
des jeunes qui chantent
des parents qui rient
des rêves qui hantent
et troublent les nuits
des enfants subissent
le pire et la mort
le marché du vice
est en plein essor
des images
qui surnagent
doux chantage
que l'esprit
illumine
et peaufine
les images
de la vie
la gauche et la droite
font leur cinéma
les scandales éclatent
le profit est roi
on vide tes poches
au nom de l'impôt
et l'on te reproche
ta couleur de peau
les jours de défaite
et les jours meilleurs
chantent dans ma tête
font rêver mon coeur
et dans ma mémoire
les rois du passé
me content l'histoire
des jours effacés
des images
qui surnagent
doux chantage
que l'esprit
illumine
et peaufine
les images
de la vie
****    YddishM_A_97
la Yiddishe mamma
tendre force de la nature
la Yiddishe mamma
c'est de l'amour à l'état pur
prête pour ses enfants
a faire bien des sacrifices
veillant, bon an, mal an
sur leurs chagrins, sur leurs caprices
aussi
forte face aux drames
mais très faible avec ses petits
dans l'eau ou les flammes
pour eux elle jouerait sa vie
ah mon Dieu qu'aurais je fait de bien dis moi
sans la chaleur, sans la forte foi en moi
sans l'amour de ma Yiddishe mamma
mamma
la Yiddishe mamma
gardienne de la tradition
la Yiddishe mamma
c'est le trésor de la maison
dès notre premier cri
elle organise, elle décide
tout au long de sa vie
elle nous couve mais nous guide
aussi
elle est la lumière
qui luit quand on se sent perdu
elle est la prière
que l'on dit quand elle n'est plus
moi je sais que jusqu'à la fin de mes jours
je garderai gravé en moi pour toujours
tout l'amour de ma Yiddishe mamma
mamma
****    Deraiso_A_97
de déraison en déraison
tourne le bal de mes saisons
tourne le monde
quand d'insomnie en insomnie
je sens les matins de ma vie
qui se confondent
avec mes nuits
aveuglé par le verbe aimer
j'ai laissé l'amour s'essouffler
dans ses tumultes
et d'âge d'enfant à vieillard
j'ai occulté sans le vouloir
mon âge adulte
quelque part
de déraison en déraison
je vis sevré de mes passions
en somnambule
en équilibre malgré moi
tous mes émois vidés de toi
se coagulent
et prennent froid
dès lors qu'il faut tirer un trait
sur le bonheur et ses attraits
ses joies terrestres
en voyant son soleil pâlir
l' amour n'ayant plus d'avenir
se défenestre
pour mourir
de déraison en déraison
tout le lot de mes illusions
sur toutes choses
quand de nuits blanches en cauchemars
le souffle froid du désespoir
j'aime les roses
de mes espoirs
que sont nos amours devenus ?
je me retrouve las,
venu le regard vide
mes lendemains hypothéqués
mes illusions décapitées
comme invalide
de penser
de déraison en déraison
loin de toi je cultive
mon champ d'amertume
et de mon passé disparu
mon coeur ne récolte vois tu
qu'un peu d'écume
et rien de plus
moi je cherche encore et toujours
l'ombre fuyante d' un amour
et de moi même
emportant le deuil dès hier
des printemps morts sur les hivers
de nos "je t'aime "
mis en terre
****    Dernier_A_97
c'est ma dernière chanson pour toi
tu m'as quitté avant de l'entendre
et savoir que chaque mot, chaque phrase tendre
était écrite pour toi et moi
c'est ma dernière chanson pour toi
mais tu ne sauras jamais peut être
que lorsque je la chante, en moi elle fait naître
une envie de retrouver tes bras
les airs ça court, ça vagabonde
si parfois tu entends ma voix
dis toi que même au fil des ondes
elle cherche ton coeur, elle s'adresse à toi
que dans ce dernier  d'amour
j'ai mis toute ma foi, ma détresse
en espérant de toi un geste de tendresse
une ultime bouée de secours
c'est ma dernière chanson pour toi
elle aurait dû devenir la nôtre
mais tu l'as ignorée pour en apprendre une autre
une que je ne connaissais pas
c'est ma dernière chanson pour toi
elle était dédiée à notre histoire
mais n'a plus aucun sens si tu ne veux y croire
et tu ne peux lui prêter ta voix
un jour peut être d'autres lèvres
en te fredonnant mon 
feront renaître en toi la fièvre
d'un amour relégué dans un passé lointain
c'est mon tout dernier  d'amour
s'il exprime une infinie tristesse
tandis que je le dis chaque rime me laisse
sur les lèvres un goût de non retour
ce  que tu ne connais pas
c'est ma dernière chanson pour toi
****    Enfants_A_97 
ils referont le monde les enfants
a conditions qu'ils aient assez de temps
qu'ils aient assez de chances
et c'est une évidence
qu'ils soient libres et vivants
ils vont apprendre à lire les enfants
les mêmes Bibles les mêmes Corans
mais d'une autre manière
comme quand on est frère
tout en étant différent
ils referont le monde les enfants
comme Dieu le fit dans la nuit des temps
bâtisseurs d'un autre âge
c'est un fameux voyage
demain qu'il les attend
ils vont apprendre à vivre les enfants
chacun sa vie tout en la partageant
ils referont le monde
le sortiront de l'ombre
on peut compter sur eux
il faut compter sur eux
les enfants
les enfants
ils referont le Monde
****    Reverro_A_97
nous nous reverrons un jour ou l'autre
si vous y tenez autant que moi
prenons rendez vous
un jour n'importe où
je promets que j'y serai sans faute
a Noël comme à la pentecôte
a Rio de Janeiro ou à Moscou
plus on est de fous
plus on rit de tout
nous nous reverrons un jour ou l'autre
j'y tiens beaucoup
nous nous reverrons un jour ou l'autre
le monde est petit profitons en
si votre chemin
passe par le mien
ma roulotte croisera la vôtre
comme il ne faut pas tenter le diable
en disant : "à la prochaine fois"
faites comme moi
en croisant les doigts
ou si vous trouvez ça préférable
touchons du bois
le hasard souvent fait bien les choses
surtout quand on peut l'aider un peu
une étoile passe, et je fais un vœu
nous nous reverrons un jour ou l'autre
si Dieu le veut
****    Metier__A_97
de galères en galas
a Paris, en province
de scènes d'Opéra
en spectacles de rue
de fabuleux contrats
en cachets plus que minces
pour nous, quoi qu'il en soit,
le rêve continue
ce métier, c'est le pire et c'est le meilleur
on a beau s'en défendre, il nous tient et nous hante
que l'on soit comédien, danseur ou que l'on chante
ce métier, c'est toujours ce qui nous tient à coeur
ce métier, il fait mal comme il fait rêver
et du "Temps des cerises" à "Etre ou ne pas être"
que l'on soit débutant ou déjà passé maître
au plus haut de l'affiche ou à peine cité
il est notre patrie et notre champ d'honneur
du vieux conservatoire ou enfant de la balle
notre seul horizon est au fond d'une salle
notre soleil jamais qu'un coup de projecteur
ce métier qui tient tous nos sens en éveil
d'échecs retentissants en triomphales routes
qui nous gonfle d'orgueil ou nous détruit de doutes
ce métier est le seul jardin de nos merveilles
de nuits de dépression
après que la critique
a tort ou à raison
nous traîne dans la boue
de moments d'émotion
en instants de panique
on entre en religion
a l'heure où tout se joue
ce métier de crève faim, de va nu pieds
que ce soit à l'écran, sur scène ou bien en piste
il faut, pour le tenter, être un rien utopiste
car il fait peu d'élus pour beaucoup d'appelés
ce métier qui peut nous anoblir parfois
commandeur de Paris ou Sir en Angleterre
les Sept d'or, les César, les triomphes ou Molière
c'est toujours le public, au fond, qui les octroie
fiers sous les quolibets, humbles sous les bravos
faussement protégés par le mot de Cambronne
émouvants, hilarants, en forme ou bien aphones
mais déchirés de trac au lever de rideau
ce métier n'est pas facile à assumer
bâti sur le succès, il rend tout vulnérable
mais bien que sans mémoire et bien qu'impitoyable
il reste le plus beau car c'est notre métier
il reste le plus beau, car c'est notre métier
****    JAZZ____A_00
un certain temps aux oubliettes
sauf pour quelques fanas têtus
le voilà parti bille en tête
le jazz est revenu
il avait bâti son histoire
sans publicité superflue
pour revivre ses jours de gloire
le jazz est revenu
soudain les sceptiques s'inquiètent
il n'est donc pas échec et mat
puisqu'aussi les jeunes se mettent
au scat
bien des musicos réapprennent
à jouer cool et détendu
c'est comme un nouveau phénomène
le jazz est revenu
bousculé par la concurrence
on pensait son temps révolu
quand sortant de l'indifférence
le jazz est revenu
il a connu les controverses
ses détracteurs sont confondus
car les déserts ça se traverse
le jazz est revenu
chérie suis moi pour un voyage
tout près de la gare du Nord
où ça bastonne et déménage
à mort
allez viens ne sois pas bégueule
tu sortiras convaincue
on va en prendre plein la gueule
le jazz est revenu
fini les galères et l'exode
fini les disques invendus
dans le vent, de toutes les modes
le jazz est revenu
et voilà qu'on le catéchise
on le sanctifie doux Jésus
dans les sacro saintes églises
le jazz est revenu
c'est la musique qui m'inspire
de Frank à Ray d'Ella à Bing
et combien d'autres dont j'admire
le swing
sur tous les coins de la planète
paré de toutes les vertus
il prend part à toutes les fêtes
il anime même la rue
connu et reconnu
le jazz
le jazz est revenu
****    NOS20AN_A_00
on refaisait le monde quand
avec fureur, avec passion
sans trop se poser de questions
heureux et insolents
soutenus par des mots violents
nous faisions souvent des folies
ce qui me fait dire aujourd'hui
mélancoliquement
qu'avons nous fait de nos vingt ans
fleurs sauvages de nos printemps ?
dorment ils sous la cendre chaude
de nos souvenirs en maraude ?
aux soleils verts des joies d'antan
enterrés sous le poids des ans
qu'avons nous fait au fil du temps
de leur vivant
de nos vingt ans ?
de nos vingt ans
nous allions rêvant d'une vie
différente pour toi et moi
égaux en devoir et en droit
folle et tendre utopie
d'horizon calme en ouragan
les projets ne survivent pas
et tout a volé en éclats
irrémédiablement
qu'avons nous fait de nos vingt ans
fruits verts de nos premiers printemps ?
ces mots très souvent dans ma tête
comme un leitmotiv se répètent
le vocabulaire d'enfant
l'adulte inconscient le trahit
qu'avons nous fait comme défi
au vent maudit
de nos vingt ans ?
de nos vingt ans
que sont nos espoirs devenus ?
sont ils noyés à tout jamais
dans un océan de regrets
vécus, vaincus vendus ?
moi lorsque je fais le bilan
de mes hiers à jamais morts
malgré tout, tout me semble encore
plus beau, plus fort plus grand
qu'avons nous fait de nos vingt ans
surfant sur la vague du temps
jour après jour avec l'ivresse
inconsciente de la jeunesse ?
notre amour était triomphant
l'ennui se traîne à son chevet
Dieu dites moi qu'avons nous fait
du vent mauvais
de nos vingt ans ?
de nos vingt ans
de nos vingt ans
****    JaiSouv_A_00
les filles question de morale, en voyant un bel animal
chez des amis ou dans un bal, ne peuvent que rester rêveuses
car le fait d'en attaquer un, lui dire "vous me plaisez bien
quels sont vos projets pour demain", aurait des suites désastreuses
l'animal en serait flatté, mais les lois étant renversées
une certaine société, contre elle, partirait en guerre
eh bien ! Moi je m'en contrefous et puisque nous sommes entre nous
très humblement je vous l'avoue, j'ai souvent envie de le faire
les filles, question de raison, baissent leurs yeux et leurs jupons
quand un bel homme avec aplomb les fouillent avec un œil en vrille
devant ce regard qui en veut, et les dénudent peu à peu
de peur de jouer avec le feu, elles rentrent dans leur coquille
cela n'est pas absolument par manque de tempérament
mais se dévêtir sur le champ, n'importe où, mon Dieu quel affaire !
on la traînerait dans la boue, mais puisque nous sommes entre nous
très humblement je vous l'avoue, j'ai souvent envie de le faire
les filles, question de pudeur qui reçoivent un coup au coeur
en ouvrant la porte au livreur, bâti comme une armoire à glace
ne peuvent pas dans le couloir, laisser entrouvert un peignoir
sous lequel il y a tout à voir et tout à prendre sans menace
pour l'entraîner sans un discours au creux d'un moelleux divan pour
tout bêtement faire l'amour, sans hypocrisie ni manière
eh bien ! Moi je m'en contrefous et puisque nous sommes entre nous
très humblement je vous l'avoue, j'ai souvent envie de le faire
messieurs, quittez vos airs pincés, ne me jugez pas d'un sourire
si bien des femmes l'ont pensé, moi je suis la seule à la dire
****    Est_Amo_A_00
qui sait si je l'aime, problème qui toujours m'étreint
face à son tendre dilemme, je perds tous mes moyens
je vivais ma jeunesse en fleur, mes jours ont changé de
couleur
est ce l'amour, est ce l'amour,
ce mal extrême qui vient perturber mon coeur ?
je ne sais que dire, prédire, bien qu'il soit changeant
son charme étrange m'attire et à corps défendant
je vis de craintes et de passions, obsédée par cette
question
est ce l'amour, est ce l'amour
qui me déchire et qui perturbe ma raison ?
j'ai bien du mal à m'expliquer ce qui m'attire en lui
est ce l'estime ou l'amitié, ou son esprit ?
quand il me regarde, mon coeur se lézarde
il me dit "Prends garde, prends garde, prends garde"
près de lui je reste sans geste, bien que révoltée
quoi que je dise ou conteste, il me faut pardonner
ses faiblesses et sautes d'humeur, ses foudres, ses élans
du coeur
est ce l'amour, est ce l'amour, est ce l'amour
ou nuit et jour, n'est ce qu'un leurre ?
dois je le garder pour combler le vide de ma vie ?
suis je simplement aveuglée ou asservie ?
dans ma tête lasse, il prend trop de place
faut que je l'efface, l'efface, l'efface
parfois je tempête, projette de fuir loin de lui
mais mon coeur force ma tête et vient troubler mes nuits
quand, des silences de mon coeur, monte en moi comme une
rumeur
est l'amour, est ce l'amour, est ce l'amour
au vent des jours qui me fait peur ? 
****    EtPeind_A_00
rêver, chercher apprendre
n'avoir que la peinture et pour maître et pour
dieu
tendre à la perfection à s'en crever les yeux
choquer l'ordre établi pour imposer ses vues
pourfendre
choisir saisir comprendre
remettre son travail cent fois sur le métier
souiller la toile vierge et pour mieux la violer
faire hurler de couleur tous ses espaces nus
surprendre
traverser les brouillards de l'imagination
déguiser le réel de lambeaux d'abstraction
désenchaîner le trait par mille variations
tuant les habitudes
changer créer s'astreindre
à briser les structures à jamais révolues
prendre le contre pied de tout ce qu'on a vu
s'investir dans son oeuvre à coeur et à corps perdus
et peindre
de peur, de sueur, d'angoisse
et de doute planté comme un poignard au coeur
rester cloîtré souffrant d'une étrange langueur
qui s'estompe parfois mais qui refait bientôt
surface
remplir nourrir la toile
en jouant sur les ombres et les couleurs du temps
imposer sa vision des choses et des gens
quitte à être pourtant maudit aller jusqu'au
scandale
capter de son sujet la moindre vibration
explorer sans relâche et la forme et le fond
et puis l'oeuvre achevée tout remettre en question
déchiré d'inquiétude
souffrir maudire atteindre
les sommets de son art et de son énergie
projetant ses démons sur la toile engourdie
donner à l'objet mort comme un semblant de vie
et peindre
et peindre
peindre comme on parle et l'on crie
****    Desinto_A_00
j'ai vu le fond de mes angoisses
lorsque l'amour m'a oublié
j'ai souffert et de guerre lasse
j'ai bu pour ne plus y penser
dans le malheur on se surpasse
on puise ses forces où l'on peut
le vin guérit, l'alcool efface
les jours gris qu'il repeint de bleu
peu à peu j'ai perdu la face
et ma dignité d'être humain
mon corps est devenu carcasse
ma belle santé a fait place
à un tremblement de mes mains
lorsque je voyais dans la glace
ma pauvre gueule aux yeux hagards
je me faisais une grimace
et tournais le dos au miroir
j'ai connu cette peur qui glace
recroquevillé sur mon lit
lorsque des rats et des rapaces
venaient m'attaquer chaque nuit
ma vie avait perdu ma trace
jusqu'au jour où tu es venue
pour me tirer de mon impasse
disant que rien n'était perdu
dans les mains fortes et tenaces
de ces hommes de blanc vêtus
pour toi pour nous j'ai bu en masse
j'ai bu jusqu'à en crier grâce
jusqu'au dégoût jusqu'au refus
puis enfin j'ai refait surface
reprenant ma vie au grand jour
et mon coeur a pris sa place
auprès de ton coeur mon amour
****    TesBRAS_A_00
dans tes bras
je suis au bout du monde
dans tes bras
rien n'existe que toi
et le poids
de mon corps qui t'écrase
fait naître en nous l'extase
de la mort et l'amour
dans tes bras
j'ai l'âme vagabonde
dans tes bras
aux flammes de ton coeur
mon bonheur
me porte au bord du gouffre
de ma joie qui ne souffre
que d'un trop plein d'amour
je plane plane et je m'enivre
de te rêver les yeux mi clos
j'ai tant besoin de toi pour vivre
j'ai temps d'amour à  fleur de peau
dans tes bras
quand le plaisir m'inonde
dans tes bras
je rêve et je frémis
quand la nuit
tu me dis à  l'oreille
ces mots qui m'émerveillent
et bousculent ma vie
dans tes bras
je m'accorde une trêve
****    SWING___A_00
elle a le swing au corps
le rythme dans la peau
chaque nuit elle sort
pour filer illico
vers un lieu sans confort
un humide caveau
où ça balance à mort
où le jazz coule à flots
la garce
elle a le swing au corps
le rythme dans la peau
et ses joues se colorent
quand un brumeux saxo
alto ou bien ténor
flirte avec le piano
qui plaque des accords
elle trouve ça beau
vraiment beau
la garce
le coeur en équilibre
fixant les musiciens
chaque nuit elle vibre
jusqu'au petit matin
tandis que je persiste
attendant son retour
elle oublie que j'existe
le monde elle l'ignore
elle le dit très haut
la musique est son sport
et ses plus beaux cadeaux
sont ces airs qu'elle adore
modernes ou bien vieillots
elle a le swing au corps
le rythme dans la peau
dans la peau
la garce
elle a le swing au corps
le rythme dans la peau
elle tient sans effort
jusqu'au dernier écho
des instruments sonores
qui malgré ses bravos
se rangent et font le mort
elle en a jamais trop
jamais trop
la garce
elle a le swing au corps
le rythme dans la peau
quand la nuit se déflore
dans le matin nouveau
elle rentre aux aurores
par le premier métro
en fredonnant encore
bien qu'elle chante faux
vraiment très faux
la garce
tandis que las d'attendre
je me suis endormi
elle vient me surprendre
dans la chaleur du lit
de sa peau douce et nue
elle réveille en moi
des envies retenues
gourmande et sans remords
elle se coule au chaud
et déploie des trésors
de caresses et de mots
dès lors je perds le nord
sous ses fiévreux assauts
car même en ses rapports
elle tient le tempo
le tempo
la garce
elle a le swing au corps
disons le diable au corps
et l'amour dans la peau
dans la peau
la garce
****    QuandTu_A_00
c'est le vent turbulent
soulevant tes dessous
c'est la pluie de printemps
qui vient lécher mes joues
quand tu m'aimes
c'est le soleil brûlant
qui caresse ma peau
et l'air léger du temps
au souffle doux et chaud
quand tu m'aimes
c'est en plus de tout ça
mille choses encore
qui sont à toi et moi
et perturbent mon corps
d'une infinie faiblesse
quand tu m'aimes
c'est ta voix qui se perd
dans un râle amoureux
qui fait vibrer ma chair
et qui mouille mes yeux
de larmes de tendresse
quand tu m'aimes
c'est le diable et l'enfer
mêlés à tous nos jeux
c'est le ciel qu'est offert
a nous par tous les Dieux
quand tu m'aimes
c'est l'éclipse et l'éclair
qui allument nos joies
c'est l'écume des mers
qui se meurt sur tes doigts
quand tu m'aimes
c'est pétri par tes mains
tous mes sens éveillés
c'es mon corps sur le tien
nos souffle saccadés
et nos gestes intimes
quand tu m'aimes
ce sont ces tendres cris
et ces plaintes d'amour
qui déchirent nos nuits
et meurent au petit jour
dans le plaisir ultime
quand tu m'aimes
quand tu m'aimes
quand tu m'aimes
mon amour
****    JeNeSav_A_00
quand je marchais à sa rencontre
que je ne la connaissais pas
et comptais chacun de ces pas
qui nous séparaient l'un de l'autre
pauvre naïf, pauvre de moi
je ne savais pas
quand je modelais son visage
du fond du coeur, du bout des doigts
imaginant tous ses appas
et les reliefs de son corsage
prêtant même un son à sa voix
je ne savais pas
prêtant même un son à sa voix
je ne savais pas
lorsque mon coeur en équilibre
rêvant d'un amoureux parcours
et vibrant de toutes ses fibres
se laissait jongler par l'amour
en battant fort et vivant libre
au gré des rêves au fil des jours
mon coeur aux conseils restait sourd
à vingt ans l'âme vagabonde
on croit détenir le pouvoir
de juger les choses et le monde
et tout connaître et tout savoir
sur la vie et ses aléas
je ne savais pas
sue la vie et ses aléas
je ne savais pas
quand elle restait schématique
que je la voulais bienvenue
qu'elle n'était que l'inconnue
et l'x de mes mathématiques
moi le matheux si sûr de moi
je ne savais pas
quand je cherchais à la résoudre
par ciel sur terre et nuits plus jours
en espérant qu'enfin l'amour
vienne mettre le feu aux poudres
mea culpa mea culpa
je ne savais pas
mea culpa mea culpa
je ne savais pas
sortant des jupes de ma mère
je n'avais en tout et pour tout
que quelques notions littéraires
c'est peu mais j'y tenais beaucoup
j'étais jeune et mon caractère
était celui d'un jeune loup
vibrant d'un feu brûlant et fou
j'aurais dû écouter ma mère
à cet âge on n'écoute pas
j'aurais dû regarder mon père
qui marche aux ordres et file droit
depuis c'est moi qui marche au pas
je ne savais pas
depuis c'est moi qui marche au pas
je ne savais pas
quand du maire adjoint de la ville
cerné d'amis et de parents
j'ai dit oui comme un imbécile
d'un air débile et triomphant
tombant de Charybde en Scylla
je ne savais pas
j'allais de surprise en surprise
l'euphorie n'a duré qu'un temps
et j'apprenais à mes dépens
que c'est vraiment triste Venise
et que la chanson ne ment pas
je ne savais pas
et que la chanson ne ment pas
je ne savais pas
depuis ce jour je suis docile
elle tranquille prend du poids
elle est casée elle jubile
comblée, du moins elle le croit
moi pour ne pas finir sénile
entre sa télé et ses chats
je me cherche un bon avocat
à moindre coût pour tête haute
en choisissant la liberté
me sortir de l'affreux guêpier
où je suis rentré par ma faute
me faire piéger comme un rat
je ne savais pas
à présent que je sais tout ça
ça m'avance à quoi ?
****    JaiPeur_A_00
j'ai peur
que tu ne m'aimes pas autant
que moi je t'aime et qu'il se peut
que ton amour soit simplement
un jeu
j'ai peur
qu'un amoureux occasionnel
surgissant dans ta vie un jour
propose à ton coeur un nouvel
amour
je ne puis être magnanime
je t'aime tant, je t'aime trop
seule la jalousie m'anime
je suis peut être ton bourreau
mais je suis surtout ta victime
sans un mot
j'ai peur
comme un enfant glacé d'effroi
seul et tremblant au fond du lit
froid d'un sordide orphelinat
la nuit
j'ai peur
à tout moment je n'y peux rien
et je te fais souffrir malgré moi
quand je veux savoir d'où tu viens
et vas
j'ai peur
mon coeur ne se contrôle pas
souvent inquiet, toujours jaloux
il se méfie de toi et moi
de tout
tu es tout ce que j'ai en tête
tu es le jour et moi la nuit
je suis pas beau tu es parfaite
je tiens à toi plus qu'à ma vie
nous sommes la belle et la bête
réunis
j'ai peur
et si tu viens à me quitter
je sais que mon coeur portera
le deuil de ces années passées
marquées
par toi
****    Habille_A_00
habillez vous
car je vous préfère vêtue
pour mieux imaginer de vous
tous les contours, les attributs
avant de vous étreindre nue
habillez vous
que pas un coin de votre chair
ne révèle, sous vos dessous
ces jardins secrets dont j'espère
élucider tous les mystères
de vos chevilles jusqu'au cou
restez couverte
je veux faire, je vous l'avoue
mains inexpertes
de vos trésors de vos atouts
la découverte
habillez vous
oh vous !
habillez vous
car plus le ciel est interdit
plus on est loin du paradis
plus on veut en avoir des fruits
un avant goût
habillez vous
habillez vous
explorateur de vos attraits
je veux parcourir vos frous frous
pour en découvrir sans délai
les coins d'ombre les plus secrets
habillez vous
pour que, malhabile et tremblant
fou de l'amour que je vous voue
avec ferveur et tendrement
je vous effeuille tendrement
plus je me heurte à des tabous
de coeur et d'âme
plus je dois forcer de verrous
plus je m'enflamme
car moins j'en vois, plus je suis fou
d'un corps de femme
habillez vous
oh vous !
habillez vous
je vous désirerai plus fort
cachez moi tout de votre corps
vous me donnerez plus encore
envie de vous
habillez vous
habillez vous
jusqu'au moment où plein d'émoi
vous disant tu, au lieu de vous
tu entendes soudain ma voix
te dire, au lieu d'habillez vous
déshabille toi
déshabille toi
déshabille toi
****    Formul1_A_00
ma môme est carrossée comme une formule un
de la ligne des jambes à la pointe des seins
c'est une oeuvre parfaite
ses parents l'ont conçue sans le moindre défaut
et pour les mains d'un homme c'est plus qu'il n'en faut
sur toutes ses facettes
quand je veux négocier un amoureux parcours
elle s'échauffe vite et part au quart de tour
nerveuse et dynamique
à peine un tour d'essai au circuit des passions
elle se place en force en pole position
vrombissante et magique
pour devenir champion de cette formule un
il m'a fallu passer des tests et point par point
affirmer mes ressources
et ne jamais courir ailleurs à contresens
ou bien être surpris par la panne des sens
au milieu de la course
car elle n'a jamais le plus petit raté
possédant sur ce point un réservoir d'idées
vraiment phénoménales
pour ce qu'est du bonheur carburant au super
dans la compétition jamais elle ne perd
la tête et les pédales
ma môme est carrossée comme une formule un
c'est un joyau unique, un modèle fait main
merveilleux prototype
qui négocie nos joies sur les chapeaux de roues
dans les rallyes de nuit où l'amour nous rend fous
quand nous faisons équipe
et quand au petit jour après le tour d'honneur
haletante et glorieuse elle pose son coeur
assouvie et lascive
sur ma poitrine en feu, par moments je me sens
sur la plus haute marche du podium des amants
comblés d'amours sportives
ma môme est carrossée comme une formule un
de la ligne des jambes à la pointe des seins
c'est une oeuvre parfaite
elle a changé ma vie et j'en suis fou d'amour
elle est ma raison d'être et hante nuit et jour
et mon coeur et ma tête
et mon coeur et ma tête
****    DeLaSce_A_00
de la scène à la Seine
du néon au néant
elle a couru, certaine
de noyer ses tourments
et stopper la gangrène
des outrages du temps
avant que ne surviennent
l'âge et le poids des ans
sortie de la misère
courageuse, elle avait
gravi comme un calvaire
les marches du succès
de triomphe en victoire
coeur léger ou coeur lourd
elle avait à la gloire
sacrifié ses amours
de la scène à la Seine
elle a couru sans peur
pour laisser, souveraine,
a ses admirateurs
l'image d'une reine
le timbre d'une voix
comme un chant de sirène
pour qu'on ne l'oublie pas
elle traînait, livide,
de miroir en miroir
en découvrant ses rides
camouflées sous les fards
sa vie lui semblait vide
sous son air triomphal
car la gloire est perfide
la gloire fait mal
de la scène à la Seine
elle a fait sa sortie
emportant ses migraines
et ses traits de génie
telle une tragédienne
drapée dans sa folie
elle a franchi sans peine
les portes de la nuit
de rengaine en rengaine
elle avait négligé,
autant qu'on s'en souvienne,
amour et vie privée
mais à l'âge, incertaine,
où l'on compte les ans
les choses semblent vaines
sans homme et sans enfant
en lettres de lumière
son destin s'est écrit
demain, la presse entière
retouchera sa vie
trois colonnes à la une
dix pages à l'intérieur
la mort est opportune
en noir et en couleurs
on la dira plus grande
et belle dans sa mort
bâtissant sa légende
on écrira encore
elle a marché, sereine,
suivant sa destinée
de la scène à la Seine
pour la postérité
de la scène à la Seine
pour la postérité
****    Avocats_A_00
nous avons vécu ensemble
aveuglés d'amour
mais le temps ne se ressemble
pas jour après jour
aujourd'hui la tendre guerre
a cédé le pas
aux astuces et honoraires
de nos avocats
souviens toi que notre route
ne fut pas aisée
nos parents ayant des doutes
étaient opposés
à ce mariage précoce
dont l'issue est là
à présent sont à la noce
que nos avocats
tu fournis de fausses preuves
pourquoi s'en priver ?
la pratique n'est pas neuve
j'en ai au dossier
dans cette joute hypocrite
truffée de coups bas
nous avons l'accord tacite
de nos avocats
et s'il faut que l'on fignole
dans l'aberration
on dira que tu es folle
que j'ai des liaisons
sans peur on peut s'en remettre
ils sont là pour ça
à ceux qu'on appelle maître
à nos avocats
s'il y a faux témoignages
d'amis, de voisins
le juriste ne s'engage
pas sur ce terrain
ce genre de stratégie
est contraire en soi
à la déontologie
de nos avocats
on bloque le compte en banque
et pour l'occasion, pour l'occasion
aucun de nous n'est en manque
d'imagination
la procédure sévère
peut durer des mois
dans l'intérêt pécuniaire
de nos avocats
quand le verdict on le gobe
perdu ou gagné
l'homme de loi plie sa robe
range ses dossiers
il a enfin clos l'affaire
faut passer par là
c'est l'heure des honoraires
de nos avocats
mais bonne ou mauvaise cause
malgré quelques excès
ils seront les virtuoses
de notre procès
avec plus ou moins de chance
la loi c'est la loi
quelles qu'en soient les conséquences
et quoi qu'on en dise ou pense
il nous faut faire confiance
à nos avocats
****    DanseAm_A_00
comme un vol de papillon
comme un air de chanson
sans paroles
sur l'aile de mes pensées
soudain d'un pied léger
libéré je m'envole
sortant de l'obscurité
mes yeux comme aveuglés
par la chance
découvrent un monde irréel
où sur un arc en ciel
je m'élance
piétinant mes mauvais jours
et danse avec l'amour
je danse avec l'amour
en oubliant le monde et le temps
heureux comme peut l'être un enfant
indifférente aux regards des gens
je danse avec l'amour
sur la symphonie des sentiments
avec aisance
je danse, regardez, je danse
il flotte sous mon ciel clair
comme un parfum dans l'air
qui me grise
je souris à tout venant
et cours comme un enfant
de surprise en surprise
tout me semble neuf et beau
il coule un sang nouveau
dans mes veines
je vois les êtres sans fard
c'est un autre regard
que je traîne
sur le monde qui m'entoure
et danse avec l'amour
je danse avec l'amour
recueilli comme un prêtre en prière
ivre comme un marin sur la mer
libre comme l'oiseau dans les airs
je danse avec l'amour
je me sens maître de l'univers
dans cette ambiance
je danse, regardez, je danse
tournent, tournent les folies
du torrent de ma vie
que s'effacent
aux tourbillons de mon coeur
mes angoisses et mes peurs
et me fassent
jusqu'à la fin de mes jours
danser avec l'amour
****    COLORE__A_00
viens teinter mes aubes de feu
peindre de rose et broder de bleu
l'espérance au fond de mes yeux
colore ma vie
colore mes jours
avec tendresse avec ferveur
viens enrichir mon âme et mon coeur
d'une palette de couleurs
colore ma vie
colore mes jours
avant toi tout mon univers
tenait à peine au fond d'un verre
je vivais seul et c'est normal
je vivais trop je vivais mal
très mal
tu étais née pour insuffler
de l'espoir dans mes rêves mort nés
et ces moments d'éternité
colorent ma vie
colorent mes jours
colorent les nuits
toutes les nuits
de nos amours
toi, mon amour providentiel
viens recouvrir par un arc en ciel
toutes mes joies artificielles
colore ma vie
colore mes jours
de nuits blanches en bonheur vécu
emporte moi très haut dans les nues
vers tous mes paradis perdus
colore ma vie
colore mes jours
couleur du temps couleur de l'air
de mes désirs de mes enfers
tout a changé depuis que tu
comme une fée m'es apparue
sais tu
que loin de toi privé d'espoir
mes rêves creux se bordaient de noir ?
aussi avant que tôt ou tard
le temps à jamais ne fuie
et meure pour toujours
colore d'amour
mes jours mes nuits
colore ma vie
****    Buvons__A_00
tant que l'on vit, que l'on respire
faisons fi de ce qu'on peut dire
jusqu'à la folie, le délire
amis, buvons
au corps des femmes adultères
à l'âme des filles pubères
comme aux larmes des filles mères
amis, buvons
à nos épouses légitimes
qui prétendent être nos victimes
pour fuir l'ennui et la déprime
amis, buvons
jusqu'au moment où l'on s'écroule
que le vin dans nos gorges coule
nous rende joyeux et nous soûle
amis, buvons
buvons, buvons toutes les nuits
jusqu'à l'oubli, à nos amis
nos ennemis, jusqu'à la lie
à nos emmerdes, à nos beaux jours
à la jeunesse sans retour
à nos amours, buvons
à la fortune, à l'avenir
pour oublier qu'on va mourir
pour s'étourdir, buvons
jusqu'à plus soif, jusqu'au matin
vidons nos verres avec entrain
à la vie, à nos lendemains
buvons !
tant pis ou tant mieux si l'on choque
par nos manières équivoques
tous ces bourgeois d'une autre époque
amis, buvons
aux putes belles et virtuoses
à leurs seins comme fleurs écloses
à leur ventre accueillant et rose
amis, buvons
à nos fantasmes, à nos folies
à la jeunesse, à nos orgies
à Dieu, au diable et au génie
amis, buvons
qui sait ce que demain réserve
le vin crée l'oubli et préserve
il met en forme, il met en verve
amis, buvons
buvons, buvons toutes les nuits
jusqu'à l'oubli, à nos amis
nos ennemis, jusqu'à la lie
à nos emmerdes, à nos beaux jours
à la jeunesse sans retour
à nos amours, buvons
à la fortune, à l'avenir
pour oublier qu'on va mourir
pour s'étourdir, buvons
jusqu'à plus soif, jusqu'au matin
vidons nos verres avec entrain
à la vie, à nos lendemains
buvons !
pour oublier les jours moroses
peindre les heures noires en rose
défiant verre en main la cirrhose
amis, buvons
à nos modèles exemplaires
à nos amours fausses ou sincères
à tous les cocus qu'on va faire
amis, buvons
à nos créanciers qui s'affolent
à nos parents qui se désolent
au bordel et à la vérole
amis buvons
avant que notre foie succombe
nous relègue au fond d'une tombe
amusons nous, faisons la bombe
amis, buvons
buvons, buvons toutes les nuits
jusqu'à l'oubli, à nos amis
nos ennemis, jusqu'à la lie
à nos emmerdes, à nos beaux jours
à la jeunesse sans retour
à nos amours, buvons
à la fortune, à l'avenir
pour oublier qu'on va mourir
pour s'étourdir, buvons
jusqu'à plus soif, jusqu'au matin
vidons nos verres avec entrain
à la vie, à nos lendemains
buvons !
****    LISBOA__A_03 
ma ville en bord de mer tu t'accroches à mes basques
quand je dois m'en aller vers d'autres horizons
j'ai en ta compagnie fait un peu trop de frasques
le moment est venu de payer l'addition
terre de mes amours de jeunesse immature
à vingt ans je croyais que tout m'était permis
je ne fus pas toujours blanc bleu en aventures
quand on est jeune et fou, on veut brûler ses nuits
Lisboa je pars
sans but, au loin et au hasard
de port en port, de gare en gare
pour effacer les cris stridents de ma mémoire
et tenter un nouveau départ
je pars
Lisboa je fuis
vers l'incertain, vers l'infini
vers des ailleurs chercher l'oubli
comme un fuyard traqué comme un proscrit
j'ai gâché l'amour et détruit
ma vie
ma ville tu m'angoisses et mon coeur se déchire
que tu vas me manquer là bas dans mon exil
reviendrai je jamais mon Dieu qui peut prédire ?
pourrai je loin de toi vaincre tous les périls ?
ville de mes émois mi mère et mi maîtresse
d'espoir en désespoir tu as forgé mes jours
j'ai les yeux pleins de larmes et le coeur en détresse
sachant que je m'en vais peut être pour toujours
Lisboa je pars
sans but, au loin et au hasard
de port en port, de gare en gare
pour effacer les cris stridents de ma mémoire
et tenter un nouveau départ
je pars
Lisboa je fuis
vers l'incertain, vers l'infini
vers des ailleurs chercher l'oubli
comme un fuyard traqué comme un proscrit
j'ai gâché l'amour et détruit
ma vie
je ne marcherai plus tout au long de la rade
au bras de mon amour heureux et coeur battant
frimant à ses côtés à m'en rendre malade
fier de son teint hâlé, et de son corps troublant
j'ai piétiné ses rêves sans raison ni cause
elle désabusée a mis fin à ses jours
de remords en regrets, j'ai appris une chose
c'est quand l'amour n'est plus, que l'on croit à l'amour
Lisboa je pars
sans but, au loin et au hasard
de port en port, de gare en gare
pour effacer les cris stridents de ma mémoire
et tenter un nouveau départ
je pars
Lisboa je fuis
vers l'incertain, vers l'infini
vers des ailleurs chercher l'oubli
comme un fuyard traqué comme un proscrit
j'ai gâché l'amour et détruit
ma vie
****    JENENTE_A_03
à l'âge où l'on va au collège
j'apprenais déjà le solfège
les trucs qui font rire et l'acrobatie
je prenais des gifles sonores
celles que les enfants adorent
qui nous font au mieux gagner notre vie
je ne rêvais que d'être artiste
pour être heureux
mais j'ai perdu mes joies en piste
car depuis peu
je n'entends rien
des applaudissements
je n'entends rien
du rire des enfants
car à prendre des grandes claques
qui font un succès au spectacle
j'ai fini un jour par y laisser mes tympans
je n'entends rien
dans le cirque bondé
je n'entends rien
des cris émerveillés
des gosses qui sont à la fête
en voyant ma drôle de tête
lorsque hilare et ahuri je fais mon entrée
quand mon partner dit ses répliques
si je réponds en temps et heure
en soi le miracle s'explique
en soi le miracle s'explique
je fais mon numéro par coeur
je n'entends rien
pour placer mes effets
je n'entends rien
et pourtant je le fais
et si j'ai l'oeil un peu humide
lorsque je salue dans le vide
c'est que je n'entends jamais rien
de mon succès
quand pour des raisons que j'ignore
au fond de ma tête insonore
une image muette a fait son entrée
et moi qui étais seul au monde
j'ai compris à cette seconde
que ma vie venait de se transformer
elle dit ce qu'elle veut dire
très lentement
sur ses lèvres j'apprends à lire
et cependant
je n'entends rien
mais j'appelle au bonheur
je n'entends rien
je sens parler son coeur
et lorsque le doute m'enfièvre
je cherche les mots sur ses lèvres
inquiet qu'ils ne soient pas vraiment ceux que j'attends
je n'entends rien
j'imagine sa voix
je n'entends rien
et parfois malgré moi
je mets les mains sur ses oreilles
pour la priver de ces merveilles
tous les bruits de la vie que je ne perçois pas
plus l'amour en moi se précise
plus j'ai cet espoir insensé
que le miracle se produise
que le miracle se produise
pour que comme au temps du passé
j'entende un jour les applaudissements
les mots d'amour le rire des enfants
m'ouvrant les portes de la chance
pour me tirer hors du silence
qui fait peur aux artistes et trouble les amants
et pour calmer mes inquiétudes
me sortant de ma solitude
me délivrer du monde des non entendants
je n'entends rien
je n'entends rien
rien rien
****    QUELQUN_A_03
être quelqu'un de différent
ne serait ce qu'un court moment
avec un autre caractère
se transformer, changer de voix
être celui que l'on n'est pas
pour voir l'effet que ça peut faire
être responsable ou léger
spirituel ou mal embouché
sortir de sa vie routinière
changer
de style de vie et de nom
se moquer du qu'en dira t on
être différent de manière
être quelqu'un de différent
tromper son monde constamment
pour tour à tour être sur terre
moine tibétain, matador
samouraï ou bien chercheur d'or
comme l'acteur sous la lumière
se travestir et imiter
brouiller les cartes et s'amuser
à la guerre comme à la guerre
foncer
éluder les difficultés
s'inventer des identités
être différent de carrière
être quelqu'un de différent
avoir un délicieux accent
du charme à ne savoir qu'en faire
avec du tact et du bagout
avoir les femmes à ses genoux
être choyé et populaire
être plein d'aisance, être beau
se sentir très bien dans sa peau
posséder un certain mystère
comblé
se regarder dans un miroir
heureux de ce qu'on peut y voir
être différent et se plaire
être quelqu'un de différent
de plus fou de plus excitant
armé d'un sourire incendiaire
pour que tu me trouves à ton goût
et m'aimes autant pour mon bagout
que pour mes notions littéraires
et que tu n'aies jamais l'envie
de te vautrer dans d'autres lits
me laissant seul avec des verres
d'alcool
à me griser pour t'oublier
mais si tu devais me quitter
être différent pour quoi faire ?
différent pour quoi faire ?
****    DES_MOT_A_03
des mots pour parler de ses maux
pour parler fort pour parler haut
des mots prononcés pour l'histoire
des mots sortis de la mémoire
des mots charmants, des mots d'enfants
des mots pour papa et maman
des mots nouveaux du dictionnaire
des mots en langues étrangères
des mots écrits, des petits mots
des mots crachés qui font gros mots
des mots, des mots
toujours des mots
iI faudrait se méfier des mots
des mots pour jouer avec les mots
des mots riches et des mots idiots
des mots pour mentir sans vergogne
des mots tendres et des mots qui cognent
des mots insensés ou abscons
des mots savants ou des mots cons
des mots chuchotés à la messe
et des mots pour parler de fesses
des mots pour aider son prochain
des mots pour vendre son voisin
des mots, des mots
toujours des mots
il faudrait se méfier des mots
des mots pour rassurer parfois
des mots semant le désarroi
des mots chantants des mots intimes
des mots cruels qui poussent au crime
des mots snobs et des mots d'argot
des mots tranchants comme un couteau
des mots auxquels le coeur succombe
des mots prononcés sur des tombes
des mots vides, des mots ronflants
des mots qui détruisent les gens
des mots, des mots
toujours des mots
il faudrait se méfier des mots
des mots perfides et sentencieux
des mots pour s'adresser à Dieu
des mots qui restent symboliques
des mots pour les nuits érotiques
des mots qu'on voudrait oublier
des mots très durs à prononcer
des mots qui vous envoient vous battre
des mots prestigieux de théâtre
des mots simples et des mots d'amour
des mots rimant avec toujours
des mots, des mots
toujours des mots
iI faudrait se méfier des mots
****    CRITIQU_A_03
ils sont là tranquilles
sans la moindre bile
lorsque l'on panique
et que mort de trac
tous nos membres claquent
devant le public
avec un air sombre
ils guettent dans l'ombre
armés d'un stylo
quoi qu'on dise ou fasse
de notre cuirasse
le moindre défaut
de gauche ou de droite
ceux que l'on mandate
pour faire un papier
n'ont je le présume
pas trempé leur plume
dans un bénitier
et que peut on faire
pauvre pot de terre
vulnérable et seul
lorsque l'on en crève
rengainer ses rêves
et fermer sa gueule
la critique, la critique
on a beau dire au fond
que l'on s'en contrefout
la critique, la critique
vous détruit le moral et vous
en fout un coup
frappé de névrose
en lisant ces proses
qui sauf exception
ressemblent oh surprise
a des entreprises
de démolition
si certains paniquent
et neurasthéniques
consultent des psys
d'autres se libèrent
remuent ciel et terre
etant Dieu merci
du genre opiniâtre
sont prêts à se battre
et pour être mieux
cherchent un autre style
changent de profil
plantent des cheveux
ça ne change guère
il reste une guerre
de papier journal
fait de mots qui touchent
là où ça fait mouche
là où ça fait mal
la critique, la critique
on a beau dire au fond
que l'on s'en contrefout
la critique, la critique
vous détruit le moral et vous
en fout un coup
sorti du calvaire
des années galères
de crève la faim
des galas sordides
des soirées à bides
lorsqu'on voit enfin
son nom qui se niche
en haut de l'affiche
ça fait chaud au coeur
puis vient la première
où faut se les faire
contrôlant sa peur
après la soirée
les dés sont jetés
déjà dans le hall
c'est fait de silence
inquiétant et dense
miel ou vitriol
que ce soit le sacre
ou bien le massacre
faudra faire avec
se dit en coulisses
l'artiste au supplice
sans un poil de sec
la critique, la critique
on a beau dire au fond
que l'on s'en contrefout
la critique, la critique
vous détruit le moral et vous
en fout un coup
mais dis toi que puisque
tu as pris tes risques
t'as choisi ton bord
il te faut admettre
que le sien est d'être
même s'il a tort
celui qui informe
même s'il déforme
souvent ta pensée
chacun sa manière
et son savoir faire
chacun son métier
les articles passent
d'autres prennent place
dans les quotidiens
ainsi va la vie
nul ne s'en soucie
nul ne s'en souvient
quand l'artiste en scène
joue et se démène
rien n'est important
adieu la critique
salut le public
bravo le talent
la critique, la critique
qu'elle vous porte aux nues
ou en trois mots vous tue
la critique, la critique
donne son unique opinion
qu'est pas forcément du béton
en fin de compte, seul le public a raison
****    JEVOYAG_A_03
katia :
dis, que fais tu là , mon soleil, sur ce banc,
le regard perdu sous tes cheveux d'argent
charles :
je regarde fuir mes ultimes printemps
emportés par mille chevaux blancs
je voyage, je voyage, vers les lieux bénis de ma vie
de voyage en voyage, à  travers erreurs et acquis
sans bagage, par images, par le rêve et par la pensée
de voyage en voyage, sur les vagues de mon passé
katia :
ce voyage dans les limites de vos regrets, de vos remords,
est ce un refuge, est ce une fuite, ou bien une aventure encore ?
charles :
sur l'eau calme de mon âge, où l'orage ne tonne plus
de virage en virage, vers mes plages de temps perdu
je voyage
et toi jeune fille, aux sources de ta vie
fugueuse à  seize ans, que fais tu par ici ?
katia :
je vais au devant du comprendre et savoir,
voir la vie de l'envers des miroirs
je voyage, je voyage et je cours pour aller de l'avant
de voyage en voyage, sac au dos, cheveux dans le vent,
parfois folle, parfois sage, refusant les idées reçues
de voyage en voyage, dans l'espoir de trouver un but
charles :
tu es l'enfant d'entre deux guerres, d'un monde cru,
au désarroi d'hommes et de femmes de misère,
sous le joug du chacun pour soi
katia :
de rivage en rivage, pour des grèves à  découvrir,
de mirage en mirage, vers les rives de l'avenir
charles et Katia :
je voyage, je voyage, un peu plus de jours et de nuits
de voyage en voyage, à  travers rêve et insomnie
par temps clair, ou d'orage, d'un pied léger ou d'un pas lourd
de mirage en mirage, par la mémoire et par amour
je voyage.
****    MORTVIV_A_03
de prisons en prisons de cellules en cellules
pour avoir informé preuves à l'appui pourtant
je ne suis plus un nom, pas même un matricule
abandonné de tous, je suis un mort vivant
on m'a pissé dessus, craché à la figure
sur mes parties intimes on a mis le courant
avec les rats crevés je dors dans la raclure
malade et décharné, je suis un mort vivant
parce que j'accusais et qu'au sang de ma plume
la liberté coulait et défendait des droits
pour m'empêcher d'écrire on a dû sur l'enclume
et me briser le corps et me broyer les doigts
dès lors que vérité n'avait pas bonne face
dès lors que mes refus à rentrer dans le rang
n'étaient pas dans le goût de ces messieurs en place
au fond de ce tombeau, je suis un mort vivant
parce que je touchais le point où le bât blesse
que de langue et de plume j'étais virulent
des hommes de pouvoir, et de fausses promesses
m'ont jeté dans l'oubli, je suis un mort vivant
parce que mon esprit n'a jamais su se mettre
au rang des compromis, lèche cul militants
on m'a mis dans ce trou afin de me soumettre
par la soif et la faim, je suis un mort vivant
mon Dieu si tu existes écoute ma prière
donne moi le courage et la force et la foi
de ne jamais faiblir face à mes tortionnaires
je t'en prie au moins toi, ne m'abandonne pas
moi le pisse papier à longueur de colonne
que l'on veut museler en lui rognant les dents
humble je viens à toi, moi qui ne suis personne
jette un regard sur moi, je suis un mort vivant
les voix des disparus moi je peux les entendre
bien que gorges tranchées et bien que hors du temps
sortant des murs griffés et de dessous les cendres
qui hurlent avec moi je suis un mort vivant
je rampe dans mon trou comme un rat sous la terre
dans la crasse, l'oubli dans la merde et le sang
dans ce lieu où jamais un rayon de lumière
ne caresse ma peau, je suis un mort vivant
je bois des eaux usées Dieu sait ce que je mange
revêtu de haillons j'ai l'air d'un revenant
je subis des sévices et je vis dans la fange
mais je sais qui je suis, et ce que je défends
de prisons en prisons de cellules en cellules
pour avoir informé preuves à l'appui pourtant
je ne suis plus un nom pas même un matricule
pour délit d'opinion, pour délit d'opinion
pour délit d'opinion je suis un mort vivant
****    ORPHELI_A_03
je n'ai rien en tête
que toi nuit et jour
tu pars, je m'inquiète
jusqu'à ton retour
sans cesse je guette
le bruit de ton pas
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
je me sens fébrile
tout se peint de gris
des pensées stériles
me troublent l'esprit
tout me semble hostile
ligué contre moi
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
je deviens faiblesse
pauvre et dépendant
mon âme me tresse
d'étranges tourments
les heures me blessent
mes pensées me broient
tout m'agresse
quand tu n'es pas là
la peur m'empoisonne
et me fait souffrir
ni Dieu ni personne
ne peut me guérir
quand je déraisonne
que je perds la foi
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
le vide m'obsède
je perds tout espoir
ma vie devient laide
je vois tout en noir
où chercher de l'aide
ailleurs qu'en tes bras ?
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
je me fais un monde
de tout et de rien
ma peine est profonde
mon coeur est chagrin
même une seconde
privé de nos joies
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
je suis dans l'impasse
reviens sans détour
calmer mes angoisses
combler mon amour
meubler mon espace
inutile et froid
que Dieu fasse
qu'enfin contre toi
sauvé du naufrage
en rentrant au port
je retrouve sage
ton coeur et ton corps
viens ouvrir ma cage
réadopte moi
quand tu es loin
mon coeur est orphelin
de toi
orphelin de toi
****    TRAINS__A_03
iI y a des trains
des trains soufflant tout au bout des quais de hasard
transportant des hommes qui vont toujours plus loin
pour des ailleurs et ces ailleurs sont aux confins
des nulle part
iI y a des trains
enveloppés dans la fumée grise des gares
qui portent en eux l'espoir comme le désespoir
des trains usés conduits par des mécaniciens
aux gueules noires
dans les wagons
certains sourient mais d'autres pleurent quand ils vont
vers le bonheur, vers la douleur vers d'autres lieux
avec des rêves ou bien des larmes dans le fond
rougi des yeux
ces trains qui courent
trains de l'ennui, trains de banlieue d'aller retour
du lever tôt, du coucher tard sans horizon
et pour tous ceux qui ont perdu leurs illusions
le poids des jours
iI y a des trains
trains rutilants prêts à partir pour d'autres parts
au bout du monde, havre béni par tous les
dieux au bout du rêve au bout du rail, sous d'autres cieux
aux parfums rares
iI y a des trains
qui donnent envie soudain de larguer les amarres
l'envie de partir et de tout abandonner
sans prévenir pour effacer tout le passé
de la mémoire
y a des wagons
des wagons lits, wagons de nuit, où il fait bon
faire l'amour sans phrases creuses et superflues
avec une femme au hasard, femme sans nom
et inconnue
je rêve aux trains
de militaires ou de bestiaux et sur le sein
de cette femme au souffle chaud fruit de désir
qui m'offrira et la passion et le plaisir
quand dans ses reins
se plantera le rythme lancinant du va et vient
du train
****    EVEILLE_A_03
on s'éveille à la vie
quand apparaît l'amour
sur la terre endormie
la nuit fait place au jour
le soleil resplendit
sur le monde alentour
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
quand
apparaît l'amour
quelle métamorphose
tout change de couleur
je souris à des choses
quand me parle mon coeur
je n'osais plus mais j'ose
espérer le bonheur
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
quand
apparaît l'amour
dans mon âme grisée
par toutes ces joies neuves
un souffle printanier
vient repeindre mes jours
offrant à tout moment
pour que mon coeur s'abreuve
à la source du temps
l'eau pure de l'amour
et l'on pose étonné
comme fait un enfant
un regard amusé
sur les choses et les gens
quand le coeur ressourcé
s'offre un nouveau parcours
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
quand
apparaît l'amour
le coeur chante sa gloire
et tout devient délire
quand il repeint d'espoir
la grisaille des jours
quand tout devient clarté
que tout devient sourire
on entre de plain pied
dans un monde d'amour
au temps clair de l'oubli
le passé n'a plus cours
rêves et fantaisie
volent à mon secours
illuminant mes nuits
transfigurant mes jours
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
on s'éveille à la vie
quand
apparaît l'amour
****    AMIS2CO_A_03
j'ai connu des belles à croquer
quelques beautés sur le retour
caressé des femmes mariées
des salopes
j'ai fait pleurer, j'ai dérouillé
j'ai cru cent fois mourir d'amour
car cocufiant ou cocufié
on écope
satan
ne te réjouis pas pour autant
quoi qu'il arrive je n'ai guère
envie d'être de tes clients
ou locataire
que Dieu exauce mes prières
en m'accueillant à ses côtés
ou bien que tu jettes ma chair
aux flammes pour l'éternité
je n'ai pas de bile à me faire
je serai pas trop mal logé
que j'aille au ciel ou en enfer
je n'ai pas lieu de m'inquiéter
j'ai des amis des deux côtés
j'ai des amis des deux côtés
j'ai fréquenté quelques salauds
des peintres fous des musiciens
des experts plus ou moins escrocs
des intègres
des têtes bourrées de savoir
des gens de peu des gens de bien
je me suis frotté au pouvoir
à la pègre
satan
une âme de plus c'est tentant
pour alimenter tes chaudières
mais je veux m'adresser avant
à Dieu le père
pour voir si au livre de Pierre
ma venue est bien annoncée
si je constatais le contraire
tu pourras me récupérer
aux portes de ton adversaire
car âme pure ou bien souillée
que j'aille au ciel ou en enfer
je n'ai pas lieu de m'inquiéter
j'ai des amis des deux côtés
j'ai des amis des deux côtés
après qu'un prêtre décrépit
ait prononcé mon oraison
que mes amours et mes amis
me bénissent
j'irai voir ceux qui avant moi
ont dû franchir le Rubicon
pour leur dire : " Me revoilà "
vieux complices
satan
quand j'aurai les deux pieds devant
la tête immobile en arrière
que m'accueille le tout puissant
ou toi faux frère
qu'un paradis me soit offert
lorsque les dés seront jetés
ou qu'un démon me récupère
pour la somme de mes péchés
en misant lourd en jouant cher
au poker des âmes damnées
que j'aille au ciel ou en enfer
je n'ai pas lieu de m'inquiéter
j'ai des amis des deux côtés
j'ai des amis des deux côtés
amis des deux côtés
****    FEU_AME_A_03
dans le feu de mon âme
flambent mes souvenirs
faits de prénoms de femmes
qui ne veulent mourir
avec ou sans visage
dans les brouillards du temps
qui conservent leur âge
sous la cendre des ans
dans le feu de mon âme
mes remords mes regrets
allument mille flammes
éclairant à jamais
ces amours de passage
accrochés d'un regard
sur le sable des plages
ou villes de hasard
villes de hasard
à courir sans répit
à vouloir trop de choses
trop de bien trop d'honneur
on oublie le printemps
et l'enfant qui grandit
et le parfum des roses
on n'entend plus son coeur
et la vie fout le camp
dans le feu de mon âme
se consument sans bruit
les bonheurs et les drames
qui ont marqué ma vie
ce que je n'ai su vivre
ce que je n'ai pas vu
dont rien ne me délivre
à l'heure où tout est bu
l'heure où tout est bu
dans le feu de mon âme
s'envolent en fumée
les pages du programme
de ces vertes années
saisons de mes paresses
où dorment calcinées
mes folies de jeunesse
sous des terres brûlées
dans le feu de mon âme
compagnon de mes nuits
l'amour joue sur la gamme
de mes mélancolies
en réveillant complices
des rêves n'étant plus
que quelques cicatrices
témoins du temps perdu
du temps perdu
le temps se fout du temps
et les années se suivent
de printemps en hivers
irrémédiablement
et l'âge nous surprend
rognant nos forces vives
le coeur devient désert
et l'amour fout le camp
rien ne me réconforte
je vois mes jours filer
avec mes amours mortes
dormant sous un passé
usé jusqu'à la trame
sous la cendre des jours
dans le feu de mon âme
où brûlent sans retour
ma vie et mes amours
****    TERRE_M_A_07
les océans sont des poubelles
les fonds de mer sont souillés
les Tchernobyl en ribambelles
voient naitre des fœtus mort nés
dans cinquante ans, qu´allons nous faire
de ces millions de détritus
et ces déchets du nucléaire
dont les pays ne veulent plus?
sous nos pieds la terre promise,
patrimoine de nos enfants,
petit à petit agonise
et nul ne s'en soucie
et pourtant les espèces devenues rares
sont en voie de disparition
et la laideur chante victoire
sous le plastique et le béton.
la Terre meurt
l´homme s'en fout
il vit sa vie
un point, c´est tout.
il met à son gré, à son goût,
le monde sens dessus dessous
la Terre meurt
où allons nous?
dans la finance et les affaires,
le pétrole est le maître mot
il mène à tout
même à la guerre
et nul ne s´inquiète de l´eau
où en sont la flore et la faune?
et qu´advient il du firmament
privé de la couche d´ozone
gardien de l´environnement?
sous le ciel, le sol se révolte
car l´homme trompe la nature
quand il trafique les récoltes
il hypothèque son futur.
sous le soleil, les forêts brûlent
et l´on gave les champs d´engrais
dans la boulimie majuscule
du rendement et du progrès
la Terre meurt
l´homme s'en fout
il vit sa vie
un point, c´est tout.
il met à son gré, à son goût,
le monde sens dessus dessous
la Terre meurt
où allons nous?
il est temps de prendre conscience
que l´homme ne respecte rien
il se fiche de l´existence
des baleines et des dauphins
l´éléphant meurt pour son ivoire
la bête rare pour sa peau
et dans les grandes marées noires
le mazout englue les oiseaux
la société consommatrice
avance impunément ses pions
tandis que les arbres pourrissent
dans les villes et leurs environs
la sécheresse se déchaîne
effaçant tout signe de vie
et certaines races humaines
crèvent d´abandon et d´oubli
la Terre meurt
l´homme s'en fout
il vit sa vie
un point, c´est tout.
il met à son gré, à son goût,
le monde sens dessus dessous
la Terre meurt
où allons nous?
la Terre meurt
réveillons nous!
****    ABDIQUE_A_07
j'abdiquerai un jour car c'est irréversible
je tomberai de haut étant déjà la cible
de cette dame en noir qui promène une faux
n'étant pas fils de roi je n'ai pas sur la terre
reçu comme il se doit la charge héréditaire
que léguaient les altesses à leurs tristes marmots
c'est au son du canon qu'ils entraient dans l'histoire
moi c'est par mes chansons que j'ai mendié la gloire
sur des scènes glorieuses ou de simples tréteaux
m'appropriant heureux nombre de territoires
avec ma voix brisée face à mon auditoire
paralysé de trac et armé d'un micro
bien sûr ce fut très long mais étant optimiste
j'étais certain qu'un jour je deviendrais l'artiste
reconnu de ses pairs et comblé de bravos
le pire et le meilleur j'en ai fait mon affaire
et s'il me reste encore un beau spectacle à faire
un bel enterrement flatterait mon ego
j'abdiquerai un jour comme ont fait les monarques
qui ont laissé des traces et imprimé leur marque
au prix du sang versé par de pauvres héros
face à cet ennemi qui tournera ma page
que l'on nomme vieillesse et que j'appelle l'âge
je fermerai les yeux sur mon dernier rideau
j'accepterai mon sort car je ne me vois guère
contre la dame en noir déclarer une guerre
que cette pute immonde n'a jamais perdue
car c'est le lot commun que l'on soit pauvre ou riche
le temps décolle un jour les dernières affiches
qui égaient les colonnes et les murs de nos rues
adieu à son public c'est comme adieu aux armes
dernière apparition qui provoque des larmes
à l'heure où l'on s'en va poignardé de regrets
avec la gorge sèche et le regard humide
un regard d'amoureux sur une salle vide
c'est seul et déchiré qu'un jour j'abdiquerai
mais avant de partir du moins je subodore
qu'il me faudra donner quelques spectacles encore
pour clamer haut et fort que je pars sans retour
quand coeur et voix brisés accablés de souffrance
l'oeil triste j'offrirai l'ultime performance
de ma vie encombrée de tendresse et d'amour
trois ou quatre ans d'adieux c'est à peu près j'estime
ce qu'il me faut donner comme soirée ultime
avant de recevoir dernière distinction
ce grand César d'honneur qui me remplira d'aise
qu'est déjà un visa pour le Père Lachaise
que m'offrira debout toute la profession
dans une chaleureuse et ultime ovation
****    ARMENIA_A_07
son sol est sillonné que par ses cicatrices
Dieu l'a mise à l'épreuve sans la ménager
elle n'a survécue qu'aux prix de sacrifices
le plus souvent trahie, le plus souvent violée
l'ennemi s'est toujours pressé à ses frontières
elle a pleuré son sort pourtant s'est ressaisie
d'attaques meurtrières en tremblement de terre
elle a vécu le pire, pauvre et tendre Arménie
elle a connu la faim, le froid et la misère
elle a serré les dents, elle a imploré Dieu
elle a vu s'engager et ses fils et ses pères
accompagné des mères avec les larmes aux yeux
elle a toujours été l'objet de convoitises
perdue dans ses montagnes aux portes de l'Asie
a deux pas des nuages au choeur de ses églises
elle a subi son sort douce et tendre Arménie
son histoire est tachée du sang de mille guerres
de siècles de douleurs comme d'espoirs mort nés
ses héros sont couchés dans des vieux cimetières
couchés mais morts debout face à l'adversité
elle a gardé sa langue et sauvé sa culture
elle s'est accrochée pour sortir de la nuit
mille fois ravagée elle renaissait pure
pour tout recommencer, belle et tendre Arménie
dans ce coin tourmenté du monde elle s'accroche
a son destin cruel depuis la nuit des temps
l'arme à proximité de la faux et la pioche
pour défendre sa terre et nourrir ses enfants
indépendante enfin sur son sol légendaire
elle se prend en main et respire et revit
la liberté conquise il y a tout à faire
avec l'aide de Dieu et la foi et l'envie
sous la cendre des ans sous les amas de pierres
l'espoir reste permis, jeune et tendre Arménie
****    IlYADFe_A_07
il y a des femmes
frêles, fragiles et ingénues
des femmes
superbes comme des statues
des femmes
au corps tentant de Tanagra
qui nous voient fondre dans leurs bras
il y a des femmes
femmes au foyer ou femmes enfants
des femmes
troublantes étrangères à accent
des femmes
de toutes races et de couleurs
androgynes ou bien femmes en fleur
il y a des femmes
des amoureuses forcenées
des femmes
chères emmerdeuses adorées
des femmes
merveilleuses à tous points de vue
belles habillées ou toutes nues
il y a des femmes
sublimes de nuit et de jour
des femmes
qui nous assassinent d'amour
des femmes
aux charmes glauques et envoûtants
tantôt mer calme et sur le champ
tantôt volcan
il y a des femmes
rêvant de performances au lit
des femmes
plus gourmandes que leurs maris
des femmes
frustrées cherchant avec passion
chez d'autres des compensations
il y a des femmes
qui parlent parlent sans arrêt !
des femmes
qu'on étranglerait sans regret
des femmes
qui avec l'instinct de sangsues
nous mettent le grappin dessus
il y a des femmes
et il nous faut compter avec
des femmes
se conduisant comme des mecs
des femmes
débarrassées de tout complexe
vivant leur vie tout feu tout sexe
il y a des femmes
concevant l'amour autrement
des femmes
refusant maris et amants
des femmes
libérées de tous les tabous
draguant les filles comme nous
oui mais surtout
il y a des femmes
êtres de chair qui font rêver
des femmes
qu'on aime et dont on est aimé
des femmes
ayant la mainmise sur tout
qui cherchent à réformer nos goûts
il y a des femmes
à fuir irrémédiablement
des femmes
qu'il faut épouser sur le champ
des femmes
nous poussant à tous les excès
mais que l'on n'oubliera jamais
il y a des femmes
à tous les prix pour tous les goûts
des femmes
qu'il faut courtiser à genoux
des femmes
des petites fées du foyer
douées de dons insoupçonnés
il y a des femmes
pour un flirt ou pour une nuit
des femmes
pour être l'amour d'une vie
des femmes
parmi lesquelles j'ai trouvé
un carat de féminité
qui pour mon bonheur m'a donné
son coeur en exclusivité
****    AVANT_A_A_07
avant qu'une lumière éclaire un doux visage
dès lors que l'amour cogne aux portes de nos coeurs
avant que par folie on oublie d'être sage
quand tout éveille en nous et le doute et la peur
avant que de savoir, avant que de comprendre
la passion nous emporte dans un tourbillon
de mots irréfléchis infantilement tendres
où l'on pleure et l'on rit pour un oui pour un non
avant tout est plus beau plus grand plus magnifique
on baigne dans les eaux bleu ciel du merveilleux
avant c'est une joie si forte et si magique
qu'il nous met en riant un bandeau sur les yeux
avant, avant, avant
le coeur a dix huit ans
avant, avant, avant
que naisse le pendant
pendant c'est l'embellie, on prend de la distance
offrant à nos émois d'autres rythmes de vies
pendant c'est planifiant le choix d'une existence
faire que l'amour vive enfin sur ses acquis
pendant c'est toi et moi au centre d'une ville
indifférents à tout ce qui n'est pas nous deux
c'est l'étrange impression de vivre sur une île
au soleil d'un printemps béni par tous les dieux
pendant c'est l'émotion de caresser ton ventre
où commence à bouger le fruit de notre amour
pendant c'est cet enfant qui est déjà le centre
de toutes nos pensées de nuit comme de jour
pendant, pendant, pendant
on ne pense jamais
pendant, pendant, pendant
qu'il y a un après
après viennent reproches et soupe à la grimace
les cascades de larmes et frayeurs des enfants
après c'est quand on est piégé dans une impasse
où l'on voudrait sortir, mais on ne sait comment
après ce sont ces mots et phrases assassines
qui déchirent détruisent et sapent le moral
suivis de longs silences où penché sur ses ruines
chacun panse les plaies des mots qui ont fait mal
après mon Dieu après si l'on est raisonnable
on fait du mieux qu'on peut pour une solution
puisque les jeux sont faits on joue cartes sur table
en disputant le prix de la séparation
avant, pendant, après
l'amour est ainsi fait
avant, pendant, après
rien n'est jamais parfait
****    TENSOUV_A_07
tous les bonheurs sont à ta porte
comme des roses à cueillir
le vent du passé les rapporte
sur les ailes du souvenir
ferme les yeux ouvre ton âme
tu trouveras au fond de toi
sous la cendre chaude des flammes
le goût perdu d'anciens émois
soleil couchant sur Marrakech
l'Atlas au loin qui se profile
nos promenades en calèche
t'en souvient il ?
ces chants de femmes aux voix pures
psalmodiant dans la nuit tranquille
déchirant comme une blessure
t'en souvient il, t'en souvient il ?
nous étions partis coeur alerte
pris d'une ferveur enfantine
à l'âge de la découverte
au pays où le muezzin
du haut d'une tour millénaire
appelle en donnant de la voix
les fidèles à la prière
au nom de l'islam et d'Allah
des parfums d'oranges amères
au matin enivraient la ville
portés par le vent du désert
t'en souvient il ?
odeurs de fleurs, saveurs d'épices
de notre palais difficile
nous jouissions de tous les délices
t'en souvient il, t'en souvient il ?
à Paris les rues sont moroses
l'hiver leur met la goutte au nez
viens partons raviver les roses
fanées, de nos tendres années
on se perdra dans les dédales
de la grouillante médina
et contemplerons les étoiles
scintillantes sur Djemââ el Fna
nous referons du marchandage
face aux boutiquiers volubiles
aux gentillesses d'un autre âge
t'en souvient il ?
et revivrons les joies profondes
de se croire seuls sur une île
tous deux loin du reste du monde
t'en souvient il, t'en souvient il ?
je sens comme une joie immense
l'avion se posera bientôt
dans mon coeur, les images dansent
j'ai le nez collé au hublot
la ville sous mes yeux s'étire
je vois les remparts tout autour
la koutoubia qui semble dire :
" Amis vous voilà de retour "
voyage d'amour et de noces
de plaisir d'amour juvénile
nous n'étions encore que deux gosses
t'en souvient il ?
nous engrangerons des merveilles
comme au début de notre idylle
et je te dirai à l'oreille
t'en souvient il t'en souvient il ?
****    SANS_IM_A_07
tourne la terre et va le monde
courent les peuples et les saisons
tonne la guerre et dans sa ronde
vit la famine et l'exclusion
le temps s'amuse et il invente
un art de vivre dit nouveau
certains chantent et d'autres déchantent
dans ce siècle sur ses ergots
ventre repu ou peur au ventre
l'incertitude ou le pouvoir
le pétrole et l'or sont le centre
de ce que chacun veut avoir
le peintre peint et le poète
cherche la rime à sa chanson
et des milliers d'analphabètes
traitent les érudits de cons
viens tout devient sans importance
aussi longtemps qu'on peut s'aimer
chaque jour est un jour de chance
quel qu'en soit le prix à payer
viens tout devient sans importance
quand tu te loves dans mes bras
l'amour quoi qu'on en dise ou pense
reste le seul bien que l'on a
Paris s'éveille et tout s'allume
la vie les rues tout resplendit
Paris nuits blanches sur bitume
entre putes et autres génies
Paris merveille sur la butte
où les couples cherchent l'amour
viens on s'étreint on se culbute
pour un moment ou pour toujours
c'est l'éjaculation précoce
des philosophes de comptoir
on parle on discute et désosse
en buvant le vin de l'espoir
artistes et créateurs s'expriment
chaque jour c'est révolution
la ville lumière illumine
la raison et la déraison
viens tout devient sans importance
aussi longtemps qu'on peut s'aimer
chaque jour est un jour de chance
quel qu'en soit le prix à payer
viens tout devient sans importance
quand tu te loves dans mes bras
l'amour quoi qu'on en dise ou pense
reste le seul bien que l'on a
reste le seul bien pour nous ici bas
****    BANLIEU_A_07
moi je vis en banlieue, je prends mes vacances
dans des sous sols pourris aux escaliers branlants
suintant l'humidité où les rats font bombance
en ces lieux insalubres, sombres et opprimants
nos voisins sont des gens de toutes origines
des Yougos, des Reubeus des Blacks et des Gitans
on y rencontre tout, la beauté, la vermine,
petits dealers futés et sérieux étudiants
mon père a émigré avant l'indépendance
quand on manquait de bras pour les sales boulots
un contrat de travail et le voilà en France
pas toujours bien payé et parqué en ghettos
quinze mètres carrés sans eau et sans chauffage
des toilettes à la turque tout au bout du couloir
un cloaque insensé, immeuble d'un autre âge
avec des murs tagués puant le désespoir
moi je vis en banlieue, de ces lieux qui s'enflamment
où les nerfs sont à vifs pour un oui, pour un non
où l'on se sent piégé avec des états d'âme
et l'on fait des bêtises à tort ou à raison,
je suis né au milieu d'un monde hétéroclite
où s'affrontent des bandes et se forment des clans
jeunesse désoeuvrée qui chahute et s'agite
dans des couloirs crasseux, terrains de jeux d'enfants
a gauche ou bien à droite, où est la différence ?
dans leurs discours pompeux pour récolter des voix
ils parlent abondamment d'égalité des chances
employant sans vergogne la langue de bois
quand on cherche un emploi, c'est la croix, la bannière
souvent je rentre tard, profil bas, déprimé
même avec bac plus deux, il n'y a rien à faire
on juge sur la gueule, pas les capacités
moi je vis en banlieue depuis ma prime enfance
j'ai fréquenté la rue et fait le coup de poing
avant que, pour mon coeur, un jour tourne la chance
et que l'amour m'accroche au détour du chemin
Marie Jo est du Nord, elle est blonde et l'on s'aime
elle adore mon teint autant que le soleil
notre amour bicolore pour nous est sans problème
quand l'été, elle bronze, on est presque pareil
a l'université, sur le banc, côte à côte
nos yeux se sont croisés pendant les cours d'anglais
de flirt en amour fou, ce n'est pas une faute
nos coeurs ont jeté l'ancre et formé des projets
trouver un bon emploi, fonder une famille
voir naître nos enfants, bronzés et les yeux bleus
bien sûr le choix du roi, un garçon, une fille
dénicher un appart' et quitter la banlieue
et quitter la banlieue
oui, quitter la banlieue
la banlieue
****    OUI_____A_07
oui pour ma vie au jour le jour
oui pour mes nuits brodées d'amour
oui pour mon passé soudain rejeté
oui pour mes joies réinventées
oui pour ces mots qui vont au coeur
oui pour les échos du bonheur
oui pour les baisers tendres échangés
oui, oui au gout âpre du péché
pour moi le soleil éveille la nuit
dans les draps blancs de mes folies
a l'heure ou deux corps enlacés sont unis
ils ne font qu'un au creux d'un lit
oui à me donner sans regrets
oui à qui m'aime et qui me plaît
oui car me fichant du qu'en dira t on
moi j'aime mieux crier oui que non
oui pour les tendres corps à corps
oui pour l'absence de remords
oui pour mes mains sur des peaux chaudes et nues
oui aux joies du fruit défendu
oui pour nos sens exacerbés
oui pour nos gestes répétés
oui pour nos corps rompus au petit jour
oui pour 100 fois mourir d'amour
faits du hasard, faits du destin
un amour part, un autre vient
qu'importe celle que je prends et j'étreins
l'une et l'autre me font du bien
oui c'est un appel, c'est un cri
oui c'est le bonheur qui jaillit
oui à ce que l'amour m'offre de bon
moi j'aime mieux crier oui que non
j'aime mieux crier oui que non
non, oh non
non non non non non non non non
j'aime mieux crier oui que non, non
(Oui, oui, ah oui j'aime mieux crier oui que non)
****    FADO____A_07
toi qui défies le temps
les siècles et les ans
et qui cours l'aventure
et proposes en chantant
tes rêves et tes tourments
en des ruelles obscures
toi qui tires les pleurs
et chamboules les coeurs
des âmes en détresse
fado de mon passé
tu griffes mes pensées
et gifles ma jeunesse
et gifles ma jeunesse
fado Fado toi qui me hantes
toi qui te plantes dans ma chair
tu as la voix démente
et de la vague et de la mer
fado né de bien des misères
tes accents poignants me font mal
ils font revivre en mon coeur lourd
l'âcre terre de mes amours
brûlées au Portugal
quand du limon du Tage
insolent et sauvage
tu bats la campagne
au vent fou qui te porte
et qui de portes en portes
amoureux t'accompagne
quand tu cours et te rues
fais résonner les rues
sur des vers de Pesoa
fado tu me poignardes
et mon coeur se lézarde
et croit entendre Amalia
et croit entendre Amalia
fado Fado toi qui me hantes
toi qui te plantes dans ma chair
tu as la voix démente
et de la vague et de la mer
fado né de bien de misères
tes accents poignants me font mal
ils font revivre en mon coeur lourd
l'âcre terre de mes amours
brûlées au Portugal
lorsque rien ne va plus
que j'ai le coeur à nu
que ma raison s'égare
tu caresses mon corps
par tes tristes accords
et tes sons de guitares
te portant au secours
de mes pauvres amours
et quand ton chant opère
tu me tournes le dos
enivré de porto
drapé dans ton mystère
drapé dans ton mystère
fado Fado toi qui me hantes
toi qui te plantes dans ma chair
tu as la voix démente
et de la vague et de la mer
fado né de bien de misères
tes accents poignants me font mal
ils font revivre en mon coeur lourd
l'âcre terre de mes amours
brûlées au Portugal
****    FETE_FI_A_07
pour changer mon existence
faite d'erreurs et d'errance
je cours vers une autre chance
vers une autre vie
regarde moi bien en face
quoi que tu dises ou tu fasses
je te quitte, je m'efface
la fête est finie
car de mensonges en mensonges
tu as dévasté mes songes
à quoi bon que je prolonge
cette comédie ?
dès lors que la coupe est pleine
je pars sans cris et sans haine
te laissant à ta vie vaine
la fête est finie
sans le moindre mot ou geste
quittons nous c'est mieux
tout est dit, il ne nous reste
qu'à se dire adieu
non, ne cherche aucune excuse
ma raison te les refuse
elle a trop subi tes ruses
et tes fourberies
il n'y a plus rien à faire
tu as ruiné nos repaires
et perdu toutes tes guerres
la fête est finie
tes défauts comme ton âge
font couler le maquillage
sous lequel ton vrai visage
paraît aujourd'hui
en misant sur ma faiblesse
tu as avec maladresse
perdu tes cartes maîtresses
la fête est finie
adieu mon amour volage
à l'heure du troisième âge
tous mes rêves plient bagage
petit à petit
je t'aimais et t'aime encore
mais je vois et le déplore
que l'amour se détériore
la fête est finie
libéré de tous mes doutes
sans me retourner
je vais prendre la vraie route
de ma destinée
fuir devient une victoire
quand ne reste d'une histoire
qu'un amer breuvage à boire
seul jusqu'à la lie
vois les lumières qui s'éteignent
mon coeur met fin à ton règne
et décroche tes enseignes
adieu et merci
la fête est finie
****    FLAMENC_A_10
quand le soleil frôle les cimes
avant que plonger dans l'obscur
à l'heure où l'amour et le crime
tracent des ombres rasant les murs
à l'heure où la peur et le rêve
reçoivent ton chant comme un cri
d'homme ou d'animal qu'on achève
déchirant le coeur de la nuit
tu sors de ton silence et hantes
de tes accents violents et chauds
l'âme des amants en tourmente
aux coeurs déchirés en lambeaux
flamenca, flamenco
mélopée triste et androgyne
d'où te viennent tes origines ?
de quel sang t'es tu abreuvée ?
flamenca, flamenco
entre tes enfers et l'église
entre le païen et le sacré
tu caresses et tu martyrises
coeurs et âmes vitriolés
ton cri est celui que tu jettes
comme un marabout jette un sort
rappelant celui de la bête
qui de loin sent venir la mort
enfant typée d'Andalousie
mêlée d'islam et de chrétien
entre prière et poésie
dont tes accents tissent les liens
tu violes au son de tes guitares
le corps sexuellement troublé
des femmes aux regards qui s'égarent
qu'un éventail cherche à cacher
flamenca, flamenco
mélopée triste et androgyne
d'où te viennent tes origines ?
de quel sang t'es tu abreuvée ?
flamenca, flamenco
entre tes enfers et l'église
entre le païen et le sacré
tu caresses et tu martyrises
coeurs et âmes vitriolés
flamenca, flamenco
tu es l'incendie qui ravage
tous sentiments sur ton passage
des soleils couchants aux aurores
flamenca, flamenco
tu parles aux âmes solitaires
de ciel, d'enfer, de vie, de mort
tu es comme un Dieu qu'on vénère
et qui nous met le diable au corps
flamenco
et dont on redemande encore
****    VIENS_M_A_10
viens m'emporter vers tes mystères
là où tu caches tes émois
fais de moi ce que tu veux faire
fais de moi ce que tu voudras
viens m'emporter au bout du monde
qu'il soit ici ou bien ailleurs
pour dormir dans les eaux profondes
calmes et sereines de ton coeur
à courir sans répit, ignorant toutes causes
à vouloir tout avoir on oublie l'essentiel
et l'enfant qui sourit et le parfum des choses
on n'entend plus son coeur, on ne voit plus le ciel
et la vie fout le camp, ruinant l'adolescence
et les rêves s'estompent et le bonheur s'enfuit
et viennent les regrets avant que l'on y pense
faisant naître des jours qui ressemblent à des nuits
viens m'emporter dans ton sillage
et les cavernes de ton coeur
loin des angoisses de cet âge
où naissent les affres et la peur
viens m'emporter dans tes faiblesses
par l'envoûtement de ta voix
que les secrets de ta jeunesse
ouvrent à mon âme une autre voie
efface mes hiers qui m'agressent et me hantent
fais courir le printemps sur mes terres brûlées
offre à mon coeur blasé des lendemains qui chantent
donne moi le pouvoir de tout recommencer
réinvente ma vie, réinvente mes rêves
j'abandonnerais tout pour suivre ton chemin
le regard arrimé sur l'aube qui se lève
endoctriné par toi pour un nouveau destin
viens m'emporter dans tes folies
tes enfantillages et tes joies
change les saisons de ma vie
que tes printemps fleurissent en moi
mets du bonheur dans mon mal être
viens squatter mes nuits et mes jours
entre tes bras fais moi renaître
viens m'emporter dans ton amour
viens m'emporter dans ton amour
****    TU_NE_M_A_10
soleil en décembre
fraîcheur en été
au coeur de ta chambre
nos nuits éclatées.
nous étions deux ombres
amants éperdus
mais le bateau sombre
tu ne m'aimes plus.
j'aimais ton visage
et je l'aime encore
la fraîcheur sauvage
de ton jeune corps
tu t'offrais tranquille
naïvement nue
adieu notre idylle
tu ne m'aimes plus.
de nos mains fébriles
et nos corps en feu
chaque nuit docile
on jouait aux jeux
que la peau découvre
que la vie apprend
lorsque deux coeurs s'ouvrent
à corps consentant.
mon amour expire
peu à peu se meurt
quand le tien respire
des parfums d'ailleurs.
tu n'es plus la même
il est révolu
le temps des "je t'aime"
tu ne m'aimes plus.
mon coeur sans vacarme
est peau de chagrin
larmes ou pas larmes
n'y changeront rien
face à ce morose
paradis perdu
mon bonheur implose
tu ne m'aimes plus.
tu en aimes un autre
du moins je le crois
dès lors tu te vautres
et brûles en ses bras
tu te tiens austère
froide et résolue
comme une étrangère
tu ne m'aimes plus.
quand nous avions l'âge
du fruit défendu
nous vivions la rage
tout nous était dû,
l'amour et la gloire
vrais ou faux serments
fallait il y croire
ou faire semblant ?
et mes jours se suivent
et mes jours se meurent
mon coeur en dérive
se noie dans mes pleurs
a l'heure où mes rêves
stagnent sans issue
nulle aube se lève
pour mon coeur perdu.
tu ne m'aimes plus.
****    EtMoiJe_A_10
les jeunes ont quitté le village
seuls quelques vieux restent accrochés
à une idée, à une image
morte mémoire du passé
et Jésus en croix réalise
après deux mille ans révolus
que Dieu même a quitté l'église
dont les cloches ne sonnent plus
et moi je reste là
où je naquis naguère
pour travailler la terre
qui me revint de droit
hériter de mon père
qui lui même à son tour
l'a reçue de son père
un jour
et moi je reste là
dans la maison de pierre
l'âge rend sédentaire
et tout est dit pour moi
ma femme au cimetière
et les enfants partis
n'ayant plus rien à faire
ici
l'épicier a plié bagage
le boulanger s'en est allé
finis naissances et mariages
finies fêtes enrubannées
la poste a perdu les adresses
les rues sont vides et désertées
adieu les chants de la jeunesse
seul le vent pleure dans les prés
et moi je reste là
faisant toujours de même
sans Noël ni Carême
par temps chaud ou frimas
ressassant mes problèmes
je travaille à plein temps
je récolte et je sème
au vent
et moi je reste là
à faire et à refaire
les gestes millénaires
que tant d'autres avant moi
durant leur vie entière
depuis la nuit des temps
ont appris et su faire
avant
après les quelques vieux, qui restent
mais ne seront plus là demain
qui reprendra les simples gestes
que nous ont légués les anciens ?
planter le soc dans la caillasse
semer le grain, manier la faux
nourrir les bêtes et rendre grâce
chaque jour qu'il fait au plus Haut
et moi je reste là
avec mes mains calleuses
sachant que la faucheuse
ne me ratera pas
elle viendra la gueuse
un matin me chercher
dans sa vieille vareuse
usée
et moi je reste là
dans ce coin de misère
sur ce lopin de terre
mon seul bien ici bas
où irais je ailleurs ?
je sais bien que pour moi
vieilli et solitaire
même au bout de la terre
il n'y a pas d'ailleurs
ailleurs
****    DPPChoc_A_10
on dévalait les rues dans ces caisses à roulettes
qu'on avait fabriquées de nos mains fièrement
on semait la panique en hurlant à tue tête
renversant les cageots de légumes en passant
on se croyait malins, on tirait les sonnettes
faisait des bras d'honneur aux concierges furieux
en riant bêtement on suivait des nymphettes
qui haussaient les épaules et détournaient les yeux
cartable dans le dos en sortant de l'école
dans nos tabliers noirs, de l'encre plein les doigts
on s'affrontait sérieux soit dans des courses folles
soit on jouait aux billes comme on fait un tournoi
entre les roudoudous, les bâtons de réglisse
souvent on chapardait, Dieu nous pardonnera
sans remords ni regret, par jeu plus que par vice
des petits pains au chocolat
se prenant au sérieux, on roulait l'air bébête
des petits mégots dans du papier Riz La Croix
que loin de nos parents on fumait en cachette
et que fatalement on vomissait parfois
on se croyait des hommes et vivait sans complexe
tout était devant nous, l'avenir et l'espoir
on parlait librement et d'amour et de sexe
on s'en vantait surtout, le reste était à voir
c'était hier, au temps béni de l'insouciance
tout nous était offert et tout nous était dû
quand nous ne savions pas que nous avions la chance
d'être entourés d'amour, c'est plus tard que j'ai su
mes parents nous payaient en sortant de l'église
enveloppés tout frais dans du papier de soie
comme un cadeau du ciel, exquise friandise
des petits pains au chocolat
quand je suis triste et seul, que l'âge me tracasse
que ma mélancolie me fait son cinéma
je me revois mangeant à la sortie des classes
des petits pains tout frais au chocolat
j'ai la gorge serrée, et le regard humide
mon coeur pétri d'hier est forgé de regrets
si mes jours sont sereins, ma vie porte ses rides
du mal de son enfance on ne guérit jamais
mes parents à présent reposent sous la pierre
mes enfants ont construit ailleurs leur avenir
entre télé du soir et tâches ménagères
ma femme et moi vivons au chant des souvenirs
des souvenirs pavés des bruits de notre histoire
des photos sur les murs, de ma famille et moi
du goût et du parfum, présents dans nos mémoires
des petits pains
des petits pains
des petits pains au chocolat
****    CePrint_A_11
ce printemps là, t'en souviens tu ?
les jeunes étaient descendus dans la rue
ils voulaient en découdre
mettre le feu aux poudres
le maître mot était " révolution "
moi c'était toi mon horizon
de barricades en défilés
le printemps éclatait de tous côtés
toi au coeur de la houle
tu haranguais la foule
criant : " Changeons les têtes et les lois ! "
moi j'étais fasciné par toi
j'arrivais de ma province
pour voir Paris et ses musées
quand je me suis vu emporter
dans l'immense raz de marée
de ce Paris au mois de mai
premiers émois premiers regards
moi qui venais d'un milieu campagnard
de façon naturelle
tu m'as pris sous ton aile
et la nuit venue au creux de tes bras
te souviens tu ce printemps là ?
tu avais vingt ans révolus
moi je t'ai menti quatre de plus
tes cheveux en bataille
tu me semblais de taille
à gagner à toi seule les combats
ma troublante pasionaria
en quelques jours tu m'as appris
des choses essentielles de la vie
qu'à la foire d'empoigne
la liberté se gagne
au prix de sacrifices quelquefois
te souviens tu de ces mots là ?
ta passion devint la mienne
et je te suivais pas à pas
occupant des lieux ça et là
brisant ceci, brûlant cela
contestant et l'ordre et l'État
heureux de t'emboîter le pas
ivre d'amour j'ai partagé ta foi
toi ma soixante huitarde
aux idées d'avant garde
je t'aurais suivie jusque l'au delà
te souviens tu ce printemps là ?
ca chauffait dur dans le quartier
entre poursuites et jets de pavés
cris stridents de sirènes
bombes lacrymogènes
les matraques s'en donnaient à coeur joie
te souviens tu ce printemps là ?
les slogans étaient orchestrés
des millions de voix criaient liberté
interdit d'interdire
et cela va sans dire
l'amour libre et le droit à l'IVG
les filles étaient déchaînées
retranchés à la Sorbonne
ou dans les universités
entre des discours enflammés
soignant ses bosses et ses plaies
la jeunesse enfin s'exprimait
et puis le calme est revenu
ils ont vidé et nettoyé les rues
tout a repris sa place
mais j'ai perdu ta trace
dès lors je suis retourné au pays
où souvente fois je me dis
quand mon coeur me parle de toi :
"Te souviens tu de ce printemps là ?"
****    BouleGo_C_15    
partout ici bas
par ici ou par là
on le voit
je vais vous conter son histoire
libre à vous de ne pas y croire
voilà...
on l'appelle Boule de gomme
c'est un p'tit homme charmant
qui mâche du chewing gum
pour se blanchir les dents
il danse le jive en vogue
la danse américaine
et dans le boogie woogie
faut voir comme i' s' démène
meilleur danseur
d' l'Élysée à la rue Francoeur
on l'appelle Boule de gomme
il est joli garçon
pas plus haut que trois pommes
mais gai comme un pinson
les femmes sont folles de lui
en voici la raison
c'est qu' dans l' boogie woogie
il donne le grand frisson
au maximum
le p'tit bout de Boule de gomme
une riche étrangère
fille d'un roi du whisky
qui visitait la Terre
un jour vint à Paris
s'en fut dans tous le bars prendre un Coca Cola
et dans tous les dancings, elle répétait comme ça
pleine d'émotion
s'adressant à tous les garçons
"Oh, je veux voir Boule de gomme
le petit homme charmant
qui mâche du chewing gum
pour se blanchir les dents
je serai folle de lui
sans aucune raison
si dans le boogie woogie
il donne le grand frisson
au maximum
le p'tit bout de Boule de gomme"
elle l'a rencontré
de suite, ils se sont plu
après avoir dansé
betty n'y tenant plus
écrivit à son père
là bas en Amérique
plus tard, ils se marièrent
cérémonie très chic
et maintenant
ils écoutent chanter leurs enfants
les petits Boule de gomme
sont des enfants charmants
qui bientôt feront tout comme
leurs papa et maman
ils auront des enfants
qui mâcheront du chewing gum
au maximum
les petits bouts de Boule de gomme
au maximum
les p'tits bouts de Boule de gomme
au maximum
les petits bouts de Boule de gomme
****    JAI_CON_A_15
j'ai connu les chaînes
j'ai connu les plaies
j'ai connu la haine
j'ai connu le fouet
j'ai connu l'injure
la soif et la faim
j'ai connu la dure peur
du lendemain.
j'ai connu la tonte
les membres brisés
j'ai connu la honte
de ma nudité
j'ai connu les vagues
des hordes en pleurs
j'ai connu la schlague
j'ai connu la peur.
ce que l'homme fait à l'homme
au mépris de toutes lois
ce que l'homme fait à l'homme
l'animal ne le fait pas
ce que l'homme fait à l'homme
prenant prétexte sa foi
ce que l'homme fait à l'homme
ça ne s'imagine pas.
j'ai connu les cimes
de l'obscénité
des génies du crime
jamais égalés
des corps qu'on entasse
sans noms et sans vie
dans ces fosses basses
pour viande pourrie.
j'ai vu la vermine
se nourrir de corps
au fond des usines
à donner la mort
j'ai connu des choses
dans la puanteur
de ces virtuoses
des années d'horreur.
ce que l'homme fait à l'homme
au mépris de toutes lois
ce que l'homme fait à l'homme
l'animal ne le fait pas
ce que l'homme fait à l'homme
prenant prétexte sa foi
ce que l'homme fait à l'homme
ça ne s'imagine pas.
j'ai connu les femmes
et leurs seins taris
le regard sans flamme
des enfants vieillis
sous l'œil insensible
des génocidaires
j'ai connu l'horrible
descente aux enfers.
mais malgré le pire
des destins pervers
j'ai connu ton rire
et ton regard clair
quand dans ce morbide
mouroir sans secours
dans tes yeux limpides
j'ai connu l'amour.
ce que l'homme fait à l'homme
au mépris de toutes lois
ce que l'homme fait à l'homme
l'animal ne le fait pas
ce que l'homme fait à l'homme
prenant prétexte sa foi
ce que l'homme fait à l'homme
pourquoi le fait il, pourquoi ?
****    ELLE____A_15
elle
c'est le nom toujours gravé
dans mon coeur et dans mes pensées
que rien au monde ne peut jamais effacer
elle
c'est l'ange providentiel
qui un jour m'est tombé du ciel
pour donner à ma vie blessée
le goût des rêves oubliés
elle
c'est la source qui jaillit
au coeur de mes printemps ternis
la fleur sauvage qui
est le sel de ma vie
elle
c'est mon unique horizon
ma seule chance et ma raison
de vivre et crier ma passion
sur tous les tons
elle
à qui les ombres de la nuit font peur
qui, quand l'orage tonne sa fureur
vient se blottir tremblante sur mon coeur
elle
si fragile et si forte à la fois
qui sans effort m'a soumis à sa loi
et sans compter m'a fait le don de soi
elle
hante mes nuits et mes jours
avec humour, avec amour
d'un bonheur fait de joie
rien que pour elle et moi
moi
dont elle comble à tout jamais
par son charme et par ses attraits
bien qu'au fond j'en doutais parfois
un monde merveilleux pour moi
elle
hante mes nuits et mes jours
avec humour, avec amour
d'un bonheur fait de joie
rien que pour elle et moi
moi
dont elle comble à tout jamais
par son charme et par ses attraits
bien qu'au fond j'en doutais parfois
un monde merveilleux pour elle et moi
****    L_JOURS_A_15
les jours qui vont, les jours qui viennent
les jours de joie, les jours de peine
ça vient, ça va, et ça s'enchaîne
on en retient, on en oublie
d'autres se gravent en nos mémoires
en pièces roses ou pièces noires
et qui écrivent une histoire
qui devient celle d'une vie
les jours qui courent et se répètent
ceux d'un passé que l'on regrette
qui ont creusé une cachette
dans le grenier de nos pensées
les jours joyeux de l'insouciance
les jours heureux de l'inconscience
de l'enfance à l'adolescence
du temps d'aimer et d'être aimé
les jours qui souvent se confondent
dans la solitude profonde
des coeurs brisés des seuls au monde
qui ne savent à quoi s'accrocher
alors que ceux d'hier surnagent
en souvenirs et en images
tandis que se tournent les pages
d'un bonheur désarticulé
les jours où sans sonner l'alarme
l'amour va remballant ses charmes
transformant les rires en larmes
pour aller ailleurs se donner
ces jours noirs qui prennent la fuite
pour d'autres bras pour d'autres gîtes
au moment où la messe est dite
pour un coeur vide et saccagé
les jours bénis, les jours étranges
des souvenirs que l'on engrange
les jours de toi et moi mon ange
de notre vie récompensée
par cet amour vibrant qui sème
nos parcours de mille je t'aime
au coeur d'une vie de bohème
mais qui meurt quand meurt le passé
les jours où l'amour se sublime
invente des mots et des rimes
et qui jour après jour s'exprime
en déclinant le verbe aimer
les jours auxquels nos coeurs s'agrippent
sans état d'âme nous étripent
et qui peu à peu s'émancipent
pour partir sans se retourner
jours d'aujourd'hui au vent léger
ou jours d'hier assassinés
****    QUE_JAI_A_15
tes cheveux dénoués tombant sur tes épaules
tes lèvres dans mon cou, ton souffle qui me frôle
à l'instant merveilleux où tu perds tout contrôle
que j'aime j'aime
j'aime ça
tout au long de ton corps mes mains qui te caressent
quand dans ma tête en feu des idées folles naissent
que je sens en tes reins s'enflammer ta jeunesse
que j'aime j'aime
j'aime ça
ta voix rauque essoufflée qui m'excite et me trouble
me donne l'impression de devenir ton double
que mon coeur bat si fort que ma passion redouble
quand je me coule en toi
que j'aime j'aime ça
tes râles entrecoupés de phrases inaudibles
qui au long de la nuit prennent mon coeur pour cible
que ta peau et ma peau jouent les indivisibles
dans un torrent de joie
que j'aime j'aime ça
quand ton corps sous mon corps dans la nuit se déchaîne
et ta langue s'amuse à taquiner la mienne
tu deviens de ma vie l'azote et l'oxygène
que j'aime j'aime
j'aime ça
quand grisé des senteurs de ces parfums de mâle
émanant de ma peau qui font naître tes râles
je te sens défaillir te vois devenir pâle
que j'aime j'aime
j'aime ça
le plaisir que tu prends lorsque l'amour t'emporte
dans un orgasme fou jusqu'à l'ultime porte
heureuse épanouie et comme presque morte
alanguie dans mes bras
que j'aime j'aime ça
tout comme un naufragé perdu dans la tourmente
quand tu t'agrippes à moi vulnérable et démente
et me griffes et me mords et renais rayonnante
auréolée de joie
que j'aime j'aime ça
quand tout devient précaire à l'orée de l'aurore
sur l'océan d'un lit défait et chaud encore
lorsque distraitement de ma main, je t'explore
que j'aime j'aime,
oui j'aime ça
nos gestes au ralenti et nos pensées ludiques
devenant au matin plus purs et plus pudiques
ces instants irréels et simplement uniques
que j'aime j'aime
j'aime ça
ce nous réincarné cette passion profonde
quand ta vie et ma vie se mêlent et se confondent
et semblent nous porter au coeur d'un autre monde
créé pour toi et moi
que j'aime j'aime ça
et lorsque naît le jour comme des enfants sages
il s'ouvre pour nos coeurs un beau livre d'images
dont chaque instant vécu en colore les pages
là où tu règnes en reine, et que je suis ton roi
que j'aime j'aime
j'aime ça
****    COUPS_P_A_15
des coups de poing au coeur, j'en ai pris tant et tant
j'en ai pris tant et tant, que ma raison vacille
en fouillant mon passé, qui fuit au fil des ans
perturbant mes pensées, quand de fil en aiguille
le soc de ma mémoire, mes terres d'antan
creusent les souvenirs, de ces saisons furtives
où mille fleurs fanées éveillent des printemps
de remords, de regrets, oh, vendanges tardives
des coups de poing à l'âme, en ai je assez reçu?
dont les bleus restent encore et marquent ma mémoire
de visages en prénoms, à jamais disparus
des pages déchirées de mes vaines victoires
j'ai beau fouiller, fiévreux, le passé de mes nuits
les recoins de ma vie, les lieux de ma jeunesse
à rechercher sans fin les pourquoi, les pour qui
j'en suis souvent réduis à haïr mes faiblesses
tous les coups sur la gueule, encaissés sans broncher
comme un champion déchu, sonné et pathétique
accroché à la vie, et avec coeur qui défier
refusant de tomber bien que KO technique
le pacte qui liait mes amours au bonheur
qu'il fallait honorer s'est avéré fragile
il repose mort né au tréfonds de mon coeur
noyé de quelques larmes et de phrases futiles
qu'êtes vous devenues, vous, fleur de mes 20 ans?
qu'à peine butinées, je laissais sur la route
ou qui n'existez plus que sous les cheveux blancs
d'un coeur chloroformé, seule et vivant le doute
vous qui m'avez aimé ou qui m'avez haï
vous qui m'avez trompé, par dépit ou vengeance
vous qui avez plus souvent pleuré que rit
blessées par mon égo et mon indifférence
en coup de poing par ci, en coup de poing par là
dans l'âme, dans le coeur, que je croyais sans suite
sans me douter qu'un jour, les remords seraient là
affublés de regrets, courant à ma poursuite
vivant au jour le jour et ne pensant qu'à moi
croyant vivre d'amour, j'ai vécu de conquêtes
de rêves frelatés d'égoïsmes égards
et là j'ai décroché les lampions de la fête
je récolte aujourd'hui des coups de poings vengeurs
offrant à mon passé, privé de certitude
vieux jeu du boomerang, retour à l'envoyeur
adieu la vie comblée, salut la solitude
le dernier coup pour moi est le coup de canif
dans le coeur racorni de mes nuits en détresse
où le coup du destin se fait définitif
cliché de mal aimé, pleure au chant du passé
ses amours de jeunesse
****    LA_VIE__A_15
la vie est faite de hasards
le bleu se cache quelque part
loin des nuages
entre les nuits et les brouillards
les jours ensoleillés sont rares
et sans partage
l'enfance fait ses premiers pas
puis la jeunesse vient et va
elle s'envole
rebelle elle rit aux éclats de l'inconnu
de l'au delà
comme une folle
les jours se suivent et puis s'en vont
au rythme de mois, de saisons
joyeux ou tristes
pour les uns sonnent le tocsin
pour d'autres s'écrit un destin
plus fantaisiste
le printemps chante Alléluia
puis l'automne sonne le glas
de nos agapes
si Dieu nous regarde d'en haut
rien de nos tares et défauts
ne lui échappe
que savons nous de cet après
dont les religions nous ont fait
tant de mystères ?
c'est à genou, nous ont ils dit
qu'on prépare son paradis
par des prières
plus on est proches de la fin
et moins on est très sûrs de rien
en cours de route
athées et croyants ont au moins alors
quelque chose en commun
et c'est le doute
la vie est pleine d'illusions
de partis pris et d'opinions
sans queue ni tête
pourtant l'Homme reste enchaîné
a des croyances, à des idées
mais toutes faites
nul n'est maître de son destin
où quand et comment prendra fin
son existence
tout est écrit, tout est tracé
tous nos chemins sont balisés
bien à l'avance
la vie, la vie, vivez la bien
c'est le trésor dont le destin
nous fait l'offrande
il faut l'aimer, la protéger
quand on la perd pas de danger
qu'on nous la rende
aussi faut il la préserver
car la détruire est un pêché
et même un crime
mais c'est le don le plus précieux
que ceux qu'on appelle les dieux
nous offrent en prime
la vie est faite de hasards
un jour on naît et l'autre on part
nu, misérable
tout ce qu'on a pu amasser, gagner, voler, thésauriser
ira au diable
à l'heure où sonnera cette heure
où l'on ferme ses yeux son coeur
comme un vieux livre
je le ferai avec regret, quand je n'aurai plus désormais
le droit de vivre
la joie de vivre
****    VA______A_15
va, ne te retourne pas
la vie qui est devant toi
est porteuse de chance
va, il en est encore temps
ce que diront les gens
n'a aucune importance
va, sans remords, ni rancoeur
quand un bonheur se meurt
il faut qu'un autre naisse
va, où t'espère l'amour
pour t'offrir sans détour
ses secrets de jeunesse
va, plonge dans ce hasard
qui t'attend quelque part
sans le savoir sans doute
va, ne te reproche rien
demain, c'est ton destin
qui tracera ta route
va, le sort en est jeté
moi, je suis ton passé
qui joue à cache cache
va, tu apprendras un jour
que l'ancre de l'amour
n'a pas de port d'attache
va, prendre part à ce jeu
qui joue avec le feu
avant qu'il ne s'éteigne
va, je ne veux surtout pas
qu'en partant tu me vois
détruit et tu me plaignes
va, quand l'amour a vécu
ce qui lui était dû
il boucle ses bagages
va, si tu crois fermement
qu'ailleurs, l'amour t'attend
mon coeur t'ouvre sa cage
va, plus rien ne te retient
tous tes feux sont éteints
je sors de ta lumière
va, pour l'heure, je vais bien
je souffrirai demain
noyé dans ma misère
va, libre comme l'enfant
pour mordre à pleines dents
au fruit de tes envies
va, je ne me leurrais pas
je te savais pour moi
trop jeune et trop jolie
va sans t'inquiéter pour moi
adieu, mon amour va
tranquille et vis ta vie.
****    EN_SCEN_A_15
je vais me retrouver devant le gouffre noir
la peur de tout gâcher par un trou de mémoire
me met les nerfs à vif, elle est longue l'attente,
il faudrait commencer, le public s'impatiente,
donnez moi mon micro, l'orchestre est installé
projos, rideau, intro et je fais mon entrée
en scène
dès l'instant que je suis en scène
je me libère de mes chaînes
de pudeur, de frayeurs
pour chanter mes rengaines
en scène
un nouveau sang coule en mes veines
quand une bouffée d'oxygène,
tout à coup, me secoue
envahissant mes gènes
seigneur, vois mon coeur
cogne d'un rythme sourd
bientôt s'il me faut m'élancer à mon tour
sur une scène majuscule
j'y rentre comme un somnambule
en scène
comme le temps roule dans l'arène,
je joue ma vie et me démène
quand l'envie de chanter
et l'amour du métier
soudain me fait entrer
en scène
en scène
dès l'instant que je suis en scène,
transfigurée, je me déchaîne
c'est ma vie, mon pays,
ma fierté, mon domaine
en scène
quelle est la force qui m'entraîne ?
j'oublie mes soucis, mes migraines,
mes douleurs, mes malheurs,
salut joie ! Adieu peine !
j'attaque et le trac peu à peu disparaît
quand j'sais que le public
capte tous mes effets
soudain je nage en plein délire
passant de l'émotion au rire
en scène
rien ne m'arrête, ne me freine,
comme un miracle tout s'enchaîne
et quand à priori, tout semble réussi
je suis au Paradis
en scène.
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